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ricû de plus hamiliant pour l'orateor , que de produire nioius d' effet' qu'un pareil aistorieo.
Or , si tel est pour tous les bons esprits le résultat de celte comparaison entre une vie historique et une oraison funèbre , réloge de ce grand capitaine reste donc àfaire ainsi que son bisioirc , sans qu'une pareille rivalité doive décourager un véritable talent. /
Parmi tant d'omissions histoiiques qui
« plus résister aux ennemis depuis la jonction de 1'^ u tecteuî' de Brandebourg , il alloit toujours reculer « devant eux ; que pour leur doDoer même plus de « confiance , il se reUteroit en Lorraine , pour les « engager & se répandre dans toute l'Alsace ; qu'alors « il tomberoit sur 1» quartiers de celle arme'e de « soixante mille hommes , d'un côU par où assuré- ■ meut ils ne soupçon neroient pas qu'il ditt Tenir les a surprendre , et qu'il les obligeroil & repasser le a Rhin pour aller hireroet chez eux : ce qui arriva a effectivement comme il l'aroit ^ëru. Pour tran»- « mettre cette action ï la postérité , on frappa une « médaille avec celte légende : Soixante mille « Allemands chassés au-delà du Rhin en i6^5. • Cette lecture récente et publique d'une lettre si honorahift b la mémoire et au génie de Turenne , ve* noît de mettre le comble li sa réputation militaire en présence de toute la coi». L'effet en auroit encore été plus frappant dans !a bouche de Fiéchier , s'il avoil eu le courage , disons mieux , l'adresse de lire cette lettre ou plutôt de la réciter lui-même en chaire , au milieu de son discours ; mais un si beau triompha n'inspira rien à son talent , et il n'en tiia aucun
Çirti pour la gloire de Louis XIV , pour celle d« orenne et |iour la sieana propre.
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son l'-éi.oqoeiice. i65
tn'affligent dans lé discours de Fléchier , il en est deux fori remarquables, qu'on auroit dû relever beaucoup plus tôt, si un judicieux esprit de critique eût consulté l'histoire , les souvenirs traditionnels , les mémoires et les journaux du temps. Je vais tâcher d'y suppléer , d'après ces différcns témoignages. Cette digression interrompra un moment la monotonie et la sécheresse de tant de théories didactiques, en les présentant sous une autre forme qui indiquera comment l'éloquence peut les mettre en action.
On sait qne Turenne éioit né dans la religion protestante. Fléchier le rappelle à ses auditeurs ^ dès l'ouverture da son oraison funèbre, en déplorant le malheur de sa hauU naissance dont il ne faut pas le louer , dit-il , mais dont il Jaul le plaindre. Ce grand homme étoit très attaché à la. prétendue réforme de Calvin ; et durant tout le temps où i!
crut h. la légitimité du schisme , il ne cessa de lui rendre tous les bons offifces que les proiestans avoient droit d'espérer de sa bonne foi , de son crédit et de sa gloire.
Louis XIV respecloit tellement sa probité , qu'il n'osa jamais attendre de son ambition ou de sa politique un changement de religion que ce prince désiroit ardemment , mais qu'il ne vouloit et ne pouvoit obtenir que de l'unique et solide conviction de son esprit. Il avoit dit plus d'ime fois qu'on avoii promis avec justice à cet illustre maréchalgénéral de ses armées, la dignité de connéialile dmant les troubles de la Fronde L 3
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et qu'il rempliroit volontiers cet engagement de la régente sa mère , si M. de Turenne lui en facilitoit le moyen , en se réunissant à l'Église calholique. Mais il étoit également incapable de s'exposer k un refus , par une condition oiTensante pour la délicatesse de Turenne , et des'abaisser luimême à des explications d'excuse qui répugnoient à la hauteur de son àme.
Je puis raconter avec confiance à ce sujet une anecdote précieuse à conserver, dont je n'ai d'ailleurs nul besoin de me faire une autorité, file se rapporte au projet éventuel , mais bien constaté , de Louis XIV , du moins pendant les premières années de sa majorité , d'élever Turenne à la dignité de connétable , dès qu'il consentiroit à l'abjuration du calvinisme.
Un jour donc le hasard fournit au roi ime heureuse occasion de concilier tous les ménagetiiens et d'observer toutes les convenances i et il saisit l'à-propos avec beaucoup d'esprit et de grâce , non pour engager Turenne à sacrifier sa conscience à ses intérêts, mais pour lui témoigner le chagrin que lui causoit cette difTérence de religion , en l'empêchant de payer de si grands services d'une manière digne de Im.
On venoit de présenter à Louis XIV , au moment de son lever , une épée d'un très beau travail , de laquelle il alloit se parer
Soiur la première fois. Le roi en admira et en t admirer l'exécution et le bon goût. Les courtisans ne manquèrent pas dé renchérir aussitôt siu son af^obation. Turenne , qui
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se trouvoit présent, prit lui-même cette épée des matas du monarque , pour Tezaminer avec plus 'de soin , et il en parut charmé avec un air de surprise qui ne lui étoit pas ordinaire. Vous 'ovet bien raison , lui dit le Foi , en prenant le ton grave et réÛéchi d'un souverain qui avertit les spectateurs decôuter avec une attention particulière ce qu'il va dire , vous avez bien raison d'être pleinement satisfait de cette épie- J^ai voulu que le travail en fût fini avec toute la perfection possible- Mais s^avez-vous pourquoi f' ai désiré quelle fût si belle ? Je veux vous [apprendre- Cest l'épie que je destine au connétable de fronce, et que je' porterai moimême , tant que ce grand office de la couronne ne sera pas rempli- Elle vous siérait à merveille , monsieur le maréchal , et elle sera la vôtre quand vous voudrez- Vous connoissez .
et vous seul pouvez lever l'unique obstacle qui rn empêche , à mon grand regret, delà laisser dès ce moment entre vos mains. Turenne la lui rendit aussiiôt , en disant , avec un redoublement marqué de son embarras habituel , quil se sentait trop honoré et trop récompensé par un témoignage si flatteur de bienveillance , et que son cœur le préférait à toutes les dignités. On admira , comme on le devoit , son désintéressement et sa modestie ; maïs personne ne lui fit l'affront d'en être surpris.
L'explication n'eut aucune suite, Onn'en
parloit plus à la cour 5 et peut-être même ,
eflrayé du danger d'avoir un connétable , le
xoï étoitril décidé 4 ne jamais rétablir cette
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dignité militaire ; lorsque Bossuct composa en 1668 son Exposition de la Doclriru de l'Eglite eatkolîque sur les matières de controverses, qui n'a pas cinquante pages , et dont la jalouse exacUfude lui coûta près de deux années d'un travail souvent interrompu , mais toujours repris avec ardeur et perfectionné par des révisions continuelles. Bossuet n'a jamais rien écrit avec tant de soin. C'est dans ce genre un ouvrage de génie.
Lui seul éioit capable d'y mettre la précision , la justesse , la clarté , la concision , la mesure , enfin la sûreté de principes et d'expressions qui rendent ce chef-d'œuTre absolument irréprochable.
' Cette Exposition , imprimée en simple forme d'épreuve et en très petit nombre d'exemplaires , pour être examinée avec la plus scrupuleuse sévérité , détermina la con- . version du marquis et de l'abbé de Dangeau son frère, arrière-petits-fîU du fameux Duplessis Momay , surnommé le pope des huguenots- Turenne voulut lire aussitôt la nouvelle production qui venoit de rallier à l'Église ces deux hommes , pour lesquels il avoit beaucoup de bienveillance et d estime.
Il fut tellement étonné de trouver la doctrine, catholique si différente de la forme hideuse qu'on lui attribuoit dans les écrits et surtout dans les prêches des protestants , qu'il crut d'abord , sur la foi de ses théologiens , q^e Bossuet l'avoit affoiblie et défuisée pour la rendi-e moins révoltante. Il onna communication de cette explication solennelle , comme d'un défi public , aux
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plus savans ministres de la secte , et il tfs exh.ona sérieusement à réfuter ce petit livre , qui leur donnoit un si terrible démenti. Ils lie purent s'en dissimuler cgx-mémes l'uigeme nécessité. Us répondirent donc à l'Exposition de la Foi , ou du moins ils crturent y répondre , en soutenant hautement gue cet ouvrage ne renfennoil point le véritable enseignement de l'Église ; queSossoet n'oseroit jamais le produire au grand jour; et que s'il le rendoit public sous son nom , il néviieroit pas la censure de toute la catlio licite , pnncipalement celle de Rome.
\^ExposilioH de la Foi parut enfin : et elle obtint bientôt l'approbation authentique des universités, des évêques de France , de )oi> tes les Éelises catholiques , des docteurs du Saint-Siège , des caramaus , du pape luimême , qui reconnurent formellement dans la doctrine de l'auteur , Texposé le plu^fidile des sentimens du Concile de Trente.
Le triomphe de Bossuet fut aussi éclatant qu'unanime dans une lutte si mémorable, comme ensuite dans la fameuse conférence sur l'autorité de l'Église , qui eut lieu en 1698, chez madame^la comtesse de Roie, entre hii et le fameux ministre Claude, et dont le résultat fut la conversion immédiate (le mademoiselle de Duras , nièce de Turenne. Convaincu ou du moins très ébranlé par l'Exposition de la Foi (i) , Xurenne ,
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