II. Des secours à domicile donnés par les hôpitaux
m. Des Bureaux de bienfaisance. — r Leur création ^n Tan Y. — Leur nombre. — Leur établissement. — Leur organisation. — Leur fonctionnement.
IV. Leurs ressources. — Droit des pauvres sur les théâtres. — Dons et legs.
V. Du maire représentant des pauvres^ — Il l'est seul. — Jurispru-*
dence du Conseil d'État. YI. Dotation des Bureaux de bienfaisance.
Si l'assistance des malades dans les hospices et hôpitaux est la plus importante, elle n'est pas la seule; elle n'est même peut-être pas la meilleure. L'assistance à domicile tient, en effet, une place importante dans l'or-
ganisation des secours publics , et c'est une question délicate et souvent discutée que celle de savoir laquelle présente le plus d'avantages et le moins d'inconvénients.
On le comprend en effet : chacun de ces systèmes a ses mérites et ses défauts, et ce serait s'exposer à une discussion sans *fin comme sans utilité que de vouloir, d'une façon absolue, mettre l'un au-dessus de l'autre et les substituer complètement l'un à l'autre dans notre organisation actuelle de secours. Dans cette question, comme dans beaucoup d'autres, la sagesse consiste à reconnaître qu'aucun de ces systèmes n'est parfait, mais que tous deux ont du bon ; et la véritable solution se trouve dans une alliance éclairée qui prend à chacun ce qu'il a de meilleur en laissant ce qu'il a de défectueux.
L'assistance à domicile présente des avantages qu'il est impossible de méconnaître.
Le plus important de tous et le moins contestable est qu'il laisse le malade à sa famille. Rien ne remplace la famille : qui ne l'a dit cent fois? Et si les soins et les attentions d'une épouse et d'une mère sont si nécessaires à l'homme en santé, combien ne le sont-ils pas davantage à l'homme que la maladie a couché sur un lit de douleur?
Il est incontestable que notre époque a introduit dans l'hôpital un bien-être que l'homme aisé ne peut pas toujours se procurer chez lui ; et pourtant comment se faitil que l'ouvrier, que l'indigent même éprouvent une si grande répugnance à profiter de ces avantages? C'est que le bien-être physique, si précieux pour le malade, n'est pas le seul dont il éprouve le besoin. C'est que, dans sa fsûblesse et sa souffrance, l'ouvrier tout-à-l'heure ro-
buste, et qui en pleine santé paraissait insouciant de sa famille, retrouve à Theure de l'épreuve les sentiments naturels qui se cachaient sous une écorce souvent gros* sière. C'est qu'en ce moment il lui faut quitter sa femme, ses enfants, pour aller deuiander à des étrangers des soins qu'il avait le droit d'idtendre de ceux que Dieu avait associés à son sort^
Soyons-en persuadés : il est vrai pour toutes les classes de la société ce mot délicat et profond de Taimable Joubert : « Les enfants ne sont bien soignés que par leurs mères et les hommes que par leurs femmes ^. »
Âhl ne séparons pas ce que Dieu a uni, ne désorga^^ nisons pas La famille. Cette unité sainte, fondement de la société, est en butte à mille attaques ; dans les grands centres ouvriers, elle n'est plus qu'une association passagère entre gens qui se connaissent à peine, ou, pour mieuK dire, elle n'existe pas; n'aidons pas, dans un but ' de compassion et de soulagement, à cette désorganisation qu'amènent les vices des hommes et les mauvaises conditions du travail. Et quoi donc! la crèche pour l'enfant, l'atelier pour l'âge mur, l'hôpital pour le malade, l'hospice pour le vieillard, est-ce là tout ce que notre société a trouvé de mieux pour secourir ses membres souffrants; ouUie-t^elle donc que les malheureux ont aussi une âme pour sentir et un cœur pour aimer?
Tâchons de procurer au malade tous les soins qu^il trouverait dans ces asiles du malheur, sans le forcer à quitter son foyar, cette mansarde ou cette cave qui est sombre, humide, malsaine, mais enfin qui est à lui.
A, Rapport de M. de Mclun, 4853, p. 7.