‹ Essai sur l'art et l'industrie de l'Espagne primitiveChapitre 4 sur 61 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

AVANT-PROPOS

dignes compagnes de ces captifs qui, cloués à des croix, chantaient encore leur. chant de guerre * ; elles méritaient en somme qu'on leur laissât quelque autorité, ce que Strabon appelle d'un mot sans doute un peu fort, YuvaixoxpaTwc, et aussi qu'on leur vouât un certain respect, dont la preuve est que c'était le mari qui apportait une dot à la femme, et que les filles avaient à l'héritage de leurs parents des droits antérieurs à ceux de leurs frères 2 . Comme beaucoup de peuples primitifs, les Ibères avaient de plus un sentiment très vif de l'amitié et sacrifiaient même leur vie pour leurs amis 3 .

Nous ne sommes pas beaucoup mieux informés sur les mœurs ou pour mieux dire sur les habitudes de ces gens ; pourtant, au cours de nos éludes, nous aurons plus d'une fois à rappeler des indications utiles que nous ont laissées les auteurs, et surtout Strabon, sur l'armement, le costume, la parure des Ibères en général ou de telle ou telle tribu ; ces textes serviront plus d'une fois à compléter ou contrôler des faits archéologiques. Mais en ce qui concerne les croyances religieuses ou le culte, les renseignements écrits sont d'une rareté, d'une imprécision désolantes. Les auteurs ne citent avec quelque précision qu'un seul nom de dieu ibérique, le dieu iNéton, sorte de Mars lusitanien *. On nous dit d'autre part que les antiques Galiciens n'avaient pas de dieu; que les Geltibériensau contraire, et leurs voisins du Nord adoraient un dieu sans nom, en l'honneur de qui, pendant les nuits de pleine lune, ils dansaient en chœurs avec leurs familles devant les portes de leurs demeures 5 . Ce culte simple et idyllique fait contraste avec les rites sanglants des Lusitaniens, où les victimes n'étaient pas toujours des bœufs en hécatombe à la mode des Grecs, ou des boucs, mais où, non contents d'égorger des chevaux, on coupait les mains des captifs pour les consacrer aux dieux, à moins

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