‹ Essai sur L'É Evolution Démographique et Rurale dans la Vallée de la CézeChapitre 8 sur 47 · ÉTAT DES CULTURES EN · texte numérisé non relu

ÉTAT DES CULTURES EN

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Baghols ren SmIST 1.541 51 639 385 380 Chusclan ......... lol 290 2 323 582 35 La Roque ........ 837 290 2 89 253 168 Sabran Sn 3.556 1555 17 394 651 845 Saint-Gervais ..... 1.206 489 5 119 272 149 147 | £ ; fo:êt royale Saint-Michel LATE 1.036 447 8 117 284 150 Cornillon......... 1.546 628 14 184 393 210 Goudargues .,.... 3.031 557 22 235 1.822 314 | Saint-André ire Ce 1.198 152 3 359 474 151 | Saint-Laurent .... 1.015 326 7 67 520 67

PO à ler,

Le tableau I, extrait d’un livre terrier des contributions indirectes (1) rédigé en 1827 d’après les feuilles de tête des matrices cadastrales, nous renseigne rapidement sur l’état des cultures dans la vallée de la Cèze.

Fa Un fait frappe dès l’abord à l'examen de ce tableau : c’est l'étendue considérable des bois et dés landes. Dans presque toutes les communes ceux-ci couvrent du tiers à la moitié du territoire ; une grande partie du sol était d’un rapport très faible, c’est l’explication de la pauvreté de cette région à cette époque.

. L'autre trait frappant est l'étendue des terres labourables. Là où le sol est cultivable, celles-ci s’étendent sur la moitié de Ja re des communes : c’est le cas à Bagnols, à Sabran, à Saint-

ichel.

Les progrès considérables de la vigne sont à noter. Certaines communes ont même commencé à se spécialiser : Chusclan possède 323 ha de vignes contre 290 de labours. A Bagnols 579 ha de terres sont uniquement plantés en vignes. A St Gervais nous pouvons observer les progrès : le compoix de 1694 nous donnait une superficie de vignes d'environ 80 eyminées, soit une cinquantaine d’hectares ; sur le cadastre de 1825, il est dénombré un vignoble de 117 ha, la surface des vignes a plus que doublé. C’est un exemple frappant du succès que rencontre la vigne sur la rive gauche de la Cèze, particulièrement abritée du vent du nord et bien exposée aux rayons du soleil. Le fait est d'autant plus remarquable que la superficie des terres labourables ne s’est pas diminuée, bien au contraire même. Il semble que la vigne a peu gagné en plaine et s’est surtout installée en coteaux et sur des terres de côtes gagnées sur les garrigues.

M. Smotkine, dans son étude sur Bagnols-sur-Cèze, affirme que les vignes occupent à cette époque les terres de toutes catégories. Cela relève d’un examen superficiel des faits. La vigne du début du xix° siècle malgré sa récente extension, n’est pas une vigne de plaine à de rares exceptions près.

A St-Gervais, un examen détaillé du cadastre de 1825 ne nous permet pas de distinguer dans la basse plaine l’existence de terres plantées en vigne de quelque importance. Il n’y en a pour ainsi dire pas. Et les enquêtes faites au moment du phylloxéra nous montrent encore que les vignes de plaine étaient très rares.

+ Vient ensuite la première terrasse alluviale de dix mètres (celle que les experts ont reconnue propre à l’appellation de « Côtes du Rhône »). Nous ne pouvons plus parler là de vignes de plaine. Un examen des états de section nous montre à cet étage une vingtaine d'hectares de vignes. Mais presque tout le vignoble se trouvait sur les terrasses supérieures : 20 ha de vignes au Peyron, juste au pied de la muraille des montagnes, 42 ha dans la section de Rocauquier, dont le nom seul dit bien que nous ne sommes plus en plaine alluviale, et enfin 34 ha dans Maruel, qui est la partie des terrasses de 15 et de 25 mètres.

(1) Archives du Gard, Série T.

DCDO NE

Les vignes sont nettement localisées sur les coteaux, sur les terres sèches et rocailleuses. On ne saurait consacrer à la vigne les terres de plaine limoneuses et plus fraîches dans une période

où le ravitaillement en grains était à peine assuré. Expliquer, com-

me l’a fait M. Smotkine, la répartition de la vigne par le morcellement parcellaire ne se justifie en aucune façon.

La vigne ne pouvait se planter en plaine. Seule la qualité du vin justifiait son transport pour la vente. Un vignoble s'étendant dans la plaine aurait amené, faute de transports pour écouler les produits, une surproduction immédiate. L'exemple de Chusclan est frappant. Là où le milieu est particulièrement favorable, la vigne s’est étendue, au détriment même des labours. Chusclan, grâce à l'étendue de ses coteaux, susceptibles de produire un vin de bonne qualité et recherché, a connu de bonne heure la spécialisation. Pour Chusclan, il faut vendre le vin, à un bon prix, afin d'assurer la subsistance.

Il est à remarquer, qu’après la période d’extension de la fin du xvin° siècle, la vigne ne s’est, pour ainsi dire, pas étendue. Dans le canton de Bagnols, il y avait à l’époque du cadastre en 1825 : 2.788 ha de vignes - une enquête très poussée de 1886 en dénombre 2.892, soit un gain insignifiant de 100 ha. Les enquêtes faites au moment du phylloxéra nous montrent que le vignoble n’avait pas progressé dans chaque commune depuis l’époque de la confection du cadastre.

M. Smotkine y voit un effet de la substitution du fermage à prix d'argent au métayage, et pense que les capitaux bagnolais étaient plus attirés par des placements dans l’industrie et le commerce.

Le fait, pour la première supposition, est possible, quoique la faiblesse relative des terres en fermage ne puisse limiter de cette facon l’extension du vignoble. En ce qui concerne le placement des capitaux, l’argument semble beaucoup plus problématique. De 1880 à 1890, après une période de crise agricole, les capitaux auraient pu être bien davantage attirés par des placements en valeurs mobilières. Un vignoble étendu sera créé toutefois.

A notre sens, le principal obstacle à l’extension du vignoble est l’impossibilité d’écouler le vin. Il n’y a guère de movens de transport : les routes sont mauvaises et le vin, à l’exception de celui de Chusclan, ne faït l’objet d’un commerce qu'entre pays limitrophes. Les marchands du Rhône se montrent difficiles sur la qualité, la demande est faible.

La production de ce fait en est limitée : le revenu de la vigne reste des plus médiocres. C’est la principale raison qui, à notre sens, limite les progrès de la vigne. Toute extension nouvelle aménerait une surproduction locale.

à Une autre ressource importante, destinée à apporter de l'argent liquide, était l'élevage du ver à soie.

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