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cliitecture de style ibéro-grec les renseignements les plus originaux. En 1900 j'ai pu faire entrer au Musée du Louvre, grâce à M. Léon lleuzey, deux fragments que je crois d'une haute importance, et qui ont élé trouvés à quelques mètres du buste de femme désormais célèbre conservé depuis 181)7 dans le même musée. Les deux morceaux sont inédits.
Le premier 1 est un chapiteau de pilastre, malheureusement brisé à droite ; il se compose d'un simple abaque faisant au-dessus du corps du
Fie. 35. — Le temple du Cerro de los Sanlos (j8«8).
pilier une assez forte saillie. La forme en est légèrement pyramidanle ; les deux faces verticales conservées de l'abaque sont décorées d'un rang de pahnettes; le petit côté du pilastre était aussi décoré de sculptures, du moins sur une partie de sa hauteur, car on y voit encore, vers le fond, les restes (l'une large volute (PI. III). *
Tout 1'inlérèl réside dans la sculpture du tailloir. Elle est très clairement empruntée à l'ornementation grecque. Ces palmcttes sont classiques ; les décorateurs polychromistes et les tailleurs de marbre les ont cm-
1. Le chapiteau, suivant D. Pedro Ibarra, épaisseur, o-M? ; hauteur totale du fragment
l'archéologue très bien informé cl l'historien depuis; la pointe: o",{ji; largeur du petit
d'Elche, est en grès tendre du paj». En voici eite, o™,ïj (Inédit). les dimensions: longueur du tailloir, o" 1 . 5i>;
l'architecture 49
ployées, sans se lasser ni crainte de lasser le public, à décorer les frises, les corniches, les encadrements de portes, les gorgerinsde chapiteaux ioniques d'une foule de monuments, et je ne parle pas des vases peints. Grâce aux plus simples, souvent aux plus ingénieuses variantes, ils ont trouvé le moyen de les multiplier à l'infini sans les rendre banales. Le monument le plus célèbre où elles jouent un rôle important est l'Erechtheion, à l'Acropole d'Athènes. Elles s'y découpent légères sur le gorgerin du chapiteau, sur la corniche qui surmonte la porte fameuse, et sur les consoles qui supportent à droite et à gauche cette corniche. C'est là qu'elles semblent avoir atteint leur perfection d'élégance et leur maximum d'effet décoratif. Or c'est aux palmettes de l'Erechtheion que font surtout songer celles d'Elche. Sur le gorgerin des chapiteaux de l'Acropole deux modèles alternent en guirlande. Si l'on pose les feuilles en éventail de l'une sur les doubles volutes adossées de l'autre, on aura justement la palmel te d'Elche. Il faut ajouter que les tiges des volutes, dans celte dernière, se retournent vers le haut et se rejoignent au sommet de l'éventail de manière à lui former un cadre circulaire. Cette disposition n'est pas du reste inconnue en Grèce, et je citerai en particulier un chapiteau d'ante à décor peint sur lequel on la retrouve 1 .
Je ne voudrais pas, pour le besoin de la cause, me faire taxer de mauvais goût; il est certain qu'il serait maladroit de pousser trop loin le parallèle, et que l'art et la technique du chapiteau d'Elche sont, auprès de l'art raffiné de l'ionique athénien, de qualité bien inférieure. Le grès illicitan ne peut se comparer à la pierre du Pentélique : l'outil d'un modeste ornemaniste ibère ne pouvait pas donner à une matière molle et pâteuse la même élégante précision que l'agile ciseau d'un sculpteur attique donnait, en plein v e siècle, au marbre si dur et si souple a la fois, d'un grain si serré et si facile à polir. Aussi ne cherchè-je pas à nier, ni môme à dissimuler la lourdeur trop évidente de la forme des palmettes, ni le mauvais effet du large cadre qui les écrase ; le dessin est mou et incorrect, le travail sommaire et maladroit. Mais je ne saurais m'empêcher de préférer le morceau, tel qu'il est, avec ces défauts, à tout
1. Laloux, Architecture grecque, fig. 101. Provenance non indiquée.
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autre qui pourrait évoquer avec une précision de copie le9 plus parfaites œuvres de la Grèce de Périclès.
C'est que j'y trouve ces mêmes caractères qui donnent, comme j'y insisterai plus lard, tant de prix au buste du Louvre, dont il est, je pense, contemporain. Le goût espagnol s'est laissé charmer aux beautés simples de l'art grec, mais il n'a pu se résoudre à sacrifier absolument ce qu'il aimait par instinct de race, le touffu dans l'ornementation et presque la surcharge : il ne veut pas perdre ce qui lait son originalité, originalité puissante et savoureuse dans le buste d'Elche, mais ici plutôt un peu barbare.
La preuve bien nette en est dans cet ornement, sorte de fleuron surmonté d'une volute que le sculpteur a plaqué sur l'angle même de l'abaque. Jamais un artiste grec n'eût songer à raccorder par cette adjonction malencontreuse les palmetles terminales des deux faces du tailloir. Elle rompt de la façon la plus fâcheuse la pureté de profil du membre architectural, sans compter qu'elle se rattache fort mal, de manière gauche et naïve, à chacune des deux faces qu'elle prétend unir. Il y a dans cette conception une faute qui dépare le fragment et qui me déplairait fort, si elle n'était comme la marque d'un atelier indigène et la signature d'un artiste ibère.
Le second fragment du Louvre est plus instructif à cet égard, et, bien que par malheur horriblement mutilé, plus précieux encore 1 (Fig. 36 et 37 et PL 111). C'est également un morceau de chapiteau, mais je ne puis dire s'il s'adaptait à ync colonne ou à un pilier. Je n'ai pas à chercher s'il nous est parvenu de la (jrèce quelque chapiteau similaire : la première impression ne laisse pas plus aïNioute que l'étude attentive : ce chapiteau dérive du chapiteau ionique, mais il esWésProduit d'une imitation très libre : il ne copie pas, il interprète, et cette interprétation reste profondément oririginale, car nous retrouvons ici encore, dans tkP nouvel exemple typique, l'affection des Ibères pour l'ornementation un peï\surchargée qui donne l'impression, sinon même l'illusion de la richesse. La sNriplici té des œuvres grecques les a sans doute émus, et ils se sont autant qd^a personne laissé
I. Hauteur totale maxima du fragment, o n, ,;ï5; épaisseur de l'abaque, o ni ,aa\' n ^'0«
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séduire au chnrme des formes pures dont aucun ornement excessif n'altère les contours harmonieux. Mais celte nudité sans artifice leur a paru quelque peu cliélive et pauvre : d'inslincl ils l'ont parée et comme étoffée. Pour le chapiteau en question, l'architecte s'était résolu à y sculpter
Fie. 36. — Fragment de chapiteau ibiTO-grcc d'Elcho. (Muiée du Louvre.)
comme élément essentiel la volute de l'ordre ionique, et c'est en effet une volute qui supportait aux quatre angles le poids de l'épais tailloir, Mais il semble qu'il n'ait pas absolument compris le rôle des élégantes el vigoureuses spirales grecques, et il en a multiplié le nombre. Il a, pour ainsi dire, développé le thème qui lui était offert ; il a introduit des volutes nouvelles qui, se rattachant aux essentielles, débordent en tous
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sens, réduites au simple office d'ornement sculpté. Les volutes angulaires sont formées de deux demi-volutes accostées qui, au lieu de se réunir d'un côté à l'autre par une seule ligne, donnant un soutien ferme à l'abaque, se retournent brusquement, et forment une seconde volute dont la courbe vient presque toucher la courbe initiale en s'opposant à elle. Mais ce n'est pas tout ; à la partie la plus basse de la double volute angulaire se rattache une autre volute qui vient la prolonger, et se retourne en dehors: une languette sortant du repli de cette dernière se dresse et s'applique contre la rainure assez profonde de la double spirale supérieure. Cette adjonction était inutile ; elle prolonge seulement, en l'alourdissant, l'organe essentiel du chapiteau. Il y a plus encore : à gauche de la volute qui supporte le tailloir, on aperçoit le départ d'un triple cordon souligné par un rang de fers de lances qui certainement ornait le sommet du gorgerin ; cet ornement est emprunté à quelque modèle correct de chapiteau ionique; ce qui est moins grec, c'est que le reste du gorgerin et, peut-être même une petite partie du fût, au lieu de recevoir l'agrément classique des palmeltes et des fleurs, étaient couverts de spirales engendrées les unes des autres. Les espaces laissés vides entre elles et celles que j'ai précédemment décrites sont garnis de sortes de gousses assez rudimentaires qui sont loin de valoir les encarpes élégamment déliés qui tiennent, chez les Grecs, la même place.
La facture de ce morceau si important n'est pas trop maladroite. La main qui a taillé toutes ces courbes dans une pierre tendre et friable n'a pas montré moins de hardiesse ni de fermeté que l'esprit qui en a imaginé l'enchevêtrement inattendu. Le canal des volutes est creusé parfois sans beaucoup de régularité, assez profondément pour que la raie d'ombre fixe nettement le contour que précise encore un léger bourrelet ménagé tout autour des enroulements. Ainsi l'œil suit sans fatigue ces méandres de pierre, que la différence des plans où ils sont sculptés permet à la lumière de nuancer assez finement. Bref, je ne nie pas qu'il n'y ait quelque abus de la volute ; mais cet abus n'est pas pour nous blesser, puisque, encore une fois, il permet de constater l'effort de nos Ibères non pour dissimuler leurs études, pour transformer leurs emprunts en larcins, mais pour garder quelque liberté, quelque personnalité dans
l'imitation. Je ne doulc pas que comme moi tous les critiques ne leur sachent gré d'avoir gardé de l'indépendance vis-à-vis de maîtres comme ceux qu'ils reconnaissaient pour tels, et d'avoir conçu des œuvres qui, même comparées aux chefs-d'œuvre impeccables, conservent de la force et de la saveur.
10. 37. — Fragment de iha|>ilcau ibôro-grec J'Elche. (Anlrc aspecl.)
Ce nous est même une raison de plus pour nous féliciter que les Ibères aient subi l'influence de la Grèce avant celle de Home. Il semble qu'ils n'aient connu le dorique et le corinthien que par l'intermédiaire de Home , sans doulc après la conquête romaine seulement, et cela est un malheur. C'est encore à Elche qu'on en trouve la preuve.
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En 1899 sur le même terrain fécond de l'Alcudia, on a trouvé un chapiteau doriqueetun corinthien. Le premier provient d'un édifice d'époque romaine, puisqu'il porte encore l'inscription COLLEGIVti ; il appartenait à quelque salle de réunion d'une confrérie. Il a, sans qu'on puisse raisonnablement en douter, été sculpté d'après le plan d'un architecte indigène: il a la lourdeur, la maladresse, l'incohérence de bien des chapiteaux romains dont il se différencie difficilement.
Quant au chapiteau corinthien, il n'est pas d'une exécution mauvaise, mais il n'a rien d'original; c'est d'une conception, j'allais dire aussi d'une industrie courante (Fig. 38). Là encore les Romains ont passé leur niveau. Comme ils ont imposé brutalement leur paix, ils ont porté partout et imposé lourdement l'architecture romaine, leur art puissant quelquefois, mais souvent banal et uniforme. L'Espagne, du jour où elle a été romaine, est devenue une province comme les autres, et désormais il n'y a plus chance qu'un artiste indigène, si heureusement doué qu'il puisse être, taille un chapiteau comme ceux du Louvre.
Celui qui commence à étudier les plus anciens monuments de l'Espagne pour essayer d'écrire l'histoire de la sculpture ibérique, n'est que médiocrement encouragé par ses premières constatations. Je ne crois pas qu'aucun des peuples de l'antiquité classique présente au critique des figures façonnées avec autant de grossièreté barbare, ni qu'aucun primitif tailleur de pierre ou fondeur de bronze ait montré moins de qualités natives que ceux que nous osons à peine nommer les premiers sculpteurs espagnols.
Mais si l'on ne se laisse pas rebuter par les horribles ébauches en présence desquelles on s'est trouvé tout d'abord, et si l'on poursuit avec courage une revue d'abord pénible ; si surtout Ton s'attache à la recherche des œuvres provenant des régions orientales de la Péninsule, on ne larde pas à être récompensé de la persévérance de son effort : parmi les images plus que rudimentaires et de sentiment anti-artistique, — c'est l'épithète la moins dure que l'on puisse employer, — on en voit bientôt se mêler d'autres moins informes, de caractère moins sauvage, et Ton voit poindre dans le ciel profondément obscur quelques lueurs de bon augure ; bientôt l'horizon s'est éclairci, pour s'illuminer enfin d'un éclatant rayon de beauté. L'archéologue dont seule la curiosité scientifique était d'abord intéressée à des recherches utiles, mais ingrates, peut bientôt s'émouvoir, s'il est, comme il convient, un artiste en même temps qu'un érudit.
C'est qu'aussi bien que sur l'architecture, l'art grec a exercé son influence bienfaisante sur la sculpture de Tlbérie. A la vue des œuvres
importées, au contact de ces voyageurs et de ces marchands pleins de goût, de civilisation raffinée, peut-être à la suite de navigations vers l'Orient et de stations dans les ateliers de Flonie, des Iles, deCorinthe, d'Argoset d'Athènes, les tailleurs d'images de l'Ibérie ont dégrossi leur esprit, aiguisé leur imagination et rendu leur main plus habile. Sans cesser d'être euxmêmes, de rester attachés à leur sol par des racines profondes et de cultiver avec fidélité leurs traditions, ils se sont laissé séduire par les nouveautés venues des pays lointains du soleil levant, et se sont laissé instruire. C'est l'Orient, c'est la Grèce surtout qui a formé leur talent, et c'est parce qu'ils ont su rester originaux tout en se faisant disciples qu'ils ne méritent pas l'obscurité dans laquelle les a toujours maintenus la critique. Ils étaient dignes qu'une série de découvertes, dont une surtout est éclatante, leur permît de revendiquer leur place dans l'histoire des Arts plastiques de l'antiquité.
C'est dans la région du centre et du Nord-Ouest de la Péninsule qu'on a le droit, a priori, de s'attendre à retrouver sous sa forme la moins adultérée l'antique sculpture ibérique.
Et de fait je ne crois pas que cet art ait pu produire quelque chose de plus rudimentaire et de plus naïvement barbare que les monstres de pierre désignés par les Espagnols sous le nom de hecerros, par les Portugais sous le nom de berrôes (veaux), et parmi lesquels on a voulu reconnaître tour à tour des taureaux, des sangliers, des cochons, des ours, même des chevaux et même des rhinocéros et des éléphants. Quelques-uns sont particulièrement connus, et jusqu'à un certain point célèbres en Espagne, par exemple les Toros de Guisando et les Cerdos d'Avila 1 (Fig. 39-42).
1. Il a couru, sur l'origine de ces antiques Espagnols se révoltèrent contre les Romains,
monuments une tradition curieuse : on pré- lesquels envoyèrent en Espagne un capitaine
tendait à la fin du xv° siècle (Rodriguéz de appelé Guisando, qui, s'étant rencontré avec
Amelta, Compilation de las batallas cam- les rebelles en terre de Tolède, près du Heu
pales, i48i) « qu'après que Scipion le jeune appelé Cadhalso, et les ayant vaincus, fit faire,
fût retourne à Home, et après sa mort, les en souvenir de celle victoire, quatre statues de
Ces animaux, dont les caractères zoologiques sont si peu déterminés, se retrouvent en grand nombre dans la vallée supérieure du ïage, depuis Tolède jusqu'à Talavera, et sur le versant septentrional de la Sierra de Guadarrama, dans les régions des Vettons, des Garpetani et des Arèvaques: mais il n'en manque pas non plus dans les autres parties du Nord et du Centre de la Péninsule. D. Aureliano Fernandez Guerra en a dressé une liste de plus de 3oo exemplaires venant de près de cinquante lieux distincts 1 , et cette liste est incomplète 2 .
pierre, auxquelles, à cette époque, on donna le nom de Guisando. » (E. do Mnriategui, Toros de Guisando, dans Arte en Espana,
IV, p. 44).
C'est l'occasion de noter une autre légende qui avait cours au sujet de la « Porca de Murça », figure du même type existant à Murça, en Portugal (Traz -os-Montes) (Fig. 45).
« L'animal, a écrit F. Martins Sarmento en 1880, montre encore les restes d'une peinture vermeille. La tradition raconte que, dans certains procès criminels, le changement de couleur de la Porca était une marque de l'innocence ou de la culpabilité de l'accusé. » (Correspondance de F. Martins Sarmento, dans O Ârcheologo Português, 1901, p. 3a). Sur la Porca, voy. la même revue, I, p. 336, fig. 7 ; sur un autre petit monument similaire, de Pelourhino da Torre de Dona Chama, voy.
ibid.f fig. 8 (notre figure 46). Je trouve aussi dans la Revista de Extremadura, 1902, p. 35i, sous la signature de D. Publio Hurtado, le passage suivant: « En beaucoup de lieux (de la région de Plasencia) on a regardé comme certaine l'existence de trésors, et il s'est constitué de nombreuses et puissantes sociétés pour les rechercher; je fais allusion surtout au cas du Ccrro del berraco, non loin de Pasar6n ; dans la solitude del Berrocal, à Plasence, il y avait, dit-on, un taureau pétrifié avec cet écrtteau entre les cornes : « Où «regarde le taureau est le trésor. » H s'agit évidemment d'un de nos monstres de granit.
Enfin, j'ai plaisir à transcrire cet amusant passage de Lazarillode Tormcsquc m'a signalé mon collègue et ami M. Girot ; il y est question, dès le xvi fl siècle, d'un toro de Salamanque : « Salimoscle Salamanca, y llegando
a la pucnlc, esta a la entrada délia un animal de piedra que casi tienc forma de toro, y el ciego mandome que llegasse cerca del animal, y alli puesto me dixo : Lazaro, llcga cl oyrlo a este toro y oyras gran ruido dentro del. Yo simplemente Ucgue creyendo ser asi ; y como sintio que ténia la cabeça par de la piedra, afirmo recio la mano y dio me una gran calabaçada en el diablo del toro, que mas de 1res dias me duro el dolor de la cornada. » (Éditions de 1 554).
1. Discurso en contestaciôn a Eduardo Saavedra, p. 48. Voici ces provenances :
Beja et Evora, en Portugal; Linares, Segorbe, Tolède, Talavera de la Reina, Àlcoba. Torralba de Oropesa, Talavera la Vioja ;' el Molar, Becerril de la Sierra, Guadarrama, Balsaïn; Segovia, Coca ; Santo Domingo de las Posadas los Yugos, Mingorria, Flor de Rosa, Avila, la Serna, Muftochas, el Puerto de Cebrcros, Guisando, el Berraco, San Juan de la Torre, Muftana, Villaloro, Bonillade la Sierra ; Puerto de B a fi os, Monle6n, los Lazaro s, Palomares, Tord il los, Contiensa, Ledesma, Salamanca, Lumbrales, San Félix de los Galliegos, Ciudad- Rodrigo; Toro; San Vicente de Durango, Urrache, Maiïaria, Mamoitio, Aijura, Irure, Congoitia. Cf. E. Ilûbner, Ar'fueologia de Espana, p. a54-
2. On peut y ajouter par exemple Cardefïosa (La Academia, I, 1877, p. 109 et n4 ; Roletin de la Real Academia de la historia, I, 1877, p. 9 et 20a); la Citania de Sabroso (vallée du Minlio), E. Cartailhac, Ages préhistoriques de l'Espagne et du Portugal, p. 282 et fig. 4o6; cf. Marqués de Monsalui, Revista de Extremadura, 1901, p. 9; Murça, Parada de Infançôes et Pelou-
58 LA SCl'LPTl'RE
Bien que la littérature relative à ces monuments soil déjà considérable', ils n'ont jamais été étudiés de près comme ils le méritent. On les a décrits et signalés, on en a discuté l'usage et le sens, mais sans se préoccuper de savoir quelle en est la valeur pour l'histoire de l'art, et quelle place ils tiennent exactement dans le développement de la sculpture ibérique. Je n'ai pas l'intention d'écrire ici une monographie qui serait déplacée, mais je dois attirer l'attention sur quelques faits.
D'abord il est un détail qui peut tromper la critique et qui la trompée en effet. Quelques-uns de ces animaux portent des inscriptions. Ce
sont l'un des ioros de Guisando 1 , l'un de ceux d'Avila 1 , l'un des quatre
rhino en Portugal (voy. p. 56. note 1), Cistello de Cabcça Boa (district de Bragance), >ii figures de granit représentant des porcs, et parmi elles une femea et un baeorinko (ibid,, p. 137). Cette Mate doit encore te compléter avec celte qu'a dresiée D. Vicente Paredcs, Bevisla de Extremaduia, igoï, p. 355, note 1 : on y trouve lei nom» nouveaux de Sento Domingo de la Caliadi, Zamora, Molar, Iruefla, Segure, Ruinas de Gasco, Villar del Pedroso.
1 . Voici quelques re n se i gnome nU bibliographiques sur ces animaui. E. de Marialegui, Aile en Espaàa, i865. p. lii et s. — D.
Aurelîano Fernande! Guerra, ffiscurso en contestation d Editai du Saavedm. 186a.
— E. Hiibncr, Zeitsclirift fur allgemeine Erdkunde, i8o"3, p. 3io et 9. — Boletin de la Beat Academia de la Historin. I (1877- 1879), p. 9 et ioa. - D. Manuel Oliver, IVolicias de las actas de la Acndemia de la Historia, 1879, p. 37. — E. Hiihner, Aiqueotogia de Espaàa, p. i53 cl a5(i. —
ld.. Corpus luscripùomim talinarum, U.
n"' 3o5i, 3o5i, 73J. 967, 2737. 1910. — L'atâlogo del Mttseo arqueotogico national.
section primera, p. 90, o M 3011, 1013, ioi3. — D. Vicente Paredes. Revista de Extremaduia (Esculturas protohislôricas de la Peninsula liispa'nica), 1903, p. 354 et s.
Pierre Paris, Y Idole de Miqaetdi (Bulletin his/ianii/ue. 1901, p. 1, pi. 1). Jo ne connais que par le titre U. Enrique Serrano Faligalr, Animales y iitoitslruos de piedra (Bolettn de la Saciedad Etpahila de Ex-
ï. Corp. Inse. Latin . II. 3o5ï. Voir ce que dil des restes d'inscriptions D. Pedro Antonio de la Puenlo (Antonio IW) dans son Via/e de Espatia(Madrid, MDCCLXXil.
t. II, p. i83). Cf. Ambrosio de Morales, Crônira de Es/iaila, liv. VIII, ch. 18, 3
3. Dtmie Cor/ms, M. E. Habiter signale comme différents (ii u * 3o5i et 73i) deui toroi inscrits, l'un d'Avila, l'autre de San
de Torralva, près de Talavera de la Reina 1 , et celui de Coca 2 , près de Ségovie. L'un des plus importants de la collection, le porc de Durango, près de Bilbao, que les gens du pays et les archéologues connaissent sous le nom d'Idole de Miqueldi, avait aussi son épigraphe, mais elle n*a jamais été copiée avec soin ni publiée alors qu'elle élait lisible, et aujourd'hui elle a disparu 3 (Fig. 43). Or toutes ces inscriptions, sauf probablement la dernière, sont des inscriptions latines. Il semblerait qu'on doive en conclure que les animaux où elles sont gravées ont été sculptés à l'époque romaine, et que Ton est mal fondé à prétendre que ce sont là de très anciennes œuvres ibériques.
Mais ces textes, à mon avis, n'ont ici qu'une importance secondaire ; car loin d'être contemporains des sculptures, ils sont des adjonctions postérieures de plusieurs siècles. On a prétendu que ces taureaux ou ces porcs avaient servi de bornes pour délimiter des territoires ou des champs; mais je crois qu'il faut plutôt s'en tenir à l'opinion adoptée par M. E. Hùbner, qui veut y reconnaître des monuments funéraires. Des
Vicente, dans la Terra de Alcantara (Ager Norbanensis). Mais, après de6 recherches très sérieuses, D. Vicente Paredes affirme que ces deux toros n'en font en réalité qu'un seul, qui ayant été trouvé à San Vicenle, a été transporté à Avila, dans le patio du palais de Las Navas ou d'Abrantes. Il y a donc lieu de corriger sur ce point le Corpus (Rev. de Extremadura, 190a, p. 356).