‹ Essai sur l'art et l'industrie de l'Espagne primitiveChapitre 15 sur 61 · Ibid., 967. C'est celui que l'on a pris pour un éléphant · texte numérisé non relu

Ibid., 967. C'est celui que l'on a pris pour un éléphant

a. Jbid., 3737.

3. M. le chanoine José Maria de Bernaola, de Durango, a bien voulu m 'écrire les intéressants détails suivants : « Le premier écrivain qui a fait mention de X Idole de Miqueldi est D. Gonzalo de Otalora, dans son œuvre, imprimée à Se ville en i634. tous le titre de Micrologia geogra'fica de la Merindad de Durango : « Près d'un ermitage appelé Miqueldi, dit-il, il y a une grande pierre, de forme et de dimensions monstrueuses, qui est une femelle de rhinocéros, ou un rhinocéros, ayant un grand disque entre les pattes; sur ce disque sont graws des carac-

tères curieux et inconnus ; elle se termine par une pointe enfoncée en terre et est élevée de deux varas au-dessus du sol. On n'a pas souvenir de son origine ; seulement l'animal passe pour une idole antique. » C'est sans doute d'après cette notice et aidé d'informations du supérieur des Augustins de Durango que le Père Enrique Flôrez, dans son Es pana sagrada, à la fin du xvm e siècle, a dit quelques mots de l'existence de la pierre de Miqueldi; il croit que c'était un monument élevé par le peuple carthaginois, mais ne dit rien des lettres, qui sans doute avaient disparu dès cette époque. » Si les caractères avaient été romains, Flôrez n'aurait pas sans doute songé à une œuvre carthaginoise; d'où il semble résulter que l'inscription était ibérique. M. de Bernaola a cru reconnaître quelques signes sur la face droite du disque, et me les a communiqués; il n'y a pas grand' chose à tirer de son croquis, mais seulement que les caractères ressemblent a des lettres ibériques. Cf. sur l'Idole de Miqueldi l'article cité plus haut de D. Vicenle Paredes, et celui que j'ai publié dans le Bulletin hispanique.

ÔO LA SCULPTURE

raisons religieuses ou mythologiques avaient sans aucun doute déterminé le choix de ces animaux, ornements ou gardiens des tombes qu'ils surmontaient 1 . Ces raisons, l'état de la science ne permet pas de les connaître; mais il est bon de noter que le taureau — si l'on admet que quelques-uns d'entre eux au moins sont (les taureaux —jouait un rôle important dans la symbolique de l'Espagne primitive, et que les images, surtout coulées en petits bronzes dont le caractère votif est très net, en sont extrêmement fréquentes dans les musées cl dans les collections particulières. Quant au porc — certainement il y eu a dans le nombre, — on n'ignore pas que les (irecs, cl les Itomaîns à leur exemple, le consacraient et le sacrifiaient aux divinités de la Terre, dans le sein de

Fie. '|i-ia . — Bcccrros ibériques.

qui reposent les morts: il n'y a rien d'invraisemblable à ce qu'une attribution du môme genre ait été faite en Ibérie.

Quoiqu'il eu soil, il est impossible d'admettre que l'usage d'ériger ces monstres de pierre au-dessus des tombeaux ne date que de l'époque romaine, car je ne connais rien de tel dans le rituel funéraire des Romains. Je le tiens au contraire pour extrêmement vieux et purement

I. D. Yiccnle Parcdes, dans son curieui dire <|iio je Irons-cris ici tes idées de l'au-

Jivre, los Framontanos Ccltiberos, essaie de leur a simple titre de curiosité. Je reliens

prouver que ces ligures ne sont pas funéraires, surtout de son article qu'il croit, comme moi,

el propose cette théorie : Les Egyptiens, les becetios très antérieurs k la domination

trois a quatre mille ans avant notre ère, avant romaine, — Dans ce même article. M, Parcdes

pénétré en Espagne, et v ayant importé, avec rappelle que le roloncl Rivett-Carnal, dans la

le culte d'Osiris cl Apis, l'élevage des trou- séance de l'Académie île l'histoire du 3i jan-

peaui, on jalonna les routes que devait suivre vier 11)01, a fail une communication relative

le bétail pour changer de pâturages au moyen à une série de cavités quo l'on remarque sur

de toros ou apis, onde cerdo.i ou Ivfihans île les reins des jal/alifs de Ségovie et d'Avili

pierre. Ainsi l'Idole de Miqneldi a ne repré- (au musée archéologique de Madrid) el où il

•ente pas autre chose que Typhon vainqueur a reconnu des traces de l'écriture ogmique.

d'Osiris, figuré par le disque solaire placé II serait temps que l'Espagne vraiment érudite

entre les paires de l'animal, o H va sans fit justice de pareilles élucubrations.

indigène: mais au lieu de se perdre, comme il aurait pu se faire, il a persisté pendant des siècles dans certaines régions. Ou bien l'on a continué à façonner ces grossières images conformes au rite et à la tradition ancienne, ou bien l'on a repris, pour les employer de nouveau, celles qui étaient perdues dans la campagne, et la seule innovation que l'on ait imaginée, à l'époque romaine, c'est de graver le nom du défunt sur

- Idole do Miqueldi (Diiniigo).

le symbole funéraire, comme le faisaient les Romains sur leurs stèles et leurs édicules.

Il n'y a donc pas à tenir compte de ces épitaplies, qui ne font en rien préjuger I âge des sculptures où elles sont venues s'ajouter'.

D'ailleurs c'est un principe essentiel, qu'il me faudra plus d'une fois

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