L. Hcuzcy, Revue d'Assyriologie, II, p. io
2. Ces tiares ne sont pas très rares, il faut le remarquer et M. llcuzcy Ta noté lui-même, dans les monuments grecs du vi e siècle avant notre ère, par exemple les figurines phéniciennes et rhodiennes. Tout dernièrement M. Paul Perdrizet a publié une terre cuite d'Assos dont le rapprochement avec quelquesunes de nos sculptures espagnoles est d'autant plus important que la femme, représentée avec une très haute mitre pointue d'où pend un voile, fait des deux mains étendues un geste d'adoration ou de bénédiction qui pourrait bien être celui de nos figures 208, 209 et 210,
et qui est sûrement celui de quelques statuettes de bronze (Musée central d'Athènes, Collection Misthos. Paul Perdrizet, Mélanges Perrot, p. 266, fig. 5).
3. La grande statue de Madrid, que Tauleur vient d'étudier en détail.
4. Ce mot importe à la description de M. Heuzey qui cherche, dans l'article où sont empruntées ces lignes, à établir l'origine orientale de l'art du Cerro de los Sanlos.
5. Le dessin de la Rada (Discurso, pi. IV, n° 2), la belle héliogravure de M. Dujardin dans la Revue d'Assyriologie, II, pi. IV, et le dessin du Bulletin de Correspondance hellénique, XV, p. 617, reproduit par A.
Deux autres têtes d'un égal mérite n'ont pas eu la bonne fortune d'être étudiées par M. Heuzey. Le Musée de Madrid n'en possède que le moulage ; les originaux font partie de la collection assemblée par l'éminent homme d'état Canovas del Castillo 1 . L'image en a été publiée plusieurs fois sans commentaire.
L'une n'a pas conservé sa mitre intacte 2 ; cette mitre était étroite et taillée à quatre pans, avec une arête au milieu de la face, mais elle ne finissait probablement pas en pointe, car il faudrait alors lui supposer une hauteur démesurée. Le visage au contraire est en parfait état; étroit et long, il est encadré délicatement par un serre-tête orné de volutes en passementerie et bordé d'une frange de boules, et, sur les côtés, par des oves analogues à celles de la tête précédente. Par malheur, la statue ayant été brisée juste au-dessous du menton, on ne sait pas comment se terminait cette parure. Il est douteux qu'il ait existé des disques en pendants, car on ne voit pas les cordelettes qui les auraient alors soutenus. La figure est l'une des plus fines et des plus expressives de la série, bien que les traits en soient assez mal dessinés, sauf la bouche, qui est élégamment découpée ; les yeux obliques, très bas sous l'arcade sourcilière, sont inégaux et sans paupière inférieure. On y retrouve la forme plate et irrégulière du globe ; le nez est long et trop gros du bout ; mais l'ensemble, que vivifie un léger sourire, a je ne sais quelle grâce de jeunesse (PI. X, au milieu, et Fig. 179).
La seconde tête 3 porte une mitre conique dont la pointe est coupée ; le bandeau est moins richement décoré, de simples chevrons. 11 tombait à
Engel, Rapport, etc., p. 180 (72 du tirage à part), fig. (\, ne sont pas les seules images de cette belle tête. Cf. Pierre Paris, Revue de l art ancien et moderne, 1898, I, p. 201 ; Revue philomatique de Bordeaux, juillet 1899, La Dame d'Elchc ; Bulletin hispanique, III, pi. VII, I, I a. Par une inadvertance que je me reproche, j'ai répété trois fois la même erreur, en attribuant cette tête, dont l'original appartient au Musée de Madrid, à la Collection Canovas del Castillo.
1. D'apès des renseignements qui veulent être contrôlés, l'une au moins de ces tête»
serait passée en Allemagne depuis la mort de Canovas.
3. De la Rada, Discurso, pi. IV, n° 2 (de face). — Picrro Paris, Monuments Piot, IV, Buste espagnol de style grécoasiatique trouvé à Elche, fig. 2 (de face).
— Id. , Revue philomatique, juillet 1899 (de profil). — Id., Bulletin hispanique, III, pi. MI, n° 2 (profil).
3. De la Rada, Discurso, pi. IV, n° 5 (peu ressemblante). — Pierre Paris, Monuments Piot, loc. laud., fig. 3. — Numéro du moulage au Musée de Madrid, 7011.
jft8 LA SCULPTURE
droite et à gauche d'importantes pendeloques dont la forme ne peut être précisée, car ces ornements ont été détruits. L'expression est ici plus grave ; cela tient à la face plus large, aux joues d'un galbe plus lourd. Les yeux sont moins obliques, mais plus régulièrement dessinés ; le nez est plus
Fia. 179. — Tète du Ccrro. (Colloclion Canovas dcl Caslillo.)
gros et plus court, la bouche est plus grande et moins découpée. Une partie du visage est d'ailleurs rongée, etcetaccidenlnuitàreuet(Pl.X,à gauche). Ces trois têtes doivent vraiment être mises à part, à cause de leur mérite artistique ; mais plusieurs autres ne sont pas à dédaigner. M. de la Rada a heureusement choisi dans la collection de Madrid celles qu'il a fait dessiner et publiées. Les deux premières (Discurso, pi. IV, ri" 6 et
LA SCCLPTUME I 99
7) ' ont l'avantage de tenir encore à un important morceau des épaules. L'une a les traits du visage assez frustes : mais on est pourtant impressionné par la sévérité du regard des yeux obliques et je ne sais quoi de hautain, dû à ce que la tête surchargée du haut échafaudage de la mitre pointue et des flots de glands suspendus à droite et à gauche, est fièrement portée sur un cou mince et long.
(Madrid).
Fie. 180. — Têlodu Cerro (Madrid).
Un collier à pendeloques et deux lourdes tresses arrondies sur la gorge accentuent l'impression de noblesse opulente (Fig. i8o) s .
nllK L'autre, qui est plus petite, est
aussi plus simple dans son ajustement et d'expression moins frappante ; mais son élégance sobre a son charme auprès de la richesse un peu tapageuse de sa voisine 3 (Fig. 181).
t. N=" -bi'i et 75 10. M. Engel a donne au Louvro ; c'eit l'un dei
1. Voir une meilleure image, d'après une plus tristement maltraites de toute la collec-
pholographie, dans Pierre Paris, Monuments tion du Cerro; mais on devine que la léto
l'iot. IV, p. 13, fig. 5. — Elle porte à Madrid devait avoir quelque expression de grandeur
la n" -/rn.'i. (fig. 183). — A. Engel, Rapport, pi. X,