‹ Essai sur l'art et l'industrie de l'Espagne primitive (volume 3)Chapitre 18 sur 80 · I. Ibid., 9^7. C'est celui que l'on a pris pour un éléphant · texte numérisé non relu

I. Ibid., 9^7. C'est celui que l'on a pris pour un éléphant

a. Ihid., 3737.

.3. M. le chanoine José Maria de Bernaola, de Durango, a bien voulu m'écrire les intéressants détails suivants : « Le premier écrivain qui a fait mention de V Idole de .\fiquûldi est 1). (ronzalo de Otalora. dans son œuvre, imprimée à Scville en i63'i, sous le titre de Microiogta geogrdficft de la Merihdad de Durango : « Près d'un ermitage appelé Miqueldi, dil>il, il y a une grande pierre, de forme et do dimensions moiistiueuses, qui est une femelle de rhinocéros, ou un rhinocéros, ayant un grand disque entre les pattes; sur ce disque sont gra\cs des carac-

tères curieux et inconnus; elle se termine par une poinle enfoncée en terre et est élevée de doux varas au-dessus du sol. On n'a pas souvenir de son origine; seulement l'animal passe pour une idole antique. » C'est sans doute d'après cette notice et aidé d'informations du supérieur des Augustins de Durango que le Père Enrique Fierez, dans son Espana sagrnda^ à la fin du xviii** siècle, a dit quelques mots de l'oxislcnce de la pierre de Miqueldi; il croit que c'était un monument élevé par lo peuple carthaginois, mais ne dit rien des lettres, qui sans doute avaient disparu dès cette époque. » Si les caractères avaient été romains, Flôroz n'aurait pas sans doute songé ^ une (lunro carthaginr>iso ; d'où il semble résulter que l'inscription était ibéri- (|uc. M. do Bernaola a cru recoimailre quelques signes sur la face droite du disque, et me les a communiqués; il n'y a pas grand'chose à tirer de son croquis, mais seulement que les caractères ressoniblenl à des lettres ibériques. Cf. sur l'Idole de Miqueldi l'article cité plus haut de D. Vicente Paredes, et celui que j'ai publié dans le Bulletin hispanique.

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raisons religieuses ou mythologiques avaient sans aucun doute délertnlné le cliois de ces animaux, ornements ou gardiens des tombes qu'ils surmontaient'. Ces raisons, t'état de la science ne permet pas de les connaître; mais il est bon de noter que le taureau — si l'on admet que quelques-uns d'entre eux au moins sont des taureaux — jouait un rôle important dans la symliolique de l'Espagne primitive, et que les images, surtout coulées en petit» bronzes dont le caractère votif est très net, en sont extrêmement fréquentes dans les musées cl dans les collections particulières. Quant au porc — cctlainemenl il y en a dans le nombre. — on n'ignore pas que les (irccs. et les Homaius ù leur exemple, le consacraient et le sacrifiaient aux divinités de la Terre, dans le sein de

qui reposent les morts ; il n'y a rien d invraisemblable à ce qu'une attribution du même genre ait été fuite en Ibéric.

Quoiqu'il en soit, il est impossible d'admettre que l'usaged'érigerces monstres de pierre au-dessus des tombeaux ne date que de l'époque* romaine, car je ne connais rien de tel dans le rituel funéraire des Romains. Je le tiens au contraire pour extrêmement vieux et purement

1. D. Viconle l'aredes, dans son curi livre, lot Framontanos Cellibi^ros. c^uau prouver q ut ces ligures ne sont pas fiiiitTiii el pro|n>»e celle tliéorie : Lct. tjjipLii trois i quatre mille an« avant notre èrr. a; péiiélré en Espagne, el v ayant importé, i le cullo d'Osiris et Api:^. l'élevapc des li

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le bclail pour changi^r de pAliiragcs au raoy is nu apis, ou do cirdos ou hitliiins i Aîn<i ridole dr Mi<[i.ielJi «' ne ropr as autre .li.jsc que Tvpl,.>i, vBin.|ue i. figuré par le disque solaire plii

iru i|uc je transcris ici le» idées do l'su- !ur i simple titre de curioillc. Je retiens iirlout de ion article qu'il croit, comme moi. :s bereiros très aotérieurs i la domination ornai ne. — Dans ce mji nu article. M. Paredes ippelle que le colonel Rivctt-Carnat. dans ta kncc do l'Académie de l'histoire du 3i janicr lyoi, a fait une communication relative

une série de cavilés que l'on remarque sur 31 reins ili's jnhalies de Sé);ovie et d'Avila au musée arcliéologiquc de Madrid) et oit il

reconnu des traces de l'écriture ograique.

I serait temps que l'Espagne vraiment éruditc it justice de pareilles élucubrationt.

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indigène: mais au lieu de se perdre, eomme il aurait pu se faire, il a persisté pendant des sit-cles dans certaines régions. Ou bien l'on a continué à façonner ces grossières iuiages conformes uu rite et à la tradition ancienne, ou bien l'on a repris, pour les employer de nouveau, celles qui étaient perdues dans la campagne, et la seule innovation que l'on ail imaginée, à répo<|ueroniatiic, c'est de graver le iiiini du défunt sur

ll^-è

le symbole funéraire, connue lo faisaient les Itomiiins sur leurs stèles et leurs édicules.

Il n'y a donc pas à tenir compte de ces épituplies. ijni ne font en rien préjuger l'âge des sculptures où elles sont venues s ajouter'.

D'ailleurs c'est un principe essentiel, qu'il nu' faudra plus d'une fois

1. Il me paraît inlt'-rcsîîitil rt pi-iil-ùtri initnirlir de noter que *ur iino ilcs faces d'ui ^nnd ci|ipe. «ans Joule une base Je statue cmicrié à l> Bib1i(>llièi|ue de Lisbonne e porlanl une dédicace latine au dieu EnJovel

de^sin |iul>lii'- par M. l.eîle de Vasconcello*. TCitemblc singulièrement i tous lei snimaui donl il est ici qunlîon (0 Archeologo Portttgurs, 1, p. iô).

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invoquer, que ce qui fixeTâge véritable d*un monument, pourrhistorien de Tart, ce n*est pas toujours la date exacte où il a été exécuté, mais bien son style et son caractère. Il faut toujours tenir compte de la tradition historique ou religieuse, des routines et des survivances de métier. Les

becerros sont, à n'en pas douter, des œuvres ibériques, dont la barbarie révèle Torigine excessivement lointaine.

Gros, lourds, trapus, bas sur pattes, informes, taillés sans aucun modelé danc des blocs de pierre dure difficile à dégrossir, plus difficile à tailler avec délicatesse, ils ne sont que les premières ébauches d'ouvriers maladroits, dont Tœil ne savait ni regarder, ni voir la nature, dont la main ne se servait qu'avec une brutalité enfantine d'outils sans doute très rudimentaires.

Le sculpteur se contente toujours d'une silhouette énorme, et si vague pourtant que l'on peut confondre de très bonne foi un porc avec un éléphant, un taureau, un ours ou un cheval, ou même un rhinocéros; aucun trait caractéristique de la tète ou du corps, ni les petits yeux en vrilles, ni le groin rond et plat\ ni les oreilles retombantes, ni la queue tire-bouchonnée du porc — s'il s'agit vraiment de porcs — n'ont éveillé la curiosité. Dans les moindres balbutiements de l'art grec à sa naissance on sent une sincérité, une naïvelé, une vérité qui charment malgré la laideur, quelquefois la hideur des paroles : en Espagne, rien de tel. De

FiG. 44. 45, 4C. — Cerdos ibériques d'Avila, Murça et Pelourhino.

I. 11 faut faire exception pour un fragment de porc trouvé dans la Citania de Saùroso, et reproduit par M. Cartailhac, Ages primitifs

de l'Espagneet du Portugal y p. 381, fig. 4o6 ; le groin y est assez franchement indiqué. Cf. O Archeologo Portugués, igoi^p. 178.

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de son histoire elle a probablement répété, multiplié à satiété ces mêmes bfcerros. sans intention de les rendre plus précis, plus vrais, ni plus éléjfants. Le souci des traditions religieuses explique jusqu'à un certain point, mais n'excuse pas une routine si obtuse, où il faut évidemment faire sa part à la barbarie native.

Les (ureerrof. du reste, ne sont pas les seules œuvres de sculpture qui |termeltent de porter sur les instincts artistiques des Ibères ce jugement défavorable.

On i.i>nnaît encore une »érie de statues dèi-ouverles en Ijàalicie et en Lusitanie qui ont plus d'intérêt partie que ce sont des statues U'homme'S'. mais qui fournissent de nouveaux arguments, non moins solides, ù colle thèse. Je veux parler desstatuesde k:uerriers lui'ilunieii». bien coimues des arcluV'k-^ues espagnols, et dont quelquesunes ont été publiée^}, il v a déjà longtemps, dans V Archavl'Mjistrhir Zfitang par M. E. Hûbner'. C'est ù chaque page de ce livre que l'on retrouvera le nom de cet illustre savant qui a créé, on peut le dire.

I arcliêoU>«ne espagnole s^'ientilique. ^uel- ([ue^ autres de ces image:» ont été sîgiia- [<.'<:■'> depuis, et il n'est pas douteux qu'en

evploranl L tialuio tt U- IVitiu-ul, on aunitt k'auoHip de chance:* d'en

relrviiuvi- otume [)lusu'.ii>.

I.d plu-i iT«.v«mu-iit i.vmuu\ snico au ti.-\<t iii^ti^able du si«ant direc-

t*^ur dt r tr..-/W../,,/,.. lWuor.o--f. M LoiU- -U- \a*..ouoello6. e-*t de très

j:ratule imjK>rlaiKv. lar oUo -iert très lu-Uciuf nt à rattacher toute lu série

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I' l-vàt'V.'v^U fv • ^^UV-:

tenait en 1861 à M""* Francisca Casado, à Vianna, petit port h l'embouchurc du fleuve Lima (province d'Entre-Douro-ct-Minho, au Nord- Ouest de Braga)* ; une autre encore, à la mc^me date, était décrite par M. E. Iliibner comme existant au commencement du xvii* siècle près du monastère de Celanova, à Castro-de-Rubias, près d'Araujo *. Une cin^ (juième, ou plutôt la partie inférieure d'une cinquième a été signalée en 1887 à l'Académie de l'Histoire de Madrid, comme découverte à quatre lieues d'Orcnse, entre les paroisses de Santa-Maria-de-Boveda et San- Miguel-do-Padreda, sur le territoire de \ illar-del-Barrio \ M. Mélida cite un autre guerrier lusitanien au Museo Sarmento de Guimaraens * : enfin M. Leite de \ asconcellos en a fait connaître deux de plus, l'un trouva « perto do monte Santo-Ovidio (Fafe)'' », et l'autre 11 San Jorge de Vizella *. Ils sont l'un et l'autre très mutilés (Fig. 48 à 53).

Toutes ces statues ne diffèrent essentiellement que par leurs dimensions. L'une de celles de Lisbonne mesure 3'",5o de hauteur, et la seconde îV",io ; des autres, je ne connais pas la grandeur exacte ; mais quant au reste, elles sont pour ainsi dire toutes identiques. La matière dans laquelle elles sont taillées est un granit à gros grain, assez mou et friable, ce qui explique la détérioration parfois grave des surfaces ; elles représentent un guerrier armé de l'épée et du bouclier, dans l'attitude du repos, debout sur un socle, si Ton peut ainsi parler de gens à qui manque toute la partie inférieure des jambes coupées au-dessus des genoux. Ce n'est point là d'ailleurs l'eflet d'une cassure, car les socles

CCS deux statues, on lit respectivement les deux inscriptions suivantes :

STATV.t

MILITARKS

INCOLLELEZEKHO

PROPE VICVM

MONTALEGRE

EFFOS.E f'-ic) ANNO

MDCCLXXXV.

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