‹ Essai sur l'éloquence de la chaire (volume 2)Chapitre 58 sur 73 · L .|,z<..:f,C00gIf · texte numérisé non relu

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VStotJ^acè. Onramasse tout ce qui se forme de dmëreates parties , tout ce qu'oD assem- Me , tout ce «ju'on réuait , tout ce qui est éparg ou dispersé. On ramasse donc ses/or- Ces , parce qu'on les tire des secours de La r^i^on , de sa foi , de ses espérances , de sa situation , de son repentir , de sa raison, de son caractère : voila ce qui peut consoler et fortifier les mourans. La mort ^aissi ramasse toutes tes forées pour accabler sa victime , la promptitude de U maladie , la multitude et la violence des maux , les crises et le déchirement de la douleur -, et Bossuet a parfaitement signalé ce cMtége de la mort, en indiquant toutes «es plus cruelles rigueurs envers l'infortunée Henriette d'Angleterre. Mais qu'çst - ce donc qu'une constance ramassée ? La constance ne sauroit être éparpillée. Elle rallie toujours les élémens dont elle se compose , la force, le courage , la fermeté , la résignation ; enfin elle ramasse tous ses appuis , et ne peut jamiùs être ramassée- On voit la fttfférence des deux manières de Bossuet et de Fléchier : elle marque ici celle du bon et du mauvais goût.

Bossuet est original et admirable dan» le choix de ses épimèies , dont Temploi est presque toujours une invenUon de son génie. Elles lui fournissent des rapports n(uiveaux et sublimes , comme , par exemple , ce contraste étonnant que son imamnation découvre entre le néant et la magnificence des décorations funèbres dans la représentation du mausolée du grand Conde , lors-

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qu'il ^t dans st péroiaison ; • Jetez les « yeux de toutes part ; voilà donc tout ce K qu'a pu faire la piété pour honorer ua « héros : des titres , des inscriptions , Tai- « nés marques de ce qui n'est plus : des fi'* c gures qui semblent pleurer autour d'un « tombeau , et de fragiles iinages d'une « douleur que le temps emporte avec tout « te reste ; des colonnes qui semblent vou^ ■ loir porter jusqu'au ciel le magnifia t&- « moignaee de notre néant. >

Bourdaloue est trè$ sobre en épiihètes ; et elles sont toujours justes , simples et né» çessaires. Massillun en fait un usage très modéré et très ingénieux pour augmentep t'éclat de sa pensée , la beauté de ses ima»

ges et l'harmonie de son style. Neuville en est surchargé : cette loquacité rend son élocniion flasque et assoupissante. C'est pour cela que ses discours paroissent un vain bruit de paroles , quoiqu'ils soient quel-* quefois assez solidement prouvés , et qu'on y trouve même de la proÎFondeur.

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