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SUR l'£loqvesce. i63
attrayantes vies de Plutarque , le cinquième et dernier livre de son histoire écrite sans couleur et sans chaleur par l'abbé Raguenet J'avoue à regret que , malaré le foible pinceau de ce biographe , la seule narration des faits m'intéresse , m'attache et me transporte cent fois plus sous sa plume que l'oraison funèbre derléchier(i) } et je ne vois
(i) NoQ-seuIement les crandes qualités morales de Turenoe sont beaucoup plus dérelopp^e» par l'abbé Ba^ueaei que par Fléchier , mais encore ses belles actions militaires brillent avec plus dVclat sous la plume de l'hisiorien qui les raconte , que sous le pinceau de l'orateur chargé de les célébrer. En voici un exemple mémorable dont l'éloquence aurait pu former un magnlGque tableau , et dont le panégyriste de Turenne n'a pas même parlé. En gagnant la bataille de Turkein malgré Louvois et malgréLoiiis XIV Ini-méme , ce grand homme força les impériaux d'évacuer l'Alsace et d'aller chercher des quartiers d'biver en Allemagne, dans le mois de jaQTier i6^5 , six mois avant sa mort. Voici comment l'abbé Raguenet rend compte de cet événement : • Tout le « monde en fut surpris ; car on savoit que le vicomte « de Turenne n'avoit employé que vingt mille boma mes k chasser de l'Alsace cette armée nombreuse , < qui ne se proposoit rien moins que d'envanir deux « ou trois de nos provinces. Mais on fut encore bien « plus étonné , quand on sut qu'il avoit prévu, pla- ■ sieurs mois auparavant , toutes les marches des c ennemis , et le succès de' son entreprise : comme « on le vit par une de ses lettres que Louis XIV fit
• lire devant toute la cour. Cette lettre étoit adressée € au marquis de Louvois , ministre de la guerre, au-
• quel le vicomte de Turenne avoit écrit , dès le moi« a d'oaobre précédent , que , feignant de ne pouvoir
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