HOTES;. 3X
que nos vicesa'aieot attiré ces châtimeos et cette pertej Je saù davantage que dans un siècle si malicieux et sr corrompu comme est le nôtre , nous sommes assez mécbans pour ne chercher point ailleurs que dans la perversion et le d^r'églement de nos mœur^ toutes les causes de nos misères ; et je sais bien enfin que , comme les vallées fournissent la matière des foudres qui tombent sur les montagnes , tout de même l'iniquité des peuples mérite assez souvent des punitions que la colèi'e du ciel envoie ïur la lête des princes. *•
Le père Houdry , croyant toujours faire inCnimeilt d'honneur à Fléchir de savoir embellir ainsi tout ce qu'il imite , le loue beaucoup d'avoir rendu à Lin^ gendes une espèce de service , en daignant retoucher ce morceau de la même oraison funèbre de Victor ' Amédée :
. « Oh l.dit Liagendes , oh ! si ce divin espnt , qdi est le créateur de toutes les beautés d'une éloquence si animée , daignoit orner et enrichir ce discours ! quelle plus noble matière est disposée a recevoir ces omemens , que la vie de ce prince dont nous parions, nourri, élevé , et enfin mort dans les armes, et corn'me enseveli dans la gloire de ses triomphes ? I^sque tous les eifets de sa vertu militaire ont e'té éclatans , conduites d'armées , sièges de places , prises de villes , passages de rivières , attaques hardies ^ | l'etraites honorables , veilles , travaux , périls , ha^ sards , blessures , et partout une passion ardente et généreuse de faire croitre des lauriers , pour ses cou-* ronnes , dedans l'effusion de son sang... De, combien d'excellentes idées et d'agréables images ne remplirois» je pas vos esprits , si je pouvois représenter ici devant vos yeux le succès de ses premières armes dans la pre' mière guerre ! etc. n
J'avoue qu'après ces mouvemens oratoires de Lingendes. Fléchier n'avoit pas besoin de grands efforts d'imiagtnalion , et qu'il lui sufiisoit presque de le transcrire , pour dire ce que je vais citer de son exorde , oîr il emprunte de lui , une page auparavant , cette ma-v. gniflque expression , reçut le coup mortel et (te-
L,CoL>^Ic
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meura oomue esseteli uabs soir tbiompù , funerbe locution que Maacaron ayoîl déjà ToUe aTWtt lui dans soa éloge du duc de Beaufort , hérot mort etantéveli dont son propre triompha. • Ok [ à i'tifnX divin , «prit de force et de véirbê , avoit ennchi mondiicoort de ces Unagej yirei et naturcUei qui reprùentent la vertu , et qui k persuadent fawt enseiiu»le , de combien de nobiea idées remplircis-fe TM esprits , et quelle impretsion feroit sur vos cours . Je récit de tant d'actions édifiantes et ^orieoies ] Quelle matière fut jamais plus disposée ï recevoir tous les ornemens d une grave et solide éloquence , que la vie et la mort de ce grand homm>e?Oùbri]lei>t avec plus d'éclat les effets ^wieui de la vertu militaire , conduites d'années , sièges de places , priMs de villes > passages de rivières / attaques hacoics , retiaitea houarables , catnpemens bien ordsKoés i combats soutenus , batailles e^néei , ennemis vaincus par la fcffce ^ dissipés par l'adresse , lassés et consumes par une sage et nidde patience ? n
Ije|i«ra Hftudry ne se lasse point de cbeidicr, po« la gjoire de FUcbier , d'autres preuves de son admirable taUot psnr l'ùniUttion dans la même oraismt funèbre , ou il s'^iproprie f comme on va le voir «
Satre lignes d'un aidre wateur , en leur dattHont t derniers traits de l'éloqutnce. Eléchîer c<Ut : • L'éloquence ié la chaire n est pas propre au fécil des conibats et des batailles. La langue ^^ud prltre , destinée ï louer jESVS-CkaisT , le Sauveur dû luran mes , ne doit pas étrt employée à parier d'un art qui tend à leur destruction. >
C'est dans l'oraison fooèbre de Louis Xllt , par Godeau , évéque de Vence ^ que le père Boodry dé* couvre cet humiliant pU^ial , comme un nonveau fleuron pour en orner la couronne oratoire de l'imïtateur FJéchier.
« L'éloquence de la chaire , avoit dit Godeau , ignore les termes de la f^erre ; et n'a point de pin' ceau pour représenter ni les ségcs si lea batadlM- La langue des évfqoes , desùnép à la louangi de
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JÉsuB^CoBisT , le Sauveur du gearc bumaia , ne doit pas profêrer les tenues d'un art qui tend à la destracdon de» hommes. »
Je me borne ici aux imitatioDi de IVloge de Turenne. Hm le père Houdry , toujours zélé pour faire valoir le rare mérite de FWchier dans le genre de l'unitation , ne se cotiteDie pas de l'eialier , comme ou vient de le voir , en confrontant avec le discours de Lingendes i:ene oraison funèbre dans laquelle il découvre six
Es de Godeau ; il en cite encore deux autres eiemtrès iosignifians , ùiis de fëloge funèbre de mac de MonUusier , par l'évéque de Pîmes : l'un est copié dn pané^ryrique de Sainte-Anne par un abbtf Ogier , et l'autre de l'oraison funèbre de Louis XIII par le même orateur.
Je ne cherche nullement k justifier Flécfaier de tons ces reproches mal déguisés. Mais ii n'en est pas moins vrai que cet imitations , dont on a feittantdebruitj n'ont absolument rien de commun avec le texte si beureox , avec presque tout le magnifique exorde , et bien moins encore avec les plus beaux traits d'éloquence de son oraison funèbre de Turenne , tels ([ue les p^mières pages de cet éloge , le t^leau raccourci des campagues de Tureiïse en Flandre et en AUema- •goe, l'apostrôpheà la Flandre ^ la définition d'une armée j la modestie de Turenne après ses victoires , quand il se dérobe k sa réputation , le sublime récit de ses deux dernières années de gueiïe et des approches de sa fin ': Déiajrémissoil dans sort camp l'ennemi confus : déjà prenait tessor pour se sauver dans les montagnes cet aigle dont le vol hardi avait d'abord effrayé nos provinces ; tels encore que le spectacle tragique de ce grand horhme étendu sur set propres trophées , au milieu duquel l'orateur refroidit tout k coup notre intérêt par cette distraction inconcevable d'un déclamateur qai manque ici de logique et de mesure , n'attendez pas que je fasse crier son sang ainsi que celui d!Aéel : comme si le sang de Turenne , répandu avec honneur sur on champ de bataille , pouToît
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jamais crier vengeance avec autant de justice a de force que celui d'Abel vers^ far les mains d'un fratricide ; teb eafin que fa scèae si admii'able ijui suit les premiers moBtens de la mort de Turenne , le troth ble , les rf£rets , les plaintes de l'orateur qui la raconte , en TeoTÎTonoaDt de tous les Lommages de la douleur et de l'admiraûon de la f'rance , et la beik
Srière qui temûae ce discours. Quand on est si riche e sDD propre fonds , ^uand oii a ^te' assez bicD parti^é dans la distribution des dons les plus beureui de la nature , pour n'avoir k se défendre que de l'abus de l'esprit , de la fri^mieoce des antitbises , de l'afiéclation du nomï)re ou des repos trop marqués et troo recberche's , c'est être en vérité trop modeste que d îmi> ter et surtout de copier les ouvrages d' autrui. Flccbiet a voulu sauver quelques idées peu remarquables dé l'obscurité et d'un eterneL oubli. Voltaire si rigide envers lui , neVest pas montré plus scrupuleux : il s'emparoit volontiers des beaux vers de nos grands poètes f quand il les trouvoit k sa convenance , et ne dédaignoit même pas d'en emprunter plusieurs du p^ Le Moine , jésuite doué d'une ardente imagination f Ibais écrivain sans goût , dans son poë|ne de saint Louis , où peu de lecteurs serpnt tealéi de les allée
Voltaire éludioit au coDe^e de Louis le Grand en 1702 , loraque le père Soudry , jésuite , y publia son pi-étendu Traité de la manière d'imiter les bons prédicateurs. C'est une simple et très longue table alphabétique précédée d'une préface , laqueUe forme tout ce traité de rbétoriijue. Le titre du livre ne paraît donc qu'un prétexte insidieux sous un voile de courtoisie , pour dénoncer à la sourdine , comme autant d'imitations légitimes et admirables , quatre, ou cinq plagiats manifestes j mais fort courts et ti-ès peu impar> tans , d'un seul orateur , c'est-ànlire , uniquement de Flécbier , qui vivoit encore alors et jouissait de toute sa réputation.
On sent quelle rumeur dut exciter cette découverte dans une telle maison d'éducation , oil tous les écoliers
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de rluflorïqae avoient Iia])ituelIeineD[ Aitre leurs mainf Foraisoa fuoèlre de Torenae , ainsi de'aoacée au tri^ buaàl du public , comme remplie de larcigs litte'raires, L'imagination du jeuae Voltaire surtout ne pouroit pas manquer d'en être Tivement frappée. Il est pour le moiiLS très probable que dan$ la maturité de l'âge , où il s'e'pargnoit volontîer» la peina de consulter les «wiginaui , Voltaire a toujours répe'lé de ?iémoiré l'accusation intentée dans son enfance contre Fle'cbier , sur la foi dii seul père Hdudry , dont il n'aToit plus l'ouvrage ■ sous les yem. L'étrange manière dont il parle de l'oraison funèbre dcLingendes , est pour moi une démons^ tralion qu'il ne l'aroit jamais lue , et qu'il n'en convoissoit queles citations du jésuite, auxquelles il ajouf toit poétiquement tant de suppositions idéales. On ne sauroit expliquer autrement la légèreté , les incxacti- ' Iodes , les erreurs de toute espèce et les fausses assèrlions qu'on remarque dans son récit. Les rédacteurs de tous les dictionnaires historiques ont trouvé plus ' commode et plus court de transcrire les mêmes impu,' iatiobs , que de les Vérifier. Ils ne se sout pas contentés de les copier j ib ont rencbéri encore sur les I fictions du censeur , en avançant que le texte et la : belle allégorie de la mort de MacliU)ée , si beureu^ , sèment adaptée 11 Turenne , non-seulement se trouy Toient dans la prétendue oraison funèbre de Chartes Emmanuel , duc de Savoie , par Lingendes ; mai^ que Fromentières , évÊque d'Aire , en avoit fait auparavant usage dan j l'ôraison funèbre du duc de Beaufort. Cest une seconde suppoàtioiL ïmaginaîre pou soutenir la première.
' Fromentières nous a laissé six volumes de ses compositions oratoires. Mais nous se connoissons point d'autres oraison funèbre de ce duc de fieaufon , le JVi des halles , que celle de Mascaron , prononcée dans l'église de Paris en i6no. Il n'en existe aucune stir le même sujet dans la collection de Fromentières ,
riqu'U rappelle luirméme , dans la première pbrase son discours sur la réparation d'un sacrilège , eti présence de l'assemblée générale du clergé ,danslV;
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glue des Cordeliera k Pontoûe ,>{xi''da.'Toitpriché peu de fùur$ auparayant , devant te même auditoire , aux services de. madame et de monsieur do Beaafort. Ce a'évÎA probablement pas un éloge fun&bre : oa ne te trouve nulle part ; et l'on n'en cite pas moias ce discours incoann , comme une secoade preuve du plagiat de Fl^cbier , en l'accusant d'oi avoir copi^ le texte et l'allégone de Maclial)ée , pour céUbreilamqrt ei le triomphe de Tureune.
Cependant lei oraisons funèbres de FFomentîères , SI vainement réclamées dans cette discussion de pla- ^t, meroumissentdeuxobservatioDsrebtiveskFob- |et de cette note.
La première , c'est qu'un texte tire de l'Ecriture sainte appartient également k tous les orateurs sacrés. C'est rbeureux usage ^u'oa en fait qui en établit h |iniprie'le'. Ainsi Bossuet eut tout droit et toute rai»» , en prononçant Poraison funèbre de Henriette de France . reine de la Grande-Bretagne , de choisir on lexie si frappant et si beau après la révolutioD d'Aadeterre , et au milieu des funérailles de la veuve de jCharles 1"' , quoiqu'il eût été employé , quatre aas auparavant , mais sans analogie comme sans effet, par Fromentières , pour l'éloge de la reine r^entc Anne d'Autricbe : Et nunc , reges , intelligite : erudimini , ^uijudicatis terrant. Maintenant, 6 rois ! apprenez ; instruisez-vous , juges de ta , terre. Psal. ii , vers. lo.
Ma seconde observation se rapporte s une phrase de Fromentières , qui se trouve au commencement dt la première partie de l'oraison funèbre de PéréGie. Ii'orateur dit , en parbnt du frère de ce prélat , toc au siège de Dole , qu'it se trouva enseveli dans son propre triomphe. Fromentières avait pris Inisiéme ji Liogendes , comme je l'ai déjk relevé , cette nugnifîqae expression j mais , toute belle qu'elle est, elle ae fit aucun effet sous la plume de ces deux orS' i leurs , parce que les sujets auxquels ils voulurent l'f \ dapter ne pouvoient soutenir un pareil éloge : on l'aomira très-jusUment dans la bouche de Flécbier , |
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MOTKS. J3<}
ipâ sut la reo^ neiiTe ^ yi-aie et subline , en se l'ap^ mopriant pour l'appliquer à la mort et aa tnomj^ oe
(Us lignes très peu saijlanies , qiù , loin de coD^ourir ^ soa succès , aoinproiiietleat jusqu'à son goût et lut attirent les plus sévères critiquea } et l'on le préraut de cette dicouTerie pour lui enleycr , pour attribuer même k l'aateur aiosi copie' tous les traits les plus originaux du meilleur de ses propres ouvrages \
(4) Voici sur tons ces objets le t^oignage très succiat , mais très suffisant , du président Hénault , dans sOn Abrégé chronologique de fWsioire de France , sous la date de 1668.
Al^uration de Turenne ^ le ^3 octobre, fl conir nençoit depuis long-temps à entreroir la vérité ; mai^ il teooît encore k l'erreur par les pr^)ugés de l'éducation , et par l'attacbement qu'il portoit ï madame de Turenne , sa femàie , Elle du duc de La Force , cal- TiDÎstedebonncfoi.&a mort , arrivée en 1666, elles instructions de M. de Meaiti , achevèrent de décider M. de Turenne. Ce tut pour lui qu'il compasa son ^ Tre de V Exposition de la Foi , ouvrage raisonna-^ ble et solide , que les protestans laissèrent sans réplique , et qui jusli&e surtout l'Eglise romaine def superstitiona ndicutes qu'on lui impute, n
Ce témoignage a d'autant plus de poids pour assurer à Bossoet la principale gloire de La convcrûon d« Turenne , que le président Hénanlt étoit incontesU^ bletnent ^ de nos jours , le témoin le [dus digne de foi f comme l'homme de France qui savoit le mieux riiistoire du règne et de la cour de Louis XIV , dont il aTOit connu plusieurs grands personnages. H conserve partout , dans ses réHeiiong et dans ses récits , un esprit juste , impartial , circonspect ; et il se montre fort éloigné d affirmer ce qu il ne pourroit pas prouver. Cet écrivain mérite d'ailleurs d'auuns puis
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lian. VOTES.
de cooËaace sur les anecdoiM liistoriqaea du dix-
Mptième siècle, qu'il ea ejt très sobce danssoa Abrég^E
cbronalogique.
Oa trouve , dans le recueil des discours prononcés % l'Âcsd^mie Française , Vilo^e paniculîcr de Bossuet
SI l'abbé de Choisy , le jour de la réception du caraal de Poligaac , successeur de l'évéque de Meaui. Cet orateur de notre premier corps littéraire était très Hé avec le c»rdijial de Bouillon ; et son témoignage, qui doit être pour nous de la plus imposante autorité , puisqu' aucun de ses contemporains ne se permit de lui opposer la moindre réclamaiibn attiibua solennellement dans cette séance publique , au seul Bossuet et i son Exposition de la Foi , toute la gloire de l'abjuration de Turenne.
a Dans les conférences , dît l'abbé de Ctoisy , p. ^ de cet éloge , les plus babiles , les plus fameux adversaires de Boïsuet , ne tenoient pas devant lui ; et , ne Toulant jms se rendre ^ la force de sou raisonnement, ils ne irouvoient d'excuse à leur débite visible , que dans U véhémence de son discours et dans U vivacité de tes départies. Alors commença véritablement le
triompbe de la religion catholique Un héros , de
- tous lès côtés grand maître dans l'art de la guerre , n'a pas déda^ué de recevoir ses instructions. Turenne , le grand Turenne se rendit k la venté , et soumit aux pieds de Bossuet cette âme hautaine que tant de victoue^ avoient accoutumée k l'indépendance ; et , dans toute la suite de sa vie , pénétré de reconnoislance pour les grices reçues , altéré de grices nouvelles, ilvenoitpuiser danslasourceotlil avoit trouvé sa
guéiison Le fut en cette occasion , et ponr un si
grand luiet , que parut le livre de l'Kxpo»Vion ^0 /a J^Oi( onne i'iipprima que deux aniaprès) : livre admirable , qui dans une noble simplicité e^se si clairement toutes les vérités de la religioa ; qui , en ouvrant les yeux i. tant d'imes aveuglées , les a fait rentrw dans la bonne voie.... Ainsi Bossuet par ses écrits et par ses coniérences ayec les hérétiques , en dissipant feurspr^ugés, leur ap^aîssoitlechemiitda ciel. > Houi
L,.,i,z<,.f,GoogIf
HOTII. 33t
lîo» n'arODS kMoin ui As produire d'autrei pivuTC* Mur assurer la glure àe Bossuet , ni d'enirer dans d'autres détails sur la ceavf rsion de Tureane , qui fat aou plua beau uiiMaphe. On assure que les causes et les cirGonstances da celle abjucation ae trMT^t développées dans des manuscrils qui seioot probablemeM publia im jour. Je ne les connois point , je a'en puis ïten dire. Toutes les personnes iuslruites lavenl qu« le. cardinal de Beuillou se plaiwit k jeuir , dans sa petite cour , de l'bonneur d'avoir converti ce grand homme. 11 ^loit neveu de Turenne : il fut Tarai et le • défenseur officieai de Féae'lon ; et il avoit toutes les piéventions de la jalousie coutre Bossuet , auquel son amour-propre eu'ïioit une si lionora]>Ie victotre, Ifalheureu sèment pour ses flatteurs , l'opiaton qu'onavoit de son esprit et de ses connoissancesthéolt^iquesôtoit toute espace de crédit i une pareille prétention. Ses courûsans les plua dévoués n'osèrent jamais porter l'eicès de la flatterie jusqu'à le présenter au publiu comme le principal mobile de cette abjuration. L'on comptoit parmi eux l'oratorien Mascaron , qui eut tiatez d'esprit et de pudeur pour conserver beaucoup de mesure , quand il voulut de'cemer en chaire cette apparence d'hommage & son protecteur. Voici avec quelle réserve il sut faire au cardinal de Bomllen sa part de gloire , en portant la couitoisie aussi loin qae pouvaient le permettre les bienséances oratiùrea , dans la troisième partie de son éloge funèbre de Turenne :
« Les bénédictions , dit-il , et les applaudissemens ne s'arrêtèrent pas ï cet illustre converti ; ils passè-^ r^t jusques à ce cher cl illustre neveu qui , par ses Cttnférences fi-équentes , avwt contribué si efficaceaUAl 11 la. conversion de ce grand homme. Certes , oaMSKura , si- pour mériter l'boaneur du triomphe parmi les Komaïus , et pour monter au CapitoJc avec la fourpre , il falloit avoir étendu les bornes de l'empûre et détait des armées considérables : ^aod la crandeur de lanaisiance , ta fHofondeur du savoir , l'iunooence des nuEurs , uie sagesse consommée dans Tome I. S
J.,r,l,z<..f,C00gIf