DE M. LE DUC DE KIVERKOIS
DIMCTBca DB LVciOÉna «IMÇJUSE ,
DE M. LABBÉ MAOBT.
MoNBiEDK, c'est un hasard malteureui pour tous •lue celui qui me charjc d'avoir l'honiieur de tous «poudre , et je ue me cacte pai ce me »ous i perdes. Obligé de remplacer jT l'arcÈrfque di . louloue , je seus mon msuffiaauce , je l'avoue aaos
'"«yôcr"''" "° '^""' ">' ''"P"V!'i'
Heureusemeot pour moi , monsieur , le cloii flu* I Académifl Tient de faire en toiu adopuni aaamiit beaiicoap le poids de la fonction dont ié r* Çhar^. Que pourrai -je apprendre de tos ta- «nj à cette assemblée ? Qne pourrois -r je dir« de eeui de votre pre'décesseur , que rou» n'ajM dit .oiea mieui dan» le discours que voui venez de prononcer î On seroit même presque tent^ de croire que , malgré tout le mérite de M. de Pompignan , la Wmpagme , au nom de qui j'ai l'honneur de parier IXMUToit s'abstenii' de célébrer son nom dans des °"wj* ï*" témoin» de «a présence. Il y est entré ptcéaé de sa réputation ; il y a paru un instant , *| "i cq a disparu pour jamais , nous laissant k nous paindre et de son absence , et des motifs qui en tarent la cause ; mais quels qu'ils puissent être nous ne saurions priver sa mémoire du juste bom- ««ge ^'ont jnérité ses talens : c*Mt un tribut que Tome I, ■ -^ p
J.,r,l,z<,.f,G00gIf
74 RÉPOKSE JDE M. DE KIVERNOIS.
doit l'Académie à quiconque taewt avec des droits à
l'estime de la postérité,
H. de Pomnigoan les avoit acquis à plusieurs titres, parce qu'il s'étoit exerce dans plusieurs genres. L'étude des langues savantes et des langues modernes l'avoit mis en état de traduire ou d'imiter ayec sgecis les morcuMS de poésie ou ancienne ou étrangère les plus précieux. Hésiode et Pindare , Vii^ile et Horace , Slukspear et Pope , sont de- Tenus tmir à toar sous sa plume de* poètes français. Familiarise mênie arec la langue des livres saints , il a su , d a osé , après Rousseau , naturaUser en France les psaumes , les cantiques , les prophéties , en cmq livres de poésies sacrées , où l'on trouve souveal des strophes dignes de la sublirtûté du sujet , et eu l'on s instniit toujours dans des notes où l'anteuT déploie une éruditioo vaste et une crilii|ue Judicieuse, Enfin des odes, des ^pitres, des pwésies làmilières , des ouvrages dramatiques «t lyriques tii^ de son propre foi^ , ont encore ajouté à sa gloire ; et , sans trop présumer de ses forces , il n'a pas craint d'entrer dans la même lice oà avoient brillé avant lui Boileau , Qoinauh , Coraedk etBicine , Rousseau et Voltaire. 11 étoit imvotsMe de surpasser de semblables devanciars , peutêtre mémo de les égaler j mais la seconde place est asseï bonorable après eni , et une versification él&r gante , ooirecie et beiinonieuse , un gvùt pur et formé sur fantique , assurent k M. de PiHBpignan cet hon-< peur qu'il n'est pas aise de mériter.
Je £rai aja^ vous , monsieur , qu'il avoit pour les anciens une espèce de seutimeat religieux j mais
{'ajouterai qae ton culte n'étwt pas de la siiperstition, 1 les regardMt «n même temps , et comme des gui-^ ' des qu'il faut suivre , et cinnme des modèles dont on aeut approcher. '
Eux seuls (ont leufs pareils((fiV-f/) : sans l'Iliade, {4qLi} a^riaus Alariç> mais non la Benmde.
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DE M. DE lîIVEMîOIS. 78
^yautoiu à cet éloge du seul ppame épique dant la FnHce paiue s'hoDorer , -«Me ce poème Û fiàn de beautà a éxi le fruit de la jeaaeue de tfia xu* teur , ce géaie ^are , ^ qù la nature dutiaoit une si Ion gif e et n vaste carriètx de gloire dans touslet genres. C'est que lei hommes nu pour faire lioaneoT i leur siècle commencent de bonne heure à se distingaer ^ «t M. de Pompi^iaii lui-même en offre un exemple. A peine âgé de vinf^-quatre a» (1) , il fit rcpcéienter sa tragédie de Didoo , digne «les applanditsemetis qu'elle leçut uithéâtiv , .et At l'estime des gens de lettres , qui y mit le sueao, L'immoitel Eacine avoit terminé ses travaux dramatî<|ues par un chef-d'ceuvre enddû des plus ■ubtimes traits de l'écriture : oi» nt avec étonne, ment un jeune bomme s'appvopiier areo succis , dans son premier ouvrage , les plus grandes bcao^ lés de Vwgile. Les encoura^emens ne poaroient ^as manquer k un pareil essai ; ils lui fiireut prodigués , et le jeune auteur entra dam le monde Utlénire sous les ausmces les plus heureux et les pluj flatteurs. '^
Mats la carrière des lettres n'est p*s la seuk o& . M. de P(HnpignaD se soit distingué. Il étoit né maesIrsA , et dans sa jeunesse il s'était livré ^ l'étude des lois et de la jurisprudence ; revétn de la eharee d'arocat général daus uue cour des aides, ÎI sonoa toutes ics pn^ondeurs de l'assiette et de la percepT tion des impôts ; et, portant dans cette étude ausn sèche qu'importante son ardeiir infatisible ponr le travail , il se rendit bientôt capaUe d'exercer dignement ce ministère si dîAcde , qui impose le , double devoir de veiller en même temps aux intérêts du peuple et. à ceux du lise. Il s'acquittoit de ces nobles fonctions dans l'ifne des contrées quj
(t) Bf. de- Pompignan itoit aé «n 1710 j il a domié ta tragédie de Didoit ea l/Sfj.
t.CoogIf