‹ Essai sur l'art et l'industrie de l'Espagne primitive (volume 5)Chapitre 32 sur 89 · I. E. Hùbner, Arqueologia de Espana, p. a · texte numérisé non relu

I. E. Hùbner, Arqueologia de Espana, p. a

l54 I^ES F1GUR1>'ES DE BHONZE

de la faire ici avec tout le développement qu'elle comporte. Rien que Tenquéte nécessaire pour réunir les images de tous les petits bronzes ibériques curieux exigerait un temps considérable, qui ne serait certes pas perdu, mais que je n'ai pu trouver encore. Il me semble d'ailleurs qu'à s'en tenir m^me à l'examen des bronzes des collections publiques ou facilement abordables, ù l'étude de quelques importantes statuettes isolées que j'ai pu voir ou dont j'ai pu me procurer les photographies, on est en mesure de bien connaître l'industrie des bronziers ibères et de la juger '.

Comme les sculpteurs proprement dits, les fabricants de petits bronzes semblent n'avoir eu, dès le début de leur art, qu'un goiit détestable et qu'un métier plus que rudimentaire. On ne peut rien imaginer de plus horrible que les premières figurines que j'ai le regret d'être obligé de décrire ou de mettre sous les yeux du lecteur. Mais il faut bien se dire, en guise de consolation, que l'Espagne primitive n'est pas plus mal partagée que tous les autres pays d'Europe ou d'Asie. La Grèce même, à Mycènes, h Olympie, à Delphes, dans les lies, nous a montré des centaines et des centaines d'affreux magots où nous avons souvent bien du mal à retrouver les ancêtres et les prototypes des gracieux bronzes de l'art classique. Que l'on regarde seulement les 44 2 figures qui illustrent l'importante étude de M. Salomon Rcinach sur la Sculpture en Europe avant les influences gréco-romaines, et l'on verra qu'en fait de barbarie tous les premiers fondeurs et coroplastes de la Gaule, de l'Angleterre, de l'Europe centrale, de l'Italie, de la Grèce, de l'Asie Mineure, n'ont rien à s'envier les uns aux autres ; ils sont égaux en naïveté maladroite et manquent tous au même degré du sens de la beauté plastique comme d'habileté manuelle .

1. Je tiens à averlir le lecteur que l'indus- ligurineb dont je \ais parler sont-elles sujettes

trie des faussaires s'exerce abondamment en à caution. Je ne les ai pas toutes tenues entre

matière de petits bronzes. Lorsqu'il s'agit les mains, cela se conçoit, et môme si j'avais

d'ébauches informes, les mystificateurs ont la examiné les originaux douteux je ne préteii*

partie belle, et peut-être quelques-unes des drais pas uc m'ôtrc jamais trompe.

LES FIGURINES DE BRONZE

Pour commencer, Cean-Bermudez a vu un horrible monstre de plomb trouvé à Jumilla et voici comment il le dépeint : c( Idole de plomb, qui parait égyptienne; elle représente un spectre affreux, avec des mamelles à leur place naturelle, sur les fesses et sur les parties honteuses ; bras, mains et doigts comme des pattes de lézard : pieds et jambes dans Tattitude de la danse, et visage comme une face de hibou V » La description ne répond pas tout à faitàVimage qu'a donnée de cette idole le P. Lozano dans son Histoire de Jumilla ' ; mais peu importe, elle prouve l'impression presque de dégoût qu'inspire' la vue d'une telle atrocité ; la seule excuse du modeleur est qu'il a traduit à sa manière quelque barbare conception religieuse.

Ce plomb semble perdu ; on peut pourtant se faire une idée de sa hideur en considérant une idole du Musée de Madrid dont les formes ne sont pas trop monstrueuses, mais qui, par certains détails, rappelle nettement la description de Cean-Bermùdez (Fig. a3o). La jambe gauche manque, ainsi que les deux bras ; Tètre extraordinaire a la tète d'un homme et, sous son menton, se voient deux appendices qui doivent être de la barbe. Je n'affirme rien\

Malgré tout, le prix de la laideur revient sans conteste à un objet de même genre, en bronze toutefois, qui a été trouvé en 1888 à Gulina, près de Pampelunc: il est conservé dans le Musée de cette ville. Voici comment en parle le premier éditeur, M. Taillebois * (Fig. 221 et 222) :

(( La statuette est en bronze et parait avoir été coulée dans un moule. Sa hauteur est de i.'i centimètres environ... Les jambes sont raides, droites, presques aussi grosses à la cheville qu'à la cuisse, les pieds

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