DE LA CHARITÉ PUBLIQUE EN FRANCE JUSQU'AU XVI® SIÈCLE
SOMMAIRE
I. Réveil de la charilé après les grandes invasions. — Législation des
conciles. — Les évêqnes et les moines.
II. Époque de Gharlemagne. — Rôle de l'Église. — Législation des
Capitulai res.
III. La féodalité. — Les monastères. — Saint Louis. lY. L'assistance Judiciaire et la médecine gratuite.
Les grandes invasions qui amènerait et suivirent la chute de TEmpire romain bouleversèrent TËurope, détruisirent les gouvernements et interrompirent toutes les législations.
Parmi les institutions qui se relevèrent le plus vite après la tourmente et qui surgirent les premières, quand les peuples eurent repris un peu de stabilité, furent celles destinées à secourir les malades et les pauvres.
Nous savons, en effet, qae le roi Ghildebert, fils de Glovis, fonda à Lyon un hôpital où étaient reçus les voyageurs et les malades. Cette fondation est rapportée dans les actes du v^ concile d'Orléans (549), qui en loue le roi et son épouse Ultrogothe, et défend en même temps d'aliéner les biens affectés à cet hôpilal ; si quelqu'un le fait, « ul necator pauperum irrevocabili anathemathe feriatur^. » (Canon 15.)
L'Église avait embrassé du premier coup la mission de civilisation et d'apaisement qu'elle avait à remplir, et elle s'était mise à l'œuvre sans hésiter ; comme l'a dit un auteur illustre, aussi impartial que compétent : « Du IV* au XIII* siècle, c'est l'Église qui a marché la première dans la carrière de la civilisation . ^ » Et encore : « Ce fut un immense avantage que la présence d'une influence morale, d'une force morale, d'une force qui reposait uniquement sur les convictions, les croyances et les sentiments moraux, au milieu de ce déluge de force matérielle qui vint fondre à cette époque sur la société. Si l'Église chrétienne n'avait pas existé, le monde entier aurait été livré à la pure force matérielle. L'Église exerçait seule un pouvoir moral. ^ »
Aussi ne trouve-t-on guère à cette époque que la législation des conciles.
Le II* concile d'Orléans, en 512, prescrit à l'évéque de fournir le vivre et le vêtement aux pauvres et aux infirmes, « gm', debilitate faciente.^ non possunt suis manibus laborare^. »