‹ Essai Sur L'Entomologie HorticoleChapitre 58 sur 61 · ORDRE. — DIPTÈRES · texte numérisé non relu

ORDRE. — DIPTÈRES

Les insectes qui font partie de cet ordre, le dernier dans la classification de ces petits animaux, n'ont que deux ailes, lesquelles, ordinairement, sont transpa- * rentes, étalées, veinées et accompagnées de deux petits balanciers, que quelques naturalistes considèrent comme représentant les ailes inférieures. Ils ont six pattes, presque toujours grêles et allongées, se terminant par un tarse de cinq articles ayant à son extrémité deux crochets, et souvent, en outre, deux ou trois palettes vésiculeuses, qui font l'office de ventouses, et permettent à cespetits animaux de marcher sur les corps les plus polis. Leur tète offre deux palpes maxillaires, deux antennes de trois articles, insérées sur le front, deux yeux brillants à facettes, et deux ou trois petits yeux lisses. Leur bouche est constituée par un suçoir de deux à six pièces écailleuses en forme de soies ou de lancettes, et servant, dans certaines races, de siphon ou de pompe aspirante. Le corselet ou thorax est raccourci et donne attache à l'abdomen par une petite portion de son diamètre; celui-ci est membraneux, assez mou, et se termine ordinairement, dans les femelles, par une saillie de l'oviducte en forme de pointe.

Les Diptères ont des métamorphoses complètes. La majeure partie de leurs larves porte les noms vulgaires

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d'asticots, de vers ou de guillots- Elles se nourrissent le plus ordinairement de substances organiques en décomposition, ou dont elles hâtent elles-mêmes la décomposition. Elles sont généralement apodes (sans pattes), munies d'une tète armée d'un ou de deux crochets xétractiles, leur servant à entamer les substances alimentaires. Elles respirent par des trachées placées sur le dernier anneau, ou réunies en un faisceau formant une queue à l'extrémité du corps, quand elles sont destinées à vivre dans des matières fluides. Leur marche en avant ou en arrière, est une sorte de reptation qu'elles exécutent en contractant les anneaux de leur corps. Elles sont d'une consistance mollasse, d'une couleur blanchâtre ou d'un gris pâle.

Lorsqu'elles ont atteint toute leur croissance, ce qui, pour beaucoup d'espèces, est l'affaire de trois ou quatre jours, elles se changent en nymphes dans leur propre peau qui se contracte, se durcit et prend l'apparence d'un barillet ovoïde ou d'une graine. Lorsque le moment de l'éclosion est arrivé, l'insecte sort, en faisant sauter la partie antérieure de cette enveloppe qu'il pousse et soulève avec sa tête comme un couvercle (1).

La durée de l'existence chez les diptères est en général assez courte -, souvent elle ne s'étend pas audelà de huit à quinze jours, à partir du moment où ils sortent de l'œuf, comme cela a lieu pour les mouches à viandes (musca carnaria, vomitoria, etc.).

(1) La famille des Tipulaires fait exception à la règle générale, en ce que, dans plusieurs espèces, les larves sont quelquefois pourvues de petites pattes antérieures rudimentaircs, et que pour se métamorphoser en nymphes, elles changent de peau.

D1PTERK<. ôttô

Beaucoup de Diptères nous rendent de véritables services, soit, comme agents de la salubrité, en faisant disparaître rapidement des foyers d'infection qui répandraient des miasmes pestilentiels dans l'atmosphère, soit en déposant leurs œufs dans le corps des chenilles, dont les petites larves parasites font périr de grandes quantités : telles sont, par exemple, dans la famille des Muscides, les mouches appelées tachines, qui ont pour type la musca larvarum de Linné.

Malheureusement, il en est d'autres, et en grand nombre, qui sont très-nuisibles à l'agriculture et à l'horticulture, ou qui nous incommodent par leur piqûre : telles sont parmi ces dernières, les maringouins, les moustiques et les bizigayes des colonies, et chez nous, le cousin (culex pipiens), le stomoxe (stomoxis cakitrans), si semblable à la mouche commune (musca domestica) ; mais qui, à l'automne, nous fait souvent sentir vivement l'effet de son suçoir ; ce qui fait dire à quelques personnes que les mouches piquent. N'oublions pas la mouche aux yeux d'or (chrysops cœcutxens) des bois, des parcs et des prairies, qui, au moment des grandes chaleurs, se jette sur les mains ou le visage et enfonce, avec la rapidité de l'éclair, son dard dans la peau.

L'homme n'est pas seul exposé à la voracité de ces buveurs de sang : les animaux domestiques en sont souvent fort tourmentés et en souffrent d'autant plus qu'ils ne peuvents'en débarrasser. Dans les temps chauds et orageux, ces diptères féroces leur mettent le corps en sang et les rendent furieux ; nous citerons comme exemples, le taon des bœufs (tabanusbovinus), qui attaque aussi

les chevaux, les mulets, el même l'homme, le taon marocain [tabanus Marrocanus) qui, en Algérie, couvre souvent tout le corps des malheureux chameaux 5 l'hématopote pluvial (hœmalopota pluvialis), si acharné après les chevaux, qu'il accompagne souvent pendant des lieues entières, etc., etc.

Pendant les journées chaudes et orageuses de l'été, les chevaux et quelquefois les hœufs sont aussi trèsincommodés par une autre espèce de mouche [hippobosca equina), plus connue sous les noms vulgaires de mouche araignée, mouche guenille, mouche bretonne, etc. Ce Diptère d'une consistance plus dure et plus coriace qu'aucun autre insecte du môme ordre s'attache et se cramponne fortement aux parties dénudées de poils, principalement sous la queue.

Les Diptères que nous venons de citer .bien connus de toutes les personnes qui de campagne , ne tourmentent l'homme et les animaux qu'à l'état d'insectes parfaits; mais il est d'autres espèces appartenant à la famille des OEstri des , dont les larves vivent dans l'estomac, les sinus frontaux ou sous la peau, et causent des accidents d'une autre nature.

La plus commune est l'Œstre du cheval (OEstrus equi); elle vit dans l'estomac du cheval et quelquefois dans celui de l'homme. Lorsque la larve est arrivée à son entier développement, elle se détache de la membrane muqueuse et se laisse expulser avec les excréments pour accomplir sa métamorphose en terre. On a cru longtemps, d'après Vallisnieri, que la femelle déposait ses œufs sur la marge de l'anus des animaux ^cela paraissait assez probable), et que les petites larves

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remontaient, le tube digestif jusqu'à l'estomac ; mais, selon feu Bracy Clarck, l'une des célébrités vétérinaires de l'Europe, qui a fait une étude spéciale des insectes de cette famille (An essay of the bots horses and other animais), la femelle, au contraire, pond ses œufs, un à un, sur les cotés et la partie interne de l'épaule du cheval. Les petites larves, selon ce savant, éclosent sur les poils où les œufs ont été collés; l'animal, en se léchant, les introduit dans son estomac, où elles adhèrent fortement, à l aide des petits crochets qui garnissent les segments de leur corps. Clarck n'explique pas trop comment ces mêmes larves pénètrent dans l'estomac de l'homme.

Depuis la belle Monographie de Clarck publiée en 1815, augmentée de suppléments insérés dans les Transactions de la Société Linnéenne de Londres, en 1843, et reproduits par Vf sis en 1845, la science s'est enrichie de beaucoup d'observations nouvelles et de faits très-curieux consignés dans les recueils de diverses sociétés savantes, en France, en Angleterre et surtout en Allemagne.

Notre collègue, le docteur Coquerel, a décrit dans les Annales de la Société entomologique de France, sous le nom de Lucilia hominivorax , une espèce d'OUstride, dont la larve vit à Cayenne, dans les sinus frontaux de l'homme et détermine la mort. Le même docteur Coquerel {Revue zoolog . 1859) a, dans la même colonie, extrait du bras d'un homme la larve d'une autre d'UEstride vivant sous la peau dans le tissu cellulaire. Des faits analogues à ce dernier ne sont pas, dit-on, très-rares au Mexique et même à la Nouvelle-Orléans.

En Europe, des accidents de cette nature n'ont pas encore été bien constatés, mais ils sont fréquents chez les animaux à l'état sauvage et domestique.

Il y a des contrées où Ton trouve, dans les fosses nasales, ou sous la peau des bœufs, des moutons, des chèvres, des cerfs, des lièvres, des lapins et surtout des rennes, des larves dOEstrides appartenant aux genres Cutèrèbre, Hypoderme, Cèphènemye, /Edemagène, etc.

11 y a aussi des exemples où des mouches à viandes ont déposé leurs œufs sur des êtres vivants ; on a vu plus d'une fois aux armées, dans des ambulances, des essaims de vers grouiller sur des plaies comme sur une proie morte. Nous avons vu aussi la même espèce de mouche (Musca carnaria), trompée par l'odeur cadavéreuse qu'exhalent les Heurs de certaines espèces de Stapelia et à' Arum déposer ses œufs dans leur corolle.

Nous avons rapporté dans le temps (journal analy tique de médecine ) un fait bien plus extraordinaire; c'est celui d'un homme ivre-mort qui s'était couché et endormi sur un tas d'ordures, dans un lieu isolé, à côté d'un ancien établissement d'équarrisseur, et qui est resté dans cette posilion pendant près de trois jours. Lorsque l'on s'est aperçu de sa présence sur ce fumier, il était encore vivant, mais toutes les cavités du visage étaient dévorées par une énorme quantité devers; la bouche, les oreilles, les fosses nasales en étaient remplies et les yeux étaient presque vidés. M. J. Cloquet a retiré de cet ivrogne qui a encore vécu deux jours, plein une assiette de larves appartenant à la musca vomitoria.

Beaucoup de personnes sont persuadées que les corps mis en terre deviennent la proie des vers ! C'est une absurdité que chacun répète de confiance, parce qu'il l'a entendu dire. Que les personnes qui craignent d'être mangées par les larves se rassurent; ni les lombrics, dont la nourriture exclusive se compose de terre végétale, ni les vers des mouches à viandes ne descendront dans leur tombe pour se nourrir de leurs restes mortels. Leurs dépouilles se décomposeront tout doucement dans le sëfcf de la terre, à l'abri du contact de tout être vivant, et s'y réduiront en terreau, puis en poussière, comme le dit l'Ecriture.

On admet assez généralement qu'une mouche peut, dans certaines circonstances, donner le charbon. Nous croyons la chose possible. Lorsqu'un Stomoxe (stomoxis calcitrans), par exemple, s'est posé sur une charogne dont il a pompe un peu de la matière putride et qu'il vient ensuite enfoncer son suçoir infecté de virus dans une partie du corps humain, la piqûre peut parfaitement occasionner la pustule maligne et des accidents mortels.

Il existe, dans plusieurs contrées de l'intérieur de l'Afrique, un Diptère appelé mouchetselse, zimb, ou tsastsalya, dont la piqûre dit-on, quelquefois mortelle pour l'homme, fait périr les animaux domestiques qui traversent ces localités à certaines heures de la journée. Au rapport des voyageurs naturalistes, la piqûre de cette redoutable mouche, ne parait pas avoir d'action sur les animaux vivant à l'état sauvage, comme le zèbre, Thémione, etc. M. Westwood est porté à croire que c'est à cet insecte qu'il faut attribuer

la quatrième plaie de l'Egypte dont il est question dans l'Exode.

L'ordre des Diptères renferme une quantité incalculable d'espèces , dont beaucoup, probablement, ne sont pas encore connues, malgré les travaux spéciaux de Meigen, de Wiedmann, du Dr Robineau-Desvoidy, de Macquart, etc. (1). Pour en faciliter l'étude, il a été divisé en un très-grand nombre de familles, de tribus et de genres.

La plupart des larves de ces insectes sont^eu ragoûtantes et assez difficiles à élever ; excepté les syrphes et les mouches tachines , nous avons obtenu peu d'individus à l'état parfait \ tout ce que nous dirons des habitudes des Tipulaires et des Muscides est emprunté en partie aux ouvrages de Bouché, de Nordlinger , de Kollar, de Schmidberger, de Fonscolombe, et surtout au travail si remarquable de notre collègue, M. Goureau. Les principales espèces nuisibles aux jardins appartiennent aux genres Ortalide, Cècidomye , Tipule, Anthomye , Pègomye , Psylomye , Phytomyze , Sciarey Lasioptère et Bibion.,

(I) Il n'y a pas d'année où les entomologistes qui s'occupent de cet ordre, malheureusement trop négligé de nos jours, ne découvrent des espèces nouvelles. Depuis un peu moins d'un demi siècle, une espèce jusqu'alors inconnue s'est montrée tout à coup à Paris et s'y est multipliée avec une abondance extrême. Elle a été décrite par Itobineau-Desvoidy, sous le nom de Scotella urimtoria. C'est une petite mouche d'un brun noirAtre à écusson d'un gris-blanchàtre qui pullule dans tous les endroits imprégnés d'urine. Il n'y a pas très-longtemps, ce Diptère n'existait qu'à Paris ; il s'est étendu peu à peu dans les environs et " commence déjà à se répandre dans les grandes villes. D'où nous vient cette mouche? Personne ne le sait au juste; lout ce que l'on sail, c'est qu'elle s'avance du nord au midi.

DIPTÈRKS.

Cécidomye noire du poirier. Cecidomyia nigra Meigen.

Tous les jardiniers ont remarqué, au mois de mai et au commencement de juin, lorsque déjà les poires sont nouées, qu'une partie des jeunes fruits, au lieu de s'allonger, prennent une forme sphéroïde, noircissent et tombent. Les arboriculteurs désignent ces poires globuleuses sous le nom de calbasses. En les ouvrant, on trouve dans leur inlérieur de petites larves jaunes ou d'un blanc rougeàtre, qui en rongent la pulpe. La petite mouche qui cause cette maladie, n'a pas plus d'un millimètre et demi de longueur ; elle est noire, avec l'écusson gris et le bord des segments de l'abdomen d'un jaune fauve.

C'est dans le courant d'avril, selon Schmidberger (Beitràge Obstbaumzucht, etc.), qu'a lieu l'éclosion de l'insecte parfait et que sa femelle dépose ses œufs dans les bourgeons à fleurs du poirier. Dès que les petites larves sont écloses , elles pénètrent dans l'ovaire" dont elles dévorent la substance. Lorsqu'elles ont atteint leur croissance, le fruit noircit par place ou totalement, se détache de l'arbre et tombe à terre. Les petites larves sortent de la calbasse, s'enfoncent en terre pour se métamorphoser et reparaître à l'état d'insecte parfait au printemps suivant.

Dans un jardin fruitier, on devra enlever toutes les poires calbassèes, les écraser ou les brûler pendant que les larves sont encore dans l'intérieur du fruit.

Le professeur Nordtfnger (Die kleinen Feinde, etc. p. 527), décrit une seconde espèce sous le nom de ceci-

domyia pyricola, et Bouché une troisième sous celui de cecidomyia pyri ; elles vivent également dans les petites poires qu'elles calbassent de la môme manière. Avons-nous aussi ces deux dernières espèces dans nos jardins, ou sont-elles véritablement distinctes de la première? Cette question, fort intéressante pour un entomologiste, est peu importante pour les horticulteurs.

Ortalide des cerises. Ortalis cerasi Meîgen.

La larve de cette mouche ne vit pas dans les cerises dont la pulpe est acide ou acidulée, telles que les cerises dites de Montmorency, Reine Horlense, Royale, Anglaise, etc., mais on la rencontre très-fréquemment dans certaines variétés de guignes et de bigarreaux. Il y a même des années où Ton mange autant de vers que de fruits.

. La mouche est commune, au mois de mai, dans les campagnes où l'on cultive les guignes et les bigarreaux; elle est facile à reconnaître, par sa couleur noire, avec la tête jaune et ses ailes transparentes coupées par quatre bandes noires.

Après l'accouplement, cette mouche dépose un œuf sur chaque fruit; aussitôt que la petite larve est née. elle le perce et s'enfonce dans la chair pour ronger la pulpe. Elle est blanche, un peu conique, et ressemble beaucoup à un petit asticot. Elle continue de se nourrir au milieu de la masse juteuse, sans pour cela empêcher les bigarreaux de grossir et d'arriver à leur maturité. Cependant, il y en a quelques-uns qui tombent de

l'arbre un peu avant leur entier développement. Le ver sort du fruit et s'enfonce en terre pour se changer en nymphe et éclore au mois de mai de l'année suivante.

• il. — Ortalide des ceriset. OrtaU* cerasi.

L ortalide des cerises n'attaque pas indistinctement toutes les guignes ; il y a, en Normandie, une variété très-cultivée, sous le nom de guigne à collier, parce que la corolle forme autour du fruit une collerette persistante, dans laquelle on ne trouve pas de vers. Nous n'en avons jamais observé non plus, dans le type sauvage de nos cerisiers, la merise prunus avium^.

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Mouche de l'olive. Musca oleae Linné.

Dacus oie» Meigen.

L'histoire de cetle mouche, si funeste aux oliviers, a été parfaitement étudiée à Aix par Fonscolomhe. L'insecte parfait a été décrit par plusieurs auteurs et figuré par Bernard et par Coquebert.

Nous n'avons jamais été à même de l'observer; quoiqu'il soit fort commun dans les départements méridionaux, il n'existe à notre connaissance dans aucune collection de Paris, sauf peut-être chez M. Guérin-Meneville qui a fait, sur les lieux mêmes, de savantes recherches, sur les moyens à employer pour conjurer les dégâts que fait ce Diptère. Tout ce que nous en dirons est emprunté au mémoire de Fonscolombe.

» L'olive, vers l'époque de sa maturité, est sujette à être attaquée par les larves d'un Diptère, qui sont le plus dommageable de tous les ennemis de cet arbre précieux. Elles se logent dans la pulpe même du fruit : une seule olive en contient quelquefois deux ou trois ; elles en sortent souvent avant leur maturité et paraissent sous la forme de mouches, pour se reproduire dans la même saison, par une nouvelle ponte ; mais c'est principalement à l'époque de la récolte qu'elles quittent les olives, surtout lorsque celles-ci sont entassées dans les greniers, pour se changer en chrysalide dans la poussière et les balayures. La larve, lorsqu'elle est adulte, est vermiforme comme celle de l'ortalide, d'un blanc jaunâtre et de forme un peu conique, elle se métamorphose de même.

Les nymphes de la dernière génération passent

DIPTÈRES. GOÔ

les mois les plus froids dans l'engourdissement. La petite mouche est longue de 4 millimètres environ, ses pattes, son front et ses antennes sont d'un jaune fauve. Son corselet est gris, marqué dans son milieu d'une croix jaunâtre peu distincte. Son abdomen est noirâtre, avec une bande longitudinale jaune, dilatée postérieurement. Les ailes sont transparentes, marquées au sommet d'une petite tache' obscure. »

Fonscolombe conseille, pour diminuer le nombre de ces insectes nuisibles, d'enlever avec soin toutes les balayures des greniers à olives et de les brûler immédiatement.

Le procédé de notre collègue, M. Guérin-Meneville, nous parait bien préférable, en ce qu'en sauvant une partie de la récolte, on détruit un grand nombre de larves , il consiste à recueillir les olives un peu avant leur maturité et à les détriter le plus tôt possible -, en agissant ainsi, selon cet observatenr, on obtient encore une demi- récolte d'huile, tandis qu'en attendant l'époque ordinaire de la cueillette des olives, on laisse aux vers le temps de ronger tout le parenchyme, ce qui leur enlève l'huile qu'elles auraient pu donner.

M. Guérin-Meneville ajoute qu'ayant voulu s'assurer par lui-même de l'efûcacité de ce procédé, il a visité, en 1846, un assez grand nombre de moulins à huile aux envrons de Toulon et de Grasse, entre autres le bel établissement de* M. Sennequier, et que, dans cette usine, seize doubles décalitres d'olives attaquées par les vers avaient donné, jusqu'au 12 octobre, de 33 à 34 litres d'huile de qualité médiocre, mais que, passé cette époque, la mesure ne donnait plus., jusqu'au 21 oc-

tobre; que 15 à 16 litres de la plus mauvaise huile. Plus tard, le résultat était si minime et de si mauvaise qualité qu'on avait renoncé à porter les olives au moulin. Dans les bonnes années, seize doubles décalitres d'olives, épargnées par les vers, produisent de 50 à 80 litres d'huile excellente, (voy. Annales de la Société Entomolog. de France, t. X., 1849.)

Feu notre ami et collègue, le docteur Passerini, de Florence, a aussi publié, en 1829, (Giornale agrar., Toscano, n° 16, Osservazioni sul baco danneggiatore délie ulive), un mémoire fort intéressant sur la mouche des olives et sur les ravages qu'elle fait en Toscane.

La grande tipule des jardins. Tipula oleracea Linné.

Ce diptère est très-reconnaissable à son corps allongé, à ses grandes ailes étroites et à ses longues pattes, qui le font ressembler à un énorme cougin. Il est long de

T24.— Grande tipule des jardins. Tipula oleracea.

25 millimètres, d'un gris cendré, un peu pulvérulent, avec le museau, les antennes et des pattes d'un jaune ferrugineux ; le corselet est brunâtre, rayé de noir.

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l/abdomen estdun gris bleuâtre très-allongé et terminé en massue ; les ailes, plus longues que le corps, sont étendues Sans le repos et d'une couleur enfumée.

Nous avons souvent trouvé les larves dans la terre au pied des Balsamines, des Zinnia, des Reines-Marguerites, etc., mais jamais nous ne les avons élevées. Réaumur, qui en a fait l'éducation, dit qu'elles vivent de terreau à la manière des lombrics. M. le colonel Goureau prétend, au contraire, qu'elles rongent les radicelles des plantes et que souvent elles les font périr. Voici ce qu'écrit ce savant observateur à propos de l'histoire de cet insecte :

« Les femelles pondent leurs œufs probablement en volant ou lorsqu'elles sont reposées sur l'herbe; ces œufs sont lancés comme par un fusil à vent ; ils ressemblent à de petits grains coniques d'un noir d'ébène. Us forment une masse qui occupe presque tout l'abdomen de la femelle ; on en compte plus de 300. Les larves qui en sortent croissent jusqu'à ce qu'elles aient atteint la grosseur d'une plume d'oie ; elles sont cylindriques et d'une longueur de 25 millimètres ; elles sont alors couleur de terre et revêtues d'une peau trèscoriace. Lorsqu'elles marchent ou rampent, car elles n'ont pas de pattes , elles font sortir leur petite tête noire et cornée. Elles sont formées de treize segments et, lorsqu'elles sont dressées, elles ressemblent à de petites chenilles. »

M. Goureau ajoute: « Depuis le commencement de mai jusqu'à la première semaine d'août, j'ai observé ces larves à la racine des fèves, des laitues, des betteraves et des pommes de terre; pendant la môme période,

elles étaient de très-incommodes visiteurs des jardins fleuristes où elles causaient de mortels dommages aux Dahlias, aux œillets, etc. »

On dit qu'elles sortent pendant la nuit, en multitude, pour se nourrir et probablement pour changer de place, lorsque la nourri lure devient rare, et aussi pour chercher un lieu convenable à leur métamorphose; les rosées de la nuit leur conviennent mieux que la lumière et la chaleur du jour. Quelques-unes des plus avancées se transforment en août, les autres en septembre, dans la terre, sous les mauvaises herbes. Les nymphes sont aussi grosses que les larves, d'une couleur terreuse, avec deux petites cornes et de petites épines sur le corps, qui leur servent à accomplir un mouvement de progression et à se rapprocher de la surface du sol, quand le moment de Téclosion est arrivée.

Selon Curtis (Gardners chronicle 1858, et Farm insecte 1860), le seul moyen qu'il y ait, pour détruire la larve de celle tipule revelue d'une jaquette de cuir, est de fouiller au pied des plantes malades, ce qui doit être fait lous les jours de grand matin, sans quoi la peine que Ton se donne est inutile. On pourrait aussi essayer des arrosages avec l'eau tenant en dissolution un peu de sulfure de chaux ou de sulfate de cuivre.

Les jardiniers rencontrent souvent, en labourant, la nymphe à deux cornes de cette grande tipule.

La famille des Tipulaires se compose d'une très-grande quantité de genres et d'espèces. Leurs larves allongées, vermiformes, vivent tantôt dans les fumiers, ou dans le détritus des végétaux, lanlôt dans la terre humide et

diptères, non souvent dans l'eau ou dans la vase. Leur couleur est le plus ordinairement blanchâtre ou d'un blanc jaunâtre, quelquefois d'un rouge vif. On voit souvent à la campagne, sur la vase, dans les eaux stagnantes peu profondes, des millions de ces petites larves rouges, ressemblant, à s'y méprendre, à du sang répandu et déposé au fond de l'eau. Dès que l'on touche un peu à la vase, ces innombrables essaims disparaissent comme par un coup de baguette. C'est probablement à une abondante apparition de cês larves qu'il faut atlribuer la première plaie de l'Egypte, les eaux changées en sang. D'autres larves, vivant également dans la vase, et appelées vulgairement vers rouges, vers de vase, sont très-recherchées des pêcheurs à la ligne. Les marchands d asticots en sont toujours bien pourvus.

La plupart des vers qui rongent les champignons hâtent leur décomposition et sont aussi des larves de Tipulaires. Ces moucherons, qui se réunissent, le soir, en nombreuses légions , pour exécuter leurs danses aériennes, appartiennent de même à cette grande famille de Diptères.

Il faut encore rapporter à la famille des Tipulaires ces petites mouches si abondantes dans les carrières et la partie des catacombes occupées par des champignonistes. Il y a des époques où elles sont excessivement multipliées; elles pénètrent dans la bouche, le nez et dans les yeux, et éteignenfesouvent la lumière que l'on tient à la main pour se diriger. Les œufs ou les larves sont introduits dans ces souterrains avec les fumiers.

Anthomye du choux. Anthomyia brassicae Robin, Desvoidy.

Les navels que l'on cultive pour l'usage domestique et les turneps destines à la nourriture des bestiaux sont, dans certaine années, minés par des petits vers d'une couleur blanchâtre, qui creusent leurs galeries jusqu'au cœur. Les navets attaqués seulement dans une portion de leur substance, peuvent encore être utilisés pour la cuisine en enlevant toute la partie malade, mais il arrive souvent qu'ils sont tellement véreux qu'ils sont entièrement perdus.

C'est pendant les mois d'automne que la larve de cette petite mouche exerce ses ravages. Lorsqu'elle est arrivée au terme de sa croissance, elle se change en nymphe dans sa galerie même, et n'en sort qu'au mois de mai à l'état d'insecte parfait.

La mouche est plus petite que celle de nos habitations. Elle est d'une couleur grisâtre un peu obscure, avec des raies noirâtres sur le dos du mâle \ les yeux sont rouges dans les deux sexes.

Le nom de Brassicœ, donné à cette anthomye par feu le Dr Robineau-Desvoidy, pourrait faire croire qu'elle vit exclusivement sur les choux. Le nom deNapi lui aurait été mieux appliquée.

Bouché décrit, sous le nom ù'anlhomyia Hadicum, une espèce très-voisine, qui vit, depuis le printemps jusqu'à l'automne, dans les raves et les radis.

Anthomye des oignons. Anthomyia ceparum Meigeo.

La larve de ce petit Diptère . moitié plus petit bue la mouche commune, fait, dans certaines localités,

DIPTÈRES. Gll un tort immense aux oignons et généralement à toutes les espèces cultivées du genre allium, telles que poireaux, ciboules, échalottes, ail. etc.

L'insecte parfait est d'un gris cendré dans la femelle, d'un gris un peu plus obscur dans le mâle, avec des raies noirâtres sur le dos; les ailes sont tout à fait byalines à reflet irisé, avec les nervures d'un brun jaunâtre.

Les larves sont blanches, vermiformes, et ressemblent, comme leurs congénères, à de petits asticots. Elles vivent quelquefois isolément, plus souvent cependant en petites sociétés de quatre à cinq individus. Il y a plusieurs générations successives : c'est en juin qVon les rencontre pour la première époque. La transformation en nymphe se fait dans la terre, et Téclosion a lieu au bout de dix à vingt jours, dans la belle saison ; mais les dernières métamorphosées passent l'hiver, et la mouche paraît en mai.

Après la fécondation, la femelle dépose ses œufs sur

les feuilles. des oignons. Les petils vers, aussitôt après leur naissance, descendent à la base des feuilles et pénètrent dans le bulbe dont ils déterminent assez promptement le destruction.

Les plantes attaquées par ces larves prennent un aspect souffreteux, elles jaunissentet meurent. Lorsqu'on arrache un de ces oignons dont les feuilles sont flétries, il répand une odeur infecte, due à son état de décomposition ; en écartant un peu les squames, on voit grouiller les vers qui rongent le cœur.

Il arrive souvent que les oignons ou les échalottes d'une même planche sont perdus en totalité ; on a essayé de plusieurs moyens pour éloigner cette vermine. On a conseillé des irrigations avec une légère solution de sulfate de fer ou avec une décoction de feuilles d'if. Kollar (Naturgeschichte der schâdlichen Insecten, etc.) dit que les cendres ou le poussier de charbon ont été employés en Allemagne, mais sans un résultat bien satisfaisant. Il recommande avec raison d'arracher tous les oignons malades et de les brûler pour ne pas laisser à la mouche le temps de se multiplier.

Pégomye de l'oseille. Pegomya acetosse Robin-Desvoidy.

L'oseille, trop fréquemment dévorée par les chenilles et les limaçons, est exposée à un autre fléau. Dans certains jardins, ses feuilles sont minées par un ver caché entre les lames de Tépiderme, dont la présence se manifeste sous forme de taches d'un blanc sale plus ou moins étendues. Ces feuilles, impropres à aucun usage

se fanent, tombent en décomposition et se coilent sur les inférieures. Ce petit ver se montre depuis le mois de juin jusqu'à la Gn de l'automne, dans presque tous les endroits où l'on cultive l'oseille (rumex acelosa)\ il ressemble aux autres petits asticots par sa couleur d'un blanc sale et sa tête pointue et rétractile ; lorsqu'il est arrivé à toute sa taille, il sort de la feuille et entre en terre pour se changer en nymphe. Les individus transformés en juin et juillet éclosent en août: les cocons provenant de la seconde génération, passent l'hiver et donnent l'insecte parfait en mai.

La mouche de l'oseille est très-commune dans les jardins; elle est longue de 6 à 7 millimètres; sa tète est d'un cendré blanchâtre, marquée d une bande noire ; le corselet est grisâtre, avec les ailes transparentes plus longues que le corps ; l'abdomen est d'une couleur ferrugineuse ainsi que les pattes.

Le seul moyen qu'il y ait à employer pour atténuer le mal que fait cet insecte, consiste à enlever toutes les feuilles maculées de blanchâtre et à les brûler.

Plusieurs auteurs donnent, comme nuisible à l'agriculture une mouche voisine de la précédente {pegomyia hyosciami), dont la larve mine les feuilles de la betterave. Les dégâts qu'elle fait sont en général très-peu sensibles ; les taches blanches qu'elle occasionne sur les feuilles n'empêchent pas le développement des racines.

Psylomye des carottes. Psylomyia rosœ Meigen.

Les carottes de nos jardins sont souvent rongées par des vers qui creusent des galeries dans leur substance,

t\\ DIPTÈRES.

au-dessous du collet. I^cs racines attaquées par ces larves cessent de croître, leurs feuilles jaunissent et les parties malades se présentent sous la forme d'excavations d'une teinte ferrugineuse, appelée rouille par les maraîchers. Ces carottes altérées sont impropres à Tusage de la cuisine, et sont sans valeur sur les marchés.

Les vers qui causent ce dégât, ne sont pas rares en été et surtout à l'automne, dans les carottes dites à collet vert; elles sont peut-être un peu moins communes dans les autres; on ne les rencontre pas dans les variétés hâtives ni dans celles cultivées sous châssis pendant l'hiver.

Les larves de cette mouche prennent un peu la couleur de leur nourriture; elles sont plus ou moins jaunes, pointues antérieurement, avec la tète noire rétractile. Les cocons sont en barillet comme ceux des autres Muscides. Ceux de la première époque éclosent au milieu de l'été, ceux de l'automne passent l'hiver en terre, et l'insecte parfait se montre au milieu du printemps de Tannée suivante.

La mouche est longue de 2 lignes, euviron 5 millimètres; elle est d'un noir luisant, légèrement velue, ou d'un gris métallique; sa tè(e est d'un jaune rougeàtre; ses pattes sont jaunâtres avec les ailes transparentes à nervures légèrement lavées de jaune.

Pour détruire cet insecte nuisible et en purger les jardins, Kollar conseille d'arracher toutes les carottes malades au moment où elles sont encore habitées par les vers. Les cultivateurs les reconnaissent facilement à leur aspect languissant et à la couleur jaunâtre de leurs feuilles radicales,

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Nous ignorons la raison qui a fiiit donner le nom de Rosœ à un insecte dont la larve vit exclusivement de carottes. C'est probablement parce que l'auteur qui a décrit la mouche le premier, l'aura prise accidentellement sur un rosier.

Phytomyze géniculée. Phytomyza geniculata Meigen.

On voit souvent/ en été, sur la face supérieure x des feuilles de julienne, de giroflée, de chou, de capucine et d'autres plantes, des raies blanchâtres plus ou moins tortueuses, parcourant une partie de leur surface. Ces lignes contournées recouvrent des galeries creusées par un petit ver blanchâtre logé sous l'épiderme, et rongeant le parenchyme. Cette larve, semblable à un très-petit asticot, grossit et se métamorphose dans la feuille elle-même, en une petite coque d'un roux jaunâtre en forme de barillet.

La mouche éclot en été ; elle est très-commune dans les jardins pendant le mois d'août. 11 y a une génération automnale dont les nymphes passent l'hiver pour donner T insecte. parfait en mai.

La petite mouche est à peine longue d'un millimètre et demi; elle est noire, pointillée de grisâtre, avec le front et les genoux blancs; les ailes sont transparentes.

Pour détruire cet insecte, quelquefois assez nuisible aux plantes crucifères, il faut enlever en juin toutes les feuilles qui sont rayées de blanc et les brûler.

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Téphrite de l'onoporde. Tephritis onopordinis (\) Fab.

La larve de cette petite mouche vit, dans les jardins de botanique, du parenchyme des feuilles de plusieurs grandes ombellifères, et, dans les potagers, de celui des feuilles du panais (Pastinaca sativa) ; elle creuse, entre les lames de l'épiderme, des galeries plus ou moins grandes, dont la présence se manifeste par de larges taches blanchâtres ou roussàtres. On aperçoit très-bien, en regardant à travers ces macules, le petit ver qui cause cet état maladif, il est d'un blanc verdàlre étiolé, et ressemble à un petit asticot. Lorsque, vers le milieu de juin, il a pris tout son accroissement, il perce l'épiderme et se laisse tomber pour se transformer en une petite coque roussâtre.

La mouche éclot en juillet et août ; les larves métamorphosées à l'automne, passent l'hiver à l'état de nymphe, et donnent l'insecte parfait en mai. Celui-ci est long de six millimètres environ; il est d'un brun verdâtre, avec le front testacé à reflets blanchâtres; ses ailes sont noirâtres, un peu testacées vers la base, avec deux petites taches transparentes situées sur le bord extérieur, et trois autres le long du bord interne.

On cultive le panais pour la racine seulement, de sorte que les taches blanches que cette larve mineuse occasionne sur ses feuilles, ne sont pas très-préjudiciables à la culture de ce légume.

(I) Le mot Onopordinis nous paraît un atîreux barbarisme, attendu que tous les botanistes disent Onvpordunt-di .

Nous avons quelquefois vu de grandes feuilles à'Heracleum et de Ferula plus ou moins maculées de blanchâtre, sans que les plantes parussent en avoir souffert; l'année d'après, elles repoussaient avec autant de vigueur que celles qui avaient été épargnées par celte Téphrite.

Lasioptere rembrunie. Lasioptera obiuscata Macq.

Tous les jardiniers ont remarqué ces espèces de gonflements ou d'excroissances qui se développent le long de tiges des framboisiers. Nous avons souvent ouvert ces sortes de galles et nous avons vu qu'elles renfermaient de petits vers , les uns blancs et les autres rouges, mais jamais nous n'avons fait l'éducation de ces larves; tout ce que nous en disons est extrait du travail de M. Goureau.

Ces galles, dit-il, « s'élèvent toutes sur l'emplacement d'un bourgeon qu'elles ont empêché de se développer. Si on en ouvre une, on voit qu'elle est formée par l'expansion de la matière ligneuse qui s'est introduite entre les fibres du bois et les a fait écarter. La moelle centrale et le bois contigu sont réduits en poussière noirâtre et présentent une masse désorganisée dans laquelle se trouvent de petites larves rouges, auteurs de tout ce désordre. Outre ces vers rouges on en remarque d'autres, qui sont blancs, et qui se tiennent au milieu d'eux, les mangeant à leur aise. Ces larves blanches, après avoir dévoré les larves rouges contenues dans une cellule, passent dans la cellule voisine pour en manger les habitants, et continuent

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ainsi jusqu'à ce qu'elles aient pris leur entière croissance. Les larves rouges qui ont échappé à la dent de leurs ennemis, s'enveloppent dans une toile blanche très-fine et très-mince dans laquelle elles se changent en chrysalides, et ensuite en insectes parfaits qui s'échappent de leur nid dans les premiers jours de mai. »

La petite mouche est longue de deux millimètres ; ses antennes sont noires ; sa tête et son corselet sont également noirs et velus ; l'écusson est rougeAtrc ; l'abdomen est noirâtre, velu, avec les segments lisérés de poils blancs; les ailes sont blanches, avec la côte noire marquée d'un point blanc; les pattes sont garnies de poils blanchâtres. »

Cette espèce de Cécidomye ne se trouve pas seulement dans les jardins; nous avons vu souvent, dans les bois, des framboisiers sauvages et des Rubus cœsius dont les tiges offraient des galles semblables.

Le seul moyen de détruire cet insecte est d'enlever les excroissances des framboisiers dès qu'elles commencent à paraître.

Bibion des jardins. Bibio hortulanus Fab.

Cette petite mouche est connue sous le nom vulgaire de mouche de Saint-Marc, parce que son apparition printanière correspond assez exactement à l'époque de la fête de ce saint. On la voit voltiger en abondance, dans les jardins, autour des arbres fruitiers auxquels elle ne fait aucun mal, malgré la croyance contraire de quelques ignorants.

Les deux sexes diffèrent notablement par la couleur

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du corps; le mâle est entièrement noir, la femelle a le corselet rouge et l'abdomen d'un jaune rougeàtre; chez les deux sexes, les ailes sont transparentes, un peu enfumées, avec le bord extérieur noir ; les pattes et les antennes sont noires ; la tête est fort petite et presque entièrement occupée par les yeux.

La larve que l'on accuse, en Allemagne, de ronger les racines des anémones, des ancolies et autres re» nonculacées, est apode, allongée, garnie de quelques petits poils; elle ressemble, au premier coup d'œil, à une petite chenille. Elle est commune dans les bouses de vache et dans le terreau.

Les individus provenant de l'éclosion d'été passent l'hiver en terre et donnent l'insecte parfait en mars.

Les larves des bibions, appelés mouches de Sainl- Marc, mouches de Saint Jean, et autres espèces, vivent en général dans la fange, la fiente des animaux et les fumiers de vache. Nous n'avons jamais remarqué ni entendu dire qu'aux environs de Paris elles aient rongé les racines des plantes.

Les bibions ont, pour ennemis, de grands Diptères appelés Asiles, principalement les espèces désignées sous les noms d'Asile germanique et d'Asile crabroniforme. Ces insectes sont très-voraces , ils en détruisent des quantités prodigieuses.

Sclare des poires. Sciara pyri Schmidberger.

Cette petite mouche a tout à fait les habitudes de la cécidomye noire; elle appartient de même à la famille destipulaires. Llle est un peu plus grande et pubescente ;

la tête, les antennes et le corselet sont noirs; l'abdomen est grisâtre, avec les incisions lisérées de noir; les pattes sont minces, allongées et d'un gris- noirâtre.

L'insecte parlait parait en mai; après l'accouplement , la femelle, dont le corps est un peu pointu, dépose ses œufs dans les fleurs des poiriers ; dès que les petites larves sont écloses, elles pénètrent dans l'ovaire où elles vivent à la manière des cécidomyes; les fruits qui recèlent ces vers cessent de profiter et tombent.

Le cousin commun. Gulex pipiens Linné.

On nous dira peut-être que les cousins ne nuisent en rien à l'horticulture, cela est vrai; mais comme ce sont des hôtes très-incommodes dans les jardins et dans les parcs et que leur piqûre est souvent assez douloureuse, il n'est peut-être pas inutile de dire deux mots de leur histoire pour les personnes qui l'ignorent complètement.

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