‹ Essai sur l'assitance publique, sun histoireChapitre 8 sur 89 · Montesquieu, Grandeur et décadence des Romam, cli. A · texte numérisé non relu

Montesquieu, Grandeur et décadence des Romam, cli. A

Tait point de simples particuliers ayant les richesses des rois, et par contre on en voyait peu manquant du nécessaire. On savait se contenter de cette aurea mediocritas^ que chantèrent plus tard des poètes qui ne la connurent pas^*, et il est vrai de dire qu'il y eut un temps où, dans la classe plébéienne, tout le monde était pauvre, sans que personne fût indigent.

Certes, ce n'est pas qu'il n'y eût pas dès lors de malheureux. Tant que la faiblesse et le vice existeront sur la terre, il y aura des déshérités et des pauvres. Déjà ces malheureux affluaient dans la Ville (Urbs)^ et les retraites du peuple sur le mont Sacré et le mont Aventin, à l'occasion des dettes^ ne sont peut-être que l'insurrection de l'indigence et de la misère.

Cependantsle malheur n'attirait encore l'attention du législateur que dans des cas exceptionnels. Une loi rapportée par Denis d'Halycarnasse 2, et il est vrai par lui seul, parle d'un secours accordé aux pères de trois enfants. Mais les campagnes fertiles étaient pleines de laboureurs jouissant de cette aisance modeste et sûre que donne le travail des champs. L'agriculture était encore la base principale de l'ordre de choses social et politique. « Les laboureurs romains constituaient le fonds de l'armée et de l'assemblée du peuple ; ce qu'ils avaient conquis, soldats, à la pointe de l'épée, colons, ils le gardaient et l'utilisaient par la charrue^. »

f- Auream quisquls mediocritatem

Diligit, tutus caret obsoleti Sordidus tecti, caret invidendà

Sobrius aulà. HORACRj OdeSj II, ^0.

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