I. lie^'ue des Études grecques^ i^D^*- p
LA SCULPTURE 3oi
L'art grec est passé avec une remarquable rapidité de l'archaïsme à la perlcction classique: le temps est court d'Anténor à Myron et à Phidias. L'art ibérique a marché du même pas et ne s'est pas dérobé aux nouveaux enseignements qu'il pouvait recevoir de ces maîtres incomparables.
Pour le montrer, il ne saurait être question de s'attacher à l'analyse minutieuse des vêtements ou des traits du visage, à l'étude des conventions, à l'examen des procédés techniques qui nous ont aidé a retrouver dans les sculptures du Ccrro de los Santos l'influence de l'Orient ou de la jeune Grèce. Quand un art atteint sa pleine et riche maturité, les œuvres qu'il produit résistent fermement à la critique, et la portent à se contenter d'épithetes admirativcs. L'Apollon de ïénéa est plus facile à juger que le soi-disant Ilissus du Parthénon. Ici c'est afliiire d'impression et de goût plus que de science, et si j'afiirme que sur quelques-unes des têtes du Cerro s'est posé comme un reflet des grandes écoles, j'estime qu'aucun connaisseur éclairé de l'art grec ne s'inscrira contre ce jugement.
Lorsqu'après avoir étudié la grande statue et la grande tête mitrée de Madrid, M. Heuzcy s'est occupé aussi de deux têtes viriles du même musée dont le type et le style l'avaient particulièrement frappé, il a dit : «Que l'on regarde ces deux têtes d'hommes, et l'on reconnaîtra certainement, malgré la taille sommaire et quelque peu brutale de la pierre de tuf, le caractère et l'accent particuliers aux belles têtes helléniques d'athlètes et de héros à partir de l'époque où Myron et les sculpteurs du même temps commencèrent à les représenter volontiers avec les cheveux courts '. )) Il faut que cette impression soit bien forte, et elle l'est en efiet, pour que la produisent des œuvres par tant de côtés si différentes des œuvres auxquelles on les compare. Car ces têtes du Cerro sont précisément celles où s'applique avec le plus de rigueur le procédé orien-