‹ Essai sur l'enceinte de la ville de SensChapitre 5 sur 23 · II. — PORTE SAINT-DIDIER · texte numérisé non relu

II. — PORTE SAINT-DIDIER

Nous ne possédons aucun renseignement sur la porte romaine qui s’élevait à cet endroit et d'où partait la voie d ' Agedincum à Lutèce.

Un dessin de Benec, gravé pour Baugean, nous a conservé le souvenir de la porte du moyen âge, par laquelle la route de Paris à Lyon pénétrait dans la ville. Cette porte, voûtée à plein cintre, était flanquée de deux tourelles placées en encorbellement sur des arcs ogifs appuyés eux-mêmes sur de hauts contreforts. « Elle n'a qu'un pont-levis, dit Rousseau ( 1 ), et sa plus grande force consiste en un grand boulevart qui la couvre d'un costé et l’appuie de l'autre (2), et un fossé à fond de cuve qui la rend comme inaccessible. » Dans la construction d'un égoût moderne, on a profité de ce fossé pour rejoindre l'Yonne. Une statue de la Vierge couronnée de lauriers et provenant, assure-t-on, de cette porte, est conservée dans le jardin de M . Boisseau de Mellanville (3). Les comptes de Jean Misée nous apprennent qu'il y avait une cloche au-dessus de cette porte, en 1436 (4).

En 1 552, le pont qui donnait accès à la porte Saint-Didier fut remplacé par un autre, à deux arches, construit par Guillaume Lefort et Mathurin Hérault, maîtres-maçons de la ville, sur les plans de Nicolas Godinet et Mathurin Hérault (5).

La porte Saint-Didier tomba lors de la plantation de l'Esplanade, en iy58.

La démolition en avait été autorisée par le Conseil d’Etat, en 1752.

Sur l'emplacement de cette porte, on éleva, en 1804, deux colonnes d'ordre dorique, démolies en 1882 par suite d'une délibération du Conseil municipal du 8 février.

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