CONCLUSION
La vérité est le caractère du sage ; sa recherche, l'unique objet de ses études ; la vertu, sa seule habitude. Il doit celte recherche à lui-même, il la doit à tout le genre humain. Ce n'est pas un amusement, c'est une obligation, un devoir. Être heu*^ reux , faire des heureux , voilà sans doute le but. Il ne parvient à l'un qu'en multipliant ses connaissances; à l'autre, qu'en les communiquant à ses semblables . Ces connaissances sont funestes quand elles sont fausses; il faut donc qu'il s'assure de leur vérité pour ne pas empoisonner ses jours et éeux des autres hommes .
Nettoyer, bdayer ri marieur, et préy parer ainsi la maison k Fhôtc céleste qui doit venir l'habiter.
A fur et mesure que i'homme extérieur déchoit, l'intérieur se renouvelle de Jour en jour.
11 y a donc un état particulier de l'âme qui platt à Dieu , et pendant lequel nous pouvons recevoir et ses avertissements et ses conseils. Les sens ne sont pour rien dans ce phénomène mystérieux. La science ici ne peut servir ; ce n'est que par un appel mental et de louables actions que l'œil de l'esprit s'ouvre pour une nouvelle lumière.
Ce que les rois ne peuvent faire avec toute leur puissance, ce que les savants ne peuvent faire avec toute leur science, Dieu le peut par un seul rayon de sa bonté divine; il donne à l'être dont le cœur est simple une joie secrète qui vaut tous les trésors du monde, et une force morale que la torture même ne peut ni détruire ni altérer.
À celui-ci il ne faut point de palais, il y serait
mal à l'aise; des marques de distinction? que luî proposez-vous? il n'en a pas besoin; les jouissances que donnent le luxe et l'aisance? il sait que ce sont des mets de haut goût qui troubleraient son repos et son sommeil.
L'or ne l'éblouit point; que voulez-vous qu'il en fasse? il n'a personne à séduire ou à tromper. L'avilissement et la dégradation de ceux qui cumulent des trésors sont sans cesse présents à sa pensée. Il méprise vos dieux trompeurs et ne s'incline pas devant vos autels. Pour prix de son abaissement passager, il acquiert le droit de regarder les hommes en face, de les interroger, et de fouiller jusque dans le fond de leur conscience.
C'est un paria volontaire qui vit au milieu de la société sans vouloir se faire admettre dans son sein; il prend les injures qu'on lui adresse pour un avertissement qu'il est toujours dans le droit chemin ; il voit les folies de tous. C'est enfin un homme sans ïnasque au milieu d'im déguisement général. Tous ces paillasses et ces arlequins qui passent sous ses yeux lui paraissent comme ce qu'est le singe à l'homme , des êtres dégradés et dignes de pitié.
Si on pousse cet intrus qui assiste au banquet sans y être invité, il reviendra, car c'est un conti-
nuel spectacle dont il a besoin pour se corriger , par ces enseignements, des vices qui pourraient lui rester et ternir encore son âme.
Il voit cette masse d'êtres humains se disant libres et se foi^eant sans cesse des fers. Il sait que leur écorce d'emprunt doit tomber un jour, comme les riches vêtements de cette jeune prostituée tombèrent en rentrant au foyer paternel .