Je n
c saurais trop remercier V
Paredes, a
rehiteele a Plasencia, de 1
dévouée,
ni trop le féliciter de K
pour 1. sci
once. Je ne partage pas
L'auteur avait fait exécuter, en 1819, par le lieutenant- colonel d'artillerie D. Juan Lôpez Pînto, et publié dans son livre, un dessin fort instructif, dont je reproduis le calque (Fig. 56). Mais il était dit que 1' « Hercule de Ségovie » resterait longtemps mystérieux, car îl soulevait
Fie. 56. — L'Hercule de Ségovi.
inique par D. J. R. Mélidt.)
plusieurs problèmes que tous ces examens et toutes ces enquêtes n'ont
idées qu'il ■ développées dans son livre Los Frainonlanos celliberos, en particulier en ce qui concerna les Déterras el le groupe de Ségovie ; mais je ne puis oublier la bonne grâce et le zèle qu'il I mis à me procurer la
photographie dont la reproduction accompagne ces pages, et les renseignements sur l'histoire du groupe. Je n'ai fait, jusqu'ici, qu'un extrait de la lettre qu'il m'a adressée pour le Bulletin hispanique (igo3).
pas encore résolus, à mon avis. Avant tout, décrivons à notre tour le groupe, nous en tenant aux traits sur lesquels tout le monde est d'accord. Dans le couvent de Dominicaines appelé Santo-Domingo elReal, occupant depuis i5i3 l'antique édifice appelé jusque-là Casa de Hercules, il y a une tour très grosse et massive ; dans la paroi de l'escalier de pierre de cette tour, au-dessus du troisième palier, est encastrée une pierre taillée carrément sauf à la partie supérieure, qui est très légèrement concave. De cette pierre, qui est très dure, car le ciseau en fait jaillir des étincelles sans l'attaquer, saillit de 63 centimètres une tête de sanglier, de proportions colossales dont le groin, par malheur, les oreilles et toute la surface sont fort endommagés J . On voit les défenses, disposées presque perpendiculairement contre la mâchoire supérieure, sans en être détachées. Du milieu du front, entre les yeux, descend jusqu'à la naissance du groin une sorte de courroie, qui, à ce dernier point, se sépare en deux, formant comme une muselière. Au-dessus de cette tète, sculptée aussi en haut relief sur une autre pierre de même teinte noirâtre, mais beaucoup plus tendre que la première, se détache une figure d'homme. Le personnage est seulement haut de i m ,i2. Il est debout, dans l'attitude de qui monte une marche d'escalier, c'est-à-dire que sa jambe droite est tendue et un peu en retrait, tandis que sa jambe gauche est pliée au genou. Le pied droit est brisé, et il semble qu'il ait été suspendu dans le vide, à la hauteur de la naissance de l'oreille droite du sanglier ; le pied gauche est juste au milieu du crâne de l'animal, mais il n'y repose pas franchement. Le bras droit est replié au coude et serré contre le flanc et la taille; l'avant-bras gauche est ployé contre la poitrine, cachant la main droite ; la main gauche subsiste et, le poing fermé, s'appuie sur l'épaule droite dont un fragment paraît avoir été emporté. La tête est un peu penchée en avant : elle est tellement fruste qu'il est bien difficile de savoir si vraiment elle portait un casque et si elle avait de la barbe. La Prieure du couvent a écrit que le nez et la barbe sont brisés. Le corps, gros et massif, est enveloppé depuis la taille dans une espèce de draperie serrée par
t. Le tour de la tête, à l'endroit où elle est le plu* grosse, est de 2 m ,io. Sa largeur maxima est de o n, ,63.
une ceinture, et qui, soulevée par le genou gauche, flotte sur la jambe droite et sur le côté de cette jambe. Aux chevilles se voient deux larges anneaux plats.
La pierre sur laquelle est sculpté ce personnage s'ajuste bien à celle où est sculptée la tête de sanglier, et l'étroite rainure qui subsiste (o m ,oo2) se voit assez nettement. La muraille et sa décoration ont été fréquemment enduites de ciment, badigeonnées d'ocre et de chaux, et actuellement encore les figures sont seules couleur de pierre.
La première question est de savoir si les deux pierres font partie d'un même monument, ou s'il n'y a qu'un rapprochement fortuit. M. Paredes est formel : « L'homme et l'animal font partie d'un même monument et sont taillés dans deux blocs distincts de pierre \ » Les enquêteurs de 1818 disent aussi : « Malgré la disproportion qu'il y a entre les deux figures, elles furent faites l'une pour l'autre. » D'autre part, si la Prieure a soupçonné qu'il y a une différence de style et de facture entre les deux morceaux, si à l'examen de 1818, il a paru que la même main ne les a pas sculptés, M. Paredes, au contraire, n'hésite pas à les attribuer au même art et au même artiste.
Malgré tout, je ne puis admettre cette solution. D'abord, la distinction entre la nature des deux pierres a été nettement établie par l'enquête et m'est formellement confirmée par mon ami D. J. Ramôn Mélida, qui a pris des renseignements auprès d'un architecte de Ségovie ; d'ailleurs il serait au moins étrange que deux figures d'un même monument fussent taillées dans des blocs pris à diverses carrières. Il est vrai qu'elles se raccordent assez bien par une surface convexe s'emboltant dans une surface concave 2 : mais cela s'explique simplement par le travail de celui qui aurait eu l'idée de rapprocher et réunir deux éléments distincts.
1 . M. Paredes se demande si une partie de Prieure, mais je crains qu'il n'interprète mal
la jambe de l'homme n'est pas sculptée sur la le mot efigie, qu'il rapporte au sanglier, et
même pierre que la tête du sanglier et penche non à l'homme.
vers l'affirmative; il me semble que cela est a. Je ne fais pas état de ce que la surface impossible, étant donné que les deux pierres du bloc supérieur, entre les jambes de l'homme, ne sont pas de même nature, et que le pied est en saillie légère sur la surface du bloc ingauche, qui est en saillie sur la pierre infé- férieur; il n'y a peut-être là qu'un défaut rieure, appartient à la supérieure. M. Paredes d'assemblage, s'appuie sur un passage de la lettre de la
r8 LA SCULPTURE
Ensuite, le pied gauche de l'homme ne touche pas la tête du sanglier, et l'écart entre les deux pierres n'est que de o"\ooa, plus petit que l'écart entre la tête et le pied. Il est vrai que je crois voir au sommet du front de l'animal une proéminence de la pierre, comme si on avait voulu préparer une place au pied qui devait s'y poser. Surtout je ne m'explique pas du tout sur quoi aurait pu s'appuyer le pied gauche, qui restait en l'air lorsqu'il existait encore, comme fait actuellement la jambe, et je m'imagine difficilement la conception d'un artiste, si rude qu'il fût, laissant ainsi son héros suspendu. Il va sans dire que je tiens compte aussi de la disproportion du corps de l'homme et de la tête de l'animal. Mais surtout il me semble que l'examen des dessins de Pinto, qui reproduisent le groupe alors qu'il était en meilleur état, doit lever tous les doutes, et je me range absolument à l'opinion que m'exprime D. J. Ramôn Mélida : ce prétendu personnage ibérique n'est qu'un ange moderne — M. Mélida dit rococo — que le caprice d'un trop ingénieux décorateur a ainsi juché sur la tête de l'un de ces cerdos que nous connaissons bien 1 . Si l'on voulait d'autres raisons, j'en ajouterais une qui a beaucoup de poids. Aucun des très nombreux becerros dont j'ai parlé, aucun même de ceux qui semblent liés par des courroies qu'on peut rapprocher de la muselière de celui-ci (voy. supra, p. 63) ne laisse seulement soupçonner qu'il ait pu être surmonté d'une figure humaine 2 . Et de plus on sait que l'on trouve en Espagne, dans la même région, des têtes de becerros plaquées sur les murs, par exemple à Torrijos, près de Talavera de la Reina, dans la façade de l'église, à Beja et à Tavira 3 . Rien ne dit que ces têtes ne soient pas des monuments complets, se suffisant à eux-mêmes, comme nous verrons bientôt les têtes de bœufs de Costig. Or, si la Prieure a cru
i. Je remercie bien vivement mon ami M. Mélida, dont la complaisance, servie par tant de goût, m'a permis de mettre on tout ceci les choses au point. Pour être tout à fait juste, il convient de faire remarquer que le dessin de Pinto n'est sans doute pas d'une absolue précision. L'original, si on lui compare la copie, semble avoir été quelque peu interprété. Mais depuis plus de cent ans, il a pu être usé et gratté de même qu'il a été peint.
a. La supposition que les différentes petites cavités arrondies où le colonel Rivett-Carnat veut reconnaître des caractères ogmiques auraient servi à fixer une statue sur le dos des animaux, me semble de pure fantaisie.
3. D. Vicente Paredes, Revista de Exlremadura, 190a, p. 356, note a. Lettre de M. E. Hùbner, informations de E. S.
Dodgson.
LA SCULPTURE "JQ
voir sur la pierre inférieure de Ségovie les épaules et le haut des patles de devant du sanglier, 'tous les autres observateurs affirment qu'elle s'est trompée l . La tête a donc très probablement été sculptée pour elle-même. Si Ton accepte cette solution, le second problème que Ton s'est proposé depuis longtemps ne se pose même plus. Il ne peut plus être question d'Hercule tuant le sanglier d'Erymanthe à coup de massue. (On a prétendu en effet que l'objet appuyé sur l'épaule de l'homme était une massue, mais sans preuves, puisqu'il nen subsiste rien.) D'ailleurs, même si les deux sculptures appartenaient au même groupe, il me semblerait impossible d'admettre qu'à l'époque très lointaine où nous sommes cette légende à forme purement grecque eut été traduite par un sculpteur ibère. Il reste à ajouter seulement que la tête de sanglier, comme Ta fort bien remarqué M. Paredes, semble delà même main que l'un des cerdos du Musée de Madrid, provenant aussi de Ségo>ie.
Je connais encore d'autres œuvres taillées dans la pierre, provenant des mêmes régions centrale ou occidentale de la Péninsule, qui concourent à donner la même idée de cet art rudimentaire, et ne permettent pas d'atténuer le jugement sévère que j'en ai porté d'après les spécimens précédents.
C'est d'abord une statuette, une femme sans doute, si l'image donnée par M. Cartailhac estexacte, qui a été trouvée dansla Ciianiade Brileiros. Elle est tout simplement hideuse, et je m'en voudrais d'insister sur l'aspect plus que barbare de cet avorton embryonnaire (Fig. 07) 2 . C'est ensuite un petit bas-relief de même provenance. On y voit deux personnages dont l'un a l'air de vouloir tuer l'autre, qu'il a saisi à la tête ; mais les figures sont si mal dessinées que l'on ne peut rien dire de bien précis.
1. Lettre de la Prieure: « Toda la dicha concluido aquél se manifiesta el piano delà
cabeza sobresale de la pared, y aun se dejan piedra, y sus angulos rectos, por lo que nunca
ver por debajo parte del pecho, y hombros fué jabaïi entero, como algunos han creido. »
del jabali; lo de mas esta embutido en la 2. E. Cartailhac, Ages préhistoriques de
pared, que lo menos serti una vara. » — Rap- l'Espagne et du Portugal, p. 291, fig. '118.
port d'enquête: « No tiene kombrillos, pues Hauteur, o m ,flf>.
80 LA SCLLI'TUHE
Peut-être faut-il reconnaître lit une scène se passant dans une mine. Le premier homme à droite a l'air de piocher dans une galerie, et c'est peut-être aussi une pioche ipic tient l'autre de la main gauche. Quoi qu'il eu soit, c'est vraiment de la sculpture préhistorique (Fig. 58)'.
Il en \a à peu près de même d'un bas-relief trouvé en 187a près de Linares, dans les mines de Palazurlos, qui a été publié trois fois, «l'abord par M. Daubrée dans la Revue arefifolor/ù/ue', ensuite |>ar M. de Itcrlauga dans Ijos Broiices </r Lasciila, Bonanza y Aljustrel et enfin, tout dernièrement, par un sa\ant anglais, M. Horace Sandars'. Il représente une galerie de mine dans laquelle s'avancent en double ligne huit ouvriers
;. 5;. — Slaluelto de Brileiro». Fie. 58. — lias relief de Brileir
(D'après E. Cartailhac.) <D'» r rès E. Carlailhic.)
sous la direction d'un chef d'équipe, \oici la description qu'en donne M. de Bcrlanga : « On voit la coupe longitudinale d'une galerie dans laquelle s'avancent, par deu\ de front, huit ouvriers. Des quatre qui se présentent au premier plan, les trois qui marchent devant portent à la main droite des objets qu'on ne peut déterminer, tant le dessin en est mauvais ; mais en revanche le quatrième porte sur l'épaule droite un marteau, ou pour mieux dire un pic de fer avec un très long manche.
I. Ibid., fig. J17. ],e personnage degaiiclic 3. P. 686 et planche lion leite. Cf. J.-R,
csl haut de o m ,33. Si c'est un tableau de BAVlid», Reviêta de archivas. i883. p. 38;,
mine, il faut le rapprocher du bas-relief do cl litilcttn de la Institution libre de Èn-
Lintre* (fig. 5g). seiiauza, 3i décembre 188a. Réf. Artli.,
3. Revue archéologique, i88ï, p. 193. igo3, I. p. sot, pi. IV.
La sculpture 8i
comme ceux dont on se sert encore aujourd'hui. Derrière la double file des travailleurs domine la haute stature d'un chef; sur son épaule droite reposent d'énormes pinces qu'il assujettit avec sa main droite, tandis que de l'autre il porte un objet où j'hésite à reconnaître une lampe ou un instrument de répression, parce que l'exécution très sommaire laisse place à la divination, et non à la conjecture. Le chef el les quatre ouvriers du premier plan paraissent n'avoir d'autre vêtement qu'une courte tunique
Fie 5g. — Bts-relicf de Linares.
serrée à la ceinture et tombant à la naissance des cuisses'. » La composition de celte scène n'est pas trop maladroite, et l'idée de représenter les personnages sur deux plans dénote une date assez récente ; mais les mineurs sont dessinés de la façon la plus enfantine ; on retrouve ici le même manque d'observation de la nature que j'ai remarqué et la même maladresse rude d'exécution. Les têtes, en particulier, n'ont pas visage
i. M. Il.SandincraitqiiB l'un des ouvriers cloclie. Pour lui les n
porte une liaipo, el que la eliof lient une dans tous les cas le Irav
humain ; on n'y distingue que la saillie des nez vus de profil, et de petits trous ronds ou triangulaires qui prétendent être les yeux (Fig. 59).
Enfin, il faut citer un curieux fragment trouvé en 1774 à Pehalva de Castro (Clunia); mais aujourd'hui perdu, et que je ne connais que par le dessin au trait qu'en a donné M. E. Ilûbner. Sur un cippe demi-circulaire par en haut est représenté un taureau marchant vers un guerrier armé d'une large épée et d'un bouclier. L'animal semble debout sur un tertre; le guerrier, de beaucoup plus grande dimension, était placé sur un terrain en contre-bas. Une inscription en lettres ibériques ne laisse aucun doute sur l'origine indigène du monument vénérable où figure la plus antique représentation d'une corrida. Le style, par malheur, ne vaut pas mieux que celui des mineurs de Linares l (Fig. Co).
Fie. 60. — Bas-relief de Pefialva de Castro.
Je puis faire entrer dans la même série, quoique la région d'où elle provient soit moins retirée, une horrible statuette trouvée à Siguenza, aux confins de la vieille et de la nouvelle Caslillc. J'en dois la connaissance à M. Edw. S. Dodgson,qui m'en a envoyé des photographies grâce à l'extrême obligeance de I). Carlos Rodrîguez Terno, chanoine de la cathédrale de cette ville. Ce magot a été retiré en 1877 de l'intérieur de la muraille du Castillo de Siguenza, et 1). Carlos l'a recueilli. La gravure ci-jointe (Fig. 61, 6a, 63) dispense de décrire l'affreuse caricature, contrefaçon malgré elle grotesque d'une forme humaine. Les intentions du barbare qui Ta modelée sont difficiles à saisir ; je me contente donc de remarquer que le personnage est terminé à la naissance des jambes ; il ne