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SUB L ÉLOQUENCE. lai
réglé ei mieux employé. Je suis ébloui de ses saulies^ je n'en suis iamais frappé. Son ima> gination s'évapore en éclairs qui ne sont suivis d'aucun tonnerre. C'est précisément le contraire de Bridaine. Rien ne m'inspire dans la lecture de ses sermons , et je n'en retiens presque rien quand j'ai fermé le livre. 11 ne profite pas assez de l'Écriture sainte pour y trouver des traits historiques , des comparaisons lumineuses , ou des passages féconds , dont il devroit former le cadre de ses tableaux et le point central de son éloquence. Il manque totalement d'onction t il ne descend jamais dans son propre creur, ni par conséquent dans le mien. Ses discours sont dans le genre oratoire , ce que seroit en musique un récitatif continu , sans qu'aucun air saillant , aucun chant en parties vinssent jamais le varier et renrichir. Le style lâche et diffus du père de Neuville ne présente, en quelque sorte , à mon esprit, dans son insipide monotonie, que la fluidité et l'uniformilé mécanique d'un robinet d'eau tiède.
Son imayinalion brillante et enluminée , mais inquiète et vagabonde , ne sait ni se borner ni s'arrêter , ne suit aucune veine abondante , ne file aucune idée , en réunît souvent d'héicrogènes très élrangères à son sujet ; et ii montre malheureusement avec affectation cette recherche puérile d'aiittihèses symétriques qui dénote toujours dans un orateur la privation absolue du vrai talent. Il laisse quelquefois ses phrases en l'air, suspendues aux premiers mots qui les I 5
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133 ZSSil
avoient coBunencées , et au oùlieu desquelles on le vcât en esquisser d'autres qa'u ne finit pas. U l'emporte peut- être sur Diderot lui-même dans ses drames , par la mutipU> cité et l'abus des points mis en ligne, avec lesquels U croit sans doute se donner l'air d'un penseur profond , tandis qu'il ne montre qu'un esprit creux , en terminant ainsi , c'cstrà-dire , eu ne terminant point du tout plusieurs de ses périodes dans presque toutes les pages de ses discours. Son esprit promet toujours : il cherche , et ne trouve presque jamais. U s'élance , et revient }U£> sitôt sur ses pas , comme un voyageur qui ne connolt point sa route. On regrette sans cesse qu'il ne se fixe point sur la même ligne. Au lieu d'isoler et de creuser une belle et féconde conception oratoire qu'il a eu le bonheur de saisir et qui le rendroit éloquent , s'il savoit la développer , il la jette pour ainsi dire en ébauche dans une exclamation s^s songer à l'aj^rofondir j et son esprit , éparpille dans une stérile abondance de paroles , tait ainsi divaguer et avorter son mdhenreux génie énerve et appauvri par toutes les idées accessoires qui viennent se présenter à sa plume. Sa langmssante et incurable faciUte n'est trop -souvent que le luxe ambitieux d'un rhéteur trop chargé de synonymes et d'épithètes. On se souvient encore que son action oratoire , parfaitement assortie à sa loquacité , se réctuisoit à la seule rapidité du débit. Cette récitation pi^cipitée , et ses fréquentes énumérations , produisoieat à peu près le même çûèt que
sca l'éloqdehce. i33
la Wtiure à haute voix d'un .vdcabniaire sàosUaisonaet-sHiissuite ; etl'oiidisoit commd&émeÂt que ses sermcms paroîssoient des déclamations ÎRiproTisées , cotume le moi»^gi^ habituel de sa eenversaiion ressen^oit à la réeitaiâim ' d'uxr discours ap- ■ pris de mémoire; U passoit dans ses sociétés , dont il étoit beaucoup trop l'idole ,
Eour l'un des hommes de France qui avoient > pliK d'esprit ; mais cette réputation , qui n'a pu lui survivre , ne devoit même alors exeitcr l'envie d'aucun bon esprit.
Les nombreux imitateura du père de Neuville , n'ayant pas ses beautés , ont, selon Tiisage , rencnért sur ses défauts ; et en voyant l'école qu'il avoit foraoée , il ne dut pas se glorifier d'une pareille postérité: H mâche très souvent k vide : il est tellement verbeuï , qu'on pouiroit retrancher presque la moitié des termes dont se compose sa ctiction , non-seulement sans qu'il' y perdit rien , mais encore sans qu'une telle suppresûon y fût sensible , et y laissât tè moindre vide ou du moins la moindre obscurité.
Il mérite donc qu'on lui applique ce que disoit Denjrs d'Halicamasse a l'un des poètes dramatiques de son temps , qui lui demandoit son sentiment sur Tune de ses tragécUes qu'il venoit de voir représenter : Eieuset-ttm , lui répondit-il , je ne sauron vous en rien dke. Ilj avait trop Âe moti : je n "hipa la voir.
Cependant le père Neuville a montré quelquefois un beau talent pour U chaire.
Je itie plus à pouvoir en' citer ici deux
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exemples : je tire le premier de son panégyricpiè de saint Jean-de-la-Crpîx , qui fat son premier et peut-être son meilleur ouvrage. Il le composa en professant la rhétorique à Orléans. L'orateur , embarrassé par son état de religieux , pour ne blesser aucune des deux familles du Garmel entre , lesquelles la réforme de sainte Thérèse , propagée par saint Jean-de-la Croix , exciu des dissensions très vives , avant qu'elle attirât les plus cruelles persécutions aux réformateurs , sut éviter cet écueil avec un art et un bonheur infini. C'est beaucoup plus que de l'adresse oratoire : c'est un usage admirable de l'Écriture : c'est la vériuble éloquence du genre et de la circonstance, (t Saint Jean-de-la-Croix , dit-il , ne fut pas « seulement l'auteur de cette entreprise , il « eu fut la victime. . . Ne demanderons- nous « point ici ce que demandèrent les disci- « pies en voyant l' aveugle-né ? Quis pecca- « vttf hic aut parenUs ejus ? ( Joan. c. g, v. K 2. ) Quelle.esl la cause de cette disgrâce ? ' « le péché du fils ou le péché du père ?
« Pouvons-nous louer celui qui soutire la « persécution , sans condamner ceux qui « le persécutent ? Son innocence ne feroil- « elle pas leur crime 7 ou peut-il n'être point « coupable , s'ils ne le sont pas eux mêmes?
■« Quis peccavîl , hic aut parentes ejus I J'ose « répondre ce que le Sauveur répondit :
« fitque hicpeccovit, neque parentes ej'us , ted 1. ni manifestentur opéra Dei in illo. ( Ibid. ic V. 3. ) Admirons la fermeté qui résiste à H la violence de l'orage , n'accusons pas la
son LéLOQ0BRcE. 13$
« main qui l'excite. Dieu se plaît quelque- « fois à conduire les saints par des voies K extraordinaires ; et en les exceptant de la K loi commune, il leur fait entendre ses M volontés par lui-même , tandis que les H hommes , potu* qui les secrets arrange- R mens de la Providence sont des mystères M impénétrables , agissent selon les règles R de la prudence ormnaire. De là il arrive « que ce qui , aux yeux de Dieu , n'est que « zèle et vertu , paroît à la raison humame «c caprice et eriteiement , jusqu'au moment « où Dieu vient justifier ses élus , et met-> « tre le sceau de l'inspiration divine à leurs « entreprises : Pleque hic peecavU , negue fi parentes ejus , sed ut manifestentur opem « Deiin illo. »
Le second exemple que je vais extraire dur père de Neuville est encore plus beau , et il* oflre même beaucoup moins de traces delà mauvaise manière et des défauts qu'oir .
peut lui reprocher. Je le tire de son sermo»
sur te péché mortel. Le père de NeuviUë se propose de peindre toute l'horreurde Diea pour le péché. Voici comment il^V ]?*«i>d r « Voulez-vous savoir, dit-il .coimttev Dieu « déteste le péché ? Voycz-renfer.llne me K reste rien a dire. Je me troftipe t \e n'ai tt rien dit. L'enfer , tout affreux qu'il est , « n'exprime pas encore assez combien Dieu « est irrité par le péché... Ces hommes que « Dieu accable du poids de sa colère , et K qu'il en accablera toujours , ah ! je les « vois tons trempés , tous baignés du sans « de Jesas-Christ. Mes frères , renonçons à
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ia6 Bssii
n DOti:« foi , OB He regardons' plus le péclaé a qu'avec hoir^ir et exécration. Ua Pieu « qui meurt pour sauver les hommes , qui « réprouve enstûte ces mêmes hommes qull V. aima iusqu'k momir pour leva salut !
H péehé ! «lel est done ton funeste pou- « vou* d'arracher ainsi du sein de Dieu ces ' « enfàns olMets d'un amour aussi tendre j K ■d'effaCer le sceau de leur adoptioB ; de- (t leur iimtrimer le caractère d'une réprow bation étemelle ; d'en faire aux yeux dec leoi' père , et quel père ! im objet d'ana- « thème et de vengeance immortelle ! Noa ,■ K ce n'est point dan» les arrêts d'un ji^e <( équitable , c'est dans les fureurs d'an père a irrité , qui s'arme contre son propre sang , « qu'il faut aller pmser la juste idée d'an « cnme pour savoir combien Dieu déteste K le péché ; sauvenez-TOus combien Dieu a H ùméle pécheur. Jésus-Christ sur la croix, a le pécheur dans l'enfer ,- réunissons le
■ contraste de ces deux étonnans specta*
■ cl^ ; appliquons'nous à les étudier , ^ le» s creuser , à les a]^rolbndir. Ne craignons « p<Httt d'en être troublés , constemés ; ne « craigQons que de n'en être point assez tou-
« obés Jesus-€hrist fut sur la croix ; le
« péeheur est dans l'enfer ; ah ! mes chers « amËteors, ^rès vous avcHF mes devant les H yeuit un spectacle qui parle avec plus de a force et a^ergie que ne parlerott tonte «■ l'ékiquesce des prophètes et des apôtres , « ce ndsx plus que pw ufi silence plein d^ ft tonnement et de douleur , qu'il conviant « de yow reprocilier L«îi égaceoteas à& vom
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SUR L'tLOQaBBCS. I2f
K conduite.... Qa'ett-ce doiic doe le péché!
« Dieu seul peut le savoir pariftitemeat , pu a conséquent Dieu seul peut me l'appren- » dre. Oseroi»-je interroger le TrèaHauï ?
« il a prévenu mes désirs, ^'entends retea-.
a tir la voix foodroyaote de la religiiML ■ dépositaire cje ses or&cles ; elle lève « elle défère le Tcûle ; ellf m'annonce, «elle me montre qu'il 'en a coûté le K sang d'un Dieu pour expier le péché.
« et que pour le punir il y ft un enfer ! »
Je n'ai pas hesoin de faire remarquer ici an lecteur qui admire ces heaux morceaux , que ce fut la mine iBépuIsahle des livres saints et de la suhlime doctiine de la religion qui fournit ces trésors an père de Neuville < Le succès, extraordinaire et constamment soutenu de son sermon sur te péché , dut l'avertir que c'est umquement dans celte source qu'il faut chercher la haute éloquence de la chaire. SU nous pouvons e^rer encore des orateurs sacres du premier ordre , ce sera donc dans cette belle et unique route qui , en les ramenant aux grands sujet» chréuens , élèvera leurs lalens -aux mêmes triomphes oratoires. Il faut l'avouer de bonne foi : celui du pèr§ de Neuville ne, se trouve nulle part en harmonie avec ce magnifique rapprochement qui lui fit taftt d'honneur. Amsi lœe cMiception si hea> reuse ne lui appartenoit-eUe point. Cki la voit déposée très clairement dans Ttui des' meillenrs ouvrages de Port-Royal , où l'on n'auroit jamais, soupçonné un jésuite d'aUer chercher sw emproat» <««oir« i, voici c«
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ia8 ESSAI
que dit Nicole dans ses réflexions toujours justes , quelquefois neuves et profondes, SUT les épitres et les évangiles (i) :
« Le péché est si horrible , que Dieu dont d les jugemens sont toujours pleins de jusci tice , et qui les tempère même par sa mi- « séricorde , voulant le punir , ne trouve u point de peine qui lui soit proportionnée « que l'enfer , c'està-dire , une peine éter- « nelle dans sa duré% et inconcevable dans « son intensité : et que , voulant ensuite le « pardonner , il n'en accordé la rémission « qu'en obligeant son propre fils de mourir.
« sur une croix , pour réparer l'oulrage que « le péché a fait a sa sainteté , la confusion « el la difformité qu'il a causées dans le « monde. C'est par ces det» terribles ]uge- « mens de Dieu , l'enfer et la croix , que K nous pouvons nous former quelque idée « de l'énormité que Dieu trouve dans le ■ K péché , et par là nous pouvons aussi juger « de l'excès de l'aveuglement de l'homme. »
La pensée est évidemment et même oraloirement de Kicole : Neuville , en l'amplifiant , ni ajoute guère que des phrases faciles à cadencer. Un véritable orateur qui auroit dévelopi^ un germe si fécond , en auroit pu former un tableau beaucoup plus éloquent par l'onction ou la terreur des senumens , et par la richesse des images.
Je n'ose me permettre pltis de détails et
(i)Troisiêmâ paragraphe pour l'explication de VÊvangUe , parabole dç la Samaritaine.
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SCR l'ëLOQUEHCE. -12^
plus de censures sur une ëpoque si récente.
Voilà les résultats des productions et des succès de la chaire depuis près d'un siècle.
Je ne dois pas pousser plus loin la comparaison entre nos orateurs. Z^ postérité , dit Tacite, metlra chacun à sa place (i).
XXVI. De la justice du dix-huitième siècle envers les orateurs et les écri- - vains.du siècle précédent.
Mais en généralisant ce parallèle et en l'étendant à tous les genres de la littérature, question sur laquelle Je me crois doutant plus dispensé de développer mon opinion , que toutes les pages de cet écrit doivent I expliquer assez nettement , i'ose avancer que nous avons incontestablement surpassé tous les écrivains du siècle de Louis XIV , dans un point remarquable de prééminence j et je me glorifie de pouvoir proclamer ici notre respectueuse supériorité : c'est par l'admiration franche et éclairée que nous décernons à leurs ouvrages , infiniment mieux appréciés aujourd'hui qu'ils ne l'étoient de leur temps : c'est par l'étude beaucoup plus impartiale et plus savante que nous avons faite des créations et des combinaisons de leurs génies , et surtout des beautés simples et ravissantes de leur style.
{i) Suum cuique deeus postoritat rependet.
licite,
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l3o EfiSl.1
genre de mérite que nous avons incompa^ r^lemeat mieux analysé , mieux jagé , mieux senti : c'est par le concert d'acclamations et d'eUtliDuâiasme que nous inspire cet examen plus raisomié et plus appr04 fondi , et avec lequel nous ne cessons de préconiser dans l'éloge de tous ces grands Jiommes , le si^réme talent d'écrire. Bossuet , Corneille , Racine , Hassillou , Féné- Ion , Molière ,^ La Fontaine , La Bruyère et Boileau , n'avoient jamaU obtenu durant leur vie cet hommage , disons mieux , ce culte du talent, et ne s'étoient jamais rendu entr'eux (i) cette justice éclatante et unanime j que notre génération se platl à leur
( I ] bitr'autres preuves qne je poturma donner âa peu de justice contenroorBine qat se rendoient réc^ promiement nos grands ëcrivams du dix- septième siicw , il me sumjra d'extraire de U correspondance intime de Bràieau avec Brossette, la lettre siùvantë e'crite h Broiseue par ce m£me Dcspréauz , le sa novemluï i6gg.
a Vous m^TCE fait un fort grand plaisir en- m'eii^ a Tojrant le Tél^mamu de M. de Candtrai. Je î's»- « VOIS pourtant déjà lu. IX y a de t agrément dans ■ ee i^^^i et une imitation de l'Odjss^e que f'P^ « prouve yort. L'avidité avec latmellé on le lit , fait * lien voir qae si on Iraduisoit Homère en àetaat « matf , il feroit l'effet qu'il diHt faire , et qa'il a « toujours Élit. Je souhaiterois que H. de Cambrai eAt « rendu saa Hentflr un pea moins j^rcdicatenc ; et a que sa morale fût répandue dans son ouvrage un peu •-plvs imperceptiblement et avec plus d'art. Homère « ait plus instructif que luif mais ses instructions « ne paraissent point pi^cm^s , et lâulteiet de Tac-
f ttpn danmonplm^i quedesdùctnus su'w féoA,
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stoR l'éloque ncE. iSi
Todigiier avec tous les transports et tout fH'gueil de l'amour de la patrie. Si nous nous dégoûtions jamais de leurs oUTrages, qui font tant d'honneur à notrenatioh, nous
« Ulysse par ce qu'il fait noHS ense^e mieux ce qu'il a faut faire , ^ue par iout ce ijuo lui aï Minerve u disent. La parité est pourtant que le U entoi du « Télànaque dit de fort bonnes choses , quoiqu'on M peu hardies , et qu'enfin M. de Camirai me pa- « lOlt heauco^ meilleur poëte que théologien ; de
< sorte que li par son livre dès Maximes des Saints ,
< il me eemlle très peu comparable ii Saint Augus-
< tin , /& le trouve par son roman digne detre <■ rtUs en parallèle avec Héliodore , évêque de
■ Tjd^a en TBxssBlie , inteur da rotnan des âjaoura
< de Th&igàne et de Chaiicl^e , lequel vivoit son le
règne -de ThéodoR le Grand. Je doate néanmoins « qoe M, de Fénélon fût d'humeiu* , comme ce der-
* niei , k [quitter sa mitre pour son roman. AumÎ
* vraisemlilablemcnt le revenu de l'évéque He'Uodore <■ s'approchott çuiic da icvcua de L'archevé^e dfl t Cambrai. Mais je voua entretiens là de choses peu > nécessaire. Troavei bon que je ne voiu en dise
■ pas davantage, et pardonnez les ratures que je fais ( a cbaque bout de cbamp dans mes lettres , qui m'emt benasseicÛDt fort i^il fallett que je les ncrivisse,
1 Je suis , etc. »
Lois de se plaindre des rature* que Boîleau veut Nuuser dans cette lettre , Brossette son ami dut re-
Sitter , pour Pinte'rêt de sa gloire , qu'il n'en eât p«s l assez. Mou admiration pour le le^^lateur de x>tre Pamaïse m'empéobe de dérelopper Icsrffîexions que me suggèrent les mots et les passages- sonlignéi. Ëst-il possible ^e l'oracle du goîkt se soit permis on tel déni de justice envers le félànaque , alors ^lilié i^mls quelques anne'es f et dé}ï lu^par Boileau avant que Brossette le lai eût covojé ? Etoif^e dwic
.,'i,z<,.f,GoogIf
i5a " Essit
rétrograderions aussitôt vers la barbarie.- Mais tant que la France saura mettre aioM à leur place tous ces génies immortels , tant qu'elle se montrera si digne par son adnûration d'avoir produit leivs cnefs-d'^euvre , elle conservera le vrai goût , elle formera les talens naissans à la bonne école , elle jouira de tous les bienfûts du génie destiné a perpétuer sa gloire littéraire.