‹ Essai sur l'éloquence de la chaire (volume 2)Chapitre 14 sur 73 · L .i,z<.'f,GoogIf · texte numérisé non relu

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A L'ACADÉMIE FRAKÇAISE. 71

avant son règne , d'honorer les grands talens et ûs hautes vertus. Jusqu'à nos jours , en effet , Messieurs , les peuples avoieot dès lon^-temps e'rîgé des statues aui souverains , tandis qu'aucun moaargue n'^voit encore décerne le même nonaeur à ses sujets les plus ^lustres et les plus utiles à leur patrie. Lnuis XVI eit donc pour l'histoire le premier souverain qui, se soit impose' le deVoir d'acquitter cette dette si ancienne et si sacre'e du trône , en élevant des statues dans son palais, aux plus grands hommes de sa nation, et en taisant servir ainsi l'emiUalLun dout il anime les beaui-arts , à rc'veiller l'amour de la gloire (|ans toutes les classes de la société.

Voilà peut-être , Messieurs , dans la science d'é* lectriser cl d'enflammer les esprits , l'unique secret qtii eût échappé à la munificence de Louis XIV. Les murs de ce sanctuaire ont retenti cent fois des hommages que l'éloquence et la poe'sie ont rendus à ce grand roi , qui voulut qu'après la mort de l'illustre chancelier Se'guier , la protection des lettres , dcsoiv mais trop hooorable pour un sujet, devînt , dans son empire, l'apanage éternel de la couronne , fit régn»r avec lui , pendant un siècle , tous les beaui- arts , et k qui son heureut géoie inspira souvent des trait* dignes de Corneille ou de Bossuet , sans que , durant tout le cours de son long rè"ne , il ait prolëre' une seule parole qui ait démenti la dignité' de son ran{ et l'éiévatiou de son ame. Aussi , Messieurs , plus ce monarque s'e'loigne de notre âge , ;^us il s'agrandit à notre vue. A mesure que les mémoires de ses généraux nous rendent , en quelque sorte , témoins de sa ïie privée , l'ancien enthousiasme de la France se ré- Teille pour exalter un prince à qui elle doit tout , tes lois , sa discipline militaire , ses places fortes , sa police , ses premières routes , sa marine , ses arsenaux , ses ports , ses manufactures, ses académies , ses plus beaux monumens publics. Four moi Messieurs, qui viens à votre suite , et à une si grande distance de vos talens , apporter aux pieds de Louis XJV U foible tribut de mon aduirailon, dans ce ,

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temple où il régnera toujoun par les lienfails et ptr TOtrerecODooissaoce, nepouvaot plusriea ajouter k Tos éloges , je raoemblei-aidumoiossous vos yeui les traits épare ae sa gloire ; et je dirai simplemeot et sans art : Il eut i> 1& tête de ses arméea Tureaae , Coodë , Luxembourg , Catinat , Cre'quy , Boufflers , Montesquiou , VentÙme et Villars. Duqaesne , Tourville, au Guay'Trouin commandoîcut ses escadres. Colbert, LoUTois , Torcy étoient appelés à ses coaseils. Bossnet , Bourdaloue , MassiQon , lui annonçoieat ses devoirs. Son premier sénat avoil Mole et Lamoigoon . pour chefs , Talon et d'Aguesseau pour orf^nes. Vauban fortifioit sei citadelles. Riquet creusoit ses canaui. Perrault et Uaosard çonstiuisoient ses palais ; Puget , Girardon , Le Poussin , Le Sueur et Le BniD les embellissoient. Le Nôtre dessinoil ses jardins. Cenaeille , Racine , Molière , Quinault, La Fontaine , La Bruyère , Boileau éclairoient sa raison et amusoient ses loisirs. Montausier , Bossuet , BeauviDiers , Fén^on , Huet , Fléchier et l'abbé Fleury élevoient les enfants. C'est arec cet auguste cortège de génies immortels , dont la plupart appartiennent i cette compagaie , que le pren^ier roi protecteur de l'Académie française , toujours fier de sa nation , qui sous lui s'illustra dans tous les genres de gloire , appuyé sur tant de grands hommes qu'il sut mettre et conserver à leur |dace , se présente aux regards de la pos^rilé !

BÊPOMSE

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