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l8 LA CÉRAMIQUE
hardi, plus pilloresque, qui découpe de façon plus romantique sur le ciel éclatant l'ëlégance de ses murs et de ses (ours crénelées. Ce dût être dès les âges les plus lointains un rude repaire de guerriers ou de brigands (Fig. 8). C'est tout au moins, et depuis de longues années, un lieu précieux pour les archéologues, « Le village de Monteagudo(il est bâti au pied du rocher), dit M. Engel, a été de tout temps une mine inépuisable d'anti-
quités préhistoriques, conlcstanieniies, romaines, arabes, etc., et cependant le nom delà localité ancienne qu'il a remplacée est resté inconnu. Lozano, qui écrivait en i794i en parle longuement, et mentionne des colonnes doriques en jaspe, des cliapiicuux corinthiens, des sculptures, des vases .sagonllns dans lesquels niangoaienl les paysans d'alors, les urnes cinéraires ([ui leur servaient de pots à fleurs, les nombreuse lampes, statuettes, etc. ' M. Engel lui-même, en i8y3, s'est plusieurs fois
. A. Engel, i
cité. p. 3i6(p. i5 dii liraj-'C à p«rt).
LA CERAMIQUE I ()
rendu à Monteagudo : (( Je pus constater, dit-il, que Lozano n'avait pas exagéré l'importance archéologique de celte localité. Même après cent ans écoulés et les rafles périodiques des antiquaires, les trouvailles continuent, moins al>ondantes qu'autrefois, naturellement, mais encore intéressantes. J'en pourrais relater beaucoup, dont m'ont parlé les gens du village... En me promenant au-dessus du village, je reconnus, dans une tranchée faite en vue d'extraire de la terre, plusieurs énormes urnes sphériques, déjà cassées ou écrasées, mais encore en place. Quelques coiq)s de pioche sufTirent pour extraire la moitié d'une de ces urnes, qui mesurait 5o centimèlres de diamèlre. Au fond se trouvaient des ossements humains qui ne semblaient pas avoir subi l'action du feu; puis venait une couche de terre, et une autre de cendre fine. Le terrain adjacent était semé de morceaux de charbon, d'os humains et de tessons de poterie : il s'agit évidemment d'un lieu de sépulture fort ancien, (les urnes, à peu près sphériques, épaisses de i centimètre i//|, d'une argile arénacée noire, ressemblent beaucoup aux urnes-cercueils découvertes par les frères Siret dans la province d'Almerîa, à El Ar(/ar nolanunenl : ces urnes recevaient le squelette replié. Monteagudo fournil également des poignards en bronze semblables à ceux trouvés par les frères Siret'. »
A mon tour je puis confn'mer la véra( ité des récils de Lozano, et contresigner l'enquête de M. Kngel. (lommc* lui je suis d'avis (jue des fouilles à Monteagudo seraient exceptiomiellemeiil fécondes. J'ai examiné en particulier les gisements cérami([nes, et surtout les débris d'urnes funéraires que les paysans ont abandonnées au bord des tombeaux dont ils ont ouvert un très grand nombre, sur le flanc Ouest de la montagne. J'ai reconnu que celte station était exactement semblable à celle de l'Alberca, mais plus importante. J'y ai retrouvé les spécimens i(lenti(|ues de toutes les poteries déjà signalées. Il est profondément regrettable (pie les paysans, n'attachant d'importance (pi'anx trou\ ailles dr bijoux on d(» monnaies qu'ils font assez frécpiemment dans l(*s urnes, iw se soucient aucunement des urnes elles-mêmes (pi'ils brisent, on dont ils éparpillent les morceaux. 11 est fâcheux aussi, bien ([u'assez naturel, <pieles faussaires