Saint Paul, II, Ad Thess.; III
a mise au fond même de la civilisation moderne, seul il la possédait dans Torigine. Ce soin des malheureux, cette application à les secourir et à les améliorer, cette vertu de la compassion, devenue de nos jours une des sciences de la société civile, seul il en avait alors la pratique et la pensée * . »
Après avoir recherché les principes fondamentaux de la charité chrétienne, voyons maintenant quels furent ses résultats pratiques.
Les premiers chrétiens, on le sait, vécurent dans une communauté parfaite : nul n'était pauvre parmi eux -, tous ceux qui étaient possesseurs de champs ou de maisons les vendaient et en déposaient le prix aux J)ieds des apôtres. Ceux-ci le distribuaient entre tous, à chacun selon ses besoins 2.
Le symbole le plus touchant de cette communauté primitive était Tagape, repas fraternel où le maître s'asseyait à côté de son ancien esclave; leçon sublime d'égalité que les païens, incapables de la comprendre, traitaient de folie.
Bientôt avec le temps et Taccroissement du nombre des chrétiens cette communauté devint impossible; Tinégalité reparut, et avec elle les pauvres qu'il fallut songer à secourir.
-1. Villemaiu, Tableau de l^Éloqueiue clirétienm au IV' siècle, saint Jean Chrysostôme, p. -177.