ùid., pi. Il, n° 4 (n° 76^9 du Musée). J c
n'en garantirais pas absolument l'authenticité. 3. Ibid., n° 1 (n° 7660 du Musée).
LA SCULPTURE 2o3
des manches et les deux borda, attaches sous le menton, s'cntr'ouvrent sur la poitrine ; la jupe est ornée de cinq ou six volants dentelés ; comme dans la figure 186, on voit une frange de cheveux s'étaler sur le front, hors du voile (Fi g. 187).
Via. 186 et 187. - Ccrro Je los Santos (Madrid).
Les deux autres dont il me reste à parler ont une jupe à petits plis raides comme un faisceau de colonncttcs. L'une porte une pèlerine à capuchon qui semble passée par-dessus un voile disposé sur les bras et le long du corps à la façon du voile des femmes précédentes. Cette pèlerine est formée de cinq volants plats étages qui dessinent sur la poitrine des angles renversés et dont les sommets sont rangés suivant une même ligne verticale, juste au milieu du corps '. Le capuchon de l'autre est lui-même composé de bandes parallèles qui se recouvrent de sorte que l'on dirait que le personnage a enfilé neuf capuchons et neuf pèlerines les uns par-
1. Do k Rada. Diicarso, pi. Il, n" a en hiut 1 droilc. — E. Hilbtier. Die Buste
(n° 35i3 du Musée). — Catatogo det Muse/ von Itici, dans talirhuch des Kaîs. deut.
arqueologico national, secciiin 1*, p. ig5, Arck. Instituts, 1898, p. i3i, fig. 7 (au
304 LA 8CULPT0RE
dessus les autres ' (Fig. 188 et 189).
Comme variantes curieuses de ce
type singulier de cucule, il faut citer la
Fie. 189. — Cerro do lot Sanlos (Madrid).
figure 190 ; la femme ne porte pas de mitre, mais seulement un capuchon qui tombe très bas sur le front, et forme une seule pointe sur la poitrine ; à l'extrémité de cette pointe pend un anneau qui supporte une amulette (Musée de Madrid).
Dans toutes ces statues ou statuettes, assez bien conservées, le style des
milieu) ; J.-R. MOlida, Iievista de Areki\ VIII, pi. VI. a gauche: Hauteur, o«vj' ( .
1. Do la Kada, pi. II, d» 3 (11° 7623 -Corrode los Saiilos (Madrid). Musée)
visages est misérable ; ce sont des types lourds et sans aucun reflet d'intelligence ; le dessin des traits aussi bien que celui des mains énormes, toutes en longs et gros doigts, dénote une étrange barbarie.
J'arrive à un troisième groupe fort curieux, mais fort déconcertant. Les statues qui le composent sont de celles qui, à l'origine, ont jeté le plus de discrédit sur l'ensemble des trouvailles du Cerro, et que l'on serait à priori le plus disposé à laisser pour compte à Vicente Amat, le trop ingénieux horloger d'Yecla.
Deux sont particulièrement étranges ' ; elles sont dans L'attitude de la grande statue du premier groupe, debout et tenant un vase ; elles sont ,c ' gXtiJmadrid) * °" vêtues, de même, de plusieurs jupes superposées
et d'un manteau, mais ici ce manteau remonte sur leur tête. Elles ont un bandeau décoré dans le même style, et des flots de cordelettes et de glands tombant à droite et à gauche. Mais au lieu qu'à ces cordelettes soient attachés des disques comme ceux que j'ai déjà plusieurs fois signalés, l'une* porte suspendus un soleil formé d'une face humaine rayonnante et un croissant de lune, tandis qu'une grosse étoile est accrochée à son unique collier el vient juste se placer au-dessus du vase d'où semblent sortir des flammes (Fig. 191). L'autre a est aussi ornée de ces bijoux astronomiques ; mais la lune est
1. N° 3Soi (hauteur, o<",^i). De la Rida. en bas, à droite : E. Hûbner, lahrbuck d. d.
pi. Y, n" 1 ; Caldlogodet Mus. arqu. nac, t. areh. Instituts, 1898, p. i3i, fig. 7, *
p. 395, en bas à gauche; J.-R. Melids, lie- droite; J.-H. Mélida, Revisla de Archivai,
vista de Archivas, VIII. pi. VI, a droite. — ibid., au milieu.
N°35oï(hauteur,o"\7a). DelaRada.pl. VI, a. V 35oi.
n° 1 ; Caldlogo del Mus. arq. nac, ibid., 3. N° 35o».
ao6 LA SCULPTURE
figurée par un visage de profil dans un croissant. Son collier est double; le premier rang soutient une série de sachets ou d'amulettes, le second ne soutient rien. Quant au vase, qui porte quelques lettres gravées, il en jaillit aussi des flammes sur lesquelles se détache un mouton placé bien au milieu de la poitrine, là où se trouvait tout à l'heure une étoile. Les différentes jupes superposées sont décorées de dessins géométriques ou de franges ; mais juste audessous des mains une zone plus large porte de bizarres figures en creux , ici des serpents, une étoile, un vague oiseau, là un monstre à tête de chien, à gorge de dragon écailleux, avec des ailes et une queue fourchue (PI. VIII).
Deux statues plus petites se rattachent directement à celleslà ; elles sont cependant un peu moins étranges. L'une(Fig. 19a), haute seulement de o",3o, porte simplement un petit mouton suspendu à un collier en torsade, au-dessus du vase que tiennent les deux mains. Elle a, sous un ample voile cachant toute la çhe-
FiG. 101, — Staluc du CeiTO de los Sanlos i 1 , t , , .
(Yl us ée de Madrid). velure - les épaules, les bras et
les flancs, une mitre basse en
forme de pyramide et elle est vêtue d'une jupe à cinq volants dentelés
dont nous retrouverons des exemples \ L'autre, qui est, je crois, inédite, est dans la même attitude, a le même collier et porte de même le vase ; la différence réside dans la. tête, qui n'a pas de mitre sous le voile, dans le voile qui laisse apparaître les cheveux sur le front et de chaque côté du cou, dans la robe, qui est à triple volant imbriqué. C'est un morceau intéressant dans sa simplicité ; quelques détails de la coiffure rappellent les plus originales inventions des artistes du Cerro (Fîg. 1Q3) 1 .
- Ccrro de lus Santos (Musée de Madrid)
En présence d'oeuvres si inattendues, il me parait nécessaire de donner en détail les raisons qui me semblent décider en faveur de leur authenticité :
i° La surface de la pierre ne porte pas trace du badigeon gris qui est un signe presque infaillible de fausseté ; de plus dans quelques parties creuses adhère encore un peu de terre de la même couleur et de la même nature que celle dont il reste quelque chose aux sculptures certaines, et à cette terre se mêlent de menus débris végétaux, ce qui n'est jamais le cas pour les œuvres manifestement fausses.