‹ Essai sur L'É Evolution Démographique et Rurale dans la Vallée de la CézeChapitre 40 sur 47 · VIE POLITIQUE · texte numérisé non relu

VIE POLITIQUE

Sources :

Archives du Gard. Série M. 2.

Le virus politique n’est pas intense dans la région. La communauté de vie, de ressources, de religion n’est pas faite pour amener de vifs dissentiments qui se seraient reportés sur le terrain politique. Nous l’avons bien vu en 1944, alors que beaucoup de communes du Gard étaient en proie à la violence, la valh*e de la Cèze est restée aussi paisible que si rien ne s'était passé. Le souci majeur de cette période fut encore de trouver la main-d'œuvre pour les vendanges.

Les différences dans les opinions sont dues souvent à des questions de personnes. On était royaliste parce qu’on avait été au service ou qu’on était l’ami du seigneur du village. Les principes n’apparaissent guère.

C’est ce qui explique les élections des maires. Certes de nos jours il n’y a guère de notables (au sens de grands propriétaires) dans les mairies, mais cela n’est pas dû à une exclusive absolue. Jusqu'à nos jours M. de P. est resté maire de St-Michel, et M. D.

ros distillateur, de Goudargues. S’il n’y a que peu de maires parmi es notables, c’est bien souvent que ceux-ci sont éloignés du pays et ne veulent pas être maires.

Sinon leur influence et leur fortune sont trop grandes pour qu’ils puissent être écartés.

A St-Gervais, nous voyons un règne de 30 ans, de 1870 à 1900, du plus gros propriétaire du pays. Seuls des désaccords, avec d’autres gros propriftaires, désaccords qui n'avaient rien de politique, l'écarteront de la Mairie. Il en est de même à Sabran jusqu’en

Examinons maintenant dans le détail la vie politique à Saint- Gervais. Cela nous révèlera quelques aspects vivants de Pactivité

politique.

Jusque vers 1850, la mairie fut aux maüns de petits propriétaires ; les plus influents d’entre eux, par leur fortune ou plutôt par leur instruction, s’y succédèrent. Ce devait être sans peine, car rares étaient ceux qui savaient écrire ou lire.

En 1855 nous voyons apparaître à la mairie un gros propriétaire M. Bruneau de Saint-Auban, nommé par le régime impérial. Il est rapidement remplacé par un propriétaire moyen. La mort de

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