‹ Essai sur l'éloquence de la chaire (volume 2)Chapitre 2 sur 73 · L..,i,z<,.f,GoogIf · texte numérisé non relu

L..,i,z<,.f,GoogIf

SUR LE CjUIBIIIâL HÀURY. 9

lui , taivà , et> âMaanl i h'Ebsai svb l'Élofjg^açM IH Lx Chwm f le titre de Ihaiacrm d'Ëlo- .qvMW lam 1^ Cuiu kt le Bakkuc.

Ia puMÎMlion àe cet ouvraje , non moins rcm^i yjti lB par ks onmieBs du style que par U riii$V* idtt t^Toir it k profoade conDoisMuce de t'ait walpire , et qni n'étoit , ainsi que l'auteai' l'a révélé Jtti*Rtéw , que le résoltu de quelques essais qu'il afwt eonpostfs pour sa prapre iostructiou , avoit éié avfeilepnfcMe* i !.• parL'ÉLOGEDE PinÉLon , en .i')f]l , JcaTaii digne du panégyriste de Charles V , ItttwfiA l'AcuMmie française accorda un jccesùt , 1< premier prix ét^téchu h La Hai-pc ; 3°. par des

KîfI«I10H BVBLUlKnTT&llIX SBBMOITS pS. BoBSUET ,

tu 17^3 ; 3.* pbr le PjmÉcntiQrE de saikt'Lovis , provttoc^ âcTMit L'Âcad^mte française le aS aoiit

'■JT* i 4-* *0^ P"' '* PABÉOTmQUE DE SHHT Au-

«vtta ,pichii.f en i^^S , deraAt l'assemblée du de^ de France. Sans ces deM morceaux d'éloqvesee , l'orateur , -lonjours pur et brillant , souvent ^ipAneux , et qaelquefois sublime , s'altaclia à ce'Iéiirer l*s uionqibet du roi de France sur la barbarie et l'ignoraoce , et ceui de Péréque d'Hyppoire sur le lo^isme et l'bér^e. Il peignit l« £Js de Blanche s'efforça ot d'éclairer , de civiliser, de sdtinicttre le ^apie , formant detgénérau)( , iusiituaqt dcsmagiob'Alt , ctéant des lois , établissant des tribunaux et rmdant lui-même le justice h sessujets , sans pompe et uns gMdet , S0U9 le cbéne de Vincenncs j ilmou- UttiHkve de Monique et d'Ambroise abjurant la plijlAaojplûe du doute , qcfi dessèche l'ame , pour se réfugiée dans la foi , foarcede consotatlgn sur la tctre , «1 gage dcNieraelîe félicité. Cett« mcrVeilIciise eoD- . TCailîeii ^qui ,.o«ane celle de saint Paul yCt d'un A S

. D,™l,zc..bvG00gIC

lo ESSAI ;

eancmi àa ckhsliauUme son |4iu ndcidaUe apAtre , et permit à l'élue du Christ de voir tonbcr UM d'hérésiarques mus la puisunte Ipgiquc d'un homne , dout la jeunesse avoit ité iofectife dei erreurs de Maaès , et qui mà'ita , d>at m maturité , d'être ap- pelé le' chérubin de la nourclle alliance ; cette eon- Tersion , dîsous-nous , trouva en l'abbé Haury , on historien digne d'elle. « Seul aa milieu de ses incertitudes , . dit-îl f Augustin interroge toutes les sec- . Il tes , et il n'en reçoit plus que des réponses de mort ;

> il résiste , il cède , il s'éloigne , il revient , il lul-

* te , il succumbe , il murmure , il gémit , il tremble. » Inseusiblcmeut tous ses principes tombent , tons

> ses appuis échappent de ses maioa. Alors Honii{ae I prie , Ambroise tonne : le coup de la grâce part

■ de la chaire de Milan , on plutôt du trôoe de

■ l'Eternel } Augustin est renrene' , Augustin est

* relevé , et la foi l'humilie aux genoux de son rain- 1 queur Ambroise , qui après s'être inunortalisé par » une si noble conquËte de son zèle et de son génie ,

> counmoe d'avance le héros de la religion , en rc-

> pandant sur son front l'eau sainte du baptême. ■ Et api-èi aroir retracé les combats et les succès de ce fervent néophyte , l'abjuration de Firme etdc For- (unat ; la converùon de Fulgence à la lecture du sermon sur le jugement dernier ; ta purîficatù» dn temple d'Uyppone souillé jusque là par les pro&nations des agapes ; les Labitans de Césarée abandonnant des coutumes baibai'es , et faisaol succéder l'cspiit de paix et de cbarité au déchaînement annuel de passious homicides , en certaines Cèles consaciéea à des exercices guerriers ; le {tanégyriste s'écria : ■ Voilà le ti'iomphe , et le plus éclatant triomphe M de um élo^Dce. Quel- spectacle, 6 mon Dieu \

SUR LE GiUlDINAL MAURY. 1 1

1 Après de pareilles victoires de son talent , dirai-)e

* avec Bossuet , que le siyle de SaÎDl-Âugnstia ail ses 1 d^iKs , comme le soleil i ses taches : je ne dai-

* gnerai ni les ayouer , ni les contester , ni les excu-

■ ser, ni les dtfendre. Non , ce ne seront jamais de

> grammairiens timides , ou de stériles partisans d'an

> goAt iroid et dédaigneux , que nous reconnottrons I pour arbitres de IVloqucocc évaage'liquc. Un Ap6- 1 tre a d'antres juges : ce sont les pauyres qui savent

* apprécier dignement les taiens oratoires d'Âogus- B tm , lorsqu'ils viennent l'attendre en foule sur les I chemins publics , et le contraindre de prêcher en

■ leur faveur , potu: triompher , par l'onction de

* ses discours , de l'iinpiioyable dureté des riches. >

- l£S ^laU de France répondirent par des fâicitatisMianttiaMa ï cette digne apologie dn flambeau de relise latine. La réputation de l'abbé Haury s'éten* dit dis lors avec rapidité ; oa s'empressa de tout c6té de venir l'entendre ; les principales ehaires de la capitale retentirent de ses accents , et le roi l'appela k Versailles pour y prêcher l'avent et le carême. Ainsi recherché des grands et environné de la faveur populaire , il mit tant de sagesse et de circonspection dans sa conduite ( ce que ne semblait pas comporter b fougue de son caractère ) qu'il sut s'attirer et couserrei à la fois la bienveillance des gens pieux et des philosophes. On connaît surtout ses baisons avec l'abbé de Boismont , qui le choisit pour son colbhoraienr dans b rédaction des Lettres secràtet sur , Pétai aetueldu clergé et de la religion en France , et qui le désigna pour lui succéder an prieuré de Lions en Picardie , auquel se trouvait attaché un bénéCce ds 9a,o«o Ut. de rente. Suit (jue Haury es;;éràt reà6

,.,i,z<,.t,CoogIf

eueiilir un double bàit^ ^ fa mort de too bieor faiteur , et le remplacer aussi à rAcadémie , »oit qu'il voulût seulement s'iuitruire des tuoiodru iêtails de sa vie , pour lui consacrer un jour ipielqaet pages dans un recueil biographique , l'abbe' de Boisiao^t crat deviner , aux interpellations léixitéei que lui adreisoit son ami , qu'il s'oçcupoît d^fa de r«ssei(f- Uer les matériaux d'un ^ge accadesùque.v L'abb^, > dit-il en souriant > vous prenez ma uesare. n Ce n'était ps pourtant sa mort qui devoil ouvrir àMauij l'entrée du premier corps littéraire du royaume.

Ual^ le soin qu'il prcnoit de s'abstenir , dans ses prédications , de toute parole offensive pour la ,cour ^i le protégeoit , le panégyriste d' Augustin qe réussit pas toujours à Contenii- sa véhémence , en parlant difis vices et des abus de b. grandeur. Il lui anivB un )l»ur de i«àra enteadie un langage «uHère aux heuieiu du monde , i. Vertaillis même , et en pKHnce du {wince.. L^ courtisans , peu bahituà à la tévérilé des remontiapces apoUoliques paroissDient les supporter avec peine ■ dans la bouche d'un siufit prêtre , non enc(«e élevé aujt dignités eci4ésis«tiques , et qu'ds consid^coieut p^c conséquent ccnbbc placé de beaucoup au-dessous d'«ux s^r l'éeiteJle sociale. LIoratebr s'aperçut de ce mouvement d'impauence et d'irritation , et pour en prévenir les suites , dans l'intérêt de l'influence çt de la oonsidécaiMo dont il jouissait auprès de son brillant auditoire , il s'empressa de s'écrier : k Ainsi pailoit aaii^ Jeau Cbrysostôme. * lUettant ainsi sous la protection de oa grand nom les censures ^ui faisajeU murmurée la cour , qu'une aussi imposante aulonlé eut bientôt calmée et réduite au silence.

L'abbé Alauy a'élftitpas cepeadamt par v^w 48-

DolizccbvGoOglf

SUR LE CàRDIHAL MAURY ,3

9»te au plu| haat degré ^u'il lui fik axervi d'attein- ^ dani la carrière de l'éloqu«ac« sacrée. £d i^8S^, a prononça pour la preaûÈn; fou , dans l'églùe de SMDfr-Lazai>e à Paru , cat admirable paDegyrique ^ uiitt Viofuit de Paule , qui adieTa su réptu.ûat' evaume orateur , et ifi'ta a tgajoun regardé depaU ceilune «m chef-d'œavre. Il avoit de'jà invoqué , daw ME ElBÂU , le taletit d'un Flécbier ou d'un BcMSuet , pour céiâirer dignement ce héros de la religion et de L'iuuaanité ; dii aoi plus tard il prouva tjne cette ticbe n'était point au-dessus de Ms forces et qu'ii étMt capi^le d'accomplir lui-même les wiX qo'U avoit formel. On l'entendit réclamer da roi Je France une ttatne dau son palais , pour le grand Mift dont H s'étmt chargé de redire les vertus et (a charité : « te peuple reeoanaissaiit , «'écria-t-il , ira * ^aVsr il ses |àeds cfftie inscription également gtq- ■ rieuse four votre ma)esl4 ) pour saiat VincMit 4e D Paul et pour la France : Un i>on roi à un bon » citoyw. >

Louis XVI ne s'offensa point du conseil qui lui e'toit donné du baut de la diaire de vérité ; il t'empresH au contraire de la mettre ï profit , et la statue du bienfaiteur des malheureux tiit bientôt éUvée .dans la faleiie 4u Louvre. Ce prince ne s'en tipt pas là , il voulut entendre lui>même le sublima dit- GOurs qui avait frappe' d'étonnement et d'admiration l'auditoire de Saint-Latare , et l'abbé Maury ; docile au ordres du monaïque autant que flalXé de ses .désirs ; prêcha le panégyrique de Vincent de Pa^l dans la chapelle <lu châuau de Versailles , le 4«iars i-jdS , et te cru di^mc ortte fois de conserwc et de répéter l'^tUocutioa au roi ;. dont le but avoit été .Rmpîi. ' ■ , •

,.,i,z<,..f,Go'ogI*1

i% EffiAI

Tel fut au reste le luccèi prodigieai ie cette am- *lle production de l'abbé Maury , ijae des f^citaions lui eu parrinrent de toute part et pendant de onguei aaoéei. A ton entrée dans l'Âcad^ie le duc le Ifirernoit inondant i son di»cours de r^eptioa, l'oubha point de lui rappeler le plus beau de set iirei aux honaenrt littéraires. « Dans le panégyrique

> dit-jl , où yous nous invitez k l'honorer( Vincent de

> I^aul ) , arec autant d'attendrissement que d'ad-

> mîration , au pied des autels tous l'aves montre'

> aux hommes de tons les climats et de tontes les

> religions , k l'univers enfin , comme an bienfaik.iBùr de l'bumaaité entière , à qui tonte ame sen- ■ sible doitan (fibut ^amoar et de reconnaissance.

> La statue de ce grand litKnine sera un jour offlrt*

> \ nos bommages , et c'ntk tcItk éloquence qua I nous la devrons, s — « Le compliment dn diree*

* leur de l'Académie , dit un ^teur de l'Essai sui-

* l'éloquence de la chaire et du panégyrique de saint I Vincent de Paul , fut aussitôt ratifié par l'opinion s publique ; et quinn; ans après , le roi Louu

* XVllI , si juste appréciateur des convenances et

* da mérite littéraire , daignoît y joindre son appro-

> ballon entière , en écrivant au cardinal Maury t » TOUS éles le di^e panégyriste du plus modeste des » saiols.

A ces précieux suffrages des princes temporels vinrent se {oindre ensuite ceux des hauts dignitaires de l'Eglise, « Ce paoégyrique , dit le même éditeur que » nous venons de citer , a été lu , relu k Rome dans n des assemblées oii affluoient , k l'envi , des cardi- » naui , des prélats y des généraux d'ordres , entre autres celui de Saint-Lazare , qui s'y reodotl accwspagné de l'élite des cnfans de saint Vincent' de

U.,r,l,z<,.f,G00gIf

SUR LE CARDINAL HAURY. iS

Faol, Il s'y tronToh aussi ud grand nombre A'iréqoM et d'eccl&iattiqnes fraoçab des plus distingua. Je me HDTicas Â'avoir mw-mème assiste & deux de ces tiatiUMia chez le digne et respectable cardinal Albaai , doyen du sacre' cdiége , et chez le cardinal Autoneltt , ipi iwiissoit d'une si haute réputation , en qualité de théologien canonisie. Le cardinal Gerdil , li renommé par sa science ccclésiastiqae , y étoù également présent. Four donner une idée de la rire et profonde émotion qtw ce discours piniduisoit sot tout l'auditoire , qu'on sache que phistMics ano^et après , le célèbre et sdvant cardinal Borjjia étiHl dans l'habitude de répondre , lorsqu'on vantait en sa jùnésence quelque prédicateur fameux : J^Mbeneatsi, ma non vi é ch' un panegyritta ed é il fm*o cardinale , Poratore di-san Vincenzo. Pie VI , ce grand et pieux pOD^e , si )uslement vénéré pu l'Eglise , voulut entendre la lecture du panégyriqua et il rhoD<»a de ics plus augustes suffrages.

L'alibé Uaury entra à rAcadéniie le 17 janvio: 1^5 , c'est-k-dire plus d'un mois avant qu'il edt prononeé son panégyrique de saint Vincent en pré^ . Mnce du roi ; cependant le directeur de cette illustre compagnie en fit te texte du compliment d'usam an récipiendaire , ce qui atteste suffisamment la ccléhrilé dont jouissoit cet ouvrage , dès sa première publication dans l'église de- Saîat^Làzarè. Manry , aiasi que nous l'avons de'j& indiqué , ne remplaça point an reste son bienfaiteur , l'abhé'de Soismont , an &iucuil académîqne ; il suef éda & Lefranc de pMipifnaa , dont il fit l'éloge avec une habileté ranarquable ; l'exorde de son discours mérite d'être rapporté : « Mesûears' , dit-il , s'il se trouve au « nilien de cette assembla ' un \tvate homme b«

^6 £sm

■ arec l'amftur àei leUre* et lu paMÛn 4a ll^fraity

* nuit isolé , ians iotngue , «au aj^ui , deKJiw à

* lutter dans Atte capitale contre tous tes àtianaa» n genen* de la sglitude ; et N l'incefUlNdA Afs !*»■ > venir , affaiblîsMot le rctwrt de l'ùnulalioa dan

■ son ame , il c8t eaovix assea fi«r néaiuwin» , ou n plutôt assez saga pour n'alteodre janait «uc^u » espèce d'avancement que de son a^ibcatioa al n de ses pii^ès , qu'il jette sur moi les yeu daiis j> ce moment , et qu'il ouvre son c«ur a l'e«pé-

La position sDoiide de l'abbé Ntixuy était e/x effet si brillante alon , qu'il hù restait p^i da touhaiu à faire. Place an soaimet des boaMua lUtérait«a y considéré comme le premifi oratemr de son tam^ , et possasseur d'un ricbe prieure' , il jouiisoit paÎMblement des faveurs de la fortune , et coasaenM te* loisirs au culte des letbes et de l'amitié , icrtque vint à sonner l'beure des tempêtes polùiqties , ta i-)&Q. Les ëlecteun ecclésiastiques , cbargb de donner des défenseurs à leur ordre , dans l'asseuAMe ■des élals-généraui , ne devaient point oubliw l'éW queat panégyriste de Viuoent de Paul ; les tu^n^ks du clergé du baillage de Féronne tombèrent en ebt sur lui.

Ainsi jeté par les évéoeinens politiques «ur aa ibéàtre plus vaste que celui o« ift hautes facultés arpieut pu se développer jus^Qe-lA , l'abbé JCaury montra bientôt que ses commettans n'avoient pas trop espéré de lui. Fort de l'universalité i* ses cwouoissances et de son ^ie , il abonla ««ns UettitioD les aspe'rilés de la science sociale , et traiu l«s qiiesiioûs les plus épineuses du dr«it publi« , avac la même clajié e{ h mém éUgaDM >pà ^ùagwieBt

DolizccbvGoOglf

SUR LE CAttenULHÀURT. I7

set ateoan sacnfc. CKampiotf inir^^ âtf eltre^, i&feusëur opinî&tre 'Am iiistitiititfn nraearf^î^Des et àes ftém^ûm de la coaronD^', il fnt mène XMÎds gbitf k la trO^ime qii*)r la chaire' , M troan daoi ICt discttuîoas fnrleintfiittires f oeeaàca de déplo^r ^hs tonte sa rigneur natrre , ce caractère ttéeat qut lai 'fitajootef ft Mittes' les brilbafcs qtiafifés i^k admiffejâam toâ stifle , ijne nonreHc puâsaaoe (férieS ^ , à'iaqnelle iV dut d'être regarda eontme le ptli ntmux et tej^usTAemecrtdea drateiirsi La première fois ijù'ft prit la parole , ce fiil pour comfcattni ta motion de l'évéque d'Autua , Tafleyranè-PtfrigOT* , relartintk-kl tente des pra[)rUt6^eeclêsîasiiqiies. Son ojtijiiotrfit utte^leHe impresNon sdf l'assenibl^ , (fJe Dlirabvau , ijai dts^ors seuMa touIoù- se icotutihKir soU' rirai' , se crot -abli^ fadttr en lice po«r rê^ 'jwndïe k un aussi redoMable adf enaife. Mais l'abbé 'Iburf insista , et-sa r£pli({uefut foadroyame. « lA > so pp f e wiOB des biens ecclânastiques , dit-il , me *■ fâtl éUe fnaoDcit <[tie par le despotisme en » délire. Toadroît-m nous les prendre comine dés ~w ^Tes j OR bien par droit it eoBfiscabon 7 C'elt '■» Ptâée la plus immoraïe , Car il n'a {amais été peN '• mis de saccMeri db eorps k' qui l'on dennoitb •y taart ; c'est ainsi que Gi^illm faiwit jnrtw Rba- ■t AamiMe :

, ÀK ! peut-oQ bëriter de ceiix qu'où assassine ?

* i« tftlrat de rdgénéret , ^uu-t-il , ne sera-t>il -«- dMc ^e l'tfn maUfouven de dAmire ! Vous i'M- -»->«t dM vou>«iiBMS »nc unaitme , yow Jt«s

j.,.,i,z<,.f,GoogIf

tB ESSAI

■ lu d^GOmlffei qui couTrent le wl où tous AevM

I Utir ! Eit-ce en faluot mut cetse des victime* » me TOUS voulez opérer le bien public 7 Les maux

■ que nous arions à répare: n'éloienl rien en com- » naraison de ceux sous lesquels nous gémissons. » Depuis le palais des roii jusqu'au dei.'ûer des ba-

■ meaui , tout est ea fermentation dans le royaume.

■ Quel s^tecude offre la France ? Un roi sans pou- « voir et un pMple sans liberté ! Delà tous êtes re- * duits k enpêcber les citoyens de s'assembler. Le » plus terrftile de^litme est celui qui porte te mas- > que de la bbcrté. ■

Tel fut le début de l'orateur que les partisans de la révolulioa rencontrèrent depuis constamment sur la brècbe , pour s'opposer aux cnrabissemeuis de la démocratie. . Maury partagea dès lors avec Caialès la direction du- parti monarcbique , et ne laissa ^cbapper Bucnns occasion de )usliûer la confiance des royalistes. Il parla daos toutes les discussions in^rtantes , improvisa-^Tec autant de facilité que de cbaleur , et fit preuve d'un savoir profond et spécial sur cbaque .ipalière , soumise aux délibérations de l'a»- ■ambUft. U. embrassa la cause des anciens corps de jjidicature , daos le beau discours qu'il prononça , le

I I janviM t^go , e;n faveur de la cbambre des vacatWRS du parlement de BreUgne ; réclama fortement le «ai^d^cgVfi pour U roi ^ ainsi que le droit de paix et de guerre^ et l'institution des juges ; parla sur les finances crb dette publique , en bomme versé dans les questieoo- ULfilui épineuses de l'économie poblifuc ^Gomltatlit avec plus de talent que de succ^ U coDStilulic»! civile dti dei^ ; présenta un lappwt lur- ■râoiu sur. la psocédure prévôule de Marseille j iufroTÏN HB fbK«an fyti tf^ndu lur ki uti^tM* ; «

SUR LE CàRMHH. MAUR Y . >9

riAlii eaniiie nne ojàMon non mmaft remarquable tu le même «bjet ; prit d«x fiiis U parole wir la lAmion d'ATignon à la France , et stigmâlU» , k b*na de Heoou avec l'arme du sarcasme et de l'uoBÎe , - fumm * û ayoit accable le duc d'OrUaus et le conte de tCrabeM , après les tenibles jouroëes de 5 et 6 «cttdire ; il étkaàit h clergé d'Ahace , et tepaciit MHiTent à la tribuBfl daDS les diffiîreotes dUcuMMn» relatives & la dot de la reine ^Espagne , à la perception des impôts , à ta régence el fc t'orgtinisativn de la haute cour nationale. La ma- . iuÈf$.donl il s'exprima sur l'indcpendioce du pouvoir indici«ire , en s'occnpant de cette dernière question 7 milite d'étf»K^&. » En ^lotsoant U haiitt cour

• nationale du corps l^giriatif , à quinze ïejies de ■ ^iistauce , dil-il , vous vouU» empécber sans doute » Vascendant de notre voisinage et surtout prëVWW,

> l'infinence de l'opinion populaire , qui pourroil » commander «ux juges des drfciMons , dont l'indi-

> peudance la plus abjolue doit être toujours le pre-

• nier etle^BS sacré caraelère.BhlMen'.meBieun',

> poorquw vous reseryeriez-v(«ïdonc le choix dej» ,

> ville OH. la fcaute cour oatioiiale tiendra se* »&■-

> CCI r Cette inditalion ne seroit-eUe pas suspecte » dans la bouche d'iin accusateur ? La dispositio» ■ dn esprits sera-t-elle là même dans tous les lieux > » Sera-t-elle indifKrente au sort de l'accusé I Toutdon

• être en sa faveur dans son jugement , excepté W »' témoins et la loi. C'est donc pour lui que je récU- » me , au nom de l'humanité , le dmt de choisir i

• vingt lieues de disiance du corps législatif , la ville

> «il ilvoudra être jugé. Des législateurs ne peuvent

> ries se réserver dans l'ordre judiciaire'; et celui » Và- Bfris S.TW déu^ kl Uh , m fuàK p«

DolizccbvGoOglf

* fÉKgJwmnawrt yiar kiiwr agir i« oopiUti tkitgÊ N d« lanr ne'eaum , ■■ àok plua (m ifp«W ^u*im a tyrw , daBi toalei 1^ Imgnu ^ coasflnwM eif- > MN U Kitie ûergi» Ac b lib«n^. ■

tl était dt nodc ahn ie oonpufr taUirf Haaiy i Htraboau , ot de convdénr sm deux entcnrs «aïKn»dM tiravi j à k voix desqael* obâttiHt respoe»- 'iwncBt cbaea» du parti* <|ut inkonntVatMi^Aéê, Va {oarnal de cette époque , fami d» Hoi , téàî^ par lei Cootinuaieara de Frërons , l'cxpiina ainsi Ar cepmllèle:« Le faaaus cartel proposé parH.l'al^ IV Mtarff A H. Hir^ieau IMné , me coKdah datwal- » lemeqt , dit<ii , à dei réfitcûma Me l< dénuée , le

* e«<aotère et 1« tjdeoa de deui liomniN, qu'en rte '■> met aujoard'Weti opposition, que parcequ'yaioRt '» k la léte des desi partis qui divisent la Frahêe ; du

» mite : ils B'éteient pMit riraoz trttat U révotn-

* lion ^ ib .ne te sont pas mène aopMid'lini aax

* yeux dei ^rait philoseplies , et UpostAnté , |ihis

* éclairé», ne ftra «atre eux ancime cemparatmo ^ '.* ce m'est dose pÀnt bd perallSle que j'éûblis , ce

» sent des pnaetpe» et des obeenratioBs pre^vf 11 dé- » termiDer l'opinion, da piddie impartial , sur defti

* penomnages qw fixent les r^rds de la France et » de l'ËuD^entilre. '

« Hou dessein , «ionte le jotiniaKate , n'est jtts » de retracer ici l'odieax taUeau des quevelles dft- ' * mestiqves ^ des pasaioni et des mallMuM qui Mit » tounnenté la jeunesse de H. Mirabeaa ; ce n'Mt » pas k moi d'examiner t quel point il a pu Bfciter

■ la térérité d'un gOBTernement tris^oui f justifiée 1 > en quelque sorte par U hune de sa propre famîHe

■ etlcs.rigoenn d'un père. Tonte satire ptrsmaeHe ;ji.eit.tidig««d«ii»ptont; tti9iiU>r(H^«f-joiQuri.

SUR LE CÂRfinbtf. UAURY. «,

>.«« «a «Ha <lltrfMiJeMdu4<ai)fdi« , «t-M ^nu xiAlAgiitaMitf de la enunle , <cUtM 4ei n«i«^rMdt

> de U£hK , (Uns Us ftHgaifte^ du clia|iù «t du i. i èf m f W » ^*<W *e fwne l'«prit«t le CtBOr?

* Qotl muée ^ le donion de VioceBiiea 1 Ëatmc » dw4 les primas qu'ao fait dea boanes 4(iidef 7 » £«t-fie ^as les «aolwU ^ue l'une s'^ekire 7 Ko

> MÎt-éB pM Ml «tatfaire qu'elle t'ugm et «fiqiie

* diw, cea lieux d'IioiTear , ijH'eUe «'y soMnic et •"j

> .gnAe de Ténia $ qu'eue l'y endurcit et s'y dé*

> faaiUe iJ)««lttmeat de eetle d^IieMene , , de p«tt« 1 lenaib^H^ , le pltis pHÙtant resscA de la vm« , ti » lechame le }d(is pr^cteBi du udcHt : tawl^ngne » ^âTtté , ritaltitude de h wuâraoet , lei tVffir » brai réfi^ipiv de k coiitude foriunt âa aialhta^

* KW«netttactèredebr^B*,Iaii^BpreftnuuiiUBt'-

* tiiier loue «et siiHiTUtieBa , et lui font pooUnitXer » eeue diuimttlMÎou {foitwde , «eRe by pocniie,, cf » grand in de trompa dftkt ilafiBoarentlKtoia ri» là rie de ses juges.

: ■ Soui ru)«ien liffat , M. de Mirabeau ne i'«u t ÎM cflunolue ^e pu des onrrages cUndestias ,

* pleins du £el de la TUng^anoe et du ptùon de U ■ lérolte , ^ n'avaient d'autre nérite <]ue l'audace 1 dMfiinci^stftl'amertHBiedela ulire, qu'un «tyL^

* letré , obtcql: M bwobiare » bwîwë de termes scien-

* tifiqnef , d'eupki^uris « de figures wuiet , de •» Mit^pb««s eurayagàdtes qu'an poumnt ngud(T

* conme les GOBTUliMBs de l'«^t ot i'irresse d;

* r^«efiC9« Quelque («Bips «vaut la re'Talntton, j> la pid^catitfn Mt^iable d'une oonei^ouduice se>

* cfèti «t un harr^le abus de conilasce ^'on -li|i

> tttuilwa -, a«beTirw^ de le pwdre daps l'était. ^

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« hanmétM £«■■• Il Aoit poMiMe «Isn qn'im fcoida-. » Tcninent général lui parât [^lu nétxstain taccn

■ «a ràablùtanCDt de sei affiirM ipt'ti U r^n&a-

• tion je la FraDce. On coboolt k mot terrible de

> Gatilina qni , voyant lei ae'oateun enflamma d'in-

* dignatioa k son aspect , l'écria , Iraïupwld de fu-

■ nar:Ehbienl j'éteindrai c«t incûndi» avec » des ruinas ; ineendium meutn ruina extinguam.

■ On couToque fort k propos les ^Utt-génëraux :

> M. de Mirabeau profite de cote époque lâTorabla K pour renouveler un stratagème imagina aulrelbu

■ arec succès par Clodiiu , ce fameux dénagsgue .

• qœ l'inimitié de Gce'ron a rendu immortel.

• Ce Clodiui , né patiicien , mais sans auciue » GOnudération daas son ordre , «'avifta , cooune

> toai les &clieHZ , de masquer sa criminelle am-

» bkîon des inléréis du peuple ; il abjnra sa nais- ~

• sance et se fit adopter par un plâ*Aeo. Cette de-

> marche , agréable k la populace , et secondée d'sna

* éloquence séditieuse , 4ui fit (Arteair la dignité d«

* tnbun du peuple. A peioe revéta de cette puissance K redoutable , il remjJit la place publique de briganda « et d'assassins ; il arme les escbves , chasse lea

■ bons citoyens , et leur ferme la bouche par la

■ violence et par la teneur ; il fait taire les lois >□- » ciennes , promulgue , par l'organe de ses satelli-

• tes , des décrets atroces et incendiaires , et au mi- » lieu de cette horde de bandits et de scéUrata ,

■ qu'il appelle la nation , il dénonce c<«UDe esnemi » do peuple Gieéron , le père de la patrie , le sauveur « de Rome ; Gcéron , dont le lèle et la vigilance

■ avoient découvert la conjuration de Catilina , et » puni ses complices : c'est même pour cet acte de

* justice qu'il est condamna , et ee grand homne ,

SUR LE CÂ9ZHIIAL UAURY. a

9, k £eu de rAjqnence , POToettest de la i4pb-

> bliqne , est ferc^ de fuir , non pont conmm » mjte , mais ponr épargner k son payt 1m homats « ^one gnerrâ civile. Je laisse an lecteur le aoin de

■ fnger si cette bistoire de Qodias a ^elque rappwt

> arec celle de H. Bfirabeaa.

> Tournons maintenant nos regarda sur M. i'abbé

> Hanry ; que voyons-nous { d'excellentes études , 1 smvieaarec une application constante dans la tran- I qoillité et le silence qui couTienncnt aux lettres i

■ tme jeunesse paisible et laborieuse ; an talent mari s dans l'obscorite' et dans la retraite ; un bomne qui » n'a d'autre passion (pie celle de U Utidraturc et » de la ^QÎre f ipù ,ni plébéien ,'s'ennoblit par »m

■ seol mérite , yélère à la considération et b la for* 1 tune , et corrige l'erreur du sort : ses succès lui

■ tiennent lien d' intrigue ; la ptcniiire bvear qu'il » reçoit du gouvernement est demandée pou lui ,

■ non par un courtisan , par une femme titrée , mais » par le corps entier de l'Académie française , frap-

> pée de son éloquence. Ses premiers essaisle ptkcenl 1 à côté des plus grands orateurs ; tous les ternîmes 1 de lâ capitale retentissent de ^s chefs-d'œuvre i ta

■ renommée lui ouvre les portes de l'Académie ,

> comme l'Académie lui avoit ouvert la route de la, a fortune ; l'estime et l'amitié contribuent^ Fen^

> dur , et Pusage qu'il fait de ses ricbesses pronre I cornÛen il en éttùt di^e. Dans les plus beau

■ temps de la république romaine , le "moyen de par?

> venir à l'opulence étoijt tris-hoaorabie , et Cicéron 1 luMnéme fut redevable de la plps j^ande partie d« » us )>iens aux testamens de ses amis.

> Le talent uni aux richesses , une juste considéT

> ration auprès des grands et des miaiitre* , c'éiMi

j.,.,i,z<,.t,CoogIf

oMK ^otke flm ^:a nW &Utt p^ir :^ifc«lv „ fMrinîtff i'enrâ. M. l'^bj JbWf a faj4 ^ Matfe Mus le> |ra«d« b«sKBiH , les iatùUs de, 13. irflâ)nl^,dtHe woaèi<et(k* ignboi^iGur ; i( «'ntn l»ng-«»ifa4a batM hx pl«s Uchw calfin-, oies aux traita lei pW mwttiûifs de U tui^io-^ ■HM jtloiue M kaiaili^et L» i4ralutWB Ta feogé «■ le âtitast «MUt CasBoltre , «n lu fonroitwnj l'wdisaa de m dérel^er tout eilier. il » itaaaé ^Bi9>% M> twiTaiir jtu set proâmles ot^inaiuu)o«irealùt«ire«teap4^ii^ue , par ceUe ute fitci-: kt^ de fkrler svu fc^raUM , takat ai inchereli^ desaBâuiis^frak AutelsngMe méditation ftd'uq jk-arnl aiùdii | |)ur UtU aboadance d'iàfe* , |»ur cettt neKtttf ^ perte la lunaire dans lu f}uattL«i| ilei^H oImufsi , par «elH brillaïUe inagiuatioo qoienlMSil les Hijew les fliu «tide». Ofi iiej'BttMdnil -^a» k IroBVerdaH hb acaddniciea , dans iiBioMt«t>r,JAKieoocd'iiiifiiuwcier, le« Tueid'^a komme A'4m , ie giai* d'ui l^Uteui. Il a coo^ tMUBCtt'^cru^ 4ea advcnuies sous le poid de ief BiifptBMHt , par lute ^ruditifla imji^rtfr ^ -junte ^ la plui KUBe mti^e. U a.bieo tâllu lui nEjMndre «me dc( poignards ; «a a Multvé. coidre lui un peuple abusé (i) ^ dont il a toujoufs «mtcnu le^ VMW iM^Eêti , et fii n* taidoapM à lui Eendrip justice ; Bail M. l'aUié lllaury a su tourner au profit de it gloire U bauei» et U tnéclMncei^ mène 4e ut «nnemis j il a &it voir.qu'ï 1'^»;^

(0 A l'ipoqut 3u i4 JuiJUt , Tahbê Jlfaury privo^aA

t jojtrs titribla tjui MoitM tt kverpourlM i'Vttaec",

voulut paiitr à T'éUuitgtr % MWl» .iigdnt U» rttomm <ri

IHée bvnsHtmmnU , fUavintrmpTtnditta/Jae*.

quènce

L,.,l,z<,.t,C00gIf

SUR LE CARDINAL MADRT. a5

w <pience des Gcc'roa il joignoit une intrépidité (i) » que le Romain ne coanut jamais , et qui est trèsn rare dans un homme de lettres. Tous les bons D citoyens out admiré le courage Wroïque avec le-- » quel il a eipose' sa vie pour la de'fense de la yé- » nté et de la justice , pour le soutien de la mo-

• narcliie et des lois , pour l'honneur de Ift iiation » française. Quand à son talent oratoire , il a sur B Mirabeau l'ayantage immense ^e lui donnent » Tame , la sensibiUte , la de'licatesse et le go&t :

■ l'on , par le charlatanisme dé son style et de son 9 débit , par la pantomime et les lazzis de son ac- » tion , est fait pour en imposer au peuple , qui « dédaigne le naturel , et n'admire que ce igu'il

• n'entend pas ; l'autre , par l'élégance , la clarté ,

■ b justesse , l'énei^e et la Téritable chaleur de sa B composition enlèvera toujours les suffr^s des » hommes instruits et des fins connoisseurs ; les

■ discours du premier offrent une caricatui'e gros-

{ l) jâiiaUli , à iifféreniet époquti , par ^t groupet pcpulairet , il te monlm taufouri iaaccetsible à la peur , et danaa de» preuvet d'une présence d'esprit égale à ton courage. Pouriuivi un jour par lei cris ; i It Igsteroe , ii te retourna vivement et répondit : t> Quand vous la'aUT » ra mit à la lanterne ,j verrez -voui plut clair, n Une entre fois , des forcenés parlant de l'eDToyer diie la meiie à tons Ici diables .■ « Soit , mais vous vieadrei me » la servir , et voilà met burettes , dît-il , en tirant de » sa poche deux pistolets , yue le soin de sa défeate t personnelle luifaiioit porter /habituellement tur lui. n JVoiu ne devons pas oublier non plus l'invitation gu'il edretia auprésident de l'asiemblée constituante , d'iatposer tileace à des dames qui t'agitaient dans les triburus publîrjuet et l'interrompaient par îeurt clameurs \

• Faites taire Cet aana-CulotleSi i>

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