Murguia, Historia de Galicia,!, p. 79, p
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intérêt de l'acropole et de l'enceinte fortifiée d'Olérdula, dans la province de Barcelone, à une lieue au Sud de Villafranca de Panades ; le village actuel de San Miguel de Erdol a été édifié sur l'emplacement de la ville ancienne, dont il a conservé le nom à peine altéré. La muraille appartient à deux époques distinctes ; la base, « haute de 3 mètres, est construite en pierres de forme et de grandeur irrégulières, variant de i mètre à 3 mètres de long, et de o m ,5o à î mètre de haut, qui se présentent en assises plus ou moins horizontales formées de parallélogrammes et de trapézoïdes de toutes dimensions ; c'est l'effet de la grande irrégularité des blocs les plus gros. Parfois, un grand bloc s'engage dans l'angle d'un autre, et parfois l'irrégularité de quelqu'un d'entre eux est corrigée par un autre plus petit. Toute cette muraille a son parement vertical, et les pierres sont très bien ajustées, sans aucun emploi de ciment. Le style, comme on le voit, est celui que l'on appelle cyclopéen, celui dont on a fait usage à Mantinée et à Mycènes 1 . » Non moins considérables sont, en Andalousie, les ruines célèbres que l'on appelle Castillo de Ibros (sans doute Ibros est une contraction de Iberos). Le Castillo se trouve dans le district judiciaire de Baeza, au Nord de Jaen*. Il conserve des murs dont les assises horizontales, assez irrégulières, sont formées d'énormes pierres, dont une, placée presque au sommet, a 3 m ,6o de longueur et i ro ,63 d'épaisseur. D. Manuel de G6ngora y Marlinez en a donné deux bonnes vues dans ses Antigiïedades préhistoriens de Andalucia*. Non loin du Castillo de Ibros il y a d'autres restes de même style, au Nord de Cabra, au lieu appelé Casarôn del Portillo. Gongora dit que la bâtisse était carrée, de i6 m ,20 de côté; quelques pierres de la muraille mesurent 2 m ,5o\ Enfin, c'est peut-être une maison de construction cyclopéenne dont on peut reconnaître la forme, et dont il reste des débris de murs, que l'on voit à los Corralejos, près du pont de Mazuecos, sur le Guadalquivir, sur le chemin de Guardia à Pegalajac ; .
i. Martorell, Apuntex arqueolàgicos, a. P. 9a et 93, fi g. iof) et 106.
p. 102. A la pape io'i, Martorell a donné un 3. Ibid., p. 9$.
dessin de ce mur. Cf. de La Borde, Voyage en (\. Ihid,, p. 10^. M. Bonsor, dans son
Espagne, I, p. 20, pi. \L1 et s. exploration si riche en découvertes de la vallée
Si l'on se transporte maintenant à l'Ouest de la Péninsule, dans la région qu'on est disposé à juger plus particulièrement sauvage, fort nombreuses sont les très antiques cités abandonnées depuis de longs siècles, bien qu'elles aient encore été peuplées pour la plupart à l'époque romaine, que les savants espagnols appellent de ce nom commode « recintos fortificados », enceintes fortifiées .. . M. Emil Hubner, en signalant dans sa précieuse Arqueologia de Espafïa les provinces où ces enceintes sont les plus fréquentes, « le Nord et le Nord-Ouest de la Péninsule, le Portugal, la région de Lisbonne, le district de Mafra, l'Àlemtejo, le Bevia, les deux Extremadures, la Galicie et l'Aragon », déplore « que l'on n'ait pu encore faire une exploration complète de toutes les autres provinces d'Espagne, pour rechercher de telles ruines qui, souvent, se sont conservées loin des chemins fréquentés par les voyageurs, et sont seulement connues des bergers et des paysans qui ignorent complètement leur importance ». La situation est à peu près la même depuis 1888 ; les livres où sont décrites quelques-unes des enceintes reconnues et visitées sont presque impossibles à se procurer, même à Madrid'.
Cependant il semble que l'attention des archéologues espagnols, mise en éveil, tende à s'appliquer plus franchement à ces ruines curieuses,
du Betis et de ses affluents, a relevé aussi des constructions cyclopéennes, en particulier à l'Acebuchal et à Pefiaflor. La première est une sorte de bastion adossé à une énorme roche que M. Bonsor appelle « la roche aux sacrifices », la seconde est une digue. G. Bonsor, Les colonies agricoles pré-romaines de la vallée du Bétis, fig. 187, i38, 189 (Bévue archéologique, 1899).
Dans un article que D. /Luis Gabaldon Campoy a publié dans la Bevista contemporànea, 1897, p. 56 et s., i55 et s. sur les Primitivos pobladores de Lorca, l'auteur signale des ruines cyclopéennes à Castellon « risco de la finca del Cimbre, de la deputaciôn rural de los Jarales, distante de Lorca unos veinte kilômetros prôximamente... À la margen derecha del Guadalentin se alza un abrupto penon de unos t rein ta métros de altura, cortado a tajo y completamente inaccesible por el lado que da al rfo de Vélcz, el
cual pefion se une a la sierra inmediata por
un lomo estrecho y quebrado Una mural la
formada de grandes pefiones sube desde la rambla a lo alto del Castellon, existiendo a poco trecho otros dos muros destruidos, que ind uda blême n te ce ira ban el recinto de aquella primitiva fortalezza. Se comprende a simple vista el esfuerzo poderoso que aquellas gentes harfan para construir taies murallas por su extension y por las grandes masas de piedra que tuvieron necesidad de transportai pudiendo desde luego afirmarsc, sin temor a duda, que aquel énorme peftasco cercado de triple cerco de murallones ciclopcos sirviô de defensa en aquellos tiempos tan remotos, que se escapan â toda investigacion histôrica, contra los ataques de una tribu invasora y audaz. »
1. E. Hubner, Arqueologia de Esparia, p. a3o; à la p. a3i M. Hubner donne une bibliographie précise du sujet.
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et l'on peut citer plusieurs articles récents de la Revista de Extremadura qui leur sont heureusement consacrés \ Je dois donc m'en tenir à parler sommairement, après M. Cartailhac qui les a bien étudiées, des villes fortifiées du bassin du Minho, auxquelles les habitants donnent le nom de Citanias, et qui ont été explorées avec un soin très grand et très méritoire par M. Martins Sarmento, de Guimaraens*, et de celles d'Extremadure étudiées par M. le Marquis de Monsalud et M. Hoso de Luna.
Les plus anciennes et les plus importantes sont Sabroso, Briteiros et Santa Iria. L'emplacement exact est nettement indiqué par M. E. Hûbner, « dans la province de Minho, dans la vallée du rio Ave, au pied de la Sierra de Falperra, non loin des bains thermaux de Caldas de Vizella et de la ville de Guimaraens 1 . »
Les murs de défense de Sabroso sont, d'après M. Cartailhac, construits « en bloc de grès pris sur place, affectant naturellement des formes rectangulaires et pentagonalcs » dont « la face extérieure a été
i. igoi, p. 6, Citanias Extremehas, par le Marquis de Monsalud ; iqoi, p. 2^9, Ruinas protohistôricas de Logrosdn, Santa Cruz y Solana de Cabanas, par M. Roso de L:ina ; 190a, p. a52, Excavaciones en la Sierra de Santa Cruz, par le môme.
2. M. E. Cartailhac, dans ses Ages préhistoriques de l'Espagne et du Portugal est trop bien documenté pour ne pas signaler au passage « les retranchements situés sur les coltines de l'Alemtejo, h Castroverde, a Colla, à Almodovar, et où les objets recueillis « n'appartiennent pas à la civilisation romaine et n'ont subi a aucun degré son influence, » mais où « il serait plutôt possible de trouver des traces d'une influence phénicienne ou punique. » M. Cartailhac note d'ailleurs que « ces lieux fortifiés se remarquent isolés dans les monts d'Ossa, à l'Est d'Evora, ailleurs encore, même au Nord du Portugal et « qu'on les retrouve en Espagne dans le voisinage de Suadina, par exemple à Seppona, près Xérès (p. 71 et 72). » Comme ces indications sont très sommaires et que je n'ai pas visité les lieux, ni vu de dessins ou photographies des ruines, je n'ose pas dire si elles sont do celles que l'on est en droit d'ap-
peler cvclopéennes.
3. E. Hûbner, Arqueologia de Espaha, p. 232 et 233 (bibliographie). L'auteur signale d'autres citanias en ces termes : « Ce ne sont pas les seules de cette espèce, et il en existe beaucoup d'analogues, actuellement désertes, dans les vallées des rios Lima, Neiva et Ancora, et autres vallées voisines ; les paysans les appellent <r a cidade » ou « o Castro » ; elles offrent les mêmes particularités quelaCitania. De cette classe sont la Britonia, dans la montagne de Santa Lucia, près de Vianna, et les ruines qui se trouvent dans les monts Affife et Saint- Roc h. » M. Cartailhac fait une simple allusion à ces diverses cités (op. laud.,p. 292). Enfin, dans YArcheologo portugués, t. I, M. Leite de Vasconcellos indique très souvent des cidades ou citanias, mais les mentions sont courtes, et difficilement utilisables. M. le Marquis de Monsalud (art. cit.), nous apprend que divers auteurs ont parlé de ces ruines depuis le XVI e siècle, et cite Bernardo de Brito, Monarchia Lus i tan a, 1597, et Gaspar do Estaco, Varias antigûedades de Portugal, 1625. Un livre d'ensemble sur ces ruines si importantes serait le bienvenu.
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souvent taillée, et dont, dans tous les cas, l'assemblage est fait avec arl ». Il est intéressant de remarquer que ces murs ont la forme de murs de soutènement, c'est-à-dire qu'ils sont appuyés contre le sol coupé en talus. Les murs de Briteiros forment « un triple retranchement construit suivant le système de Sabroso » ; ils s'élèvent encore de quatre mètres audessus du sol. Les images que ce savant nous donne, sous les n" 407 et 4o8, d'une Bue principale de Briteiros et d'un Recoin entre les maisons, clôturé et utilisé, prouvent que non seulement les murs d'enceinte, mais
Fie. I". — Rut! principale de Brilcirns. d'après Carlailhac. Ages préhistoriques, fig. io".
encore les murs des maisons étaient de style cyclopéen. Ces maisons sont d'ailleurs d'un très haut intérêt, moins par leur forme circulaire et la pierre centrale qui servait sans doute de base à un pilier de bois, que par quelques détails d'ornementation sur lesquels j'aurai tout à l'heure ù revenir (Fig. 17, 18, 19). Le Marquis de Monsalud nous apprend ce fait curieux que les pierres des murailles, établies d'ordinaire en assises horizontales, sont quelquefois disposées en spirale depuis les fondations.
En Extremadure, le même archéologue assimile aux Cilanias portugaises l'établissement primitif de Meiellin (sur la Guadiana, en amont de Mérida) ; car au pied des murs du Castillo actuel se voient des assises d'époque romaine où sont employées des pierres décorées du swasika, et
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du « signe caractéristique du soleil », figures qui, nous le dirons, ont leurs analogues à Sabroso et Brileiros. Il songe aussi au Castillo d'Alanje, mais ce n'est là qu'une hypothèse plausible, car on a découvert en ce lieu, parait-il, de très antiques bijoux d T or et d'ambre. Il n'en est pas de même de Frejenal de la Sierra (sur les confins de la Bétique) près d'où se trouve, à une lieue dans la montagne, le type véritable de la Citania, avec sa robuste enceinte de larges murailles soutenant le sol en talus, ses débris d'édifices réguliers et solides ; ni des ruines importantes situées sur les dernières hauteurs méridionales de la Sierra de Monsalud, où s'élèvent par deux fois de puissantes enceintes formant talus, suivant le système ordinaire, et munies de tours et de bastions.
Ce sont bien encore des Citanias, les Acropoles de San Cristobal, au Sud-Ouest de Logrosân, qu'enserre une double enceinte cyclopéenne, et de San Gregorio, dans la Sierra granitique de Santa Cruz, avec ces cinq cents maisons et plus, défendues aussi par des murailles d'appareil colossal, et sa vaste nécropole que dominent quatre énormes blocs, peut-être un autel funéraire. Et sans doute on peut citer encore les ruines qui s'élèvent au-dessus de Solana de Cahafias, et non loin desquelles fut trouvée, dit-on, une très surprenante sculpture 1 . M. Roso de Luna a donné de ces Citanias une précieuse et instructive description qui montre l'unité de toutes ces villes de montagnards, et des fouilles qu'il a faites en compagnie de M. le Docteur Sanz Blanco, de Madrid, en particulier à Sanla Cruz. Par malheur les trouvailles des objets d'art ou d'industrie ont été nulles ou insignifiantes même dans les nombreux .tombeaux explorés, et ne peuvent aider à résoudre le problème ethnographique et chronologique de ces antiques habitats. Je n'ose rien dire de prétendues inscriptions formées de points et de barres en creux que Sir Rivett Carnat prétend lire et déchiffrer 8 .
i. Boletin de la Real Academia de la mitro, espejo, escudo y figura de un guerrero. Historîa, mars 1897. Cette pierre, que je ne a. Revista de Extretnadura, 190a, p. 356 connais pas, est ainsi décrite par M. Roso de et s. C'est la même écriture que le colonel Luna (Revista de Extremadura, 1901, art. Rivett Carnat croit retrouver sur le dos de cit., p. a55): a losa de pizarra en forma vaga quelques figures d'animaux que j'aurai à élude medio punto ...y que présenta tallados â dicr dans le prochain chapitre, modo de jerogliTico, la ianza, espada, carro,
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Enfin, pour trouver le groupe le plus considérable de constructions cyclopéennes de l'Espagne, il faut aborder aux Baléares, à Majorque et à Minorque. A travers les campagnes de ces iles fortunées, sous l'envahissante végétation des oliviers chenus, deslentisques et des figuiers de Barbarie impénétrables, abondent les remparls de cités en ruines, les murailles de maisons et d'édifices écroulés, et partout la masse des pierres entassées, l'épaisseur des enceintes, partout le colossal et le surhumain donnent l'idée de constructeurs géants, aux muscles puissants plus qu à
Fie. 18. — Recoin entre des maisons a Briteiros. (CarUîlhac. îbid , fig. £08.)
l'esprit cultivé, d'une race mystérieuse dont l'âge, dont le nom échappe encore à la curiosité de la science, mais qui, sans aucun doute, avait tout au moins des affinités proches avec les bâtisseurs primitifs de Gérone, de Tarragone ou de Sagonte. Ne seraient-ce point les vrais Ibères ?
C'est encore à M. Cartailhac que l'on doit la connaissance la plus précise et la plus complète du cyclopéen des Baléares. Son bel ouvrage Les Monuments primitifs îles lies Baléares', dont on voudrait parfois le texte
1. Toulouse, 1893. Teite avec 80 plansou Baléares, surtoul des Talayotx, et donne
destins; album de 5i pi. M. E. Hiibncr, une bibliographie à laquelle il faut ajouter
dan) son Arqueologia de t'.spaiia. p. 137, Pcrrol et Chipiez, Histoire de l'art dans
§ î',6. parle des monuments cjclopéens des l'antiquité, t. IV, p. $0 et a., et Fr. Her-
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plus détaillé, nous apprend, par une série de 01 phototypies pour la plupart excellentes et de près de 80 plans ou dessins, tout ce qu'il est actuellement possible de connaître de cette civilisation disparue. Les murs des villes, les murs des maisons, les talayots, les navetas ont été relevés et photographiés si heureusement que quelques minutes suffisent pour en comprendre le caractère original ; et ce qui ressort avec le plus d'évidence de ces documents si bien présentés, c'est bien l'aspect colossal de la construction. Il faudrait tout citer, tant il y a d'unité dans l'impression générale que produit la vue de ces ruines, et c'est pour éviter une énumération trop longue que je signale surtout les enceintes de La Vela-de- San-Héroued, près de Félanitz 1 , de La Mola de Félanitz, dans l'île de Majorque*, de Santa Rosa et de San-Carld, près de Ciudadela, dans Minorque 3 . « Ces enceintes, dit M. Cartailhac, sont construites avec des blocs énormes, bruts et irréguliers, juxtaposés et superposés avec soin, mais sans aucun équarrissage préalable*. » Les dimensions des pierres sont très souvent colossales, et à San-Carlâ, par exemple, on a mesuré un bloc de 3 mètres sur 3. Le système de blocage au moyen de pierres plus petites, que j'ai plusieurs fois signalé dans les constructions de la Péninsule, est très souvent appliqué dans les îles, et l'enceinte de La Mola de Félanitz en montre un exemple très précis. Du reste, ces enceintes, comme celles du continent, affectent des tracés parfois assez compliqués où s'entremêlent des tours. M. Cartailhac a relevé le plan des mieux conservées 6 ; leurs portes sont basses et trapues, comme celles de Tarragone *.
Si l'on pénètre derrière ces murailles, les différents édifices qu'elles renferment appellent, comme les murailles mômes, le nom de cyclopéens, par la taille el le poids des blocs empilés, et par la rudesse d'une construction qui exige beaucoup de force et très peu d'art. Des descriptions sont ici superflues ; elles m'engageraient dans des redites dont le bel album de M. Cartailhac évitera l'ennui au lecteur, et je me conten-
nândez Sanz, Revista de la Asociacion art.
arq. Barcelonesa, 1899*1). 17; 190a, p. 70a.