‹ Essai sur l'éloquence de la chaire (volume 2)Chapitre 13 sur 73 · A L'ACADÉMIE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

A L'ACADÉMIE FRANÇAISE

umble avoir cherché ; dans la retraite de la campagne, des consolations ijue la capitale ne pouToit plus promettre ^son ame agite'e. C'étoit Ik «qu'entoure' d une bibliothèque savante dans laquelle il avoil recueilli le précieux dépôt des livres de Racine , il trouvoit au milieu de sa solitude la société de l'espiit humain, concCDiroit son talent dans les paisibles iouissancei de t'érudilion , et se déruboit , par des études profondes, au sentiment de ses regrets et de ses douleurs. C'étoii là que , partagé entre les travaui littéraires et les plaisirs de la bienfaisance , il vivifioit la contrée qu il habitoit , assisloît tes malheureui , de sa fortune , de ses conseils, de ses lumières ; qu'il envirannoit sa vieillesse de bonnes œuvres , et qu'il se hâtoit d'en remplir les restes d'une vie qui devoit bientôt lui échapper. C'étoit là que sa conduite honoroil ses principes , qu'il monlroit la piété chrétienne en action , qu'il fondoit un hospice pour fixer dans sa terre les hei-oïnes de la chanté, les dignes filles de saint Vincent de Faule ; et que , d'un seul don et en un seul jour , il sacrifioit une somme de quarante mille livres à l'éducation des enfans et au soulagement des malades : nouveau genre de gloire ^u'il est si dou* de pouvoir ajouter aux succès littéraires , parce que le génie et la vertu ne brillent de tout leur éclat , que lorsqu'on parvient ainsi à les réunir ! Enfin , c'est lî qu'après avoir déployé , dans ses longues souffrances , le courage de la résignation , il vient de terminer ia carrière au milieu des larmes de sa taille et des bénédictions de ses vassaux ; hommage plus touchant et plus glorieux k sa mémoire , que tous lès applaudiîsemens des théâtres ou des académies , et le vain bruit de la célébrité!

Avant sa mort , M. de Pompignan a rendu grâce k la solitude, du calme qu'eUe avoil répandu sur sa vieillesse ; et son talent a été consacré enfin une fois k célébrer son bonheur. l'un de ses écrits les plus lécens a été une Èptire sur la retraite , dans laquelle , k la vue de l'astre bienfaisaut qui se levoit mrla France, il formait , en po«te citoyen , les

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Tffiui les pliu ardens pour la prospérité d'an rigoe doat l'aurore semble s'annoncer k la nation sous d'beureui présages ; oljct bien di;;nc eu ctfct des derniers cnants d'une muse qui n'a jamais rendu . bonimage qu'à la Tertu. £h \ celles , Messieurs, quel Français , s'il n'est pas insensible à la gloire de soa pays , a pu voir , sans une soile d'eulhousbsme, ua pnnce qui ; dès sa plus tendre jeunesse , ne s'est montra passionné que pour la justice et pour la vitité, la mariae créée , la seiTÎtude abolie , les lois plus humaines , une politique morale , le crédit fonde sur l'e'conomie du gouveruement , une guerre sollicitée bautemeut par je rœu public et coutoriue'e par une |iaii glorieuse , enfin l'indépendance de l'Amérique assurée à l'histoire par un monarque de viugt-^ept ans 7 L4a gloire des lettres n'a pas éie' oiibliée , Mes- (leurs, dans celle grande révolu tiou qui doit tant Influer sur le sort des deux mondes. Le roi vient de cimenter une nouvelle alliance littéraire enlje les États-Unis et la France , en dotant d'une riche collection de livres les unirersiiés de Virginie el de Fensylvanie, Vous voyez assis parmi vous un 'guerrier (i) qui, après avoir combattu pour celle république naissante , vient de lui obtenir ce nouveau, bienfait de notre jeune monarque , et qui a le double mérite d'avoir contribué à procurer aui. Américains les deux plus grands biens de l'ordre social , la liberté et les plus belles productions de l'esi^rit humain. Ainsi , vos ouvrages , Messieurs , devlcnuent , pour ainsi dire , un nouveau ressort diplomatique , entre les mains de votre augusie protecteur Ce sont vos iré,sors littéraires qui forment ses plus magnifiques présens ; et il ne se montre jamais plus graud lui-même , que lorsque , répandant la lumière avec tant d'e'cbt du haut de son troae, il dispense aux nations les j;>lus reculées les chefs-d'œuvre de nos ccrivaios. Mais ! par un noble échange de gloire entre lui et le gévie , ce piiuce a trouvé une vianière , incopnus

(i) U.U marjuit d« Ch^tteUux.

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