‹ Essai sur l'enseignement philosophique du magnétismeChapitre 8 sur 20 · MO · texte numérisé non relu

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agents dont ils disposent ; ils assurent cependant de leur efficacité ceux qui doivent en faire usage. Mais aujourd'hui le médecin est plus à craindre que le prêtre, car ses remèdes sont souvent des poisons; le prêtre n'a que des paroles, et cependant, s'il savait quel pouvoir elles peuvent acquérir, il serait plus souvent demandé que le médecin, et le malade guérirait plus vite.

Dans les siècles derniers, le médecin du corps et celui de Tàme faisaient bon ménage; le médecin avait-il une maladie hystérique ou cataleptique à traiter, ou hien quelques accès de somnambulisme déréglé : il déclarait que c*étmt une maladie non naturelle que le prêtre seul pouvait guérir. Ce dernier arrivait revêtu de son étole et armé du fatal goupillon qui contenait Teau bénite, et cette eau n'est pour nous que Teau magnétisée ; il aspergeait et exorcisait le malade en prononçant des paroles qui devaient contraindre le diable à sortir de ^n corps, et voyant des phénomènes se produire, car une scène de magnétisme venait d'avoir lieu, il s'en allait convaincu qu'il avait puissance sur le diable ; tandis que les effets seuls qui résultent de deux corps organisés, mis dans certains rapports, s'étaient manifestés.

Le prêtre, pénétré de toutes les idées du moyen

âge sur Dieu, l'enfer et le purgatoire, effrayait Tîmagination du malade; tandis que le médecin, de son côté, remplissait l'estomac du moribond de clous de girofle, de manne, de mirobolaus, de conserves, de râpure de crâne humain, 4e chairs de vipère, quelquefois même d'une thériaque où il n'entrait pas moins de deux cents espèces de drogues. 11 prenait lorgane de la digestion pour un véritable malras. La nxihire, disait TEsculape, mura bien choisir au milieu de tout cela ce qui lui convient le mieux.

• Le prêtre employait un certain luxe de paroles près des gens bien élevés ; le médecin avait des compositions où l'or et les perles entraient à profusion- Tout s'est bien changé avec le temps : le prêtre a modifié son langage; le médecin a changé la composition de ses médecines; l'un vous parle en philosophe qui doute de sa mission et de la vérité de sa doctrine; l'autre ne croit plus du tout à l'art qu'il professe et s'en moque en public. Ce n'est p93 pour cela qu'ils aient cessé l'un et l'autre de pratiquer un métier aussi abominable; au contraire, ils n'ont jamais été mieux rétribués. L'Etat sacrifi;e par an 33 ou 40 millions pour les frais d'une religion à laquelle on a cessé de croire et de rendre hommage ; la nation est tributaire de la médecine,

et il n'y a pas maintenant un petit bourg qui n'ait son officine, et au moins deux médecins et autant de chirurgiens (et quant à ceux-ci, c'est bien différent, les Facultés de médecine du dernier siècle le$ eoscluaient de Fart de guérir et voulaient qu'ils fussent barbiers^ leur défendant d'apprendre le latin et de donner des médecines) . C'est le seul art aujourd'hui qui soit véritablement utile; mais l'autre est encore préféré.

Les prêtres ne voulaient aussi s'exprimer qu'en latin; c'était la langue qu'ils parlaient à ceux qui n'en comprenaient pas un mot. Ils commencent maintenant à chanter et à prier dans le langage que tout le monde peut entendre.

La médecine avait ses hérésiarques : ils étaient chassés des académies; les prêtres excluaient de leurs communions les dissidents et les faisaient brûler lorsqu'ils le pouvaient.

Enfin, pour terminer ce parallèle et cette digression, pour que l'âme pût être sauvée, il fallait une quantité innombrable de pratiques et d'oraisons ; maintenant, il ne faut plus que la charité, ou plutôt quelques indulgences qui ne coûtent que quelques francs.

Pour être guéri par le médecin, il fallait un amas de drogues recueillies par tout le globe, et un

temps infini pour les préparer; maintenant, il ne faut qu'un millionième de grain d'une substance. Un médecin porte aujourd'hui toute une pharmacie dans quelques tuyaux de plumes, et en un jour un pharmacien habile peut en préparer pour guérir le monde entier.

En définitive, les âmes sont aussi malades qu'avant cette transformation du prêtre; mais les corps courent moins de risques depuis que le médecin s'est fait homéopathe.

Disons-le hardiment : le jour où un homme a salarié un autre homme pour le soin de la conservation de ses jours et le salut de son âme, ce jour a peut-être vu l'origine de la superstition. Messieurs les médecins , vous qui savez tant de choses , commencez donc par vous guérir lorsque vous êtes malades ; vous êtes bien faibles alors, et vous rentrez dans le domaine commun. C'est parla peur que vous meniez les hommes , la peur est entrée chez vous aussi. Vous ne savez plus d'où viennent ces envies, ces goûts pour certaines substances; vous n'osez plus vous livrer à ce que vous croyez des caprices de votre imagination . Oui , en effet , vous auriez grand tort d'obéir aveuglément à vos appétits , car ce n'est plus votre instinct qui parle , vous Pavez perverti. Vous avez modifié en mal votre

sensibilité , et ce principe qui veille à votre conservation ne peut plus vous faire entendre son langage : car où la fausse science parle, l'instinct se tait. Voici pourquoi les meilleurs somnambules médecins sont ceux que Ton rencontre dans la classe qui se rapproche le plus de la nature. Oh ! c'est dans ces cervelles vierges de ce qu'on appelle haute raison, idées mpérieures, que Ton trouve cet admirable instinct qui donne la faculté de reconnaître ce qui est nécessaire au rétablissement de la santé. Vous tâtonnez, vous, médecins, vous cherchez et rencontrez quelquefois; mais combien votre art est peu sûr ! votre médecine est un jeu du hasard où la mort a plus de chances que vous; car elle profite de vos moindres fautes. Vous l'aidez, parla, à empi^r sur la vie. Dieu avait donné à chaque homme le moyen de lutter contre ce terrible ennemi , mais ils ont préféré se mettre sous la garde de soldats étrangers. Ils paient bien cher des sernteurs inutiles.

siècle de lumière! jamais les ténèbres de l'intelligence n'ont été plus épaisses; jamais l'homme ne s'est plus ignoré qu'aujourd'hui et n'a été plus lâchement exploité.

On ferait un grand lac du sang qu'on lui tire tous les ans pour sa santé, dit-on.

L'or qu'on lui arrache pour le gouverner est presque incalculable. £t prêtres, méd^ius savants, gouvernants, exécuteurs des lois , tous, en un mot , vivent au dépens de celui qui produit (le peuple). S'il échappe à l'un, il n'échappe point à l'autre; et lorsque la mort surpreud un de ces êtres malheureux dans un des asiles ouverts à l'infortune, son corps est vendu et souvent n'a de sépulture que le laboratoire d'un anatomiste ^ . Voilà les fruits de leur organisation sociale ! ♦ ,

* Que de moralité chez les philanthropes qui veillent avec tant de sollicitude à rexécution de si affreux règlements l On arrache les dents des misérables qui meurent dans les hôpitaux, on vend leurs cheveux, leurs os. Il faut bien, en effet, trouver une compensation à la valeur des drogues inutiles que \h charité Itvr a fournies. Mais la pitié est donc bannie de la terre ! Disons encore ici qu*il y a peu de temps on enveloppait les restes souillés de tous ces misérables dans de la toile d'emballage, et on les Jetait ainsi dans une fosse oommune, véritable charnier. Maintenant les malheureux ont un cercueil, et nous devons nous attribuer en partie cette mesure, car nous sommes le premier, -et peut-être le seul , qui ait réclamé publiquement et hautement contre une conduite si pou humaine.

a Les cadavres des détenus sont truites avec la même imév^ence. A peine les malades ont-ils rendu le dernier souffle que leur corps, encore tiède, est livré aux mains des infirmiers ; ceux-ci exécutent sur lui un odieux trafic, qui consiste à lui enlever la tôte pour la vendre. Des mutilations inutiles, et devant lesquelles se révolte la simple décence, ont été également pratiquées sur ces morts dans un but de passe-temps et de curiosité. La religion, qui couvre de son respect les restes inanimés de rhomme quel qu*il soit, u*existe même pas ici comme souvenir. Un matérialisme abject et féroce habitue ces gens k traiter la dépouille de leur semblable avec la mépris stupide qu'ils ont pour le cadavre de la bnitc. »

{(harhan\ 23 octobre 18A1.)

Dieu n'a pas voulu sans doute que cet état durât éternellement, puisqu'il a enseigné à quelques hommes le moyen de s'en affranchir. H n'a pas voulu que l'homme, ce chef de la création, ait moins de raison que la brute. Oh est donc aujourd'hui celte raison qu'il a par privilège? En trouvet-on le rudiment dans les œuvres des législateurs? Dans la première magistrature ? mais qui donc oserait l'assurw? Cette guerre acharnée que se font les partis n'est-elle pas empreinte de folie? Et ces pouvoirs qui se succèdent si rapidement, n'est-ce pas la preuve de la plus grande erreur du jugement * ?

Le cœur se serre de douleur et la poitrine s'oppresse de voir les hommes qui devraient conduire la;^nation dansjla voie du bien ne chercher qu'à se tromper mutuellement; de voir que pas une haute idée philosophique ne germe dans une de ces cervelles. Pourquoi donc s'étonner de ce que

« Pour exercer la justice, il faut être très-éclairé, avoir tout senti, tout éprouvé ; il faut enfin que la raison soit arrivée à Tapogée de sa puissance et de son développement. A notre époque on établit juges, dans les causes les plus graves, les gens étrangers à toutes études philosophiques ; cette justice est légale, car ceux quiTexercent payent une contribution élevée, et TEtat n'exige rien de plus.

Pour que Ton ait fait descendre si bas ce qui doit toujours être si élevé, il faut donc que l'on ait reconnu une grande vénalité chez les hommes du pouvoir, une vertu plus que douteuse. Or, sans cela, ce serait une parodie risible d*uiie chose sainte et sacrée.

les hommes sympathiques abandonnent volontairement la vie , lorsqu'ils n'aperçoivent aucune issue pour sortir de ce cloaque infect que l'on appelle civilisation?

L'un arrive à Tâge où l'homme doit jouir de sa renommée ; personne ne lui conteste son talent : il se suicide.

L'autre, jeune encore, avait un avenir brillant, il le sait, et cependant il quitte la vie, ne voulant pas aller toucher le but qu'il lui est permis d'atteindre.

D'autres encore, également jeunes, s'ouvrent un chemin dans une autre carrière ; la gloire les environne déjà ; mais le dégoût de la vie les prend : ils se tuent ; ayant voulu dépl/oyer leurs ailes, Fair leur a manqué. Ceux-ci se sont battus pour un principe; ils l'ont fait triompher un instant , mais des hommes cupides leur ont ravi leur conquête en employant la ruse. Us se tuent détestant la vertu ^ .

Il semble maintenant qu'il n'y ait que la lâcheté qui veuille vivre. Tout ce qu'il y a de généreux se tue ou a envie de se tuer ; le reste court après ce

^ Et toi, prêtre catholique, tu fermeraft à leurs dépouilles la porte de ton temple ; tu as raison, car tout ce qui a aimé et tout ce qui a souffert, mort ou vif, ne doit pas y rentrer.

qui donne de Tor avec T ardeur des chiens allant k la curée...

temps de décrépitude morale! tu passeras comme ces fléaux qui ravagèrent le monde à diverses époques, et bientôt l'humanité commencera à respirer.

Les hommes oublieux du passé voudront-ils se hâter d'arracher ce qui reste de ronces et d'épines? voudront-ils achever de détruire les plantes parasites qui absorbent une partie des sucs nourriciers du sol, sans profit pour l'espèce humaine? Déjà ils ont beaucoup fait ; mais les racines de ces plantes malfaisantes couvrent encore la terre, quelques tiges seules ont disparu .

Naufragé du ciel, grande famille humaine, encore un effoirt et tu ne connaîtras plus tes maux que par l'histoire. Ta vie sera douce alors, car le règne de rhftrmouie et de la justice aura commencé.

Peuple, tes guides sacrés ont été des impies; Dieu ne leur a jamais parlé; comment as-tu pu croire si longtemps à tant d'erreurs , et comment n' asr-tu pas reconnu plus tôt un aus^^i affreux calcul ?

Oui, oui, il faut une croyance à l'homme; mais donnez-lui donc une vérité à croire , et non point une erreur : sans cela vous en ferez de mauvais citoyens et des hypocrites.

Peuple, tes prêtres ne sont pas plus insbruîts quie les médecins ; ils devraient Vôtre davantage , car les maux de l'àme sont plus difficiles à guërir ^ue ceux du^ coi^ps. Mais il ne tient qu'à toi de fe pas^ ser de ces êtres inutiles et malfaisante. La natufe peut t' instruire de tes besoins et te foir^ comprendre seà mystères. Ne saurais-tu touteîr?

Écoute un homme sincère; ses enseigneittents n'ont rien de difficile à concevoir. Il ne s^itnpose point comme ayant un pouvoir sumatui^ : ce qu'il fait, tu te fi^as si lu veux; ta feras plus, peuMtrë, car lui est faible et son âme a tant souffert !

Il t'ofi&e des biens plus précieux que la riches^; il t'offre la science et la sagesse; seras^ta sourd à son a{^l , et préfér^as-tu le faux savoir ef lés ténèbres à la lumière?

Si tu restes froid à mes discours , si ton cœur n'est point ému, en vain je t'aurai fait connaîtrfe la vérité , en vain j'aurai cherché à te prémuftir contre les dangers qui t'environnent : ton tour arrivera de payer tribut à l'ignorance* Rappelle-toi d^ftc, tandis qu'il m est encore temps , rappelle-^toî ces paroles de Jésus : Si tm meugle conduit v/rh autre aveugle j ne tomberowl-ik pas tous deUM dam ht fosse?

Comment pourrai-je m faire eômpi^^te les

tourments que mon àme éprouvait lorsque j'étais téqioin d'un de ces égorgements , comme il s'en commet tous les jours par des gens salariés pour cet office ! Les victimes innocentes se laissaient faire sans murmurer, et les témoins de ces meurtres n'avaient rien à dire à celui qui usait d'un pouvoir si exorbitant. Qu'auraient -ils pu dire en effet? ils ne connaissaient rien de mieux, pour guérir les gens malades, que de faire ce qui les tuerait en bonne santé. Je sentais bien que ce n'était pas la véritable médecine; tout me disait qu'il existait un autre art, et lorsque, plus avancé dans la vie, j'acquis la preuve que le magnétisme et le somnambulisme étaient les moyens naturels accordés par Dieu à l'homme pour le guérir de ses maladies , je n'eus plus que de l'indignation pour les gens qui refusaient de s'éclairer sur le peu de valeur de leur art, et d'adopter, après examen, la sublime découverte de Mesmer.

L'homme a pris le chemin de son affranchissement, mais ce sont des siècles qu'il faut encore pour l'éclairer complètement; et pendant ce temps des millions de victimes auront payé l'affreux tribut que l'ignorance lève sur les nations.

Ne comprenant pas la vérité , ils riront de mes tourments , les gens oi^ueilleux que Ton prend

pour des savants. Ils ne pourront concevoir qu'an homme ail souci d'eiix, lorsqu'ils n'en ont de personne, leur âme s'éveillera un jour, peut-être à leur dernière heure ; ils la connaîtront, cette vérité qu'ils ont dédaignée ; ils appelleront les êtres qui la possèdent, mais ils n'entendront pas. Il n'y a que l'amour du prochain qui ait de Técho dans le cœur des hommes; l'indifférence n'éveille jamais les nobles passions de cet organe, et, pour que le magnétisme s'exerce dans toute sa force , il faut que le coeur y consente r

Chacun pour toi, chacun chez soi...

BupiN aîné.

TocM cen qui poésèdcikit sont frères.

Charité bien ordonnée conmience... par

soinnéme.

Venez, égoïstes, et vous, froids milleurs , étaler la bassesse de vos penchants et de vos frhroles discours.

Vous, (^oïstes, qu'avez-vous senti dans votre vie? Répondez, vous qui avez vécu pour vous, vous n'avez jamais trouvé qu'un aliment fait pour votre corps, mais rien pour votre Ame. Personne ne vous a senti. Enigme pour vous-mêmes, vous avez vécu sans vous connaître ; la mort vous trouvera froids avant la fin de votre vie, et j amais une larme ne mouillera votre dernière demeure.

Et vous, railleurs impitoyables, qu'avez-vous produit? Semblables au frelon qui bourdonne, votre aiguillon a fait plus d'une plaie; vous avez fait souffrir, mais qui versait le baume sur vos blessures?

Apparaissez, fille du ciel, douce et sainte ami-

tié; vous qui m'avez consolé pendant ma vie, faites que mon cœur, s'ouvrant à la reconnaissance, trouve un langage qui s'élève à la hauteur de vos bienfaits. Lois secrètes des sentiments, écho des âmes nobles et généreuses , cessez pour moi d'être un mystère, je mérite de vous posséder; mon cœur entend une douce harmonie, tout s'émeut en moi au souvenir des pleurs que j'ai versés , larmes de joie, car pas un remords ne restait dans mon âme lorsque vous chassâtes les chagrins que des ingrats y avaient amassés.

Providence, en vain le sotie nie, c'est toi qui veilles sur l'homme et diriges ses actions, aveugle qu'il est avec sa raison; elle ne sert qu'à le tromper et à lui faire croire qu'il est sans toi quelque chose ici bas. Il ne sait pas, il ne peut comprendre que le chemin qu'il doit parcourir est tracé d'avance, et qu'il ne fait qu'obéir à l'impulsion . du char qu'il croit lui-même conduire ; il se croit maître lorsqu'il n'est que valet.

Oui, oui, l'homme peut aussi tout connaître; ange déchu, il peut remonter vers le ciel et planer sur la nature entière. Son esprit va au-devant des causes et des effets ; il en saisit l'ensemble avec la plus grande vitesse, et le confie à l'imagination pour en tirwMes résultats futurs.

Cest à ses risques et périls; nouveau Prométliée, il peut toucher au feu du ciel; mais si son cerveau, capable de le recevoir, ne peut le contenir, le mal qu'il est capable de faire est incalculable, car il dérange les lois providentielles. Les remords qu'il éprouve de sa mauvaise action ne vengent point a»sez les êtres qu'il a troublés dans leur existence; crime d'autant plus grand que rien ici ne peut le faire découvrir. Des juges, il ne peut en exister pour frapper la pensée ; on ne peut l'attaquer dans son for intérieur; les bourreaux n'ont de puissance que sur le corps; lorsque Tàme est coupable. Dieu seul peut la punir.

Oh ! fatale idée qui me poursuit ! ce n'est point par le bien qui résultera du magnétisme que les hommes seront d'abord conduits à l'adopter et à s'en servir; c'est par le mal que des mains criminelles ou inhabiles pourront produire. Aussi déjà on le regarde comme une pui$saiice infernale donr née à Fhomme pour son malheur : cett la bcUe de Pandore owcerte mr notre terre.

Ce sont des niais qui portent un pareil jugement, répondent nos savants à demi convertis. Non, non, Messieurs, et vous reconnaîtrez plus tard votre nouvelle erreur. Le magnétisme grossit déjà dans sa coursé; ce sera bientôt un fleuve en furie; il

inondera la terre, mais après, y avoif déposé son limon; comme le Nil, il fécondera cette terre; elle sera riche alors; le nom de Mesmer serayénéré, et les peuples croiront à un nouveau dieu !

Naturie! livre toujours ouvert pour qui sait y lire, que les hommes sont sots de te dédaigner ! Source féconde de méditation, que le sage est glorieux lorsqu'il s'initie aux vérités éternelles que tu renfermes! combien alors son âme s'agrandit! Nulle borne à sa puissance; il sent qu'il participe de l'intelligence divine, puisqu'il lui a été donné de connaître les lois qui gouvernent les mondes. Si parfois son âme, attristée à la vue du mal qu'il ne peut empêcher, mal nécessaire, indispensable, r^ette le bien qu'elle a quitté, il ne maudit pas la nature; il la bâiit au contraire même pour le mal qu'il en reçoit; il obéit, sans murinurer, cer^ tain qu'il est alors que la Providence n'a rien voulu qui ne fût pour son bien.

Quant à nous, instrument docile, paroouroœ la rooite qu'elle-même nous a tracée; ne nous en écartons plus, nous aVbns été trop puni pour ne l'avoir point toujours suivie.

Dirigeon-snous vers cette lumière qu'eMe a placée devant nous; les objets deviendront plus visibles à

mesure que nous avancerons, et nous craindrons moins les chutes. Combien je suis heureux dans ce moment, car j'avais perdu de vue cette lumière, et chez moi il s'était ouvert une porte à la crainte. Oh! je sens que Tall^resse de mon cœur s'augmente à la répandre. J'oublie tous les maux que j'ai souffert, et je jure ici de consacrer le reste de ma vie à déf^dre la vérité.

Mais ce n'est pas par le génie du langage, car je ne l'ai pas; Dieu l'a réservé à un autre : je guérirai les malades, et, lorsque les hommes verront que mes œuvres sont bonnes, je trouverai des imitateurs.

Venez donc, vous tous qui doutez; venez, soyez témoim que ma bouche n'a point proféré de mensonge. C'est devant vous que les effets de la puissance de l'homme sur l'homme vont se manifester, et ce sera des gens œnnud de vous qui vont la ressentir.

Ne croyez pas que je veuille me servir de cette puissance dans le seul but de vous convaincre; c'est comme interprète de la nature, c'est comme Bon instrumeait, et pour l'aider dans ses opérations, que je vais agir. Rappelez-vous que celui qui magnétise ne doit avoir qu'une pensée : Celle de faire

APPUCATION

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