Monument Piol^ I, pi
4. J'ajoute ici quelques rapprochements qui, dans Tensemble, sont très instruclifs.
Les (ig. 56 et 210 nous montrent le signe du swastika. J'en ai aussi noté des exemples sur de petites stèles p}rénéennes, au musée de Saint-Germain (n»* 18723, 22177, 22178 etc.). On sait que ce symbole, venu d'Orient sans doute, est un élément très employé de la décoration grecque primitive; il serait superflu d*en relever même les seuls exemples mycéniens. A propos de la fig. 210, voy. Salomon Reinach, Revue archéologique,
1902, Etude sur le swastika à tête bifide.
Fig. 21, 22, 27, 1, /| 3 (zigzags), cf. Alhe-
nische Mitteilungetip 1903, p. 96, Beilagcll, n^* I, 23 (zone au-dessus des anses) ; p. i52, fig. 4^, etc., etc. (Théra).
Fig. 55, cf. Ibid.y p. 109, fig. 23 (Thora).
Fig. 9G, cf. Journal of hcllenic studies,
1903, p. 196, fig. 12.
Fig. 119. cf. ihid , p. 119, Iig. 3, n"" i,.
Fig. 169, 171, 172, cf. ihid., 195, fig. II (Cnossos); Athenische Mitteilungen, WII, p. 1181, fig. i3 (Éginc).
Fig. 210. — Meca. (Louvre.)
Fig. ao2, 2o3. Les vases grecs décorés d'alphabets ne sont pas rares ; je cite, parce que la signature de l'artiste sert ici de principal ornement, un vase du Musée des Beaux- Arts de
LA CÉRAMIQUE Xa'J
Chypre, de Rhodes eldeThéra, de Troie, de Mycènes, de Tirynihe et de Cnossos, d'Athènes et de Thèbes, celui de la Sicile et de l'Italie méridionale ont été tour à tour ou à la fois évoqués ; souvent même la comparaison a mis en reliefdes ressemblances qui approchaient de Tidentité. Il en résulte qu'un lien étroit a uni à de très lointaines époques ces divers pays à Vlbérie e\ qu'une partie tout au moins de cette péninsule, à Tàge le plus reculé de son histoire, fut tributaire des arts industriels qui, venus d'Orient, se développaient, s'enrichissaient, s'originalisaient en passant par la Grèce.
El sî rimpression que m'ont faite dès le début les débris que j'ai décrits, impression qui persiste et s'accentue après une étude minutieuse, ne me trompe pas^ c'est la céramique mycénienne qui est au début proche parente de la céramique espagnole. Le décor floral de l'Amarejo, de Meca, d'Elche, de Tarragone, de Saragosse est caractéristique: on ne peut s'empêcher de reconnaître comme une filiation qui le lie aux prototypes recueillis dans le bassin de la mer Egée. Quant aux animaux, si leurs formes ont surtout rappelé des monuments trouvés en Attique ou en Boétie, du moins dois-je insister sur ce [)oint que les lignes qui dessinent, différencient ou décorent, à Kintéricur de la silhouette, les diverses partie* de leur corps, que les traits exprimant les plumes, les poils ou les écailles trouvent avant tout leurs similaires dans les albums mycéniens de MM. Furlwœngler et Lœschcke.
Si, d'autre part, je m'attache de préférence aux motifs purement linéaires de la décoration, c'est, avec les vases mycéniens, les vases primitifs de l'Italie méridionale qui sont le plus nettement évoqués dans mes souvenirs. M. Orsi a publié des vases de la nécro|)ole de Licodia- Eubea. dans la province de Catane, où se retrouvent exactement quelquesuns des dessins les plus caractéristiques de ceux que j'ai étudiés en Espagne*. La figure 58 du mémoire que je cite me donne le modèle le plus précis de ce groupe de verticales serpentantes dont les Espagnols
Boston, public* dans la Ue\'ue archéologique, vaines mycéniens; vov. on parliciiUcr le» >ascs
190a, p. 4i. thcssaliens publiés par 1^. WuUers dans les
Le» Figures loti, io3, io5, iio, iû\ mon- Athenische Mitteilungen, WIV. pi. I\. 0;
irent, complètes ou faciles à compléter, de \. G.
larges feuilles en forme de cœurs qui sont aussi i. Hœmische Afilteilungen, iSgS, p. 3o5
très caractéristiques d*un grand nombre de et s.
LA CERAMIQUE
ont vraiment abusé. Sur les ustensiles recueillis dans la nécropole sicilienne Tusage des bandes circulaires divisées en tableaux, comme des métopes, est aussi fréquent que sur les débris ibériques (Fig. 54, 55, 64-67, etc.). Le même archéologue a trouvé dans la nécropole sicule de Léontinoi une série de grands vases dont la décoration linéaire affecte aussi la disposition par zones, avec tous les systèmes de métopes, de lignes ondulées parallèles, de cercles, de dents, etc., et dont les formes simples et un peu lourdes répondent admirablement à celles des vases ibériques *, En Apulie, dans la Peucezia et la Messapie, M. Mayer a étudié des vases décorés de demi-cercles tangents aussi sur un cordon circulaire, comme j'en ai noté sur un grand nombre de coupes d'Espagne (Fig. 54, 55. 57) et de divers tessons (Fig. 4, 6, 25, etc.)^ et aussi des rangées de crosses analogues de forme et de facture à celles que j'ai décrites plus haut^. Sur des vases de Tarente aussi revient fréquemment la disposition par zones divisées en tableaux, et plus particulièrement on y retrouve les séries de dents du genre de celles que j'ai si souvent relevées et dessinées dans mes recherches à TAmarejo, à Meca, à TAlberca de Murcie*.
Il ne peut y avoir en tout cela simple coïncidence. Mais cette constatation ne diminue en rien l'importance des souvenirs mycéniens que j'ai rappelés, car le temps n'est plus où l'on établissait une barrière entre la Grèce et l'Italie, et Ion sait que dès le xii'' siècle sans doule, en même temps que des rivalités de concurrence, il y eut entre les deux régions méditerranéennes de nombreux échanges industriels et artistiques \
Ainsi les sculptures du Cerro de los Santos et le buste d'Elche ont
I. P. Orsl, Siculi e Gveci in Léontinoi^ dans Ramische Miiteilunf^en, 1901, fig. 8, 10 à 20, 2V28.
a. T. Mayer, Ceramica delT Àpuiia preellenica^dAnsIiœmiscfie Mitteilungen, 1900, fasc. I, p. la cl s., 6, 8, 9.