‹ Essai sur l'assitance publique, sun histoireChapitre 11 sur 89 · HommseD, Hist. Bam,, tom. IV, lir. in, cb · texte numérisé non relu

HommseD, Hist. Bam,, tom. IV, lir. in, cb

<0 PREMIÈUE PARTIE.

« Ainsi, grâce à la possession de Vager pMicus^ se forma une aristocratie nouvelle. Ce ne fut plus le patriciat, cette aristocratie sacerdotale de l'ancienne Rome, exclusive et despotique, mais patriotique et digne : le patriciat avait perdu tous ses privilèges, et sauf quelques fonctions religieuses ou quelques distinctions honorifiques, un patricien n'était plus autre chose qu'un homme qui ne pouvait pas être tribun du peuple. Ce ne fut pas non plus la noblesse {nobilitas) ^ aristocratie de seconde main, et qui, sans droit exclusif, sans privilège, sans autre titre que ses services et sa gloire, avait gouverné Rome au temps de sa plus grande paix intérieure et de sa plus grande puissance militaire. Ce fut l'oligarchie de la fortune, le patriciat des eùrichis, le règne de quelques soldats heureux et de quelques millionnaires anoblis*. »

A côté de ces immenses propriétés (latifundia)^ taillées dans Vager publicus^ ne pouvait guère subsister, on le comprend, le petit champ et le toit de chaume (tugurium) du pauvre colon. Mille causes l'amenaient à se fondre dans le domaine qui l'entourait, et, qu'il le voulût ou non, il était bien vite absorbe par son riche et trop puissant voisin.

Mais ce n'est pas tout. Les chevaliers, ici comme toujours à la suite des grands, contribuent comme eux à la dépopulation de l'Italie. Agents financiers de toute espèce, ils ont trouvé moyen d'accaparer le commerce de l'argent, le seul que les Romains estimassent et connussent. Usuriers sans pudeur, ils prêtent à un taux énorme et font en peu de temps de colossales fortunes.

i. F. de Chanipagny, Les Césars, tom. !,§'!.

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Mais à Rome, où l'on ne connaissait pas ce que nous appelons aujourd'hui la richesse mobilière, les capitaux ne suffisaient pas : il fallait être propriétaire; presque tous les intérêts, en effet, étaient attachés au sol, et la propriété foncière resta toujours la grande force sociale et, pour ainsi dire, Tâmè du corps de TEmpire*. L'hypothèque vint à propos pour donner à ces créanciers avides un droit réel sur les biens de leurs débiteurs insolvables, et en forçant ceux-ci à vendre leurs immeubles, leur livra cette terre qu'ils convoitaient. Ils arrivèrent par là à se créer dans Vager privatus^ la propriété libre, des domaines qui égalaient ou surpassaient ceux que les grands avaient acquis dans Vager pvJblicus,

C'est ainsi que se formèrent ces domaines immenses, ces villarum infinita spatia-^ dont le maître ne peut faire le tour à cheval en un jour et voit naître et mourir des fleuves sur ses terres. Rien n'égale l'énergie avec laquelle les auteurs du temps nous dépeignent cette concentration des fortunes^ Appien, Sénèque, Varron, Columelle n'ont pas de termes assez forts pour flétrir cet accaparement de provinces entières. « Verumqtie confitentibus latifundia perdidere lialiam^ s'écrie Pline le Naturaliste, jara vero et provincial. Sex domini semissem AfriccB possidebant^ cum interfecit eos Nero princeps^. »

i. Fustel de Coulanges, De la prop, fonc. dans l'Emp, rom. {Revvte des Deux-Mondes f 45 mai 4 873.)

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