‹ Essai sur l'art et l'industrie de l'Espagne primitive (volume 5)Chapitre 33 sur 89 · I. Cean-Bermùdez. Sumario etc., au mot Jumilla · texte numérisé non relu

I. Cean-Bermùdez. Sumario etc., au mot Jumilla

a. Juan Lozano, llisloria antit/ua y maderna de Jumilla (Murcic, 1800), p. 106 et figure. L'auteur dit qu'il v a des caractères phéniciens graves sur Tidolc ; il faut corriger sans doute en caractères ibériques.

3. La tète de cette Ggurine, avec ces deux pointes bOus le menton, me fait songer à une idole grecque bien connue de la série dite c des lies », où l'on reconnaît d'ordinaire un

joueur de double flûte.

f\, Emile Taillebois, Deux objets d'art ibériens, Caen, 1890 (^Extrait du Bulletin monumental, 1890). M. Taillebois a aussi parle de cette figurine dans le Boletin de la Comision de monumentos de Xai'arra, 1895, p. 77. Les Espagnols donnent i l'objet le nom à' Idole de l.arumbe (roy. J. R. Mélida, JRei'ista de archivos, 1897, p. ibo, et njuo, p. 76). M. Salomon Roinach en a donné un croquis dans le Clarac de poche* II, 591.

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informes, montraDt seulement des rudiments de doigts. L'artiste n'a pas su détacher les bras du corps, auquel ils restent collés en partie ; le bras droit, fait comme un boudin, est levé à la hauteur de l'épaule, la main tenant un objet long et rond ; le bras gauche, de même facture, a la main levée, bénissante et largement ouverte en patte de crapaud; les doigts sont détachés, mais informes ; les épaules tombantes el à peine accusées ; un gi-oa cou surmontant un corps massif et carré,

« La tête est ronde comme une boule, avec la chevelure venant en frange au sommet du front; deux petites excroissances représentent les

oreilles. La fîgure est plate, le nez écrasé, deux trous ronds pour les yeux, et une entaille formant la bouche. En somme, une figure barbare et bestiale qui ne manque cependant pas d'une certaine expression. Une coupure ancienne, partant du front, sépare le nez de l'œil droit.

« A quel sexe appartient notre personnage i' Au premier abord, en voyant ses seins fortement accusés, on pourrait croire que c'est une femme, mais un examen plus attentif oblige à reconnaître qu il s'agit d'un homme dont l'indice viril a été cassé. Du reste la forme générale, la pose, l'expression delà figure, semblent appartenir plutôt à un homme qu'à une femme...

LES FIGUBI^ES DE BRONZE

« Quant au personnage, c'est évidemment une divlnilé. sa pose le prouve. L'objet que la main droite lient levé nous parait être un bâton de commandement, l'insigne de l'autorité du dieu. La main gauche levée et largement ouverte, c'est la main du dieu qui bénit. »

M. Taillebois est d'avis, et je suis d'accord avec lui. que ce petit bronze est ibérique. Je suis beaucoup moins sûr qu'il ait subi l'induencc de l'art punique, et les arguments (|ue fait valoir en ce sens cet archéologue ne m'ont pas convaincu ; tout au plus pouiraît-on dire que celle insistance à exagérer les caractères sexuels peut avoir son rxpllcalion

Idole» du MiHt-ode Madrid.

dans l'Influence de l'Orlenl. Mais je trouve simplement dans la figurine un nouvel exemple de la rudesse arUsli<|ue des premiers Ibères.

Le Musée de Madrid possède quatre petites idoles, trois entrées dans les collections avec les objets du fonds Mîro et la quatrième avec le fonds du marquis de Salamanca (FIg. tx^'i-^sG), toutes plus hideuses les unes que les autres et défianl loulc description autant par la barbarie de la facture que par robscénlté naïve du sexe. Ca sont les frères de l'idole de Tiullna. Les seuls détails lions à noter, c'est que parfois le corps s'allonge depuis le bas ventre jusqu'aux épaules, au lieu de rester court et rond (Fig. aa'i), et que l'on peut constater ici où là le travail de la liineet celui du burin : ta lime .sert à façonner grossièrement

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le visage, en particulier la bouche, qui est formée par une simple coche triangulaire (Fig. 234 et 326) ; le burin est employé pour indiquer le cercle des yeux et les mamelons des seins (Fig. 226). Trois des idoles ont les bras levés, la quatrième les a ramenés contre la poitrine ; c'est celle que reproduit la figure 22G : on voit que ces bras sont réduils à Tétat de moignons informes.

C'est au môme type que se rapportent quelques figurines des Musées

d'Evora et de Lisbonne, dont deux ont été pubhées par M. E. Cartailhac. 11 n'y a guère de différence que dans la façon dont sont figurés les yeux de la première (Fig. 227); ce sont de petites boulettes placées à droite et à gauche de la proéminence du nez ; le procédé est connu par Tindustrie des terres cuites de l'Orient et de la Grèce. La seconde a le bras droit replié, et ce qui tient lieu de main est ramené contre la bouche (Fig. 228) \

Fig. 337 et a'j8. — Bronzes

portugais. La figure 229 dont l'original appartient a D. An-

tonio Vives, a Madrid, montre cette intéressante variante que les bras pendent et sont collés contre les flancs, à la manière des Apollons grecs archaïques, que rappellent aussi les jambes étroitement serrées. M. Mélida, qui a publié ce bronze, dit que la tôte est couverte d'un casque orné par derrière d'un couvre-nuque, et par devant d'un nasal. Je crois plutôt, sans l'assurer, que ce casque n'est qu'une illusion produite par la forme étrange de la tôte, l'enroulement des cheveux sur la nuque et la façon dont le nez est construit ; mais, en ces sortes d'oeuvres d'une facture extrêmement barbare et simplifiée, il ne se peut rien avancer qu'avec doute. Je ne pense pas d'ailleurs qu'on puisse affirmer que cette image soit celle du Mars lusitanien, de Neto; du reste, M. Mélida ne propose cette identification qu'avec des réserves*.

1. E. CsiriuWhdiC, Ages préhis(orit/ues, \\ tonio T'/Vcs, dans Revisia de Archives, 3oo, fig. 43i, 43o. 1900, p. 78, n» 8, pi. V, n» 8. La statuette

2. Hauteur, o"™, 062. J. Ramûn Mélida, La provient de Villacarillo (Jaén) colecciôn de bronces antiguos de D. An-

LES FIGUniVES DE nitO>ZE l «Q

Sans revenir sur l'extraordînaire homme barbu ou joueur de flûte que j'ai signalé plus haut (Fig. sSo), je retombe à une déplorable caricature avec un petit bronze de la mCme collection Vives, dont le visage est à peine indiqué, dont les jambes sont bancales, dont les bras s'écartent du corps en anses de panier (Fig. a.'ii). Cet objet provient de Llnarcs . M. Mélida estime que, comme le précédent, ce dieu ou ce guonier porte un casque ; mais ici non plus la chose n'est pas cerlairio'.

Viïei) de Madrid.)

Vive.)

Dans cette série, je ne vois guère à noter, comme ayant un semblant de valeur artistique, qu'une figurine de lu mOme collection encore, un homme nu, dont le bras gauche pend le long du cûlé, tandis que te bras droit se rephe contre lu poitrine et tient un bùton de commandement. L'altitude est déjà assez savante et le mouvement assez juste, bien que l'auteur n'ait pas osé doimer un libre jeu aux bras en les séparunt du corps, et la tôle, toute ronde et sans clie%enx, a plus (igure humaine ; on dislingue tout au moins, assez bien mis à leur place naturelle, les

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