I. Aristotc, Polilique, liv. I, cli. 2, § ^14 et
Vergastule^ où les esclaves dormaient les pieds passés dans des entraves de fer, en attendant que le fouet du villicus vint les réveiller ; le spoliaire^ espèce d'antre creusé sous le cirque, où l'on traînait le soir avec des crocs les corps des combattants tombés sur l'arène, après les avoir d'abord percés d'un fer rouge pour voir s'ils vivaient encore, et où de tout jeunes gladiateurs, pour s'exercer, les achevaient à coups d'épée et à coups de pieds Voilà les hôpitaux de l'antiquité!
C'est alors que parut la nouvelle religion et qu'elle vint donner au monde le précepte de la charité, c'est-àdire de l'amour-, son divin auteur, en effet. Ta résumée lui-même en ces mots qui la contiennent tout entière :
a Diliges Dominum Deum tuum ex iolo corde ttu)^ et in iota anima tua^ et in tota mente tua.
Hoc est maximum et primum mandatum.
Secundum aulem simile est huic : Diliges proximum tuum sicut teipsum.
In his duobus mandatis universa Lex pendet et Pro^ phetœ^. »
Et encore ces paroles admirables du sermon sur la montagne, si étranges* alors, tant répétées depuis, et qui devaient produire dans le monde une révolution :
a Beali pauperes^ quia vestrum est regnum Dei.
Beati qui nunc esuritis^ quia saturabimini. Beati qui nunc flelis^ quia ridebilis,..
i. Saint MattUieu, XXII, 37, 38, 39, 40.
Verumtamen vœ vobis divitibus^ quia habetis consolation nem vestram.
VcÊ vobis qui salurati estis^ quia esurietis. Vœ vobis qui ridetis nunc quia lugebitis et flebitis,
Sed vobis dico qui auditis : Diligite inimicos vestros^ benefadte his qui oderunt vos.
Benedicite maledicentibus vobis et orate pro calumnian-' tibus vos,..
Et prout vultis ut faciant vobis homines^ et vos facite mis similiter^. »
Ainsi, ia première parole de cette doctrine étrange était : Bienheureux les pauvres, bienheureux ceux qui ont faim et ceux qui pleurent. Malheur aux riches, car ils ont leur bonheur en ce monde.
Mais, hâtons-nous de le dire, la nouvelle religion ne bouleversa pas la société^ voulant avant tout refaire rhomme, elle lui enseigna tout d'abord ses devoirs-, elle n'édifia point le devoir sur le droit, mais le droit sur le devoir. Elle ne dit pas aux esclaves : Armez-vous^ jetezvous sur vos maîtres, tuez-les! Et pourtant il lui eût été bien facile de le dire et à eux de le faire. Mais elle dit aux maîtres : Ces esclaves sont vos frères, respectezles, aimez-les, affranchissez-les!
Ainsi, tout en posant le devoir de l'assistance envers les pauvres, elle n'ébranla pas la propriété ni le travail; mais, au contraire, elle garantit la première et réhabilita le second.
Il est vrai, les premiers Pères de l'Église semblent prôner une sorte de communauté de biens, ou, si l'on veut, de communisme^ qui trouva sa réalisation exacte