‹ Essai sur l'assitance publique, sun histoireChapitre 65 sur 89 · Goldsmitii · texte numérisé non relu

Goldsmitii

Vâ-t-OD traîner devant les tribunaux des malheureux coupables d'avoir eu faim, jeter en prison un homme ^ qui tend la main à son frère plus heureux, pour procurer du pain à ses enfants? Gela n'est pas possible. Et, comme Ta dit un éminent homme d'État, « de quoi voulez- vous donc le punir avec vos lois et vos arrêts? De n'être pas riche ou d'être homme? Youlez-vous , lui enseigner à vivre sans manger ou à se trouver dans l'ai* sance sans argent? Supposez/ je l'accorde pour un moment, que tous les mendiants soient capables de travail et puissent trouver de l'emploi. Depuis quand les lois punissent-elles la paresse? La loi doit être la même pour tous : si elle châtie l'oisiveté, il faut qu'elle la poursuive de ses peines chez ceux qui possèdent quelque chose comme chez ceux qui ne possèdent rien... Et le mensonge, l'imposture, voulons-nous donc les tolérer? Mais le mensonge du mendiant, quand il ne va pas à l'escroquerie, est-il du ressort de la loi*?.» Toute la question, en somme, est de savoir si le mendiant peut ou ne peut pas travailler; da^s ce dernier cas, s'il est réellement dans le besoin, l'acte de demander l'aumône n'est pas en lui - même répréhensible , et les lois qui l'interdisent violent les principes du droit naturel.

Yoilà donc les trois grands résultats de la charité légale! Et l'Angleterre, qui a dépensé, en 1872, 200 millions, et, en 1875, 191,625,000 fr. pour secourir 800,914 indigents, ne voit point le paupérisme diminuer chez elle; au contraire, cette plaie, comme un cancer dévorant, s'aggrave et s'agrandit chaque jour, et lAenace

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