Kermès de l'olivier. Chermes aleœ
sèment, ce n'est pas le seul insecte qui attaque cet arbre précieux; des pyrales, des tineïtes dévorent ses
feuilles, une espèce de psylle mange ses fleurs et les larves de certaines mouches vivent aux dépens de son fruit ; outre cela, les jeunes branches offrent souvent des nodosités ou de gros tubercules produits par la piqûre qu'y fait un autre insecte pour y déposer ses œufs.
dette gallinsecte, selon Fonscolombe, se trouve aussi très-communément en Provence sur différentes variétés d'orangers et de citroniers, tandis que le Chermes hesperidum y est beaucoup plus rare.
Kermès du sapin. Chermes picese Geoffroy.
Cet insecte ne se trouve aux environs de Paris que dans les parcs où le sapin et l'épicéa sont cultivés comme arbres d'agrément : il s'y multiplie d'autant mieux que très-souvent ces Conifères sont plus ou moins languissants et d'une végétation misérable. Le mâle est inconnu; la femelle est de grosseur moyenne, tout à fait globuleuse et d une couleur maron foncé. C'est surtout à la bifurcation des jeunes branches qu'elle se tient de préférence et quelquefois en grand nombre.
Geoffroy (Histoire des insectes des environs de Paris) l'a fait connaître le premier sous le nom de chermes abietis rotundus.
Kermès du figuier. Chermes caricœ Fabr.
Cette gallinsecte, très-commune sur les figuiers en Provence, surtout dans le département du Var, se rencontre aussi de temps en temps sur les figuiers cultivés à Argenteuil, et même quelquefois dans les jardins de
Paris ; elle a été figurée et décrite par Bernard, {Mémoires de ï Académie de Marseille. 1773, p. 89
M. — Keriucs du liguicr. Chermes caricœ.
pl. 1, fig. 14-21), et étudiée depuis par Olivier (Encyclop. mithod.).
322 HÉMlHTÉlifc*.
Aucun de ces auteurs, cependant, ne parle du mâle.
La femelle, ou plutôt son enveloppe, a une forme très-curieuse ; elle ressemble à une petite patelle partagée sur les côtés en huit trapèzes; son dos est occupé par un grand tubercule bombé, ovale et assez élevé. Le milieu de chacun des trapèzes latéraux porte une petite verrue surmontée d'une très-petite houpe de duvet blanc. La couleur générale de la coque est d'un gris plus ou moins roussàtre, avec des nuances plus foncées. Dans la première quinzaine de mai, elle commence à se gonfler. La ponte a lieu à la fin de ce mois. Les petits, une fois qu'ils sont sortis de dessous la mère, sont rougeàtres et assez agiles ; ils s'éparpillent sur les feuilles et les rameaux. Au bout de quelques jours, ils prennent une teinte grisâtre et la coque se forme, se dilate en tous sens et leur cache entièrement les pattes. Cependant, quoique recouverts de leur carapace, ils conservent encore assez longtemps la faculté de marcher. Au mois d'août, la plus grande partie de ces petits kermès abandonne les feuilles pour se retirer sur les branches ou sur les fruits. A la fin de septembre, ils se fixent à demeure sur les rameaux et passent l'hiver dans l'engourdissement.
Les figuiers attaqués par cette gallinsecte, se dessèchent, par suite de l'épuisement de la séve, et perdent leurs feuilles avant l'époque ordinaire. Une grande quantité des fruits tombent aussi avant la maturité, et l'on n'ose guère manger ceux qui restent, parce qu'on ne peut pas les cueillir sans écraser quelques kermès dont la matière roussàtre, gluante, est très-peu appétissante. Cependant les figues ne sont pas entièrement perdues
IIÈMll'TÈHfcî?. 323
pour cela; on les fait sécher comme les autres parlé* procédé ordinaire : les kermès se détachent pendant cette opération, et les fruits sont livrés au commerce comme si de rien n'était, et font souvent sur nos tahles partie des quatre mendiants. Si ces figues, après un séjour de plusieurs mois dans les magasins, ont moins <ïœil que les autres, comme disent les marchands, on les enfariné un peu pour changer leur aspect et simuler une elllorescence sacharine. Il est des choses qui ne doivent pas être vues de trop près ; ne mange-t-on pas d'ailleurs, avec les figues, autant d'acarus qu'avec le fromage ?
Pour se débarrasser de ces parasites, il faut, dès le printemps, frotter les rameaux avec un linge un peu rude ou un gant de crin. Comme ils ne sont pas très-adhérents, on les fait assez facilement tomber.
Nous avons reçu, cet hiver, des départements du Var et des Alpes-Maritimes des branches de figuier couvertes de cet insecte,.
Le kermès du figuier vit aussi, dit-on, en Provence sur les myrtes.
Kermès do» cycas. Chermes cycadis
Il ressemble beaucoup au premier coup d'œil, au kermès des fougères, et tout porte à croire qu'il a, comme lui, une origine exotique. Il ne se trouve que dans les serres chaudes où l'on cultive les Cycas.
Il est assez gros, oblong, très-convexe, et a la forme de certaines cassides. Sa couleur est d'un brun café avec des nuances plus obscures et des inégalités qui le rendent comme chagriné. A l'entrée de l'hiver, il a ac-
"quis toute sa grosseur , ii est alors bordé par un bourrelet de coton blanc très apparent. Si l'on soulève sa coque.
W. - hernu'S du cyoas. t hermes ryca>ti%.
on trouve dessous une grande quantité d'œufs. L'accouplement doit avoir lieu au milieu de l'automne. On le trouve spécialement sur les Cycas revoluta et circinalis.
HÉMIPTÈRES. 325 C'est une des plus grosses espèces du genre. Comme il n'est pas encore très-répandu, les dégâts qu'il commet sont peu appréciables.
il. - Kermès «les palmiers. Chôme* paUterum Kermès des palmiers. Chermes pal marum Bouché.
Il est très-abondant dans les serres sur plusieurs es-
pèces de palmiers, particulièrement sur les Chamœrops. Il se présente sous la forme de petites écailles blanches, convexes , un peu ovalaires , très-rapprochées les unes des autres, souvent presque confluentes. Ce petit animal se fixe de très-bonne heure; on voit des individus moitié moins gros que la tète d'une petite épingle, qui, dès le mois d'octobre, sont déjà complètement immobiles. Nous supposons qu'ils doivent produire des mâles. La ponte paraît avoir lieu en mai ; car si, pendant l'hiver, on enlève, à l'aide d'une pointe d'aiguille, une des petites carapaces, on trouve dessous la larve qui est d'un vert-jaunàtre pâle.
Ce kermès, probablement exotique et apporté en Europe avec les palmiers, envahit d'abord le dessous des feuilles et, plus tard, les deux faces. Par l'aspect et la forme de sa coque, il ressemble à celui du rosier ; mais Bouché, qui l'a élevé et qui a décrit les deux sexes, s'est assuré, d'une manière positive, qu'il constituait une espèce particulière.
Il se trouve aussi sur les Cycas.
Kermès des kennedya. Cher mes kennedyœ. *
Cet insecte est un fléau pour certaines glycines de la Nouvelle-Hollande désignées maintenant sous le nom de Kennedya. Il ressemble beaucoup à celui du laurier-rose, sauf qu'il est un peu roussâtre. Il pourrait bien n'en être qu'une simple variété. 11 habite, comme celui du palmier; d'abord le dessous des feuilles et envahit, plus tard, les deux faces de ces organes. C'est à cause de lui que plusieurs jardiniers ont abandonné la
culture des Kennedya, parce que, disent-ils, ces plantes sont trop sujettes à prendre des poux.
Il faudrait, à l'exemple de Bouché, se livrer spécialement à l'étude et à l'éducation des gallinsectes et connaître bien le mâle, pour être certain qu'il conslitue une espèce.
Kermès du dion. Chenues dionis.
Il est ovalaire, un peu aminci antérieurement, assez 'convexe, d'un blanc grisâtre -, mais ce qui le distingue de toutes les autres espèces, c'est que la coque est couverte d'une petite villosité. Nous sommes redevable de la connaissance de ce kermès à M. Rivière qui l'a découvert sur le Dion edule. Il se tient, au-dessous de la feuille, le long des pinnules, par petits groupes assez clairsemés. A l'endroit des vieilles coques, il reste un duvet blanc cotonneux. En hiver, il est encore à l'état de larve ; celle-ci est jaunâtre et ne subit probablement sa métamorphose qu'au printemps. Tous les individus que nous avons observés, étaient fixés et entièrement immobiles.
Il habite exclusivement les serres chaudes et n'a encore été observé que sur le Dion edule.
Kermès de l'aloès. Chermes aloes.
Quelquefois très-commun sur certaines espèces d'Agave» etd'Aloès, principalement sur l'^4/oe umbellala, dont il couvre presque entièrement les feuilles des deu$ côtés.
Il est blanc, lenticulaire, un peu plus gros que celui du
laurier rose, de même forme, quoique un peu plus convexe. La larve que l'on trouve à l'automne sous sa carapace , est d'un jaune pâle tirant sur le vert. La ponte a lieu au milieu du printemps, et les jeunes, qui sont imperceptibles à la simple vue, ressemblent à# des petits* points grisâtres ce n'est qu'au milieu de l'été qu'ils se fixent. Si Ton examine une feuille d'aloès attaquée par ces insectes, on voit que, parmi toutes ces coques blanches si rapprochées, il y en a un grand nombre de vides et appartenant aux années précédentes; on en voit aussi quelques-unes percées d'un petit trou qui a livré passage à un petit hyménoptère parasite.
W. — kermès dr lalnrs.
fherme* alotn.
Kermès des anthurium. Ghermes anthurii.
Il ressemble beaucoup à celui du laurier-rose; il est un peirmoins lenticulaire et un tant soit peu plusoblong,
d'un blanc mat, légèrement convexe, avec les bords moins nettement arrêtés. Il est assez fréquent dans les
ï.L - RflnnN «les antliiiriuni. Chtrme* unthurit
serres chaudes sous les feuilles des An thuriu m et de quelques Caladium. Nous ne connaissons pas le mile, de
sorte qu'il est possible qu'il fasse double emploi avec une autre espèce.
Kermès du fulchironia. Chermes fulchironiœ.
Il est blanc et ne ressemble à aucun autre par sa forme très-allongée. La coque est presque cylindrique, d'un blanc assez pur. La larve qu'elle recouvre est trèspetite, d'un jaune verdàtre.
Il nous a été communiqué par M. Burel, l'un de nos bons observateurs, qui l'a découvert sur le Fulchironia Senegalensis, et par M. Rivière qui, de son côté, l'a trouvé dans les serres du Luxembourg, sur M'Etais Guineensis.
Kermès de la bruyère. Chermes ericœ.
Les bruyères cultivées à Vincennes et à Montreuil, pour le marché ne sont pas exemples de kermès. Dans certaines années, les espèces appelées hyemalis et Vilmoriana en sont couvertes. Nous pensons que c'est la môme espèce qui se trouve dans le midi de la France sur les Erica arborea et medilerranea. La coque est d'un gris un peu brunâtre, légèrement ovoïde, assez fortement bombée et ressemble à du papier gris. Le mâle nous est inconnu. Il y a deux ans, les Erica medilerranea, cultivées dans l'orangerie du Luxembourg, étaient couvertes de ce parasite. M. Rivière s'en est débarrassé entièrement en les mettant en plein air.
Kermès ponctiforme Chermes punctiformis
C'est la plus petite des espèces que nous ayons ob • servées; àl'œil nu, elle se présente sur les feuilles sous
forme d'un petit point globuleux comme une graine de moutarde, complètement arrondi, d'un noir luisant, souvent saupoudré d'une substance pollineuse jaune. Cet insecte ne se fixe sur les plantes qu'au milieu de l'hiver; chaque fois qu'il se déplace, il laisse sur les feuilles une petite impression blanche circulaire. On voit souvent des individus se promenant, à l'automne, sur le vitrage des serres. Il sécrète une matière mielleuse, qui se dessèche à l'air et produit sur sa carapace ces prrains jaunes ressemblant à du pollen. Il ne vit pas, comme les autres espèces, sur le revers des feuilles, mais presque constamment sur la face supérieure. Il a été introduit dans les serres, comme beaucoup de ses congénères, avec des végétaux exotiques.
On le trouve sur plusieurs espèces d'Orchidées, de Fougères, etc. Il est assez répandu dans les serres de MM. Thibaut et Ketteleêr, ainsi que dans celles du Luxembourg et du Jardin des plantes. M. Gustave Malet nous en a envoyé des individus vivant sur le Cypripedium insigne et sur le Polypodium aureum. M n'est pas trèsadhérent et se détache facilement avec une brosse douce.
Kermès des hespôrides. Chenil es Hesperidumjf.inn.
Cette gallinsectt, appelée par les jardiniers pimenta ou pou de Voranger, envahit toutes les variétés d'orangers et de citronniers, même quelquefois ceux qui croissent en plein air dans nos départements méridionaux. Elle se présente sous la forme d'un corps ovalnire. presque hémisphérique, d'une couleur brune un peu luisante. A son extrémité, on aperçoit une petite fente servant à
Taccouplementcomme dans les espèces voisines, mais non à la sortie des excréments, puisque l'on n'en trouve aucune trace chez ces animaux. Si Ton exerce une petite pression sur la coque, on en fait sortir, par la fente en question, quatre petits filets blancs. Lorsque la femelle a terminé sa ponte, on ne trouve plus sous l'enveloppe qu'une grande quantité d'œufs reposant mollement sur un duvet blanchâtre. Les petits, à leur sortie, sont agiles et se promènent longtemps çà et là sur les feuilles avant de se fixer à demeure ; ils se tiennent de préférence à la face inférieure , cependant on voit aussi très-souvent quelques individus sur la face opposée alignés, le long de la nervure médiane; mais c'est surtout sur les jeunes . branches qu'on les rencontre en plus grande quantité. Ces insectes, lorsqu'ils sont abondants, déterminent une grande perte de séve qui épuise des arbres déjà languissants par une cause quelconque. Nous avons vu quelquefois des caisses d'orangers, dont la terre était mouillée par la séve qui tombait en rosée à sa surface. Outre cela, ils poissent les feuilles d'une matière mielleuse qui attire les fourmis. Dans cet état, les feuilles, dont les fonctions respiratoires sont incomplètes, deviennent maladives et sont très-disposées à être atteintes d'une autre affection que les jardiniers appellent la fumagine(\). C'est une Mucédinée noire semblable à des taches produites par de la suie ou de la poussière de charbon, décrite par Persoon sous le nom de Fumago ci tri. Aux environs de
(4) La fumagine, vue au microscope, ressemble à une immense forêt dont les branches s'entreeroisent en tous sens. Cette espèce de moisissure ne se développe jamais que sur des feuilles rendues malades pnr les pucerons ou les Coccides.
Nice et de Cannes, cette fumagine, que les Italiens connaissent sous le nom de morfea et les Nizards, sous celui de morfée, s'étend très-souvent sur les fruits dont elle arrête le développement. Au reste, cette moisissure noire ne sobserve jamais que sur des orangers rendus malades par les kermès, ou par les cochenilles. M, Rivière nous a rapporté de la presqu'île de Beaulieu plusieurs variétés du genre citrus, dont les feuilles et les fruits étaient couverts de morfée et de deux espèces de Coccides. Les orangers, les citronniers, les cédratiers, les bergamottiers et les limoniers étaient aussi maltraités les uns que les autres.
Le kermès de l'oranger ne vit pas exclusivement sur les arbres de cette famille ; nous en avons trouvé quelques individus sur des branches de laurier (Laurus nobilis) apportées de Nice, et qui vivaient de compagnie avec l'espèce propre à cet arbuste. On le rencontre aussi sur le myrte {Myrtus communis)ct sur toutes les Myrtacées, sur les grenadiers, les Magnolia, les Hibiscus et d'autres malvacées.
Les orangers transportés d'Europe en Californie étaient sans doute habités par ce kermès, car il parait que ces insectes s'y sont multipliés en quantité innombrable.
Nous ne connaissons pas le mâle de cet insecte.
La première condition, lorsque l'on veut conserveries orangers cultivés en caisse dans un bon état de santé, c'est de leur donner une bonne culture, de ne pas les laisser végéter dans une terre usée, et de les nettoyer à l'automne et au printemps avec une brosse, pour enlever la fumagine et pour les débarrasser des kermès.
Kermès du camellia. Kermès camelliœ.
Ce petit insecte est allongé, ovale, linéaire, un peu déprimé, d'un brun roux, souvent légèrement arqué, rappelant un peu par sa forme le kermès coquille si commun sur certaines variétés de pommiers et poiriers. La larve, lorsqu'elle est débarrassée desa coque., estd'un vert un peu roussàtre.
Nous avons observé cet insecte sur le Camellia, et une seule fois sur le Thé ; il se tient à la face supérieure des feuilles le long des nervures ; on rencontre cependant quelquefois deux ou trois individus disséminés sur le limbe.
11 ressemble par la couleur à celui des hespérides ; mais il est plus petit et plus linéaire ; il est peu adhérent, et on le détache facilement avec une petite brosse. Nous avons trouvé sur hDaphne indica une petite gallinsecte qui nous parait être la même que celle du camellia.
Kermès de l'ananas. Chermes bromeliœ bouché.
Ce kermès, appelé par les jardiniers pou ou punaise de l'ananas, a été décrit, pour la première fois, en 1778, par Kerner, dans un Mémoire publié à Stuttgart, et plus tard, mais d'une manière beaucoup plus complète, par Bouché, de Berlin, en 1834. La coque du mâle est un peu elliptique, légèrement bombée, blanche comme celle du kermès du laurier-rose ; celle de la femelle est arrondie et lenticulaire. Celle-ci, débarrassée de sa couverture, ressemble à la plupart des autres, elle est
d'un jaune pâle ; le mâle, décrit par Bouché, est d'un brun clair saupoudré de blanchâtre ; ses ailes sont bian ches et proportionnellement assez larges \ les filets de l'extrémité de l'abdomen sont courts.
Le kermès de l'ananas est un fléau dans les serres où l'on cultive cette plante. Notre collègue, M. Gontier, de Montrouge, a eu plus d une fois à se plaindre des pertes qu'il lui occasionnait. 11 vit par petits groupes, plus ou moins nombreux, qui se tiennent d'abord à la base des feuilles et s'étendent successivement jusque sur la tige. Presque toujours on est obligé de sacrifier les pieds malades pour éviter la contagion. Il est impossible de les atteindre avec la brosse, lorsqu'ils se sont installés dans la gaîne des feuilles.
A Berlin et en Bussie, on le détruit dans les serres à ananas avec du lait de chaux (kalkmilch).
Cette gallinsecte ne vit pas seulement sur l'ananas, nous l'avons vue sur plusieurs autres Broméliacées. Elle se trouve aussi dans les serres sur les Canna, les Hibiscus, etc.
Il ne faut pas confondre avec le kermès de l'ananas Une autre espèce d'une forme ovale et de couleur brune que Ton trouve quelquefois sur cette Broméliacée et qui ressemble beaucoup au kermès de la fougère. Nous pensons que c'est le même insecte que notre hibernaculorum $ il n'en diffère pas par la coque.
Kermès des fougères. Chermes, fllicum.
Ce kermès, voisin du Cestri, décrit par Bouche, a une coque ovoïde-arrondie, très-bomhée, d'une cou-
336 HÊMJPTERKS.
leur brune, lisse, avec un petit bourrelet blanc chez les femelles adultes. Il se trouve sur plusieurs espèces de fougères, dans les serres chaudes, particulièrement sur les PteriSy le long du pétiole ou sous les pinnules.
Le mâle, que nous avons élevé, est très-petit, d'une couleur roussâtre, saupoudré de gris blanchâtre-, ses ailes sont blanches, transparentes, avec la côte ferrugineuse ; les filets de l'extrémité du corps sont blancs et assez longs. Il vole peu et se tient ordinairement à côté de sa femelle.
Cet insecte a été apporté de l'étranger avec des fougères exotiques. Il ne faut pas le confondre avec le Cestri de Bouché, qui se trouve aussi quelquefois sur les fougères, ni avec celui que nons avons appelé hibernaculorum, qu'on y rencontre aussi de temps en temps.
Kermès du cestrum. Chermes cestri Bouché.
La coque est brune, pointillée, de forme naviculaire, beaucoup moins globuleuse que dans l'espèce précédente. Lorsque la femelle est adulte, elle offre, comme beaucoup d'espèces voisines, un petit bourrelet blanc cotonneux. La coque dont le mâle doit sortir, est notablement plus petite ; mais nous n'avons pas été assez heureux pour en obtenir un seul exemplaire, ou peutêtre a-t-il échappé à notre observation.
Bouché, qui Ta obtenu de la coque, le décrit ainsi : « Il est allongé, d'un jaune pâle, avec les ailes blanchâtres et deux petits filets de la même couleur à l'extrémité de l'abdomen. »
Ce kermès est assez commun sur les Cestrum, les Hibiscus et autres malvacées.
Kermès de l'angraecum. Chermes angrœci.
Il ressemble aux espèces précédentes ; nous lavons trouvé sur des pieds d'angrœcum sesquipedale que MM. Thibaut et Keteleèr venaient de recevoir directement de Madagascar. Il est probable que cette gallinsecte est propre à cette grande île et qu'elle constitue une espèce nouvelle. Mais comme ces horticulteurs apportent tous les soins imaginables à leurs plantes, ils l'ont vite fait disparaître par le brossage, et il nous a été impossible de l'étudier complètement.
Kermès des serres. Chermes hibernaculorom.
Jl est très-commun dans les serres à Paris et dans les environs. Il est aussi gros que le kermès de la vigne, en ovale régulier, très-lisse, luisant, d'un brun assez clair, avec l'échancrure anale très-prononcée. 11 paraît qu'il s'accouple à la fin de Tété ou à l'automne, car si Ton soulève sa coque en hiver, on ne Irouve plus qu'une grande quantité de petits œufs blancs enveloppés dans un nid de coton. Il est voisin du Cestri de Bouché. Ce parasite se multiplie très - vite et pourrait bien avoir deux générations par an. C'est un véritable fléau pour nos serres. Il s'accommode d'une inûnité de plantes. On le rencontre fréquemment sur une foule de fougères, sur les Zamia, les Ardisia, les Grevillea, les Gardénia, les Brexia, etc., etc. On ne peut l'enlever qu'avec la brosse. Le mâle nous est inconnu.
Kermès des cymbidium. Chermes cymbidii Bôuché.
C'est à MM. Rivière et Houllet que nous devons la connaissance de cette petite gallinsecte. Au premier coup d'oeil, elle ressemble beaucoup au kermès du laurier-rose. Sa coque est ovaîe-oblongue, aplatie, d'un blanc de neige, un peu brunâtre sur les bords. Le mâle, décrit par Bouché , est d!un jaune doré , avec le dos d'un jaune pâle, les yeux bruns et les ailes blanches.
La femelle, débarrassée de son enveloppe, est jaune.
Assez commun, dans les serres à Orchidées, sur plusieurs espèces de Cymbidium.
Bouché l'a observé sur le Cymbidium chineme.
Kermès de l'oranger. Chermes aurantii.
Il est voisin du kermès coquille des pommiers et poiriers, mais il est plus gros, en ovale très-allongé, semblable aux deux extrémités et nullement en forme de virgule. Il est d'un noir très- légèrement brun, paraissant un peu chagriné à la loupe, bordé d'un très-petit liséré cotonneux qui s'étend sous le ventre. On trouve des individus plus petits, qui probablement sont les coques des mâles.
Cet insecte esl assez commun aux environs de Blidah, sur les feuilles et les jeunes branches des orangers. M. Germain Ta trouvé abondamment sur les feuilles d'orangers provenant de l'Algérie, cultivés à Gan , près Pau. Il ne faut pas le confondre avec le kermès des Hespérides, chermes He&peridum de Linné, si fréquent
IIÉMIPTÈKKS. .339
sur les orangers cultivés en caisse dans le centre de l'Europe, et qui est la seule espèce que nous ayons aux environs de Paris ; mais, dans la France méridionale, trois autres Coccides vivent sur l'oranger : les chenues oleœ et aurantii, et le coccus citri, ce qui porte à quatre le no*mbre des gallinsectes observées par nous sur cet arbre.
Kermès de l'epidendrum. Ghermes epidendri Kouché.
Dans les serres du Luxembourg, si riches en Orchidées de tous les pays , nous avons rencontré la coque de ce kermès que nous avions pris pour une espèce nouvelle à laquelle nous avions donné le nom d'Epidendri, sans nous douter que Mouché, qui l'avait étudié d'une manière plus complète que nous, l'avait déjà décrit sous le même nom.
Le mâle, d'après cet habile observateur, est d'un jaune foncé, avec la tête brune ; ses ailes sont blanchâtres, avec le bord antérieur liséré de rougeàtre. La femelle, débarrassée de sa carapace, est aplatie, arrondie et d'un jaune verdàtre.
La coque est convexe et d'une couleur brunâtre, beaucoup plus grosse chez la femelle que chez le mâle ; on la trouve sur plusieurs espèces d'Epidendrum,
Selon Bouché, le màleest un des plus jolis petits insectes du genre.
Kermès des échinocactes. Ghermes echinocacti Bouché.
Il est assez fréquent sur les mamillaires et les échinocactes. M. Rivière nous a communiqué plusieurs
exemplaires de ces planles qui en étaient plus ou moins couvertes.
il ressemble pour la forme à celui du rosier ; sa coque est également arrondie en forme de lentille et d'une couleur roussàlre très-pâle, tirant plus ou moins sur le blanchâtre. Si l'on soulève avec la pointe d'une aiguille la couverture, on trouve dessous la larve ou la femelle d'un blanc jaunâtre, comme la plupart des espèces. Le mâle, observé et décrit par Mouché, est très-petit et d'un jaune orangé.
Kermès du laurier. Chermes lauri Bouché.
Quelquefois assez commun sur les lauriers cultivés en caisses, plus rare sur ceux dé pleine terre. La coque est arrondie, d'un brun terreux, avec quelques petites inégalités: la larve ou la femelle, débarrassée de sa carapace, est d une couleur rougeâtre pâle. Le mâle, décrit par Bouché, est aussi d'une couleur rougeâtre. C'est dans les bifurcations des pousses tendres, et sur les jeunes feuilles du Laurus nobilis, que ce kermès se fixe.
Nous avons trouvé aussi, sur des lauriers rapportés de la Provence, quelques individus du kermès du figuier.
Kermès du laurier-rose. Chermes nerli Bonché. •
La coque est lenticulaire, légèrement bombée, d'une couleur blanchâtre, un peu ponctuée de jaunâtre, quelquefois un peu roussàtre dans son milieu, plus grosse et plus convexe chez les femelles fécondées que chez les larves. Lorsque celles-ci sont débarrassées de leur enveloppe, elles sont un peu allongées, d'un jaune pâle. Le
maie, décrit par Bouché et observé par M. (îuérin-Menneville, est d'un jaune brunâtre avec les ailes transparentes, comme dans la plupart des autres espèces.
M. — Korruèft du laurier. Chermet laun.
Ce kermès, bien connu des jardiniers sous le nom de pou ou du punaise de laurier-rose, est très-commun sur
m HÉMIPTÈRES.
cet arbuste. Il envahit de préférence la face inférieure . des feuilles, et les individus y sont tellement rapprochés, qu'ils la couvrent presque entièrement.
On ne trouve que rarement cet insecte sur les lauriersroses croissant naturellement dans le Midi, au bord des ruisseaux ; mais il attaque constamment ceux qui végètent péniblement eti pot ou qui ont souffert de la sécheresse, aussi bien en Provence qu'aux environs de Paris. Le seul remède employé en horticulture consiste à sacrifier les vieux pieds et à en faire des couchages pour rajeunir la plante et obtenir dos sujets vigoureux, sur lesquels les kermès ne viennent jamais se fixer.
L'insecte dont nous venons de parler, ne vit pas m seulement sur le laurier-rose ; on le voit aussi sur les Magnolia, les Arbutus, les Clelhra, les Acaciay le lierre, les coronilles* les PUtosporum, les câpriers, etc. C'est un lléau dans beaucoup d 'orangeries et de serres chaudes.
Kermès du roalftr. Charmes rosae Houdië.
Il est souvent très-commun sur plusieurs variétés de rosiers; les jardiniers le désignent sous le nom de pou ou de punaisé blanche du rosier, Il se présente sous la forme d'une substance blanche , écailleuse , qui couvre les branches de cet arbuste d'une espèce do croûte pulvérulente, assez dense, produite en partie, par les vieilles enveloppes des kermès de l'année précédente et, en partie, par les jeunes qui se sont fixés dans leurs intervalles.
La coque ou couverture de cet insecte est lenticulaire, un peu bombée dans son centre, d'une couleur
crétacée. Quand, à la fin de l'été, on enlève la carapace à l aide d'une aiguille , on trouve dessous la
4."î. — i. kermès de la rose. Chermei rctv. — 2. lu larve grossie. Kosier envahi par le Kermès.
femelle ou la larve, qui est d un jaune pâle ; si, au contraire, on fait cette opération en hiver, la ponte est
34i - HÉMIPTÈRES.
terminée, et on ne trouve plus que des œufs d'un rouge brun. Ces œufs éclosent au printemps ; les pe-
46. - I. Kermès « yeadicole. ( hernie* cycadicola. - >. Pinnules grossies.
tits restent sous leur mère jusqu'au moment où ils ont changé de peau. Ils sont alors tout à fait
HÉMIPTÈRES. m
microscopiques -, ils se promènent sur les rameaux du rosier et finissent par s'y fixer. Nous n'avons jamais pu obtenir un seul mâle ; mais il a été observé et décrit par Boucbé. Selon cet auteur, il est d'un rouge pâle, un peu pulvérulent, avec les ailes comme dans les autres espèces. On reconnaît sa coque qui, comme chez le Chermes nerii, est plus petite et plus allongée que celle qui doit produire la femelle.
On se débarrasse facilement de cette vermine en faisant la taille de bonne heure et en nettoyant les branches restantes avec une brosse, avant l'évolution des bour» goons. Ces insectes étant peu adhérents, on fait aisément tomber leur coque et leurs œufs.
Kermès cycadicole. Chermes cycadicola.
Il est très- voisin par la forme et la couleur des kermès du palmier et du laurier - rose. Il est entièrement blanc, très-aplati sans aucune teinte roussalre. Il est plus irrégulier sur ses bords que l'espèce précédente ; les petites coques, appartenant probablement aux mâles, sont un peu oblongues et beaucoup moins lenticulaires que les autres.
Quelquefois très-commun sur le Cycas revolula. Il n'est pas très-adhérent, et on .le détache facilement avec la brosse.
GENRE COCHENILLE. COCCUS Geofl. I.alreille.
Femelles dépourvues de coque ou carapace; corps composé de quatorze segments plus ou moins dis-
,3i6 HÉ.MIPTÉRKS.
tincts; antennes assez courtes, composées de neuf articles; bec naissant de la poitrine entre les deux premières paires de pattes; abdomen su terminant par des filets plus ou moins longs H plus ou moins visibles; pattes grêles.
Mâle pourvu de deux petites ailes transparentes ; Iheîs terminaux plus longs que chez la iemelle.
Les cochenilles, depuis leur sortie de l'œuf jusqu'à la fin de leur existence, conservent la même forme, tandis que chez les kermès la peau du dos se durcit, se dessèche, les anneaux s'effacent et l'animal ne ressemble plus à un insecte.
Les cochenilles jouissent pendant toute leur vie de la faculté de marcher, tandis que les kermès une fois fixés restent parfaitement immobiles, collés sur les feuilles ou le long des liges. Elles sécrètent un liquide vis queux qui, en se desséchant, devient pulvérulent ou cotonneux et sert aux femelles à recouvrir leurs œufs. Le type de ce genre est la cochenille du commerce, Coccus Cacti, qu'on élève en grand au Mexique et dont on a essayé la culture en Algérie avec peu de succès.
Cochenille des serres. Goccus adonidum Linné.
Cet insecte, désigné en horticulture sous les noms de pou blanc des serres, de puceron laineux, ou de puceron cotonneux des serres, est très -commun dans les serres chaudes où il cause de très-grands dégâts. Il attaque toutes les plantes; la famille des Orchidées est peut-r-tre la seule qu'il respecte un peu. Les végétaux qu'il préfère sont le café, toutes les espèces
HÉM1P.TKRES. 34 T
île Cordyline, les Dracœna, les Ilnttlia, les Gardénia
les Juêticia, les Curculiyo, les iffttsa, les fougères, les Asclépiailées, ele., e!r.