‹ Essai sur l'assitance publique, sun histoireChapitre 57 sur 89 · H. MartÏD, Histoire de France, tome XIV, liv. lxxkyii · texte numérisé non relu

H. MartÏD, Histoire de France, tome XIV, liv. lxxkyii

que des documents relativement rares, et surtout parce que cette histoire perd presque complètement son intérêt en face de Timmense portée sociale de la Révolution qui a terminé cette époque.

Il faut pourtant signaler certaines mesures plus im* portantes qui se rapportent aux trois sujets principaux de cette étude : la mendicité, les enfants trouvés, les hôpitaux.

Les calamités qui avaient aflligé les dernières années du règne de Louis XIV marquèrent aussi celui de Louis XV, et aggravèrent encore les causes habituelles et générales de misère. Le régent d'abord, par une ordonnance du 23 mars 1720, mais surtout le cardinal de Bourbon, par les ordonnance et déclaration des 18 juillet et 12 septembre 1724, essayèrent de remédier à ces maux.

Cette dernière ordonnance, fort longue et fort détaillée, commence par reconnaître que si les mesures prises jusque-là n'ont poiiït arrêté le mal, cela provient de ce qu'elles n'avaient pas un caractère suffisant de généralité^ que les hôpitaux n'avaient pas été établis en assez grand nombre sur la surface du royaume, ni munis d'assez de ressources pour recevoir tous ceux qui y étaient admis ^ enfin, que les mendiants étaient revenus peu à peu dans les villes d'où on les avait expulsés, parce qu'on ne leur avait pas fourni de travail dans le lieu de leur naissance, et qu'ils n'étaient pas arrêtés par des peines trop faibles pour les effrayer. — En conséquence, il est enjoint à tous mendiants valides, dans tout le royaume, de gagner leur vie par le travail, ou d'entrer dans les Hôpitaux-Généraux où on les occupera; une échelle de pénalités plus sévères et mieux

graduées est établie contre tous ceux qui seront trouvés mendiant dans les villes du royaume, et la connaissance de ces délits appartiendra au lieutenant-général de police à Paris, et aux lieutenants de police dans les autres villes.

Ajoutons enfin que le préambule de Tordonnance déclare que des ressources suffisantes seront attribuées aux hôpitaux, même sur les propres deniers du roi, et cherche à exciter la charité privée en leur faveur * .

On tenta par d'autres moyens encore de soulager la misère : ainsi, des arrêts du conseil du 22 janvier 1741 et du 13 février 1742 établissaient une loterie royale en faveur des pauvres.

Plus tard, le Parlement rendait un arrêt (28 février 1785) d'après lequel les héritiers, exécuteurs testamentaires, et tous autres ayant connaissance de testaments ou actes quelconques contenant des legs, aumônes ou dispositions au profit des pauvres, devaient faire déclaration dans huitaine aux substituts du procureur général, à peine d'être condamnés au paiement du quadruple envers les pauvres 5 et contre les notaires, à peine de 300 livres d'amendé.

Enfin, à la veille même de la Révolution, le 2 décembre 1788, une ordonnance paraissait pour régler les dispositions relatives à l'établissement des ateliers de charité accordés par le roi pour procurer du travail et des secours aux classes indigentes pendant l'hiver de 1788, à 1789.

Mais, hélas! cette fois encore sans doute, ces dispositions furent insuffisantes, et aux mesures préventives il

I. Recueil des ordonnances, édits et arrêts de règlement, tome III, p. 265.

fallut une fois de plus ajouter les mesures répressives. On voit, en effet, continuer la série des actes du pouvoir qui proscrivent la mendicité.

Deux ordonnances du 25 juin 1769 et du 27 juillet 1777 enjoignent aux mendiants étrangers de quitter Paris, sous peine d'emprisonnement; aux pauvres valides de se rendre dans les ateliers de charité, et aux infirmes dans les hôpitaux. Un édit de mars 1784 porte défense expresse aux étrangers de quêter dans le royaume, et un arrêt du Parlement du 1®*" septembre 1786 rappelle et consacre le principe que les secours ne sont dus « qu'à ceux qui sont dans l'impossibilité de gagner leur vie, et que ces secours doivent être fournis par chaque paroisse, les pauvres errants devant être renvoyés à cet effet au lieu de leur naissance ^ »

Parcourons maintenant l'histoire des établissements hospitaliers, et tout d'abord de celui qui est peut-être le plus intéressant de tous : l'hospice des Enfants-Trouvés.

Le nombre des enfants recueillis dans cet asile, qui était de 1,600 à la fin du xvii® siècle, s'était rapidement élevé jusqu'à 3,000, 5,000, et en 1770 il était de 6,918. Ces maisons, en effet, peuvent présenter l'inconvénient grave, sur lequel nous aurons à revenir, d'accroître le nombre des abandons ; mais à ce moment l'augmentation était surtout produite par le transport à Paris de centaines, de milliers d'enfants qui, des provinces les plus éloignées, arrivaient par charretées dans la capitale; leurs parents, en effet, ne trouvant aucun asile dans leur pays, voulaient les faire nourrir par l'hospice des Enfants-Trouvés, dont ils connaissaient la réputation.

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