N°' 7 6ï4. 35oa, 7637, 35i
4° Une statuette virile (n° 7606) qui n'a jamais séjourné dans le sol et a été saucée dans une teinture brun rouge laquelle n'est pas adhérente, et ne ressemble en rien à la terre grise du Cerro. C'est un personnage que l'on a prétendu draper à la romaine, et qui lient contre son corps un bâton tordu ou une corde (de la Rada, pi. X, n° 3) '.
5° Statuette de femme tenant un vase (n n 35o4, de la Rada, pi. IX, n" 1), passée au badigeon gris, et portant aux mains une mutilation volontaire. Sur la poitrine l'inscription fausse IN<I J (Fig- '3o).
Fie. i3g. Fie. lin.
Statues fausses du Cerro do los Santo* (Midrid).
6 e Statuette de femme sans numéro (de la Rada, pi. IX, n" 3) ; grossière ébauche dont le vêtement, une sorte de tablier plat, est couvert de caractères gravés invraisemblables (Fig. 1/40). '
En dehors de ces sculptures, sur lesquelles il n'est presque pas possible d'avoir de l'hésitation \ il en est d'autres qui, par l'étrangeté de
t. Uno petite figure de femme assise (ri" surmonte le» images du Christ en croix, qui
-fii3, de la Rada, pi. VIII, n" i) est enduite aurait suggéré au faussaire celto étrange épi-
de la même couverte rouge, ot je la trouve graphe?
fort suspecte. Cependant le tvpe du visage ne 3. Je n'ose pas me prononcer sur la sta
jure [iss au milieu des statues authentiques. tuclle de Madrid n° "j5ç,8 (hauteur o 1 ",^ —
et il me semble que l'horloger Amal était de la Rada, pi. X, n° s) qui pourtant est bien
incapable) d'une imitation si juste. singulièrement proportionnée, dont la télé est
a. Ne serait-ce pas l'inscription 1NH1, qui d'un sentiment, dont les mains sont d'un
quelques-uns des ornements qui pendent à leurs colliers ou qui sont gravés sur leurs vêtements, paraissent singulièrement suspectes. Ce sont, en particulier, celles qui portent en pendeloques la lune, le soleil, une étoile, ou un mouton qui fait ressembler d'une façon vraiment effrayante leur collier au collier de la toison d'or.
Mais après mûre réflexion, et de nombreux examens des originaux, je ne me décide pas à les déclarer fausses, parce que je n'y retrouve pas les caractères que j'ai cru reconnaître comme absolument rédhibitoires. L'aspect de la surface du grès ne diffère ni pour le grain, ni pour la couleur de celui des sculptures certaines ; la patine en est naturelle, et si quelques-unes portent trace de badigeon gris, c'est autour de parties brisées et rapprochées l'une de l'autre. Amatest bien fasse parla, mais pour de simples raccords. Surtout le travail est beaucoup plus poussé qu'il ne parait dans les œuvres certainement fausses ; les cheveux, les colliers, les franges des robes sont traités avec précision et parfois avec finesse ; les plis sont accusés et fermes ; enfin les traits du visage sont presque corrects, et la forme des yeux, dont le globe est plat, est tout justement dans la bonne tradition du Cerro, comme je le dirai plus loin. En somme, l'impression serait bonne, n'étaient ces attributs singuliers qui ébranlent vivement la confiance. J'essaierai, en temps et lieu, de les expliquer.
Reste la question des inscriptions. Elle est singulièrement simplifiée par l'aveu d'Amat. Toutes celles qui sont gravées sur des objets faux sont fausses, et quelques-unes même, celles où paraissent des mots et des caractères grecs ou latins déformés et brouillés à plaisir, sont de très forts arguments contre l'authenticité. Parmi les autres, je ne puis faire grâce à tous les pseudo-hiéroglyphes, à tous les signes sans suite jetés sur les grandes mitres dont sont affublées certaines figures d'ailleurs de bon aloi, et quelquefois sur les robes des femmes. Ce sont des adjonctions d'Amat ; tout l'indique, le désordre des soi-disantes lettres, les repentirs nombreux du graveur, qui ne sait pas au juste quelle forme il
dessin exceptionnels au Cerro. Si j'hésite, péri es. Mais, en somme, Amat a bien pu co-
c'est qu'un fragment authentique conservé à pier justement de dernier débris.
Yecla montre les mêmes dispositions de dra-
donnera aux caractères, le peu de profondeur et l'indécision du trait. Mais il est d'autres épigraphes qui, gravées régulièrement en lettres simples, de forme archaïque, paraissent contemporaines des sculptures ellesmêmes, et laissent une impression solide d'authenti.cité. Telles sont les inscriptions tracées sur la poitrine de la statue de Madrid, n° 76^1 (delà Rada, pi. XI, n° 1, et d'un torse féminin du musée d'Albacete (Bulletin hispanique, 1901, n° t\o (pi. 3, n° 1) = notre Fig. ï5g).
Une fois établi le départ entre les œuvres authentiques et les fausses, je crois qu'il y a lieu de grouper en séries les premières, les seules qui intéressent l'histoire, suivant leurs affinités de type et de style.
Je placerai dans un premier groupe les statues ou fragments de statues de femmes dont la plus complète et la plus belle des statues de Madrid est comme le modèle idéal. C'est celle que M. Ileuzey a publiée le premier avec tout le soin qu'elle méritait, et sur l'étude de laquelle il a édifié sa très importante théorie d'un art espagnol de style gréco-phénicien (PL VII).
Ce qui les caractérise avant tout, c'est leur attitude ; ces figures sont debout, amplement drapées, et tiennent des deux mains, au-devant de leur taille, un vase sacré. Il y en a, à Madrid seulement, quatorze de ce type, sans compter les fragments, et beaucoup ont été cataloguées hors de Madrid 1 .
Il faut joindre à cette série deux statues qui présentent une variante. L'une (n° 35o8, de la Rada, pi. VI, n° 2) est l'image d'une femme qui tient le vase de la seule main droite, et de la gauche porte contre la
1 . L'une tics plus belles de la série est perdue (fig. i/ji). J'en ai trouvé un croquis sur l'album de J. de D. Aguado (voy.
sujirn, p. '|3, note 1). Bien que la tête manque, on comprend que l'œuvre, avec sesriebes draperies, ses colliers, ses bagues, devait être presque aussi importante que la statue principale — J'en dirai autant de la statue n° 7638
de Madrid (fig. 1/42) ; quoique la surface de la pierre ait beaucoup souffert et que les jambes soient brisées aux genoux, on se rend compte que la tète avait une grande majesté, et les colliers sont d'une ample richesse. C'est un des beaux fragments du Musée, et l'un des plus sûrement authentiques.
poitrine une boule (Fig. i43); l'autre (n° 35o5, de la Rada, pi. V, n° 3) tient le vase de la main gauche, et de la main droite relevée contre son épaule, la paume en avant, l'index dressé, fait un geste de bénédiction 1 (Fig. M).
Une autre femme (n° 763o, de la Rada, pi. VI, n* 4) porte, à la mode ordinaire, un vase qui a la forme d'un bol, et plus bas, à la hauteur du ventre, un autre ustensile qui semble un flacon muni d'une anse mobile. Les mains ayant disparu, on ne peut se rendre bien compte de la disposition réelle (Fig. i45).
Enfin, il y a encore un groupe de deux personnages, un homme et une femme, qui, étroitement accolés l'un à l'autre par les épaules, soutiennent un gros vase placé entre eux (n e 35o8, de la Rada, pi. V, n° a) (Fig. iiti).
Ces rapports d'action et d'altitude n'empêchent pas qu'il existe plus que des variantes, je veux dire des différences essentielles entre les œuvres de celte série, que je suis forcé de diviser en deux groupes 1res distincts. Dans l'un prennent place
r r Fie. >M. — Cerro do los Santoi
les statues apparentées de style avec la (Madrid).
plus grande et la plus belle, qu'il est nécessaire de décrire une fois de plus, car elle est d'importance capitale.
i. Cette statue semble une des plus fin- du costume surprennent, par exemple, le
pecle» de la collection, et pourtant je ne me gland qui pend A gauche, si le vase ressemble
résous pas a l'exclure, car si le geste de la a s' y méprendre a un Saint-Ciboire, malgré
main droite parait tout a fait chrétien et mo- tout la mitre et ses pendeloques, le bandeau
ilcrne. si la facture a une rondeur (les mains du front, la disposition de la robe et du man-
mi particulier), dont il n'y a pas d'autre tean, tout cela d'une eukulion sure, oe jure
exemple aussi caractérisé, si quelques détails en aucune manière à cfité de la grande statue
Haute de i",35, y compris la base sur laquelle elle est posée, la femme est debout, sans que ses pieds soient tout à fait joints. Elle est vêtue d'une longue robe de dessous, froncée à petits plis rigides très réguliers, et dont on aperçoit seulement l'extrémité inférieure, étalée en rebord de clocbe sur les pieds à peine saillants et à droite et à gauche de ces pieds ; par-dessus cette robe, ou plutôt celte tunique, est une autre tunique unie, qui épouse les formes de la première, mais est un peu plus courte qu'elle. C'est cette robe sans doute que l'on voit sur le haut de la gorge, agrafée au cou par une fibule. Sur le ventre, et jusqu'à mi-jambes, l'étoffe en est recouverte par une dernière jupe, ou peut-être un tablier orné de stries disposées en chevrons. Toute la poitrine, jusqu'à la taille, est couverte d'un riche pectoral en passementerie. 11 se compose de trois grosses tresses semblables à des brandebourgs, et faisant saillie sur un fond de cordonnets entrelacés ; au bord supérieur se trouvent trois cordons parallèles.
Fie. iiô. — Cerro Je los SantJt i 1 • ■• ■ . 1 ■ . .. ■■ p
(Madrid) au bord intérieur est adaptée une étroite lrange
de boules. Tout le revers du personnage, le
devant des épaules et les bras disparaissent sous un vaste châle que les
poignets relèvent, dont deux pans tombent à droite et à gauche pour
et des autres statues authentiques, El par- que sur de très nombreuses stèles carlhagîdessus tout les citation* d'Amat sont infini- noises apparaissent des personnages faisant de ment inférieures ; il n'a pas sculpté cette figure, la main levée le geste de la bénédiction. Par parce qu'il en était absolument incapable, et un procédé commode de simplification, une si l'on veut qu'elle soit moderne, il faut soup- main ouverte suffit i rappeler le geste sjmboçonner ■ l'horloger d'Yecla des Collaborateurs lique. Les exemples sont si abondants et si bien plus habiles <|ue lui comme observa- connus qu'il est inutile d'insister. (N* de la leurs et comme praticiens. Cette solution me statue a Madrid. 35o3. — Hauteur. o m .7î.) semblerait bien téméraire, car M. Engcl, dans Voj. une image en héliogravure dans le Cilson enquête si précise, n'a trouvé les indices l/i/ogu det Mus. arqa. nue. (secciiin 1"), de rien de tel. Il ne faut pas oublier d'ailleurs après la p. agi. en haut a gauche.
CFRRO DE LOS SANTOS ET MONTEALEGRr
traîner jusqu'à terre, et dont les deux 'autres viennent s'appliquer sur le ventre. L'étoffe est disposée d'une façon rigoureusement symétrique
1J6. — Ccrro de lo= Santos (Madrid).
sur les épaules, sur les bras, sur les côtés, sur le devant du corps, formant des plis cassés très réguliers. Les quatre pans sont terminés par des glands.
1^8 LA SCULPTl'ItE
La coiffure est très riche et très originale. Les cheveux sont nettement coupés sur le front qu'ils couronnent de petites mèches régulières ; à droite et à gauche ils se divisent en trois longues papillottcs qui pendent presque jusqu'à la taille. Le visage et la gorge se trouvent ainsi très largement encadrés. Mais ce qui contribue surtout à l'effet de celte coiffure, c'est que la tête est recouverte d'un opulent bandeau brodé et posé à plat, bordé d'une élégante frange, et d'où tombent jusqu'aux épaules, de chaque coté, d'épais disques ornés que supportent des tresses. Pour M. Ileuzey, dont j'aime à reproduire la description élégante- et précise, « le bandeau est métallique, bordé de plaquettes mobiles en forme de « feuilles lancéolées. Il est maintenu sur la tête par une autre bande « transversale où l'on voit courir un rinceau de volutes qui se contra- « rient. De chaque côté un large fleuron à quatre pétales, avec languettes « intermédiaires, sert de point d'attache à un floc de cordelettes ou de (( petites chaînes destinées à élargir latéralement le volume de la cheve- « lurc. Parmi les pendeloques également lancéolées qu'elles supportent <( sont suspendues les deux énormes rondelles d'un riche travail, trop « lourdes en effet pour que les oreilles aient pu en soutenir le poids 1 ».
Il faut ajouter, pour tout dire, que la main droite porte une bague à l'index, à l'annulaire et au petit doigt, et la gauche un seul anneau à l'index. Le vase a la forme d'un gobelet plus large du haut que du bas; les pieds sont enfermés dans des souliers pointus, ou plutôt des chaussons, car on ne voit pas distinctement la semelle.
Quant au visage, malgré des maladresses évidentes d'exécution et des ignorances analomiques non moins certaines, malgré la lourdeur des traits et la rudesse des contours, nul ne peut s'empêcher de louer la gravité hautaine de l'expression. Les yeux, grands et trop ouverts, avec la paupière supérieure très surélevée, éclairent le visage, auquel le nez mince et droit, la boiiche serrée aux coins un peu tombants, le front large, les pommettes saillantes, le menton fort, donnent un air sévère et majestueux. Et les lignes générales du corps, l'immobilité des épaules carrées, des bras pendants, du torse ferme et des jambes raides, l'ampleur des
i. L. Heuzcy, Bévue d'Assyriologie, 11, p. 10a.
étoffes régulières et symétriques, l'opulence <le la coiffure et du pectoral, tout contribue à l'aspect hiératique de la figure'.
Fie. 1 17. — Ccrro de los Saiitos (Madrid).
Les autres statues de même type, dont deux surtout sont importantes,
1. Lci images de col te statue sort très nom- H. L. lleiizcv. dans la Revue d ' Assyr'totogie
breuses ; h p| us belle est celle qu'onl donnée el dans le Bulletin de Correspondance
l8o LA SCULPTURE
n'ont pas la même valeur. Elles sont sans doute les œuvres de sculpteurs moins habiles ou, si Ion veut, moins artistes. Je ne parle pas seulement de leur taille plus petite, ni de leur accoutrement moins magnifique. L'une n'a que deux jupes au lieu de trois ; son pectoral se réduit à un triple collier, et au lieu du riche bandeau à pendeloques, elle n'a sur la tête que son voile relevé. Les proportions de son corps sont mauvaises ; sa tête carrée écrase ses épaules trop étroites ; ses mains aux doigts démesurés sont difformes; l'expression de son visage est obtuse. Bref, si l'intérêt archéologique de l'œuvre est grand, la valeur d'art en est médiocre 2 (Fig. 1^7)-
A ce titre la seconde figure est préférable. Le vêtement, robes et manteau, est ici encore fort simplifié ; le pectoral est réduit à un simple collier, mais l'ornement de tête est très soigné : placé par-dessus le châle qui fait voile, très décoré de plaques en relief au-dessus du crâne, il retombe des deux côtés des tempes en une masse de glands qui va s'élargissant, et se coupe net à la hauteur du menton. Cet ajustement est original, et encadre bien des traits grossiers sans doute, mais à l'air jeune et assez vivant 3 (Fig. 1/48).
J'ai déjà signalé la statue, ou plutôt la statuette (Haut. o m ,57) du Musée de Madrid qui tient un vase de forme singulière, et a de plus, plaqué contre sa poitrine, une sorte de ciboire fermé par un couvercle conique. Elle porte aussi la double tunique, et le grand voile sur la tête et sur les épaules. Les formes en sont très lourdes, les draperies toutes simples, la facture plus que sommaire; elle n'est parée d'aucun bijou, mais elle a dans le port de la tête et dans l'expression du visage une cer-
hellénique, puis M. A. Engel dans son Rapport, et que je peux heureusement reproduire ici, grâce à leur bienveillance et à celle de M. Leroux. La dernière en date est une bonne phototypie donnée par M. Mélida dans la Revista de Archivos, VIII, pi. IV. Le Musée du Louvre et le Musée archéologique de l'Université de Bordeaux possèdent de très bons moulages de celle œuvre de premier ordre. Elle porte à Madrid le n° 33o6.
2. N° 7634. Voir Pierre Paris, Revue philomaiique de Bordeaux et du Sud-Ouest,
1899 (juillet) : La Dame d'Elche au Musée du Louvre, fig. 2, et Revue de l'art ancien et moderne, 1898, I, p. 197; J.-R. Mélida, Revista de Archivos, VIII, pi. V, à droite.
Hauteur, o m ,6o.
3. Musée de Madrid, n° 7625 (de la Rada, pi. VI, n°5); Pierre Paris, Revue philomatique, 1900, fig 3 ; Revue de Vart ancien et moderne, 1898, I, p. 199; J.-R. Mélida, Revista de Archivos, VIII, pi. V, à gauche. — Hauteur, o n \64.
taîne gravité qui ne manque pas d'attrait (Fig. 1 45). Elle erft, en ce s
- Corro de los Santos (Madrid).
supérieure à une autre statuette appartenant au marquis dcl Bosch, à ALicante, que j'ai récemment éditée. Mais cette dernière a l'avantage
l82 LA SCULPTURE
par l'ajustement des habits : sa jupe de dessous a des plis du dessin le
plus libre que nous ayons vu jusqu'ici ; celle de dessus offre un système
de plis plats, se recouvrant en partie
les uns les autres, dont j'aurai
plus loin à marquer l'importance
(Fi g . ,;, 9 y.
Enfin, la figure iôo est l'image d'une très originale statuette du même groupe, puisqu'elle représente une femme tenant le vase
Fie. i4g. — Cerro do Iob Saolos.
(Collection del Bosch, s Alîcanlc.)
Fie. i5o. — Cerro de lo« Sailli» (Madrid)
sacré ; mais la coiffure est toute nouvelle ; c'est une sorte de chaperon posé pardessus le voile, et décoré, par devant, d'un visage radié vu de face. Je ne vois pas de raison pour nier l'antiquité du morceau 1 .
Il y a encore un certain nombre de fragments de statues qui se rattachent assurément à cette série, mais dont la valeur est 1res inégale (Fig. i5i-i6a). Tels, comme le n* 7597 de Madrid (Fig. i5i), ou la figure i55.
. Bulletin hispanique. III, n° 56 (pi. V,
7Îi 5 ; hau
n° 66 du Catalogue que j'ai dressé (Musée du Louvre) 1 , les ligures i54, 161 , 16a (Musée des Pères Escolapios, à Yecla) 2 n'ont d'autre mérite que de nous montrer avec une grande netteté le mode de superposition des vêtements, le système des plis des robes et du châle, l'importance des colliers, dans des œuvres de formes courtes et lourdes, d'exécution rapide et maladroite. D'autres, comme la figure 157 (Musée de Madrid), les figures i5a (MuséedeMurcie)'et 1 56 (Collège d' Yecla) \ sont les restes de sculptures beaucoup plus soignées, de conception et de facture plus artistiques, et qui probablement proviennent de statues qui ne le cédaient
Fig. 161. Fig. 162.
Cerro do los Sanlos. (Collège d' Yecla.)
pas beaucoup à la grande statue de Madrid dont elles rappellent à première vue le souvenir. En particulier le fragment d'Yecla où l'on voit une ligne de perles bordant à droite le manteau qui traîne jusqu'aux pieds, me semble le débris d'une statue très élégante dans son genre, dont la perte est des plus regrel tables.
Quelques têtes, qui ont appartenu selon toute vraisemblance à des statues analogues, ont été retrouvées séparées, et les corps qu'elles surmontaient, brisés sans doute en morceaux, ont disparu. Cela est très fâcheux, car si l'on en juge d'après le mérite artistique des fragments conservés, plusieurs de ces statues devaient ôtre fort belles.