Gapitolin, 44, in M.-Anton
m PREMIÈRE PARTIE.
TeUes farent les dispositions prises par les Ànfonins eu fiiveur des malheureux, dispositions inspirées par une philosophie toute nouvelle, qui s'inspirait elle-même, tout l'indique, d'une doctrine inconnue; La religion chrétienne, en effet, avait cessé d'être persécutée; elle put, pendant quelque temps, répandre librement ses enseignements et ses bienfaits *, elle arriva même jusqu'aux pieds du trône, et rien n'est plus curieux et plus touchant que de voir les philosophes chrétiens Justin et Athénagore adresser leurs apologies à Antonin, Marc- Aurèle et Commode, augustes, vainqueurs des Arméniens et des Sarmates, et, ce qvA vaut mtetix, philosophes.
« Ainsi la charité chrétienne, qui, en notre temps, laisse des traces encore dans les âmes d'où la foi s'est retirée, semble de même l'avoir devancée parmi les ténèbres du paganisme, comme cette douce lumière qui précède et qui suit l'éclat du jour*. »
Malheureusement cette époque, qui fut l'apogée de l'ère impériale, devait trop tôt finir, et le monde vit, avec une sorte de stupeur, succéder sans transition à Marc-Aurèle Commode, Caracalla et Héliogabale. Ces monstres semblèrent vouloir prouver aux peuples que la race des Nérons n'était pas éteinte, car c'est à ce temps peut-être qu'il faut reporter les plus grands excès de la corruption romaine « et ces saturnales du pouvoir qui épuisèrent tout ce que la tyrannie peut inventer et l'espèce humaine souffrir -, »
Après avoir étudié rapidement, plus rapidement même que nous n'aurions désiré, l'époque antonine, nous pas-
i. H. Wallon, Histoire de l'esclavage dans l'antiquité^ t. III, part, m, ch, 4, 2. Villemain; Du Polyttiéismej p. 25.
serons encore plus brièvement, et pour cause, sur le ui® siècle, qui fut vraiment celui de ia décadence rormaine.
Commode ne vit rien de mieux à faire que de s'attribuer la rente des fondations pieuses faites par ses prédécesseurs, et Pertînax, qui lui succéda, trouva un arriéré de neuf ans que pendant son règne de quelques mois il n*eut pas le temps de soldera
Sous Septime-Sévère et Caracalla (193-217), quelques inscriptions relatent des fonctionnaires préposés aux aliments ^ (prœfectus alimmtorum) ; et nous «avons que le premier ajouta aux distributions de blé qui continuaient toujours à Rome une distribution d'huile; de plus, il laissa en mourant du blé pour sept ans, à 75,000 modii par jour.
Alexandre-Sévère, instruit par sa mère Mammée, qui elle-même avait reçu les enseignements d*Origène, répara dignement les folies d'Héliogabale. On peut dire que le sort des malheureux fut toujours une de ses principales préoccupations. Il établit des impôts sur le luxe et fit des lois contre l'usure 5 lui-même prêtait à un taux très-modique (4 7o) à de petits débiteurs, qui s'acquittaient avec les produits de leur culture.
Il remplit aussi le$ greniers publics, mais c'est surtout des enfants qu'il s'occupa. Il adoucit la puissance paternelle, abolit le droit de vie et de mort sur les enfants, et déclara que l'exposition et le refus d'aliments seraient assimilés à l'infanticide. Il continua et releva, cela va sans dire, les fondations alimentaires des Antouins;