N» 75i5. 11° 1, et p. 189, fig. i3 Pierre Paris, Bulletin
J'ajoute à celle série un fragment que hispanique, III, n° (17 et pi. IV, n" i.
Une troisième' est surtout remarquable par la forme nouvelle delà mitre, qui ressemble absolument à un bonnet d'évèque. Le cadre habituel du bandeau de front et des pendeloques est réduit à sa plus simple
Fie. 18a — Gcrrodo los Sanlus (Lcmirc),
expression, ou, pour mieux dire, n'est que sommairement traite ; on constate seulement que dans les flots tombants, à droite et à gauche, s'inséraient des disques. Quant au visage, très endommagé, il était d'aspect sévère ; les traits sont dessinés et modelés avec lourdeur (Fig, i83).
Du reste, ces mitres enveloppées d'un voile qui s'élargit en couvrant les épaules étaient d'une heureuse invention et plusieurs tètes doivent à l'effet décoratif de cet ajustement une partie de leur réelle grandeur et de leur noblesse. Je citerai surtout celle qui appartient au Musée de Murcie, et qu'a fait le premier connaître Nf . Arthur Engel ; elle est de très élégantes proportions ; la tiare la grandit sans l'écraser, et, si l'on est en droit d'en juger par ce qui reste des yeux et de la bouche, l'œuvre valait, dans sa nouveauté, ta belle tète assez analogue du cabinet Canovas del Castillo
(Fig. my.
Ces têtes mitrées nous conduisent tout naturellement à une seconde
i. Mutée de Madrid, n° 7J0G. De la Hada, 3. A. Engel. Ilevite archéologique, 1896,
pi. IV, 11° tf. Pierre Paris, Monuments 11, p. 318; Pierre Paris. Bulletin hia/ia-
Piot.lV, Buste espagnol, fig. S. nique. III, p. ni, n° ig, pi. V, n° 1.
Fie. i83 et iH- — Tètes du Ccrro de los Smilos (Madrid et Murcie).
série de statues, celles des femmes mitrées, debout comme les précédentes, et tenant d'ordinaire un vase, mais ayant ceci de caractéristique que leur costume est différent, que leur voile cache les ornements de leur
coiffure et prend quelquefois la forme d'un capuce, ou, si Ton veut, d'une sorte de cagoule laissant voir non seulement les yeux, mais, à travers un triangle découpé, tout le visage.
Une statue qu'a publiée M. de la Rada sans commentaire peut servir de transition de l'un à l'autre groupe, car le voile, qui se plisse naturellement sur les épaules, laisse voir le cou et un peu de la gorge. Relevé sur les bras comme celui de la grande statue, il tombe aussi a droite et à gauche de la robe en pans régulièrement drapés. La robe se compose d'une simple jupe talaire sans plis. Toute la surface du visage a été brisée et Ton ne distingue plus les traits. De même les mains et le vase qu'elles tenaient n'existent plus ! (Fig. i85).
Pour éviter des répétitions fastidieuses, je passe rapidement sur trois figures à peu près analogues, dont deux sont connues d'ailleurs par des dessins de M. de la Rada ; l'une est sommairement exécutée et sans aucune valeur
Fie. i85.-CerrodclosSanto8 artistique'; la seconde (Fig. 186), un peu (Madrid). pl us soignée, et où il faut remarquer l'étoffe à
quatre volants plats, distincte du voile et disposée en triangle sur la poitrine 3 . Ces deux femmes, il faut le noter, ne portent pas de vase, mais ont seulement les mains jointes devant la taille à la façon des nones à qui elles font nécessairement songer. La troisième, que je crois inédite, porte le vase ; son manteau a l'air d'avoir