AGE
vait lorsqu'une de ses églises l’abandonnait pour se donner à d’autres, alla jusqu’à engager Apollos à retourner à Corinthe. Celui-ci, mû sans doute par un sentiment de délicatesse qu’on ne saurait trop approuver, refusa caté2oriquement. (14 Cor. XVI, 12.) Il nous semble impossible qu’en de semblables occasions Paul ne se soit pas enquis des doctrines qui soulevaient un pareil orage, et qu’Apollos ne se soit pas empressé de l’en instruire, d'autant plus que le philonisme paraît avoir été essentiellement propagateur, voire même « missionnaire (1) ». Lalecture de 1 Cor. montre que notre apôtre ne crut pas devoir contredire ces théories; il se contenta de donner à entendre que ces résultats de la cogéx humaine n'étaient après tout qu’un hors-d’œuvre religieux. L'important, le « fondement » de tout, ce qu’il faut retenir, sans quoi il n’y a plus de christianisme, c’est la personne de Christ. Qu’après cela on construise sur ce fondement, c’est affaire à chacun, et on verra bien au grand jour quelle sera la valeur de l’ouvrage. Donc, à l’époque où Paul écrivait 4 Cor., notre apôtre connaissait au moins dans leurs grandes : lignes les théories néo-platoniciennes qu'il ne condamnait pas absolument, mais que par dédain pour la science non révélée il laissait simplement de côté. Mais bientôt les épreuves dont nous avons parlé, la mort vue en face, la perspective du scheol vinrent lui prouver que dans ces conceptions si dédaignées il y avait autre chose qu’ua jeu de l'esprit. Nous n’irons pas jusqu’à prétendre que Paul devint dès ce jour un véritable néo-platonicien, ce serait aller contre toute évidence ; nous voulons dire seulement qu'il laissa ces idées nouvellement entendues influer sur ses conceptions intellectuelles dans la mesure où elles avaient un véritable intérêt religieux.
(1) Nous empruntons cette expression à un cours inédit de M. Massebieau.
CE