‹ Essai sur L'É Evolution Démographique et Rurale dans la Vallée de la CézeChapitre 5 sur 47 · LU PU · texte numérisé non relu

LU PU

à-dire très souvent, le paiement d’un droit par bête, et un nombre de bêtes proportionné aux terres possédées. Nous retrouvons ce système jusque vers 1830, à l’époque d’une enquête faite par la préfecture.

En résumé, le premier aspect que nous ayons de l’activité agricole de la région de la Cèze est celui d’une économie non dégagée des servitudes imposées par la nécessité et s’attachant avant tout à des cultures qui assurent la subsistance de la population.

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Ce n’est que vers le milieu du xvuI‘ siècle que sont apparus les müûriers. Une gratification de 25 livres par cent müûriers plantés ayant été assurée par l'ordonnance du 6 octobre 1752, une fièvre de plantation s’est emparée du Midi. Notre région en fut moins atteinte : alors que la région d’Uzès plantait en quantités stupéfantes, il paraît bien que cette mode fut réservée dans la vallée de la Cèze, aux gros propriétaires, soit nobles, soit bourgeois riches de Bagnols.

Les listes nominatives nous montrent que les gros propriétaires furent favorables aux müûriers et effectuèrent des plantations massives. Ce ne fut pas le fait des petits paysans, qui semblent être restés méfiants devant cette nouvelle culture. Nous retrouverons ce fait plusieurs fois au cours de notre exposé : la méfiance des petits paysans envers toute innovation en fait de culture est digne de remarque.

Voici pour appuyer cette remarque les noms des planteurs et les quantités de mûriers plantés à St-Gervais :

En 1754 ont planté : Sr de St-Auban (126) ; Devolle (200) ; de Montanier (200). |

En 1755 Devolle Joseph (450).

En 1756 M. de Saint-Gervais (1.200) ; M. Julien de Saint-Laurent (510).

En 1759 Devolle (232) ; Sr de St-Auban (300) : M. Julien de Saint-Laurent (150).

De 1759 à 1763 Henry Soulier (100) ; de Montanier (400).

. En 10 ans, il ne s’est trouvé, sur plus de cent propriétaires, que sept personnes pour planter 3.868 mûriers à St-Gervais, soit près de 500 müûriers par personne. Ce sont toutes, des plantations de gros propriétaires : nobles du lieu ou des environs, nobles ou bourgeois bagnolais.

I1 en fut de même partout dans la vallée de la Cèze. À Cor nilhon, M. le baron de Cornilhon plante 400 müûriers ; à Sabran, Mile Catherine de Vaulx : 1.200, M. Julien de St-Laurent : 1.100 ; à La Roque M. de Saint-Roman : 400 ; à St-Laurent, Les Chartreux : 543 ; à Bagnols, des bourgeois comme Devolle . 1.000. Ïl n’y eut pas de petites plantations, de 10 à 20 mûriers, Le mürier ne se démocratisa que par la suite, sans jamais prendre, semble-t-il, une place capitale comme dans certaines régions voisines.

Ce fut d’ailleurs la seule innovation importante en matière de plantes cultivées qui eut lieu à cette période, si l’on excepte la pomme de terre. Et encore cette dernière resta toujours d’un usage assez limité. Un rapport fait sous le ler Empire (1) sur l’état de cette culture, nous montre qu’elle s’était assez peu développée. Voici quelques chiffres pour la région (en Uctouteo

BaABNOIS EE FETE RON 2:06 0" COTON EIRE 295 St-André de Roquepertuis. 80 St-Michel d'Euzet : ..... 300 St-Laurent de Carnols : .. 360 Chusclan : ............. 27 SADrAN 2 dede bee Re Ne 1.400 Goudargues : ........... 320 SEGervaisi: si A0 are L'AO7 LA ROUES ET RS NAN 200

La récolte devait suffire à peine aux besoins locaux. La vie n’était pas facile à cette époque dans la région. Tous les rapports fournis sous le ler Empire nous montrent la difficulté qu’a le pays pour arriver à subvenir à ses besoins par lui-même et à se ravitailler en grains. Bagnols, par exemple, n’a que le tiers de ce qu’il lui faut en grains pour nourrir sa population et sa subsistance n’est assurée que par les revenus que lui procure l'élevage du ver à soie et surtout la filature de la soie, malgré quelques jardins qui sont d’un bon rapport. Chusclan n’a que ses vins comme ressource. Et si quelques pays comme St-Gervais, St-Michel d’Euzet, Sabran, ou Goudargues ont assez de grains pour leur ravitaillement propre, d’autres ont beaucoup de peine à vivre avec ce que leur fournissent leurs terres ; c’est le cas pour Cornillon, St-André de Roquepertuis. St-Laurent de Carnols..

Partout où les terres cultivables de la vallée ne sont pas assez riches pour compenser les bois et les garrigues, la vie est dure et les paysans vivent difficilement. (2)

Un état des récoltes de 1806 (3) nous donne les récoltes en grains du canton de Bagnols :

Froment :… .......1 14.100 h1 BETETE SRE 3.325 h1 SATTAZIH A. 00: 44 hl SOIR RENE ta. 18.500 h1 MAS RUE RL CRC ENS 486 h1 Chataïgnes ....... 15 h] En 1808, les récoltes étaient les suivantes :

PrOMONC ETAIENT 12.500 h1 ONE MN NANTES 2.200 h1 DAÉTAZITÉ > NET 25 h] Selle ne... ER 13.106 hl MAIS US. RE tn 350 h1 Chataignes. ......... 25 h]

(1) Archives du Gard. 12 M. 30.

(2) Archives du Gard. 12 M. 63.

{3) Archives du Gard. 12 M. 30.

(4) Ce sont des moyennes nettement inférieures à 10 quintaux à l'hectare. Au XX:* 5. les taux se relèveront (jusqu’à 14 qx), mais la superficie se restreint. A ce moment-là d’ailleurs aucune comparaison n’est possible sur ce point, car le blé a perdu sa place capitale dans l’économie.

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