‹ Essai sur l'art et l'industrie de l'Espagne primitive (volume 3)Chapitre 19 sur 80 · Corp. In.scr. Latin. ^ II, n» a5i · texte numérisé non relu

Corp. In.scr. Latin. ^ II, n» a5i

\. J. H. Mélida, Revis ta de archis'os, i8<)7. p. l'iQ. Ilûbner ne l'a pas mentionnée.

r>. O Archeologo Portitgués, II, p. a3.

(îVst peut-être la môme que la précédente.

0. Ihid., p. 1J9 et s., fig. 2 ; cf. O. Occident e. i88r), p. 2'j6.

LA SCLLPTURE Qm

it taillés dans le même bloc et font corps avec les

qui les supportent

statues. Le socle de la statue de \ianna élait orné d'un buste en relief vu de face, mais niallicurcuseniriil si fruste qu'on ne sait s'il y taut reconnaître une tiUc virile ou féniiiiino.

(l'ïlal- Hoja! d Ajudd.)

Le costume consiste eu uuc jaquette collante, à longues manches étroites, qui descend jusqu'à mi-cuisses : elle s't'cliaricre en haut, sur la poitrine, laissant voir un collier, est serrée à la taille pur un ceinturon et se décore de quelques urneuients gra\ es, pur exemple sur la statue de Vianna ; des dessins de même genre, assey. tlnemenl tracés, se retrouvent sur la ceinture.

Les deux jambes sont serrées l'une contre Fautre et sur le même plan : les bras, qui sont d'ordinaire entourés de larges bracelets à la hauteur des biceps \ sont collés au corps et se retournent simplement en avant pour que les mains puissent saisir par les bords le bouclier rond,

de très petit diamètre, que le guerrier tient appliqué devant lui contre sa taille : la surface de ce bouclier est très sommairement décorée, par exemple de coquillages fixés aux extrémités de deux bandes disposées en croix et à leur point d'intersection ^ A droite, contre la cuisse, sort de dessous la ceinture la lame d'un poignard large, court et droit.

Trois seulement des guerriers, à ma connaissance, ont une tête. Mais l'une d'elles, celle de la statue de \ ianna, est moderne, comme me l'a affirmé péremptoirement M. Leite de Vasconcellos. Du reste, D.F. \IartinsSarmento,dans une lettre adressée le 8 avril 1886 au journal OOccidenie, de Lisbonne, avait déjà été fort catégorique sur ce point. Le morceau aurait été ajouté par quelque ingénieuxPortugais désireux Fie. 49. — Le même guerrier, de se créer un ancêtre très vieux, à bon compte;

c'est lui aussi qui aurait fait sculpter sur la rondache les coquilles de Saint-Jacques qui figuraient dans son blason ^.

I . Une des statues d*Ajuda a trois bracelets ; celle de Fafe en a deux, trèsdistincls, à chaque bras (voy. O OcciJenle, 188G, p. a'jO, et fig. p. 248; O Archeologo Portuffurs, 11. p. 29, fig. I, et mes figures).

3. Statue de Vianna. Sur la poitrine de ce guerrier est gravée une croix ; il est plus que probable que c'est là une adjonction assez moderne.

3. Voici le passage, très curieux, de cette lettre : « A de Vianna nâo o parece (descabe- « çada), vista na gravura, {)OTqu<' lu tem cm « cima do pescovo o quer que seja que parece

a uma cabeça coberla por um elmo; mas a « cabeva é posliça e quem Ih'a mandou pôr « quiz fazer da estatua um dos seus antepassados, mandando-lHe abrir na rodella. ou escudo, as armas de casa, em que figuram umas couchas (vieiras) ! Ilûbner commentou gravemente estas vieiras, c Camillo Castello Branco, que encontrou n'uns alfarrabios a « historia d'esia extravagancia, commentou « humoristicamente os commentarios do sabio « allemào. » (O Occidente, i**" nov. 188C, p. u/|()). Je ne sai** au juste quelle foi il faut ajouter au soi disant bouquin de Camillo Cas-

te

LA snuLPTUHG 5a

Quant aux statues d'Ajuda, on ne peut songer à contester l'authcDlicité

telle Itrsnco: mais il r>t i-rrlniii (|iie U tile de U »laluc n'est p«9 anlii|ue: quant ■u\ roquilkt. il n'j a [>■», selon moi. de raisons alitoluea potir le* dire moderno. Il est trci pos- >il>l« que U coquille de S«inl-JacqucE ait été

!u. (Palali Ro>al d'Ajuda.)

ment il l'éjioque antique (voj. Villa. Amil. .Vusfû fsfiahol de anligiiedade$. IV, p. 67).

Mais n'a)rant|>aiiu l'original, j« n'insiila p««.

yO Ï-A SCULPTURE

de leur chef, bien que la collerette au-dessus de laquelle il émerge, le ivpedu visage qui révèle des hommes d'un certain âge, la barbe carrée, les moustaches fortes, donnent aux guerriers un faux air de seigneurs du Moyen Age * .

Pour le style m<^me de ces statues, ne les ayant pas vues de mes yeux, je m>n rapporte à M. E. Hûhner qui qualifie également les différentes

œuvres de grossières et lourdes, qui fait remarquer la mauvaise construction du corps, très plat par derrière et à peine modelé par devant". Au sujet du guerrier de \ianna. il note que les yeux, « entourés de bordures trian^iulaires. ressemblent à la visière dun casque * «» : ce détail n'a qu'un intérêt médiocre, puisque la tête est niixlerne. Cela est tout : il est vrai que les sculptures sont d'un t\pe et dune facture si manifestement barbares, dune laideur et d'une maladres^se si brutales, qu'il est inutile d'user les épîthètes pour en faîn^ la critique.

PlutO't que lie s'attdinier à ce tra^^il stérile, il v4iut mieux attinH- rattentioo sur ce Ëiil que. comme certains des ^■^•y^riiis dont il a été question, deux de ces sculptures poHenI une inscription, et utie inscription romiùne. crile de

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Vianna et celle de Castro Rubias. Ce sont de simples épitaphes où ne paraissent que des noms propres ' .

Ces textes, pour M. E. Hiibner, prouvent d'abord que les statues sont funéraires, et je n'y contredis pas. Ce qui contribue fort aussi à le démontrer, c'est que toutes les statues sont uniformément coupées au-dessus du genou. M. E. Hùbner suppose que le sculpteur a reculé devant la difficulté de modeler les pieds, mais je ne le crois pas: les pieds, surtout chaussés, sont plus faciles à sculpter que les mains, et les artistes primitifs, toujours doués de cette naïve confiance en eux-mêmes qui fait le charme de leurs œuvres, n'esquivent pas ainsi les problèmes. Mais il faut se rappeler qu'en Orient, en Grèce en particulier, les divinités chthoniennes et funéraires étaient souvent représentées sous forme de bustes coupés nettement à la taille, comme si elles étaient encore engagées par la moitié inférieure de leur être dans la terre qu'elles symbolisaient. C'est quelque idée religieuse de ce genre qui a guidé les sculpteurs ibériques ^

En second lieu, M. E. Hubner estime, d'après les inscriptions, que les statues sont de l'époque romaine et, plus précisément, du i" siècle ; cela se peut. Mais sur ce point je ferai des réserves comme j'en ai fait au sujet des becerros. Si les guerriers ont été exécutés au temps de la conquête romaine, et si les lettres ne sont pas des adjonctions récentes *, la barbarie du travail

FiG. 52. — Guerrier lusitanien de Saint-Georges de Vizella.

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