AVANT-PROPOS
Kfs avoit souvent réimprimé ce recueil , et toujours à mon insu , quand j'en publiai moi»mémeune édition en 1810. Tous les écrits dont il étoit composé repar'renl alors avec des développements nécessaires , des corrections importantes et des addition»
très-considérables; L'Essai sur VÉloçuenee ; augmenté de plus des deux tiers, devint en quelque sorte un ouvrage nouveau. Mais , quoique la doctrine en fût beaucoup plus étendue et plus nïotivée, le fond resta encore le même , sans aucun changement essentiel , ni dans les principes , ni dans les jugements oratoires qm en forment le véritable esprit littéraire.
Cet Essai n'avoit éié d'abord destiné qu'à ma seule instruction. Quand jeu»
ainsi raisonné mes éludes et ma méthode^ on crut que mon travail pourroit être utile aux jeunes orateurs qui voudroient suivre la même cinilère. Je trouvù dans ce»
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4o AVANT-PROPOS,
cahiers d'observations iourDalièrcs un ensemble , et un traité presque tout fait sur Téloquence sacrée. La marche progressive de mes premières idées a été pour moi une espèce de voyage littéraire , dont les souvenirs me retraçoient les jouissances de mon travail , et les motifs de mes opinions sur l'an oratoire , soit dans le cours de mes lectures raisonnées dont j'avois conservé des extraits , soit dans les leçons encore plus instructives que fournit l'esercice habituel du ministère de Ja parole.
Quoique cet ouvrage soit spécialement approprié aux candidats de la chaire, tes préceptes de l'art d'écrire , les principes de la composition , les règles du bon goût , et presque toute la théorie de l'art oratoire , s'appliquent également à. tou^ les genres de littérature , et peuvent , pour ainsi dire , intéresser autant nos jeunes écrivains que les orateurs eux-mêmes.
En essayant de tracer la roule de l'éloquence , on doit se proposer d'en exciter le goût , plutôt que d'eu rappeler les élémens. Une exposition sèche des règles fatigue plus l'esprit qu'elle ne l'écUire , et leur mtdtltude embarrasse l'iaei^é-.
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ÀVANT-PROPOS. 4i
rience sans rten inspirer au talent. Les traités didactiques n'ont jamais formé un seul oratetir. Les leçons des rliéteiu^ , qui sont l'objet des premières études , ressemblent le plus souvent aux réponses des anciens oracles qui enveloppoient la vérité de nuages et de ténèbres.
Pour jeter plus de lumière sur la route des orateurs , il faut donc les environner sans cesse d'exemples toujours plus instructifs qiie les préceptes. La multitude , le choix et la nouveauté des modèles que nos grands maîtres ont fournis à presque tous les chapitres de ï'Essaisur FÉloguence ; dorment lieu d'espérer qu'un geiye si précieux d'intérêt ne sauroit manquer & cet ouvrage. Nos orateurs du premier ordre , et surtout Bossuet , qtii est à letu* tête , y sont cités à chaque page , soit pour révéler de nouvelles beautés cachées dans leur?
compositions , soit pour signaler des morceaux importants, qui n'ont pas été remarqués , soit même quelquefois pour indiquer des fautes que l'autorité d'un grand nom reudroit contagieuses , et qu'on peut discuter avec un respectueux esprit de critiqae , qui devient alors ou hommage de plus
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