‹ Essai sur l'enseignement philosophique du magnétismeChapitre 19 sur 20 · QU'EST-CE DONC QUE LA VIE · texte numérisé non relu

QU'EST-CE DONC QUE LA VIE

Que le sage ne se glorifie point eu ba sapience, ny le fort et robuste en sa force, ny Topulent en ses richesses; mais qui se veut glorifier, qu*it se glo* rifie à ce quUl ne sait et cognoist.

Les savants ont dit : Voici un assemblage de cordes, de poulies, de leviers admirablement combinés. C'est par cet organe que la lumière arrive; c'est par cet autre que les sons pénétrent; c'est icî le laboratoire de la digestion; voilà l'égoût par où s'écoule ce qui est rejeté comme impropre, et le chemin par où passe ce qui a été choisi comme bon. La circulation du fluide, que l'on appelle sang, parcourt un trajet bien déterminé ; la pression exercée sur lui par ce muscle que l'on appelle cœur explique ce phénomène; ces soupapes, ces doubles cavités font bien juger de la perfection de cet appareil. L'ait étant nécessaire, voilà un autre organe que

Ton appelle poumon qui n'est pas moins bien combiné. Plus nous examinons cette machine et plus * nous sommes portes à admirer les combinaisons savantes qui en ont coordonné les diverses parties. Rien aujourd'hui ne nous est inconnu , et nous avons pénétré les plus profonds mystères de la vie. La conception ! car cette machine a le don de se reproduire, la conception se fait dans ce lieu, c'est de telle et telle manière. Mais cette machine pense, elle agit d'elle-même; il y a donc un organe particulier où se tient, où se place le principe qui la fait agir. C'est ici, dans ce lieu, dans cette pulpe cérébrale, cela n'est pas douteux, car nous le savons par expérience, et les maladies de cet organe ne nous laissent rien à désirer sur ce sujet. Toutes les déterminations partent de ce centre; la nature n'a plus de mystères, et nous 7iotis ccmnaissom nous-^nêmes . Sentir, c'est vivre; vitre , c'est sentir; après la dissolution^ le néant y le fleuve de t oubli. Rien n'est après la mort y la mort même n'est rien; c'est la fin de la vie, etc., etc. . ., et mille vérités de cette sorte.

Quiconque cherchera à établir, à prouver que nos savants sont dans l'erreur ne sera qu'un fou, un visionnaire, un charlatan. On lui ouvrira les petites maisons, et l'Académie sera la récompense

du mérite transcendant de nos grands hommes.

Leurs mille traités sur les sensations, les idées, etc., seront couronnés , formeront les hommes au vrai savoir et orneront leurs.... bibliothèques.

Un homme avait une monture, et, fouettant sa bête , il voulait la contraindre à passer par un chemin d'assez bonne apparence; l'œil découvrait à peine un peu de vase, rien n'indiquait qu'elle cachât un bourbier profond.

Le cheval se montra rétif; les coups ne pouvaient le contraindre d'avancer ; ses naseaux chassaient avec violence l'air contenu dans ses poumons, et, reculant toujours, il semblait avertir le maître imprudent qu'il y avait danger pour tous les deux. Allons donc ! le maître en sait plus que le cheval. Et de grands coups d'éperons apprirent à ce dernier à obéir sans résistance. Le cheval fit alors quelques pas en avant , et tous deux furent plongés dans une fondrière. Notre homme était un académicien; un cheval lui apprit qu'il est des choses qui ne s'acquièrent point dans les écoles et que les bêtes savent mieux que les savants.

Ce monde est un systênio de choset iiivWibh*!» inanifcstécH vi»iblemem.

S4171T Paul.

Tout ce qui ne peut passer à la cornue , ni être pesé, nî vu au microscope , doit être abandonné ; l'étude n'en est pas permise. La science ne reconnaît comme Traies que les choses que les «ens saisissent. Ainsi, tout mouvement , même du corps le plus léger, fait du bruit ; elle niera ce bruit parce qu'dle ne Téntend pas. L'air, par fois, contient dès agents d'une grande force; ne les sentant pas, elle niera également leur existence, quoique souvent ces agents causent la mort. Les nerfs seraient inutiles s'il n'y avait point de fluide nerveux; elle ne se prononce point sur son existence. La science n'adopte un fait que lorsqu'il est devenu vulgaire. Un grand astronome que le public aime disait , en étant témoin d'un fait de vue sans le secours des yeux : 3e le croirai lorsque je pourrai Pes^liqueri

Le savant et son orgueil se peignent ici , mais c'est ainsi qu'ils se distinguent des autres hommes.

Si, après t'être convaincu que la force qui t'anime et te soutient dans la lutte avec les éléments peut s'exiler de ton corps, voyager souvent à de grandes distances, voir, examiner, entendre et garder le souvenir; puis, revenir ensuite au domicile, y rentrer après l'avoir considéré; si, dis-je, tu allais soutenir cette vérité , tu passerais pour un esprit crédule.

Si tu ajoutais que , dans les morts violentes , l'àme erre autour des tombeaux, que souvent elle poursuit le meurtrier, qu'elle peut être aperç^e par une autre âme non encore séparée de son enveloppe terrestre , tu serais un visionnaire.

Et si , poursuivant , tu disais : Une âme qui n'a plus de corps à gouverner peut attirer à elle et délier ainsi de son corps charnel une autre âme; ceci serait plus grave : tu serais un fou.

Rien n'est plus vrai pourtant que toutes ces choses.

Mais il faut des mots nouveaux pour expliquer et faire comprendre des faits de cette nature, qui , comme toutes les choses du ciel , n'ont point de noms.

Comment dirois-tu : Ce que j'appelle une àme n'a point de forme, point de poids, par conséquent, ni étendue, ni épaisseur; elle n'est pas lumière, et sa vitesse est plus grande que celle de la lumière; elle a la conscience de ce qui s'est fait, se fait et se fera, et de sa nouvelle mission ou de sa jonction avec des esprits semblables? on s'écrierait : Montrez-nous ces belles choses, afin que nous les croyions. Mais si lu disais : Pour les voir, il faut épurer votre âme, vos yeux ne suffisent pas; il faut descendre en vous-mêmes et que ce ne soit plus votre cerveau, mais une lumière épigastrique, qui serve de milieu pour en prendre connaissance. On dirait que c'est un faux-fuyant, une porte dérobée pour t'esquiver et te sauver d'une défaite. Mais si tu faisais celte proposition : Vous avez perdu un frère, une maîtresse, un ami , voulez-vous que je vous dise comment ils sont morts, à quelle époque, et quel était, non seulement leur visage, mais leurs vices et leurs vertus? Si on acceptait et que tu réussisses, ne l'attends pas de convaincre; on t'accuserait d'avoir dérobé des papiers de famille, d'avoir fouillé dans une cassette, ou fait parler les gens de la maison. Si enfin lu disais : L'être que vous avez perdu a oublié de vous dire une chose importante; son testament ou ses papiers, que vous

cherchez encore, sont à tel endroit ou ont été dérobés par un tel. En supposant que tu puisses tenir tes promesses acceptées, crois-moi, tu n'aurais plus qu'à fuir, et ta sijireté ne serait nulle part ; la justice et tout son cortège seraient à ta poursuite.

Laisse faire au temps , les vérités sont providentielles; elles n'arrivent qu'aux époques voulues. Si le novateur se plaint des tourments qu'il endure et de l'insuccès de ses efforts, c'est qu'il faut que la route qu'il prétend ouvrir soit jalonnée et que chaque jour soit témoin d'un combat ; il faut aussi des martyrs à la vérité pour qu'elle cesse d'être méconnue*

Ma joie est grande, je t'assure; je doutais et je crois maintenant; j'ai vu, un seul instant cependant, ce que d'autres peuvent voir avec tout le loisir possible; et, depuis ce temps, mes peines ont perdu de leur amertume , les fausses grandeurs ne m'éblouissent plus , et c'est presque avec bonheur que j'envisage la vieillesse qui m' arrive.

i^luî qui vaincra héritera toutes

L'homme eiiU-evoit la vérité , son regard plonge pour un instant dans les abimes de l'immensité. Lorsque cet heur lui est accordé, il faut qu'il saisisse avec rapidité ce qu'il lui est donné de voir, qu'il s'y attache, et que sa croyance ait pour base ce que VAme a permis de saisir et de comprendre, en dépit de la raison qui tend sans cesse à le ramener aux stupidités du vulgaire. Laisse-le; il doit être le jouet de ses passions et de celles des hommes qui le gouvernent. Toi , suis hardiment ton chemin à travers des routes inconnues; ton âme, mieux que ton œil , peut , parfois , franchir des espaces que la raison ne peut concevoir. C'est par ces roules que tu iras après la fin de ta vie, et plus lu auras dégagé ton entendement de la rouille des préjugés, purifié Ion âme en éloignant de toi les vices, plus aussi tu éprouveras les joies secrètes d'un meilleur avenir.

biéu est Un esprit... Puisqu^il est nrt esprit, tu ne peux l'adorer qvi^uwe kii cœur pur.

Catox.

L'œil de Taigle a deux paupières; sans cela il ne pourrait r^arder le soleil en face; l'homme ne le peut sans en être ébloui; mais cette vue matérielle n'a rien de commun avec la vue de l'àme; c'est souvent dans la nuit sombre que celle-ci voit des clartés qui ne sont point solaires ^ quoiqu'elles viennent du firmament; elles sont plus vives et ne fatiguent pas les sens. Cet autre pôle qui attire parfois l'âme lorsqu'elle est tant soit peu dégagée de la matière, c'est là qu'elle se fixera tout à fait pour y gémir ou pour y être heureuse *

Malheur à vous, prêtres prévaricaleui*s, et vous, mauvais princes, le sang que vous avez versé pour satisfaire vos vengeances ou votre ambition formera une auréole autour de vous, vous suivra et ciierar

vengeance ; voire remords, vos tortures seront éternels ; et , comme ces parricides que Ton soudait à leurs victimes pour être dévorés vivants par les vers de leurs cadavres, vos victimes seront soudées plus étroitement à vous.

Malheur à vous, riches qui n'avez pas eu d'entrailles ! vos privilèges ne vous serviront plus ici , vos œuvres vont être pesées, non par la balance des hommes, vos égaux en vices, mais dans celle de l'éternelle justice.

Riez de mon assertion, sceptiques , et vous qui vendez des indulgences pour racheter les crimes^ l'or que vous extorquez ainsi , cet or dépensé pour satisfaire vos luxures, sera retrouvé; vous entendrez le son de ces pièces accusatrices, et ceux qu^ vous les ont données les compteront encore devant vous. Et vous, médecins, lorsque Dieu vous dira : Cam, qu'M-tu fait de fow/rèf-e? lorsque vous verrez les destinées que vous avez interrompues et tant d'êtres vous redemandant la part des jours que vous leur avez retranchés, diréz-vous que vous étiez dans l'ignorance et que la lumière n'avait point lui à votre esprit? Si vous étiez aveugles, pourquoi vous chargiez-vous de conduire les autres? Si vous n'aviez pas la vertu et la science que demandé votre ministère, il ne fallait pas dire aux malades :

Venez ^ je suis celui qui guérit. Votre supplice ne sera plus seulement semblable aux remords qui viennent à la fin de la vie et que la mémoire entrelient; ici, ce ne sera pas la mémoire qui sera votre accusatrice; le cerveau, cet amas d'organes, qui, comme un livre fidèle , rassemble les faits de votre vie, périra, mais les faits subsisteront, car ils sont gravés dans ce qui vous survit.

Paroles de fou ! direz-vous , et qui n'ont pour appui qu'un vain rêve; vous êtes comme ces ivrognes qui, ayant bu outre mesure, s'imaginent que tout le monde est dans l'ivresse comme eux, et n'a pas la vue plus perçante; vous buvez à une autre coupe commune , vous vous enivrez des erreurs et des préjugés du monde , et , trébuchant à chaque pas , vous vous imaginez également que nul ne puisse marcher droit et voir plus clair que vous. Votre illusion vous sera fatale , et cet enchantement d'une autre Circé sera détruit. Ce jour est près, déjà des teintes grises vous environnent ; le vent mugit et annonce la tempête ; des arbres qui semblaient défier le temps voient leurs branches brisées joncher au loin la terre; les vieux troncs, même, se déracinent; on bat le rappel là haut! Ainsi vous périrez. Le sol qui vous a vus naitre et qui vous a nourris

vous rejette ; il a besoin d'une autre culture. Génë-

ration, lu vas disparaître en nous laissant des souvenirs de gloire ; la terre a bu le sang répandu ; les ossements d'un million d'hommes ne sont plus qu'une vaine poussière. Parle, qu'as-tu fait pour le bonheur de ceux qui apparaissent? Le travail de quelques-uns aura été comme ces sources d'eau pure qui jaillissent avec effort et constance au milieu d'un étang fangeux; elles ne changent rien à la masse d'eau bourbeuse, et sont perdues pour tous.

Souvent la vérité n'est-elle pas semblable ? Elle soulève la vase dont est formée l'organisation humaine, mais son effort est vain ; il faut des irrigations violentes, il faut épuiser cette boue remplie de débris empoisonnés. Et quel est l'homme assez entreprenant pour travailler , non pas au salut d'une génération entière, mais d'un seul autre homme ?

Fuyez, temps de misères et d'effroi, où la vertu est ridicule , où la science vraie n'est qu' un objet de ratUôrie et de mépris !

Il n'est plus de sanctuaire où , de nos jours , l'homme qui approche de la vérité puisse aller la recevoir tout entière et ouvrir son Ame à Dieu. Les sages ont disparu^ et les lieux vraiment saints ont

cessé d'exister ; des fourbes ont revêtu la robe des élus , et, parodiant leur langage , ils abusent les hommes qui, pleins d'espoir, accourent encore , croyant trouver en eux les divines traditions. Comment , en effet , enseigneraient-ils aux autres ce qu'ils ne savent pas? C'est à Dieu, Dieu seul, maintenant qu'il faut demander la sagesse. Les philosophes se sont faits trafiquants et les choses de la terre s DU l devenues leurs seules occupations.

Souviciift-toi de Jacob ! Les songes du génie descendent E»ur des froats qui n*ont dans Tinsomnic qu'une pierre pour oreiller.

De Lamartine.

L'homme qui désire sincèrement travailler à son perfectionnement a de grandes facilités pour y arriver ; le grand livre de la nature est constamment ouvert sous ses yeux; il n'est pas un instant de sa vie où il ne puisse y lire et y puiser des enseignements précieux. Qu'il observe attentivement les êtres qui vivent autour de lui ; au milieu de cette variété infinie de vices incarnés dans chacun d'eux il trouvera cependant le germe des vertus qu'il recherche, n n'existe pas une seule créature essentiellement perverse, il y a toujours un peu de bon dans sa nature; qu'il prenne pour lui ce bon. n n'existe pas non plus un être essentiellement bon , il y a toujours un côté faible ouvert aux passions mauvaises; qu'il se cuirasse de ce côté pour éviter chez lui l'entrée des tentations.

Est-il donc si difficile d'être meilleur que les autres hommes ? Non , lorsqu'on borne ses désirs , qu'on considère la fragilité et le peu de durée de la vie et qu'on fait abnégation de soi-même. Il restera sans doute la trace du péché originel; le mal que l'on ne fait pas viendra cependant encore à la pensée, mais c'est alors que l'homme sent déjà le prix de la vertu qu'il acquiert , puisque ce commencement de perfection lui donnera la force d'éteindre ce foyer qui brûle et dévore tant de cœurs et tant d'entrailles. On épure tout aujourd'hui; les arts ont fait un progrès immense, on peut tout presque mettre à l'état d'essence; l'homme peut sur luimême séparer l'ivraie du bon grain et montrer aux autres une âme pure comme le cristal; il n'a qu'à vouloir. Qu'il aime d'abord ses frères, même pour le mal qu'il en reçoit; puisque ce mal qu'il éprouve ainsi est un avertissement pour lui de ce qu'il ne doit pas faire aux autres.

Voici ce que disait un sage indien à celui dont la plainte s'exhalait en paroles amères :

Imite Fhuître, qui remplit de perles la main de celui qui lui déchire les flancs.

Vois-tUy là-baSy cet arbre assailli d'une nuée de cailloux? Une laisse tomber sur ceux qui les lancent que des fruits délicieux et des fleurs parfumées.

Doit-il en effet se fâcher parce que le froid aura ridé sa peau , parce que la pluie l'aura mouillé jusqu'aux os? Non, il apprendra à se couvrir, à se mettre à Tabri; l'intempérie des saisons n'aura plus qiie peu de prise sur lili.

Aux petits des oiseaux Dieu donne la pdttire, mais ils sont obligés de la chercher, et que de peine ils se donnent pour la trouver ! N'ont-ils pas à redouter le cruel chasseur, les pièges tendus avec art?N'ontHls pas à craindre le vautour qui plane sur leurs têtes? Ne faut-il pas qu'ils émigrent au milieu de mille dangers? Pourtant, ils n'ont que des chants d'amour; un rayon de soleil suffit pour les rendre joyeux.

L'.homme, il est vrai, a des ennemis plus à craindre , car les rets sont tendus avec plus d'art et d'adresse; il suffit qu^il soit bon pour que de toutes parts Tœil de l'envie ou de la cupidité se tourte de son côté. Il a plus à craindre qtie le méchant, mais aussi des joies l'attendent, lorsque son âme remontera vers l'Eternel. Ici, de quelque côté qu'il se tourne, il doit souffrir.

La terre n'éprouve-t-elle pas aussi des révolutions? Ici elle tremble et son sein s' ôuvfe polir donner issue au feu intérjeurqui la dévote; elle' èe 'dé-

olùre par places, et des montagnes qui semblaient défier le temps roulent avec fracas ou sont lancées dans l'espace. 11 n'est pas une molécule en repos dans ce vaste corps qu'on appelle la terre ; les eaui s'iuflUrent dansses profondeurs pouren sortir par des Yoi<»s inoofliniies. Il n'est pas un ii}iK)uyemejit des éléments qui né donne la vie ou lamoi;t à des myriades d'êtres. Les profondeurs des mers sont agitées par des courants , tandis que la surface, remuée i par les vents, va battre les continents et les abreuver de son écume. Le ciel lui-même, qui nous parait parfois.si pur et si tranquille, est soumis à.la même loi. Le vide, rêvé par des philosophes,, est sans c^se traversé par des fluides et des vapeurs éthérées nécessaires à la conservation d'autres mondes comme à leur destruction. L'honune seul serait tranquille spectateur de ces grands phénomènes! son organisation devrait n'en point resseatir les effets? Erreur qui accuse son orgueil et son ignorance ; il n'est pas semblable deux instants dans sa vie. Soumis aux changements et aux transformations qui s'opèrent sous ses yeux , il nalt.à condition de mourir, et la végétation de ses organes suit les lois qui président à la décomposition et à la récomposition des êtres. lise plaint,^ se la * mente, voudrait être immortel et jouir en paix sur

la terre de tous les trésors qu'elle possède. Chaque jour il remet au lendemain pour apprendre à dépenser utilement cette vie qui s'écoule si vite pour ne plus revenir. Le dernier jour vient et le surprend encore faisant des projets comme un enfant. Tout marchait autour de lui ; il se croyait immobile. Son enveloppe n'est qu'un emprunt, un vol qu'il a fait à d'autres êtres ; mais, plus cruel que les tigres et les hyènes, il a tué, égorgé sans pitié des animaux qui ne troublaient en rien son existence. Rassasié, il tuait encore pour le seul plaisir de détniire; la vie qu'il arrachait ainsi le trouvait insensible ; les cris de détresse de ses innombrables victimes, la vue du sang , rouge comme le sien , ne faisaient aucune impression sur son cœur . Mais, le jour venu, cet être inhumain ne veut pas que la nature s'attaque à lui et interrompe le cours de ses meurtres et de ses forfaits. Semblable à ces brigands qu'une longue suite de crimes a rendus pleins d'audace, il s'est fait une logique et une justice à lui, il a des sophismes pour justifier sa conduite et ses meurtres.

Ainsi, tout n'est que destruction, etl'honime aide autant qu'il le peut au renouvellement des êtres. S'il s'arrête un instantdans T accomplissement de ce grand œuvre, c'est qu'il ^st malade, c'est qu'il ne

peut plus lever son bras pour frapper et que son estomac rejette avec dégoût ce qu'il a longtemps savouré. Il demande à grands cris la conservation de jours si précieux; tout à l'heure il va dormir' pour ne plus se réveiller. Dans un instant les vers vont en faire leur pâture, et la justice de Dieu commencera.

La vie est la lumière des hoaun^.

La vie ! tu peux connaître ses mystères Ce qui parait aux autres un chaos n'en sera pas un pour toi .

La vie, que Thomme donne sans le vouloir et qu'il ôte en le sachant, se dévoilera un jour à ton esprit étonné , et connaissant les vérités philosophiques des sages de l'antiquité , seul tu pleureras au milieu de cette foule , et tes pleurs ne seront pas comprises, et tes plaintes exciteront le rire. Mais, crois-moi, ce rire des insensés ne produira en toi nulle colère. Ton regard ne cessera pas d'être doux ; tu n'auras point de malédictions à donner, car ceux de qui tu recevras des outrages ne se connaîtront point. Dois-tu te fâcher de ce qu'un ivrogne le heurte en passant? te croire sali parce qu'une femme impudique t'aura adressé la parole ek touché tes habits ? Et si, passant près d'un lieu infect, tes sens souffrent un instant, serais-tu

juste si tu blasphémais? N'imite donc aucun «te ces grands enfants que tu rencontreras dans la vie; c'est en faisant le contraire de ce qu'ils font, c'est en vivant autrement qu'ils vivent que tu sentiras se déveloper en toi une force morale qui doit te conduire à la vertu. '

Leshommes faibles, lorsqu'on blesse leur orgueil, succombent à la vengeance, qu'ils savourent par avance comme un fruit délicieux. Mais, crois-moi, ce fniit empoisonne le cœur aussitôt qu'on en a goûté. Le premier mouvement passé, on se trouve heureux de n'avoir point obéi à des sentiments que la réflexion repousse, et l'on se sent plus grand que celui qui croit vous avoir beaucoup abaissé. Ce sont des préjugés qui gouvernent les hommes, et tu dois t'en affranchir; ils obéissent à des instincts grossiers ou à de faux points d'honneur. Toi, tu dois désormais écouter une voix intérieure qui le guidera plus sûrement que la raisOn^même ; elle t'inspirera et te fera comprendre des choses que tu ignores encore.

Si tu es pauvre , consoîe-tci ; ce n'est point un abaissement que la pauvre'é. Vois le riche; inquiet, tourmenté par ses propres richesses, il est le point de mire de.tous ceux qui possèdent moins, et chacun tourne autour de son domaine pour lui ravîr

une portion du moins bien gardé. La santé est le bien le plus précieux ; le cœur est gai alors , l'esprit est libre et voit mieux le chemin que tu dois suivre pour arriver à une position que tu dois désirer modeste. Etudie la loi, non pour t'y soustraire comme on le fait aujourd'hui, mais pour y obéir. Faut-il donc tant de choses pour être heureux ? Avec peu de désirs presque rien suffit ; et s'il est vrai que chez les hommes le chant soit l'expression du bonheur, ce sont ordinairement ceux qui n*ont rien que le salaire de la journée qui se livrent à la joie.

Si tu es riche, fais le bien pour le plaisir de le faire; n'en espère aucune r^comp^ise , afin de ne point éprouver de déception. Rejette les démonstrations bruyantes , elles sont équivoques : le cœur y est rarement pour quelque chose ; mais le bien que tu auras fait embellira ta vie , et tu porteras plus souvent ton regard vers Dieu, d'où découlent tant de bontés et qui trouve tant de cœurs ingrats. Sois toujours prêt à quitter la vie; bannis la crainte de ton esprit : les esclaves seuls tremblent devant leur maître. L'ignorance et les préjugés inspirent la crainte aux faibles, en les tenant dans une espèce d'esclavage; ceux-ci ne savent mourir sans terreur; c'est une faiblesse qui prouve qu'ils

étaient incomplets et qu'ils n'ont jamais quiltd l'enfance ni les idées de leurs nourrices.

Si tu ne veux suivre la loi commune, lu pourras vaincre sans de rudes combats : l'amour n'est dangereux qu'autant qu'on se plaît à se laisser charmer. Il n'est pas en «otre pouvoir de nous soustraire à ses premières atteintes; mais chez l'homme qui n'obéit point comme la brute à un instinct grossier, l'ivresse n'est jamais complète, il ne se livre qu'avec discernement. Dieu a voulu que l'homme ait une compagne de son choix: la société a brisé ce contrat; elle a fait taire le cœur et détruit par cela même la plus grande partie du bonheur de l'homme; l'anneau d'alliance n'est plus d'or pur, mais un composé de cuivre et d'arsenic.

Le mariage aujourd'hui est une affreuse chose; abstiens-toi si tu peux de former des liens; mais si tu n'as pas assez de vertu pour réprimer tes désirs, marie-toi, afin de ne troubler aucun ménage et de t' épargner des remords. Sois doux, compatissant envers la compagne que tu auras choisie; n'exige pas d'elle plus de perfection que tu n'en possèdes; pardonne-lui ses erreurs, et, à force de le montrer supérieur à elle, espère qu'elle se corrigera. C'est une rude tâche que de former une femme à la vertu; mais aussi , si tu y parviens, lu

auras ajouté à ton bonheur en te donnant le plus solide ami et le meilleur consolateur dans les afflictions qui accompagnent la vie. Sois sobre; les plaisirs auxquels la nature convie tous les êtres enlèvent les forces magnétiques, l'abus les anéantit complètement; il faut qu'en ceci tu sois encore plus réservé que les autres hommes.

Si tu fouilles dans les livres moraux , aie un fil pour te conduire, car tu seras entré dans un labyrinthe dont tu ne pourras sortir. Tu iras, lu viendras; ton àme inquiète cherchera l'issue, et, ne la trouvant pas, le bien, le mal te paraîtront exister ensemble , sans que tu puisses trouver la raison

définitive qui les a fait souder l'un à l'autre.

Fuis les docteurs de la loi^ et ne crains rien de leurs anathèmes; ils sont aussi stériles que leurs bénédictions. Semblables à ces mendiants que tu trouveras sur les grandes routes, ces faux religieux prendront toutes les positions , ils emploieront tous les langs^es pour te persuader de leur ^uffrance ; si tu leur donnes ton bien , ils feront comme les mauvais pauvres qui , avant de recevoir , promettent des prières , et qui , ayant reçu , dissipent l'aumône sans s'occuper de celui qui la leur a faite. Insolents dans la prospérité autant qu'ils sont soupleis dans l'adversité, crains-Lçs s'ils ont

le pouvoir , car leur rancune est pasaée en proverbe. Mais ne rejette pas leurs livres anciens; là, en les dépouillant des erreurs, tu trouveras la vérité de toutes choses ; là est la voix de Dieu, et, en méditant, de saintes prières sortiront de ton cœur; ton âme brisera ses entraves pour aller au^xle»* vaut des ce' estes rayons de la Divinité, toujours prêts à descendre dans la demeure de l'homme juste.

Ne confonds jamais le langage avec les actes, car les siècles derniers ont vu de grands charlatans mener joyeuse vie. «Payez largement la dime, et nous vous préparerons le chemin du ciel , » était le premier article de leur code. Ils avaient dit : « La foi ne se raisonne pas, » et pourtant jamais raisonneurs plus verbeux n'apparurent au monde. Il en est de même aujourd'hui pour la politique : « Payez largement l'impôt et nous vous préparerons la liberté, r égalité, F ordre public. Ne raisonnez pas surtout, nous seuls savons raisonner.» Un avenir prochain doit être pour toi fertile en enseignements.

Si tu cherches des hommes vraiment supérieurs, un nom qui sorte de la ligne commune, tu ne trou-, veras qu'un vide affreux; et, par un renversement de toute idée raisonnable , tous ceux dont la vo^ cation demande la tranquillité et l'éloignemenl des passions sont devenus des hommes politiques;

les philosophes, les médecins, les prêtres, tous se sont jetés dans cette arène où le nombre tient lieu de raison et où la justice est soumise aux caprices du sort. Tous les sentiments généreux sont combattus par des sophistes, et les mots si sacrés de vertu, d'honneur, de patrie, n'ont plus la puis- • sance d'agir sur le cœur; ils provoquent le rire de la masse éclairée .

J'ai vu délite d'une grande nation nommer un roi et se forger des chaînes en moins de temps qu'il n'en faudrait pour acquérir le plus mince domaine; je l'ai vue portant en triomphe son licol, puis, un jour, honteuse de son ouvrage, chercher à le détruire.

Détourne les yeul de pareils tableaux; la raison s'égare en les considérant trop longtemps. sagesse humaine ! où es-tu? FaUt-il donc à jamais que r homme soit gouverné par les passions du moment? Faut-il donc qu'un bouleversement en prépare un autre , et que le sang humain coule éternellement pour repaître des ambitieux !

Hommes ! ne vous plaignez plus de vos maux, car vous êtes souvent l'instrument de voire propre ruine ; la fièvre de la possession vous dévore ; privée du calme nécessaire , votre vie n'est plus qu'un supplice.

si vous avez séparé ce qui est précieux de ce qui est vil, vous serez alors comme un oracle de ma bouche.

Jéréhie.

Ne t' étonne pas si je te parle de ces choses au sujet du magnétisme. Comment saurais-tu guérir les maux si tu ignores la cause de leur production, si tu ne sais que les passions, les désirs immodérée engendrent des maladies aussi durables que celles produites par des agents physiques , si tu ignores l'action que peut exercer sur la vie une simple déception, si tu ne sais qu'une irritation du système nerveux, causée par de simples contrariétés, flétrit les tissus, diminue l'activité des fonctions et engendre aussi des maladies?

Ta conduite doit être différente de celle du médecin, qui purge et saigne souvent pour des maux de l'esprit, et qui, en écoutant les plaintes exhalées par des gens souffrants , étouffe d'ennui et comprime ses bâillements en signant son ordonnance.

Il faut que tu saches que la colère et la joie peuvent tuer comme le feraient des poisons énergiques.

Il faut que tu saches encore que la parole, venant d'un cœur qui sait s'initier aux souffrances d' autrui, exerce une action puissante sur le système nerveux et fait cesser les spasmes qui paralysent le jeu de la machine hnmaine.

n faut que tu devines des peines ou des vices que Ton ne veut point t' avouer, et qu'en les découvrant tu sois comme si tu les ignorais.

Il faut que tu fasses plus encore, que tu éveilles parfois des passions endormies pour diminuer l'influence de celle qui , pour le moment , exerce une trop dévorante activité. .

Comment feraMu ces choses si tu es ignorant; si, placé près d'un être souffrant, tu n'aperçois que la surface de son corps, et si tu ne vas pas plus loin qu'à voir dans l'intérieur trop de sang, trop de bile, trop d'humeur, etc.; si tu n'as que des paroles bannales, et si ton âme n'est point émue? Tu pourras, sans doute, magnétiser et produire une série de phénomènes, mais tu ne sauras jamais toutes, les ressources de ton art. Tu ne connaîtras point la partie du corps oii il faut frapper pour que la natuf0, réponde, et tu rentreras dans la catégorie desmédecins vulgaires.

n faut qu'en te voyant la confiance naisse chez le malade ; que^ comme une divinité bienfaisante,

ton approche porte en lui un baume consolateur, • et tu ne dois pas le quitter sans qu'il soit soulagé. . Tu commences sans doute à comprendre pourquoi les bons médecins sont rares ^ et que ceux qui demandent de l'or et toujours de l'or, pour prix de leur salaire, ne sont pas des médecins , mais des hommes dont la véritable vocation était d'être trafiquants.

Il faudrait un enseignement spécial, une chaire dans le sein de l'École de médecine, oil la morale serait enseignée aux élèves comme complément de leurs études médicales. La médecine fondée sur les nouvelles connaissances ne serait plus, comme elle l'est de nos jours, un métier ou plutôt une industrie. Lorsqu'on a vieilli en l'exerçant, on vend sa clientèle comme on vend un fonds de drogueries; c'est ainsi que l'on couronne l'œuvre.

« Médecine! pauvre science!

« Médecins ! pauvres savants !

« Malades ! pauvres victimes ! »

Ainsi l'a dit et écrit le docteur Frapart quelques jours avant sa mort.

* Cet art a des difficultés qu'il n'est pas aisé de reconnaître ; elles sont au-delà de la portée du commun des hommes ; car ce n'est que par un jugement sain et de la pénétration qu'on peut les découvrir. Des malfidies obscures et pleines de dangers se laissent moins apercevoir par Tart que par la pensée. Or, c'est dans ce cas-ci où l'on voit combien Texpérience l'emporte sur l'ignorance, Hippocrate.

Faites l'arbre bon , le fruit sera bon.

Sache donc que l'on peut maintenant régularisa l'emploi du magnétisme sans trop s'affaiblir; on peut venir au secours de celui qui succombe en versant dans ses organes ce feu principe. Dieu Ta créé pour animer tout ce qui a vie et doit vivre. C'est le lien qui nous attache à lui^ et qui fait que nous le sentons en nous sentant nous-mêmes. C'est cette divine essence répandue par toute la nature, et qui donne à l'homme la faculté de se reproduire, tout en continuant de vivre. La volonté, le désir, la sympathie la portent dans des corps qui nous sont étrangers pour augmenter l'énergie, ou rappeler au sentiment de son devoir la portion trop faible qui y a été déposée.

Arrêtons-nous ici; pourquoi parler de conserver? on n'écoute que ceux qui détruisent ! Guérir les maux? mais ils sont nécessaires, puisqu'ils font vivre une classe nombreuse d'individus.

Lorsque tu commenceras ta carrière, et que, sûr

de toi-môme et de la vérité, tu voudras la répandre, on te dira :

Tu détruis ma croyance !

Tu renverses l'abus qui me fait vivre !

Pourquoi troubler ma conscience , en m'annonçant qu'il y a un Dieu vengeur des crimes !

Il ne faut pas éclairer les hommes pour pouvoir les gouverner !

Que venez-vous guérir les maux ! ... Il faut que beaucoup d'hommes meurent, pour que d'autres trouvent place, etc., etc.

Le mépris, la raillerie t'attendent. Tu chercheras P homme ! mais tu ne trouveras souvent qu'un être ignorant , grossier et cruel , qui a pris son image. Va ! Dieu n'a pas fait ainsi l'homme, car il serait plus horrible que sa créature. D'où vient donc cette perversion de l'espèce humaine? Qui a donc changé *sa nature? La faune science. Ta vie doit s'user à la combattre, à la démasquer, Qu'importent les injures des gens intéressés à soutenir le mensonge? Il faut qu'ils n'aient point d'adversaires plus redoutables et plus opiniâtres que toi!

Arme enfin la vertu contre le vice, la vérité contre l'hypocrisie, et la raison contre les opinions vulgaires.

La sagesse c^t la vie des chairs du corps Pt la santé du cœur.

Ménage tes forces, celles qui le viendront dans rage adulte; n'obéis^poinl en entier aux désirs que tu éprouveras, si tu veux que les organes se forfi* fient et reçoivent un complément de puissance devant se faire sentir toute la vie. C'est un trésor qui vaut bien mieux que la richesse, et où tu pourras puiser longuement sans en tarir la source. Sois avare, dans ta jeunesse, de cette sève que les hommes prodiguent et dépensent sans compter. Plus tard, tu compareras ton organisation avec la leur; ils envieront ton sort et craindront de lutter en quoi que ce soit avec toi. Les épidémies ne t'atteindront point, ou, si elles l' atteignent, tu pourras les braver.

Toutes les folies imaginables s'emparent d'un jeune homme; il est si rare qu'il n'obéisse à l'une

d'entre elles, et alors il s'y abandonne souvent sans réserve. Si l'organisation ne s'amoindrit pas dans son entier, c'est une partie de TédiiQce qui fléchit et rompt son équilibre avec le tout. Et comme chaque âge amène avec lui de puissants désirs et de faux besoins que l'on satisfait, on ajoute un embarras à celui qui existait déjà. C'est ainsi que l'on avance dans la vie,

La plainte est inconnue à un certain âge. On rit des pleurs des autres; on se moque de l'homme courbé et valétudinaire! Comment croire, Içrsque l'on regorge de santé et de jeunesse, que l'on sera soumis aux mêmes vicissitudes? Ah! ce temps passe vite pour ne plus revenir, La douleur se glisse en nous par la porte que nous avons nousmêmes ouverte ; elle s'y établit; ce n'est rien d'abord , car toute la vie arrive à l'organe et s'interpose pour l'empêcher d'être détruit. Mais le mal ne cède pas toujours; souvent, lorsqu'on le croit parti , il se montre de nouveau et nous tourm^ite plus fort. La lutte recommence alors et les forces s'usent à le combattre. Qu'est-ce donc lorsque l'édifice humain a été mal construit? Qu'est-ee ^lonc encore lorsque le sang charrie partout le virus d'une maladie honteuse dont la science n'a pas su préserver nos p<Ves.

Il irexisk» pas aujounriuii de règles de la vie; personne d'ailleurs ne pourrait les établir. Il faudrait à chaque individu une hygiène à part, tant la civilisation et les dZ-sordres ont gàt^ chaque organisation .

N'oublie pas que tu peux swr toi-mfhne agir magnétiquement, et le débarrasser ainsi, en maintenant tes organes dans un état d'équilibre, d'une foule d'indispositions qui, chez 1ns autres, amènent des maladies.

Que ton corps soit propre; mais use rarement de bains chauds; ils diminuent les forces magnétiques. Si, malgré tout, une partie, un organe n'acquiert pas le 'développement nécessaire dans le temps qui semble prescrit par la nature , ne t'en mets point en peine. Les forces de la nature sont régies par des lois inconnues , mais prévoyantes ; sois certain que le travail se fait en toi, pour ton plus grand développement. Les forces vives agissent régulièrement et plus sûrement que tu ne les dirigerais toi-même. La nature sait ce qu'il faut faire; quelquefois elle ne divise point sa puissance , elle laisse pour d'autres temps un ouvrage inachevé , mais elle y revient sûrement et le com^ plète. C'est ainsi que parfois la poitrine reste étroite, les jambes grêles, etc. C'est que d'autres

parties avaient aussi d'impérieux besoins, et aussitôt qu'ils sont satisfaits ce qui était faible devient fort à son tour.

Il faut que, parvenu à certain point de développement, tu essaies Ion organisation, comme un habile artiste essaie un instrument de musique pour savoir s'il rend bien toutes les notes. Sache que tu as le rudiment de toutes choses, et qu'il n'est pas une petite partie de ton cerveau qui ne soit chargé d'une fonction et qui n'ait une propriété. C'est dans ce lieu que réside le clavier sur lequel touche l'âme; mais, quoi que tu fasses, tu ne connaîtras jamais toutes les ressources detofi être , si tu ne sais établir un rapport entre le cerveau et les plexus situés sous le creux de l'estomac. C'est dans ce rapport qu'existent la manifestation de la clairvoyance et les pins merveillemes facultés. Mais malgré tout encore, ces facultés essentielles ne se font connaître à nous que dans certains moments ; elles se perdent ou disparaissent bientôt pour ne plus revenir qu'à des temps inconnus. Sans doute, elles nous élèveraient trop au-dessus de notre condition , si elles demeuraient; la vie ne serait plus supportable, l'âme prendrait son vol avant le temps. Des penchants mauvais viendront le visiter et essayer sur toi leur puissance; Dieu a voulu qu'il

en fût ainsi. La vertu n'existerait pas si nous n'avions pas besoin de combattre. Une prédominance fatale peut apparaître dans ton cerveau ; d'habiles phrénologistes ont découvert ces parties et en ont dévoilé quelques mystères , mais c'est toi seul qui peux y apporter le remède.

Enfin, dans l'indignation que tu éprouveras de voir le mensonge préféré à la vérité, n'en veux point aux hommes, mais à leurs systèmes seulement. La colère que j'affecte, je ne l'ai point dans lecœur^ et ce n'est point une vengeance que je veux exercer, maisL seulement faire prévaloir un grand fait repoussé avec mépris par la science orgueilleuse. Mon emportement, tu le partageras cependant plus tard, car Dieu a voulu cette colère ; elle est religieuse et sainte. Mais tu seras indulgent pour les fautes individuelles. J'ai besoin moi-même que Von me pardonne le mal que j'ai pu faire. Cherche moins à convaincre par des discours que par des faits ; simples d'abord, ils seront la semence de la conviction que d'autres doivent avoir un jour.

Renfermé en toi-même, tu jouiras eil ne partageant pas les erreurs communes. Comme l'habile et hCHinête chirurgien placé sur un champ de bataille, tu panseras les blessés sans considérer s'ils sont amis ou ennemis , sans cliercher à savoir s'ils se

distinguent par des grades, sans f informer s'ils croient à ton Dieu, et surtout sans que l'amour de l'or soit ton guide. Tes mains bénies verseront ainsi un baume précieux sur les blessures. En les voyant se cicatriser, prie alors; Dieu entendra ta prière; il fera plus, il te donnera une joie secrète, avant-coureur d'un meilleur avenir.

Disposé à suivre notre carrière, tu dois vivre au milieu d'hommes toujours prêts à s'entre-détruire; que la crainte ne pénètre point dans ton cœur. Recherche la vérité avec amour; médite, et que, comme Archimède, le bruit et le cliquetis des armes n'arrivent point jusqu'à tes oreilles. Métirs comme mourut cet homme. Ta mémoire comtfie la sienne sera conservée par la postérité ; mais, plu& heureux que lui, le problème que tu auras résolu servira de règle à d'autres générations. Du fruit qui se corrompt, tu n'empêcheras pas l'entière pourriture, mais les pépins resteront. Crois-moi, l'avenir réserve à ceux qui habiteront cette terre d'autres mœurs, d'autres lois, d'autres savants et d'autres médecins. Les principes moraux qui doivent tous les guider, tu les auras trouvés, car: enfant DE Dieu, remontant jusqu'à ton père, tu en auras

REÇU LK SOUFFLE ET ï.'fNSFIRATION.

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