‹ Essai Sur L'Entomologie HorticoleChapitre 41 sur 61 · IIL.MII'TKHK · texte numérisé non relu

IIL.MII'TKHK

La cochenille des tulipes. Coccus tuliparum Houché.

Elle se rapproche aussi beaucoup de Yadonidum. Le mâle est d'un jaune brun, avec les pattes jaunes ; ses ailes sont d'un blanc un peu opaque avec les nervures distinctes. La femelle débarrassée de son duvet est d'un jaune rougeàtre, fortement saupoudrée de blanchâtre, avec les côtés garnis d'une malière cotonneuse abondante ; son abdomen se termine par deux petites queues.

On la trouve sur les tulipes et sur d'autres Liliacées. Cette année, nous avons eu plusieurs espèces de lis cultivés en pot, entre autres le Speciosum et l'Aurantiacum, attaqués par cet insecte.

Bouché dit qu'il a trouvé différentes lois, en été et en automne, cette cochenille logée dans le bulbe même des tulipes. Il est probable que nos oignons de lis en recelaient queques individus entre leurs squammes.

Nous nous sommes débarrassés de ce parasite avec de l'alcool. Ces deux dernières espèces, selon Bouché, nous ont été importées de l'Amérique du Sud.

On trouve sur certaines graminées, dans les serres . froides des jardins de botanique, et même en plein air, une cochenille voisine de la précédente dont le corps est d'un rose tendre saupoudré d une farine blanchâtre, avec les filets de la queue presque nuls ; c'est la

Cochenille des graminées. Coccus phalaridis Linné.

Elle forme le long des tiges des graminées des petits nid* de colon blanc dans lesquels elle dépose ses œufs.

HEMIPTERES.

Cochenille du laurier. Cocous laurinus Signoret.

Encore une espèce qu'au premier coup d'œil, on prendrait pour la cochenille des serres (coccus adonidum). Mais le mâle offre une notable différence en ce que son abdomen est terminé par quatre filets blancs au lieu de deux. Quant à lafemelle, elle n'en présente pas de bien sensibles -, elle pond de même ses œufs sous un duvet bjanc comme du cotog.

Elle vit dans le midi de la France sur le Laurus nobilis. Nous avons trouvé cette même espèce sur des branches de figuier rapportées de Marseille par M. Rivière.

Il existe probablement dans les parties méridionales de l'Europe plusieurs autres cochenilles voisines de l'adonidum.

Cochenille des mamillaires. Coccus mamilarlœ.

Cette espèce, que nous ne trouvons mentionnée par aucun auteur, est souvent assez commune sur plusieurs espèces de Mamillaria où elle se tient en petites familles composées d'individus de tous les âges.

La femelle est presque de la taille de Yadonidum, d'un gris cendré, plus renflée, plus ovale et moins allongée que cette dernière, saupoudrée de gris blanchâtre, avec les anneaux bien distincts, dépourvue d'appendices latéraux et de filets abdominaux. Cette cochenille marche peu et reste longtemps fixée à la même place.

Le mâle est très-petit; ses ailes sont blanches avec le

corps d'un brun ferrugineux saupoudréde gris blanchâtre; les filets de l'abdomen sont blancs et bien distincts. f Cette cochenille nous est venue avec les Cactées , de l'Amérique centrale.

On la détruit aisément en saupoudrant de tabac à priser les plantes malades, et mieux encore en les humectant avec de l'alcool.

C'est dans les serres du Luxembourg que nous avons vu cette espèce pour la première fois.

Au moment où cet article est sous presse nous nous apercevons que ce Coccus que nous regardions comme une nouveauté, a déjà été découvert par Bouché dans les serres de Berlin et que ce savant observateur Ta décrit (Extomologische Zeitung^ 1844, p. 302} sous le môme nom de Mamillariœ.

Cochenille des fèves. Coccus fabae Guériu.

Notre collègue, M. Guérin-Mepnevilleva trouvé dans les jardins du midi de la France, à Sainte-Tulle, des fèves de marais dont la tige et les feuilles étaient envahies par une grosse cochenille, sur laquelle il a présenté, en 1856, un mémoire à l'Académie des sciences.

Cet insecte est aussi gros qu'un cloporte et peut donner une belle couleur rouge. Son corps est recouvert d'une sécrétion cotonneuse blanche. Cette sécrétion, autant que nous avons pu en juger sur des animaux desséchés, s'étend aussi sur les côtes où elle forme des sortes d'appendices laineux et à l'extrémité de l'abdomen un long prolongementfiliforme de trois ou quatre centimètres.

Cet Hémiptère, qui, selon M. Guérin, devra constituer

HÉMIPTÈRES. 36o

un genre nouveau dans la tribu dè9 Coccides, se retire pendant l'hiver sous les écorces des amandiers. Il est probable qu'il ne vit pas exclusivement sur les fèves.

Cochenille ? du latania. Coccus? lataniae.

Voici un insecte très- curieux et que nous réunissons provisoirement aux cochenilles, ne sachant trop où lui donner une autre place. Il est probable que lorsque l'on connaîtra le maie, il deviendra le type d'un nouveau genre.

i9. — Cochenille du latania, à l'automne- Coccut latania.

il varie beaucoup pour la couleur aux différentes époques de son développement. Après son premier changement de peau, il est vert, tout à

356 HEMIPTERES.

fait circulaire, avec une bordure dun blanc pur, formée par de petits cils soyeux ; à la fin de l'été ,

il est d'un beau noir; au printemps suivant, il a triplé de grosseur et est devenu d'un roux très-clair, avec les anneaux parfaitement distincts. Dans tous les cas, il conserve sa forme hémisphérique aplatie et sa bordure de cils blancs. Il se promène lentement sur les feuilles et le long des pétioles des latania, où il se tient en petits groupes disséminés.

M. Savoye nous a apporté de jeunes pieds de Latania Borbonica fort maltraités par cet insecte ; d'un autre coté , M. Burel nous a remis, à différentes époques de l'année , des feuilles du Latania rubra qui en étaient couvertes , ce qui nous a mis à même de l'examiner à tous les âges.

Notre savant collègue , le DrSignoret, à qui nous avons communiqué ce singulier Hémiptère, a pensé après l'avoir disséqué sous le microscope qu'il appartenait au groupe

M. — Cochenille du latania t au printemps.

Corcut latania >.

• des Pentatomides ; mais ayant remis cette année au' mois d'avril à sa disposition des individus plus développés, il est revenu sur cette opinion ; aujourd'hui il ne serait pas éloigné de le regarder comme le premier état d'un genre nouveau voisin des Aleurodes. D'autant plus qu'un autre insecte analogue trouvé en Provence, sur le laurier-tin et que, tous les deux, nous avions pris pour une Coccide, lui a produit une aleurode voisine de celle que l'on rencontre sur la chélidoine.

Cet insecte est évidemment d'origine exotique ; il n'habite que les serres chaudes. Ilsulïît pour le détruire de mettre, pendant quelque temps, les plantes atta quées, à l'air libre. On le fait tomber facilement avec une petite brosse; mais il faut faire cette opération dehors dans la crainte que ces parasites ne remontent sur les plantes.

Cochenille du z a rai a. Coccus zamiœ Lucas.

Nous n'avons pas pu voir en nature cette espèce que M. Lucas a recueillie assez abondamment, en 18.>i, sur des Zamia auslralis cultivés au Jardin des plantes. Toutes les recherches que nous avons faites dans cet établissement pour nous en procurer quelques exemplaires ont été inutiles.

Voilà ce que dit notre collègue M. Lucas de celle cochenille : •

« Elle couvre d'une matière blanche farineuse, excessivement abondante, les pétioles et les pinnules AesZamia auslralis et spiralis ; c'est sous celte matière blanche,

très-dense, que se lient cet insecte, quelquefois au nombre • de trois ou quatre individus, mais d'âges différents. Elle est très-agile ; les plus grands individus mesurent 5 millimètres ; elle est d'un jaune testacé, farineuse, avec les soies caudales, très-allongées, dépassant quelquefois le corps en longueur1; les antennes, ainsi que les organes de la locomotion, sont d'un testacé très-légèrement jaunâtre. On ne connaît pas le mAle.

« Importée de la Nouvelle -Hollande. »»

Il paraît que cet insecte a disparu, car sur tous les Zamia que nous avons examinés, nous n'avons trouvé d'autres parasites que le Chermes hibernaculorum, espèce polyphage très-frèquente à Paris, dans presque toutes les serres.

i" ORDRE. — NÉVROPTÈRES.

Les insectes de cet ordre ont quatre ailes nues, réticulées, généralement transparentes et de môme grandeur; une tête, plus ou moins grosse, prourvue de mandibules et de mâchoires, et de deux antennes ordinairement sétacées ; un corselet comprimé et tronqué ; des ailes propres au vol, horizontales ou en toit dans le repos; un abdomen mou, allongé, toujours dépourvu d'aiguillon ou de tarière; des pattes ayant, selon les genres, de trois à cinq articles aux tarses.

Les Névroptères à l'état de larves sont carnassiers, et souvent aussi, à l'état parfait; ils n attaquent pas les végétaux ; les quelques espèces qui fréquentent les parcs et • les jardins rendent de très-grands services à l'horticulture en détruisant des insectes nuisibles.

GENRE HÉMÉROBE. HEMEROBIU8 Linné.

Ce genre appartient à la famille des Névroptères Planipennes et à la tribu des Hémérobiens de Latreille. Il a pour caractères : un corps très-mou; des yeux globuleux, saillants, à reflets couleur d'or ; des ailes proportionnellement grandes, transparentes comme une gaze très-fine, voilant très-légèrement le corps qui ordinairement est d'un joli vert gai, ou d'un jaune vert.

Réaumur a longuement décrit les mœurs des hémérobes. Ces mouche$, ditnl, font des œufs qu'on trouve sans les chercher. Ces œufs, que tous les entomologistes

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connaissent très-bien, mais qu'il importe de faire connaître aux jardiniers, afin qu'il ne les détruisent pas, ont été pris autrefois par quelques botanistes pour des espèces de champignons. Us sont blancs, arrondis,, gros comme des petites têtes d'épingles, et supportés à l'extn;mité de petites tiges longues de deux à trois centimètres, de la grosseur d'un cheveu. On les trouve toujours sur les feuilles attaquées par les pucerons. Les larves qui sortent de ces œufs, ne sont pas plus tôt nées, qu elles se dirigent au ^milieu des pucerons dont elles font un très-grand carnage. C'est pour cette raison que Réaumur les a appelées lions des pucerons. Ces larves, que tous les horticulteurs peuvent observer, ont le corps aplati, velu, ridé en dessus, terminé en pointe à . l'extrémité ; elles ont six pattes, et leur bouche est composée de deux crochets fistuleux, recourbés avec lesquels elles saisissent les pucerons pour les sucer.

En quinze jours les larves ont pris tout leur développement. Arrivées à toute leur croissance elles se retirent dans les plis des feuilles, filent une petite coque arrondie d'une soie blanche, où elles se changent en nymphes. Au bout de vingt à vingt-cinq jours l'éclosion de l'insecte parfait a lieu.

Il y a plusieurs générations par an. Les larves métamorphosées en septembre, passent l'hiver à l'état de nymphe, pour éclore au printemps, au moment de l'ap. paritiondes premiers pucerons.

Les hémérobes n'ont aucune prédilection pour telle ou telle espèce. Nous en avons vu aussi bien au milieu des pucerons noirs du pavot qu'au milieu des pucerons verts du rosier.

N'ÉVROPTÉRES. 36l

Le nom d'hémérobe vient du grec et signifie qui ne vit qu'un jour, ce qui n'est pas très-exact ; quoique la vie de cet insecte soit courte, il ne meurt pas avant le quatrième ou le cinquième jour.

Nous recommandons aux amateurs, qui veulent se rendre compte par eux-mêmes de Futilité des hémérobes, d'en mettre une larve sur une branche couverte de pucerons. Au bout de deux ou trois jours ils ne trouveront pius que les enveloppes transparentes de ces insectes. On rencontre dans nos jardins, les deux espèces suivantes :

."•I — 1 HéBtnJM porle. Hemerobius perla. 2 Los o-ufs formant un bouquet

Hémérobe perle. Hemerobius perla Linné. '

Cette espèce, assez commune, est d'un vert pomme avec les yeux dorés," très-brillants. Ses ailes couchées

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sur le corps le dépassent de moifié ; elles sont transparentes, avec les nervures vertes, de manière qu'elles ressemblent à une gaze verte très-ûne. Ses antennes sont filiformes, aussi longues que le corps.

On trouve fréquemment cette hémérobe sur les rosiers où elle dépose ses œufs réunis en bouquet, chacun sur un long pédicelle capillaire.

Ce petit névroptère est assez élégant; mais lorsqu'on le tient entre les doigts, il laisse une odeur très-infecte qui rappelle le mot énergique de Gambronne.

Hémérobe aux yeux d'or. Hemerobius chrysops Linné .

Elle est un peu plus petite que la précédente et un peu moins commune dans les jardins de Paris. Son corps est jaune avec les yeux d'un vert doré. Ses ailes sont transparentes, avec les nervures pointillées de noir; caractère qui la distingue au premier coup d'œil.

La larve un peu moins allongée que celle de l'espèce précédente, porte^ur son dos un vêtement informe, composé des peaux des pucerons qu'elle a vidés. Si on lui enlève cette couverture, au bout de quelques heures elle a réparé le désordre de sa toilette.

r>2. — Larve de l'hém^-

robe aux yeux d'or.

lleinerobius chryxopi

ome ORDRE. - HYMÉNOPTÈRES

L'ordre des Hyménoptères comprend une immense quantité d'espèces ; il a été divisé en deux grandes sections, subdivisées en un nombre considérable de familles et de tribus partagées elles-mêmes en une très-grande quantité de genres.

Il est caractérisé ainsi : quatre ailes nues, transparentes, couchées horizontalement, parcourues par des nervures formant des cellules inégales ; des ailes infé-

Heures plus petites que les supérieures ; une tête ayant outre les yeux ordinaires trois petits yeux lisses placés en triangle; des antennes, tantôt filiformes, tantôt sétacées et quelquefois en massue; une bouche composée de deux ' mandibules cornées, de deux mâchoires et d'une lèvre inférieure tubulaire à sa base, terminée par une languette et formant une espèce de trompe propre à conduire les substances liquides ou demi-fluides.

Les Hyménoptères ont des métamorphoses complètes. Le plus ordinairement leurs larves sont sans pattes et vermiformes ; quelquefois, au contraire, elles en ont de très-nombreuses qui' leur donnent une certaine ressemblance avec les chenilles.

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