‹ Essai sur L'É Evolution Démographique et Rurale dans la Vallée de la CézeChapitre 27 sur 47 · RES AS · texte numérisé non relu

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. En 1906 on en dénombre 23, quatre espagnols, dix-neufs italiens. C’est beaucoup pour l’époque. Dans les autres communes, Bagnols excepté, ils sont moins nombreux.

Ainsi, en résumé, à une période d’intense émigration succède une autre période d'immigration non moins intense due à la replantation viticole ; celle-là suivie bientôt d’une nouvelle émigration due à la crise.

Il nous reste à voir maintenant le mouvement propre de la population autochtone et l'influence que les migrations ont eu sur elle.

à En effet, à des périodes d'immigration comme d’émigration intense, la population est restée stationnaire, il faut donc noter les variations propres qu’elle a subies.

Les pyramides des âges vont d’abord nous renseigner sur les éléments dont se compose la population. Nous en avons établi deux, la première en 1876, la deuxième en 1906.

En 1876, la population à St-Gervais est de 634 habitants. Dans la précédente pyramide nous en avions dénombré 711, soit 17 de plus. Quelles sont les catégories d'âge qui ont le plus varié ?

En 1836, de 0 à 20 ans, on comptait 324 jeunes gens, il n’y en a plus que 199 en 1876, soit 125 de moins. C’est là que réside la principale différence entre les deux pyramides. Celle de 1836 est largement étalée à sa base, près de la moitié de la population a moins de 20 ans. En 1876, la pyramide tout en gardant encore une base assez large, tend à prendre une forme cylindrique. Les différences entre le haut et le bas se réduisent.

Fait curieux, que nous avons déjà noté, Ja partie active de la population s’est maintenue identique à elle-même. De 20 à 60 ans 11 y a 342 hommes en 1836, et 354 en 1876. Là toutefois, si le nombre des hommes s’est accru, celui des femmes a baissé nettement : cela peut être une explication de la faiblesse à la base de la pyramide. Le dernier trait frappant est la considérable augmentation des parties âgées de la population. En 1836 nous trouvons 45 vieillards (plus de 60 ans) soit le cinquième des habitants, en 1876, nous en trouvons 81, soit le septième.

La pyramide de 1876 a perdu la belle allure régulière de celle de-1836. L’appauvrissement de la base, l’affaiblissement du côté des femmes et l’accroissement du nombre des vieillards commencent à faire apparaître les premiers signes d’une crise démographique qui se développera cinquante ans plus tard. L’émigration a saigné les parties jeunes et actives. Il manque en 1876 une centaine de jeunes ménages. En 1906, les changements sont peu importants, les phénomènes précédents se sont seulement accentués.

La partie âgée de la population s’accroît constamment. Elle est de 113 unités, soit le sixième des habitants. La partie active se maintient toujours à 350 unités, mais l’équilibre entre hommes et femmes s’est à peu près rétabli (181 contre 169). L’allure de cette portion est irnégulière. De 51 à 60 ans nous trouvons 56 hommes ; il n’y en a plus que 37 de 21 à 30 ans. La population est mal équilibrée : les immigrations et les émigrations l’ont désaxée.

Le chiffre des enfants a légèrement baissé. Il est de 205, mais il faut ‘enlever à ce nombre 19 étrangers ou jeunes domestiques. Cela ramène les moins de 20 ans au chiffre de 185. Avec la prospérité, le jaillissement d'enfants du début du siècle précédent, n’est pas revenu. |

C’est ce que va nous montrer l’étude des courbes de natalité et de mortalité.

La courbe de natalité avait été caractérisée à l’époque précédente par le jaillissement continu des naissances. Cela ne dura pas. Dès 1840, un fléchissement se constate, mais il ne devient vraiment marqué qu’à partir de 1860.

A cette date, les moyennes annuelles de naissances se stabilisent à peu près, avec des hauts et des bas, aux environs de 21 à 22 naissances par an pour 1.000 habitants.

Une légère reprise marque la fin de la guerre de 1870, puis la chute reprend. À l’époque de la replantation de la vigne le nombre des naissances s’élève. Faut-il y voir une des variations qui affectent un nombre limité d’individus ou une reprise due à la vigne ? En effet, par Ila suite, le nombre des naissances ne cesse de diminuer. À la veille de la guerre de 1914, on peut pressentir la crise contemporaine : il n’y a que 19,3 naissances pour 1.000 habitants.

Il est intéressant de compléter l’étude des taux de natalité par ceux de fécondité. Alors qu’en 1836 ce dernier atteignait 119,4 c’est-à-dire un véritable chiffre record, en 1876, il n’est plus que de 94,6 et en 1906 de 82,7. (1) |

Il apparait que la chute des naissances n’est pas due seulement à l’émigration, mais aussi à une diminution de fécondité.

Un regard sur les ménages de 1876 et de 1906 nous édifie à ce sujet. Lo AOL

En 1876, sur 121 ménages de parents entre 20 et 60 ans, (105 de St-Gervais, 16 nés ailleurs), nous avons les résultats suivants :

Parmi les ménages de parents (père ou mère) nés à St-Gervais, 41 n’ont qu’un enfant, 32 en ont 2, 14 en ont 3, 6 en ont 4, et un seul 5 enfants. 10 ménages sont sans enfants (9 en 1836).

Les familles nombreuses se raréfient, les ménages d’un et deux enfants sont la grosse majorité.

Sur les 16 ménages de parents nés hors de St-Gervais 3 ont un enfant, 6 en ont 2, 1 en a 3, 2 en ont 4 et 3 ont 5 enfants. Un ménage est sans enfant.

En 1906 on voit la situation s’aggraver. |

Sur 131 ménages, 103 ont 1 ou 2 enfants, 14 en ont 3, 1 en a 4, et 3 en ont 5. Dix ménages sont sans enfant.

Cela marque nettement la baisse de fécondité chez les habitants du pays. Comme celte baisse a été consécutive à une émigra- :

(1) Taux de fécondité — (moyenne des naissances annuelles calculées sur 5 ans) X 1.000

nombre de femmes entre 15 et 50 ans

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