Saint Matthieu, XXVI, H
3. Mgr Dupanloup, Discours à l'Assemblée Nationale, (Jotffnal Of/iciel du 28 mars >! 875.)
minorité imperceptible au milieu des masses qui portent le joug de la pauvreté. En prenant yolontairement ce joug, le riche ne fait que se mettre dans la condition générale où Dieu a voulu que fussent tous les enfants d'Adam. « Vous mangerez votre pain à la sueur de votre tt visage, » tel est Tarrét que Dieu prononce sur Thomme coupable. Par l'effet de la loi de solidarité, l'humanité tout entière porte la peine de la faute de son premier père. Tout homme, par cela seul qu'il est homme, est donc assujetti à la vie pénible et pauvre. Mais par cette même loi de solidarité, le riche pourra prendre sa part du fardeau commun, sans abdiquer àei richesses qui ont leur raison d'être dans l'ordre providentiel de la société ^ »
L'inégalité des conditions et la pauvreté produisent certes des résultats douloureux, mais elles sont encore la conséquence naturelle du travail libre, source de toute prospérité. Elles sont l'instrument nécessaire et l'une des conditions principales de sa fécondité. La vie de l'homme, en effet, devant être une vie de labeur et d'épreuves, la pauvreté agit comme stimulant, elle est comme une menace suspendue sur sa tête, et un abime qu'il faut éviter par des efforts quotidiens. Après tout, que ferait l'homme s'il n'avait pas, pour l'exciter au travail, cette crainte perpétuelle de la pauvreté? Ne s'endormirait-il pas dans la paresse et l'oisiveté? Et que deviendrait la société elle-même si la pauvreté n'existait pas? Elle verrait bientôt diminuer son activité, isa prospérité, et ne tarderait pas à périr.
C'est donc un devoir pour l'homme de lutter de toute
4. Ch. Périn, J)e la Richesse danê les sociétés chrétienneSy lir. I, cb. 9.
sa force contre les causes qui amènent la misère. Mais cette lutte peut être plus ou moins inégale, plus ou moins pénible, et de là résultent diverses situations qu'il importe de définir et de préciser.
On confond et Ton emploie souvent Tun pour l'autre les mots : pauvreté^ indigence^ misère; ces termes expriment pourtant des états difiérents que Ton peut, au dire des spécialistes, analyser de la manière suivante.
La pauvreté consiste techniquement en un état de gène où les ressources, à la rigueur, suffisent aux besoins, mais à la condition que ceux-ci soient renfermés, par un acte continuel d'énergie morale, dans les limites les plus strictes. Il est malheureusement certain^ depuis les enquêtes de MM. Yillermé, Reybaud et Rlanqui, que cet état est celui de la grande majorité des familles de la classe ouvrière.
Vindigence est une pauvreté extrême; c'est la privation du nécessaire, le dénûment à peu près complet. Le pauvre n'a pour subsister que ses bras, l'indigent n'a pas de quoi subsister ; le pauvre a surtout besoin d'appui ; à l'indigent- il faut des secours.
La misère est, pour ainsi dire, la pauvreté à un coefficient plus élevé, c'est la pauvreté à la puissance trois -, elle diffère de l'indigence par sa gravité et surtout par son étendue. Elle attaque, en effet, l'homme moral, elle lui inspire le découragement, et trop souvent le pousse à la dépravation ; de plus , elle implique l'idée d'une extension à un certain nombre d'individus, à une cer-
492 DEUXlèMB PARTIE.
taiae classe sociale, sans cependant que cette situation ait rien de permanent ou d'incurable.
Mais nous n'en avons pas fini avec cette triste énumération. Il y a un mal plus grave, mal nouveau et terrible, dont rien, depuis Tavènement du christianisme, n'avait donné l'idée : le paupérisme.
Il y a là un fait incontestable, reconnu aujourd'hui par tous les économistes, et qui se pose devant la science comme une énigme terrible et menaçante. Qu'est-ce donc que le paupérisme? On l'a défini l'épidémie de la misère. C'est rétat de misère permanent^ chronique et en apparence incurable d'une classe de la société tout entière. Réunissant au plus haut degré l'alliance fatale des souffrances physiques et de l'abjection morale, le paupérisme constitue une sorte de lèpre qui s'étend chaque jour et qui s'aggrave en s'étendant.
Né en Angleterre, où il se coipplique encore de l'idée d'un secours légal, certain, sur lequel compte le pauvre, et qui, par suite, ne peut pas le faire sortir de son état de misère, il a été défmi par un auteur anglais « Tétat dans lequel lin individu a la faculté de suppléer à ses besoins sur un fonds public légalement affecté à cette destination ^ » Mais il existe aussi en France, et les faubourgs de nos grandes villes manufacturières en présentent au moins clairvoyant le désolant et hideux spectacle.
« Partout, au surplus, le paupérisme des manufactures de l'Occident offre, à l'intensité près, les mêmes caractères. Il met, pour ainsi dire, les populations en dehors de la civilisation générale, en annulant pour elles
A . Docteur Cbalmerê^ The Christian and civil economy of large towns^ cité par M. de Gértndo, De la Bienfm<mce publique j tome I, Intr.^ p. 26.
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les bien&its de la religion, de là propriété et de la fa<» mille. L'affaiblissement des liens de parenté et la désoi^ ganisation du foyer domeitfique sont toijgonrs les syo^^ tomes les plus S4)parents da fléau. L'habitation, prise à loyer et dénuée des plus indispensables conditions de bien-être, montre tout d'abord que la famille a perdu le sentiment de la dignité humaine. Le père en est presque toujours éloigné par les obligations du travail ou par la recherche des plaisirs grossiers. Abaissée à la condition d'ouvrier, la mère déserte paiement le logis, soit qu'elle s'adonne au désordre, soit qu'elle supporte honnêtement le poids d'un rude travail. Les enfants, pervertis par ces mauvais exemples et privés de tout enseignement moral, prennent peu à peu les habitudes de l'imprévoyance et du vice. Affaiblis prématurément par les privations et l'intempérance, les vieux parents meurent dans le dénà* ment bien avant le terme fixé par le cours régulier de la vie. Enfin, tous ces maux sont aggravés par une iû^ stabilité qui, jusqu'à présent, ne s'était rencontrée que chez les peuples sauvages, tirant une subsistance précaire de la chassé ou de la récolte des productions spontanées. ^ »
L'individu et la société ont donc à lutter contre ces maux qui les menacent de plus en plus. Certes, c'est une folie de vouloir abolir le malheur et la pauvreté, triste mais éternel apanage de l'humanité soufirante; mais il n'en est pas ainsi du paupérisme et même de la misère. Ces deux plaies, qui minent le corps social, ne sont pas inguérissables, et nous avons l'espoir qu'avec l'effort de tous, l'avenir les verra peut-être disparaître.
4, M. Le Play, La ^fofine socia(e, ch. VI, { 49.
Puisse-t-on rendre un jour à une vie, sinon aisée, du moins supportable, ces classes entières de malheureux dont Fesprit et le cœur s'aigrissent et qui, pour se venger de la société qui les dédaigne ou les oublie, menacent de la renverser de fond en comble !
Avant d'exposer les remèdes que Ton a cru pouvoir apporter à Textension du paupérisme, nous devons rechercher brièvement les causes qui l'ont fait naître et ont aggravé dans nos temps la misère des classes laborieuses.
La première de toutes ces causes, celle qui a pour ainsi dire engendré toutes les autres, est la transformation radicale que l'industrie a subie depuis un demisiècle; c'est cette fièvre de production rapide et à bon marché que l'on a appelée Vinduslrialisme.
Dans l'ancienne industrie, on trouvait très-peu de fabriques ou de manufactures : le travail isolé était la règle. Des usines à moteur hydraulique réunirent d'abord un certain nombre d'ouvriers, puis la découverte des machines à filer la laine et le coton, et surtout l'invention de la machine à vapeur sont venues transformer totalement les conditions du travail et de la vie des ouvriers. Les manufactures ayant le plus souvent intérêt à s'établir dans les grands centres ou auprès des gisements de bouille, ont attiré autour d'elles des armées d'ouvriers qui ont tout d'un coup plus que doublé la population de certaines villes, ou transformé en cités de premier ordre des bourgs obscurs ou de simples vil-
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lages. Outre les dangers bien connus qu'elles présentenl par elles-mêmes, au moral comme au physique, ces grandes agglomérations *ont encore produit par voie indirecte, par contre-coup pour ainsi dire, un .mal considérable.
Ce mal qui tend à prendre les proportions d'un véritable fléau, et qui est depuis longtemps signalé à l'attention des économistes, c'est la dépopulation des cam' pagnes. En effet, la population des communes rurales, c'est-à-dire tputes celles contenant moins de 2,000 âmes, qui représentait, en 1846, 75,68 7o du nombre total des habitants de la France, ne formait plus, en 1872, que 68,94 7o* On a beaucoup parlé de V absentéisme des propriétaires; les ouvriers ruraux, à leur tour, désertent le travail des champs, attirés vers la ville par l'appât de forts salaires, par l'espoir d'être plus facilement secourus en cas de besoin, et aussi par suite de cette mobilité inquiète et toujours mécontente, de cette passion de plaisirs et de jouissances qui semblent être un des caractères de notre époque. Tous ceux qui ont habité la campagne le savent : c'est aujourd'hui l'une des grandes difficultés de l'exploitation agricole de trouver ce qu'on appelle des domestiques-laboureurs, malgré le taux fort augmenté de leurs gages ; ils se laissent entraîner par ce courant continu qui porte les travailleurs ruraux vers les villes et les ouvriers des villes vers les plus grands centres manufacturiers.
Et pourtant. Dieu sait s'ils y trouvent le bonheur, dans ces cités de la vapeur et de la houille! Là, plus de travail au grand air, plus d'exercices violents mais sains, avec le spectacle reposant Ae la nature sous les yeux ; il faut être enfermé pendant douze, treize, quatorze heures
486 DEUXliME PAKTIE.
devaot une machine doat on est l'eselave encore phts q^e le maître. Et cette tâche, accomplie avec une tenston perpétuelle d'esprit et de cd^^ pour n'être pa& trèsdure en elleHuéme, devient extrêmement pénible par la continuité de l'effort et Tattention qu'elle exige. Joignez à cela la réunion de centaines d'ouvriers, sans distinétion d'âge ni de sexe, dans un même atelier, souvent mal aéré ou à une température très-élevée, et vous comprendrez les fâcheuses ccmséquenees qu'entraîne la grande industrie pour la. santé et la moralité des travailleurs*
Leur intelligence même finit par être atteinte : la division du travail, poussée à ses dernières limites, réduit l'ouvrier au rôle de simple manœuvre ; toujours appliqué au même détail, il arrive à l'accomplir avec la parfec* tion, mais aussi avec l'ininteUigeace d'une machine. « Quand un artisan se livre sans cesse et uniquement à la fabrication d'un seul objet, il finit par s'acquitter de ce travail avec une dextà*ité singulière *, mais il perd en même temps la faculté générale d'appliquer son esprit à la direction du travail. Il devient chaque jour plus habile et moins industrieux, et l'on peut dire qu'en lui rhomme se dégrade à mesure que l'ouvrier se perfectionne A mesure que le principe de la division du
travail reçoit une application plus complète, l'ouvrier devient plus faible, plus borné, plus dépendant. L'art fait des pi'ogrès, l'artisan rétrograde *. »
A ces causes il fallait ajouter, il y a quelques années, la durée excessive de la journée du travail. En Angleterre surtout, où l'ardeur des cupidités, les besoins d'une
4. De Tocquevillei De ta Démocratie en Amérique, tome m, ii« partie, cb. 20,
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PHINGIPES. 487
concurrence effrénée avaient poussé à son paroxysme la fièvre de Tindustrialisme, on voyait des filateurs retenir leurs ouvriers quinze, seize et dix-sept heures par jour. Ces journées, qui devaient produire des salaires si con* sidérables, ne procuraient point Taisance aux ouvriers; nous le verrons plus tard : l'élévation des salaires n'est pas toujours ce qui mène les travailleurs à l'aisance. En effet, « il y a, dit un économiste, dans les agglomérations industrielles un caractère qui leur est propre^ je veux parler de cette alliance en quelque sorte contre nature entre la misère et le travail, entre les excès du vice et ceux de Tactivité. En général, les populations ne sont pauvres que lorsqu'elles manquent d'industrie, et la moralité des races est en raison de leur application. Les livres de morale sont pleins d'axiomes destinés à mettre cette vérité en lumière... Je sais que le travail est la loi même de l'existence; cependant il ne faut pas plus abuser du travail que du loisir. L'abus du travail chez les peuples du Nord mène droit à la dégradation de l'âme et du corps, tout aussi sûrement que le farnienle chez les peuples du Midi ^ . »
Cette production à outrance devait d'ailleurs amener et amena en effet des crises commerciales qui obligèrent les ouvriers au chômage; et cette oisiveté forcée, imposée* à des gens déjà misérables malgré leurs hauts salaires, •devait avoir, on le comprend, les conséquences les plus navrantes pour les ouvriers, et peut-être les effets les plus terribles pour la société tout entière.
Mais ce n'était pas assez pour l'industriaUsme d'avoir dévoré les hommes^ il lui Mait, comme le mcmstre an-
4. Léon Faucber, Éludes sur i'ÀnçUUrrf, tome Ij Manchester^ 4** partie.
488 DEUXIÈME PABTIE.
tique, attirer à lui les femmes et les enfants. C'est là le tort capital de Tindustrie moderne, et Tune des causes les plus actives, les plus profondes et les plus tristes du malaise des classes ouvrières.
La femme travaillant toute la journée dans un atelier, c'est la destruction de la famille, la désorganisation de cette union qui sert de base à la société, et le renversement des lois divines et humaines. « La femme, devenue ouvrière, n'est plus' une femme. Au lieu de cette vie cachée, abritée, pudique, entourée de chères affections, et qui est si nécessaire à son bonheur et au nôtre même, par une conséquence indirecte, mais inévitable, elle vit sous la domination d'un contre-mai tre, au milieu de compagnes d'une moralité douteuse, en contact perpétuel avec des hommes, séparée de son mari et de ses enfants. Dans un ménage d'ouvriers, le père, la mère sont absents, chacun de leur côté, quatorze heures par jour. Donc il n'y a plus de famille. La mère, qui ne peut plus allaiter son enfant, l'abandonne à une nourrice mal payée, souvent même à une gardeuse qui le nourrit de quelques soupes. De là une mortalité effrayante, des habitudes morbides parmi les enfants qui survivent, une dégénérescence croissante de la race, l'absence complète ^'éducation morale. Les enfants de trois ou quatre ans errent au hasard dans des ruelles fétides, poursuivis par la faim et le froid. Quand, à sept heures du soir, le père, la mère et les enfants se retrouvent dans Tunique chambre qui leur sert d'asile, le père et la mère fatigués par le travail et les enfants par le vagabondage, qu'y a-t-il de prêt pour les recevoir? La chambre a été vide toute la journée^ personne n'a vaqué aux soins les plus élémentaires de la propreté 5 le foyer est mort; la mère
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épuisée n'a pas la force de préparer des aKments ; tous les vêtements tombent en lambeaux : voilà la famille telle que les manufactures nous l'ont faite. Il ne faut pas trop s'étonner si le père, au sortir de Tatelier, où sa fatigue est quelquefois extrême, rentre avec dégoût dans cette chambre* étroite, malpropre, privée d'air, où l'attendent un repas mal préparé, des enfants à demi sauvages, une femme qui lui est devenue presque étrangère, puisqu'elle n'habite plus la maison, et n'y rentre que pour prendre à la hâte un peu de repos entre deux journées de travail. S'il cède aux séductions du cabaret, ses profits s'y engouffrent, sa santé s'y détruit^ et le résultat produit est celui-ci, qu'on croirait à peine possible : le paupérisme, au milieu d'une industrie qui prospère ^ »
Mais, dira-t-on, qu'on envoie les enfants à l'école! D'abord, les tout jeunes enfants ne peuvent y aller; et souvent les gardeuses à qui on les confie ne se font pas scrupule de leur donner des potions mélangées d'opium ou de thériaque, qui sont destinées à les empêcher de crier, mais qui fréquemment amènent leur mort.
Puis, pour l'école, c'est une autre difficulté. « Il faut être riche pour aller à l'école gratuite. Un enfant de six ans peut bobiner ; à huit ans il peut entrer dans une fabrique. Supposez deux, trois, quatre enfants entre six et douze ans : comment les nourrir avec le salaire d'un seul homme? Il faut qu'ils rapportent, qu'ils aient leur semaine comme le père et la mère 2. »
Ainsi, la famille n'existe plus^ le père, la mère, les enfants se dispersent chaque matin et se connaissent à
'l. Jules Simon, VOuvrière, Préface, p. 5 et 6. 2. Jules Simon, V Ouvrière, II© partie, cb, 4.
peine ; s'ils se retrouvent le soir, c'est pour se jeter à la hâte dans un lit commun, où dort souvent toute la famille, dans un état de promiscuité innommée. ' Les enfants, qui ont à grand'peine appris à lire et à écrire dans les deux heures d'école réglementaires de la fa-^ ' brique, n'ont reçu aucune éducation morale ^
On comprend quels désordres doit entraîner un tel état de choses. Aussi les grands centrés manufacturiers sont devenus des foyers de tous les vices : l'ivrognerie
et le libertinage y sont poussés à leur dernière limite. Nous ne voulons citer ici aucun des faits rapportés par tous les publicistes qui ont étudié ces questions, mais ils attestent une démoralisation effrayante et presque générale. Qu'il nous suffise de dire que la corruption a atteint jusqu'aux enfants; les jeunes garçons et les jeunes filles même, dans certains pays, ont perdu les notions du sens moral et jusqu'aux premiers sentiments de la pudeur 2. «
Ces vices sont certainement, parmi toutes les causes de la misère, les plus actives et les plus communes; mais, il faut le dire, même dans les familles d'ouvriers qui ont su s'en préserver, on trouve aujourd'hui un amour excessif du luxe, du brillant, de la toilette, du
4. La loi du 22 mars 4844, complétée par celle du 22 février 4854 (art. 40), sur l'apprentissage, et celle du 49 mai 4874 défendent, en principe^ d'employer les enfants dans les usines et manufactures ayant douze ans, et prescrivent, pour les cas «ù le travail est permis avant cet âge, de les envoyer à l'école au moins pendant deui heures chaque jour, s'il y en a une attachée à l'atelier.
2. M. J. Simon (L'Oumèref H« partie, ch. 5 et 4) et M. Disraeli (Sybilj liv. II, ch. 45; liv. III, ch. 4) ont tracé des tableaux émouvants et trop réels de ces abîmes de misère et de déhanche.
PRINCIPES. 4ÔI
bien-être, et une imprévoyance coupable qui en est la suite.
Tels sont les faits généraux qui ont, à notre époque, accru le nombre des indigents, aggravé l'état des classes laborieuses et rendu plus difficile encore la solution déjà si délicate du problème de la misère. Ils ont creusé et envenimé les divisions entre les riches et les pauvres, et en ont fait, pour ainsi dire, deux nations « entre lesquelles il n'existe ni relations, ni sympathies, qui ignorent aussi complètement leurs habitudes, leurs pensées et leurs seatiments respectifs, que si elles vivaient sous des zones différentes ^ »
i . Sybil ou les Deux ^ationSj par M. Disraeli, liv. Il, cb. 5.