F. de Ghampagny, Les Antonins, tome II, li?. IV, chap. i
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t( L'esprit du prince philosophe reste enfermé dans la doctrine stoïque, mais son âme s'en échappe et veut aller au-delà *. » « Fais le bien à tous, sois utile à tous, dit-il dans ces Pensées qu'il n'écrivait que pour luimême : npoç âauTov, mais qui sont dignes de la postérité ; aime tous les hommes du fond du cœur. Supporte même le méchant ^ aie pitié de lui. Venge-toi d'un ennemi en ne lui ressemblant pas : c'est le propre de rhomme d'aimer même ceux qui l'ont offensé 2. 1^ Et Marc-Aurèle remercie sa mère de lui avoir enseigné la bienfaisance, et les dieux de ce que l'argent ne lui a jamais manqué pour secourir un pauvre.
Évidemment, un tel empereur ne pouvait faire que continuer l'œuvre commencée par son père adoptif, et nous ne sommes pas surpris d'apprendre qu'il* inaugura son règne en augmentant le nombre des enfants pauvres secourus en Italie et qu'il introduisit beaucoup d'améliorations dans l'administration des Secours publics^. Quelles furent au juste ces mesures? Nous ne le savons pas, et cette fois encore nous n'avons guère pour nous renseigner que les. médailles qui attestent la reconnaissance des pueri alimentarii envers le prince qui, à diverses époques marquantes de son règne, fit en leur faveur des fondations importantes.
Ainsi, Marc-Aurèle, qui abolit aussi les combats de
gladiateurs, avait à un double titre le droit d'élever à la
Bienfaisance ce temple qui devait dignement, quoique
un peu tard, remplacer celui que les vieux Romains
- avaient dédié à Jupiter prœdalor.
i, G. Martha, Les Moralistes sous l*Empire romam, Marc-Aurèle^ p. 262.