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on sait confronter les règles de l'art avec les compositions des grands maîtres.
La chaîne de nos oraleura sacrés semble menacée d'une interruption déjà trop sensible. Il faut donc renouer les études de la génération actuelle aux chefs - d'œuvre du genre , et signaler tous les grands anneau* auxquels on doit se rattacher , pour en perpétuer l'éclat et la solidité. Aussi n'a-t on négligé dans cet Essai aucune occasion de' conserver toutes les traditions de la chaire , lesquelles se perdroient infailliblement , si l'on différoit plus long-temps de les recueillir ^ et c'est ce qu'on a fait sur la foi des successeurs de Massillon , qui ont eu le plus de succès dans cette carrière. Aucun prédicateur n'a songé à perpétuer le souvenir de ces anecdotes historiques , sans lesquelles plusieurs beautés du premier ordre , cachées dans les momunens oratoires du siècle de Louis XIV , ne seroient plus intelligibles pour la postérité. On étoit encore assez généralement instruit , il y a quarante ans , de ces traditions orales qui ne sont consignées encore nulle part , et dont il ne Ksteroit bientât plus de Vestige. Nos plus E^ands orateurs ne pu]:>Uèrent pas eux-mêmes
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leurs sermons. Les éditeurs chargés de ce soin n'ont jamais songé à y joindre un commentaire opportun , qui auroit ajouté beaucoup d'instruction et d'intérêt à la lecture de Bossuet , de Bourdaloue et de Massilton.
Tout ce qui intéresse un genre de Uttéra-lure dans une période it jamais mémorable de gloire , appartient émineinment à l'histoire littéraire de celte époque, et doit être transmis à l'émulation des âges suivans.
Quelque désir qu'on ait d'exciter une honorable émulation dans tous les domaines de l 'éloquence , cet Essai contient trèspeu d'additions aux articles qui concernent les orateurs du barreau. Ce sujet a été complètement traité par Quiutilien, qui en a faitl'uuique objet de son laslitation de l'Orateur. I^ chaire elle-même n'a jamais eu pour l'instruction de ses candidats un livre élémentaire qu'on puisse comparer à ce chefd'ceuTre de l'antiquité, qui leur sert encore d'ouvrage classique , et dont les exceUens principes consacireront toujours [notre doctrine sur l'éloquence sacrée.
Si Ton vouloit approprier spécialement les leçons de l'art oratoire au barreau , cette matière ménteroit. d'être traitée par
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un homme de talent et de goût qui auroit long -temps suivi les audiences , et qui même y auroit obtena des succès assez imposans pour accréditer ses conseils et sa méthode par toute l'autorité de sa renommée. Rien ne seroit plus honorable pour un avocat justement célèbre au barreau , et noblement jaloux d'en élever les triomphes oratoires an mveau de notre gloire littéraire , que de tracer la route , de révéler les secrets de son art ; et de chercher ^ multiplier les chefs-d'œuvre de ce genre , en réunissant tous les résultats de ses études ; de son assiduité au Palais , et de sa propre expérience , dans un manuel éloquent propre à naturaliser la véntable éloquence au milieu du sanctuaire des lois.
Cette carrière foumiroit jusqu'à présent très peu de citations dignes de servir de modèles .' on n'eu trouveroit guère d'exeitaples que dans les défenses du surintendant Fouquet par Pétisson. Il en est des avocats qui improvisent avec le plus de succès leurs plaidoyers et leurs répliques , comme des acteurs qui obtiennent le plus d'applandissemens au théâtre : celte gloire éphémère meurt avec eux -, parce qu'elle n'a point
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d'aatre consistance que le souffle fugitif de la parole qui s'évapore dans les airs. Quelqu'analogie qu'il y ait entre les deux genres des prédicateurs et des avocats , sous tous les rapports de l'art d'écrire , de disposer et d'enchaîner ses preuves , de propager et de soutemr ses mouvemens oratoires , les règles de l'éloquence sacrée ne sauroicnt suppléer entièrement à la méthode et à la colwoissance du barreau.
Puisse cet ouvrage ranimer et fixer dans les bons principes de l'antiquité et du grand siècle le goût de l'éloquence sacrée I L'époque actuelle me semble éminemment propre à électriser les âmes d'une noble ardeur , qui peut seule donner cette impulsion et cette direction aux talens vers les travaux et les succès de la chaire. Quelle période de notre histoire put jamais , en effet , promettre autant d'illustration à la France dans cette carrière, où la supériorité dont elle jouit déjà l'élève au-dessus de tonte espèce de parallèle et de concurrence?
DISGOUBS
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